"L’art de Géricault était soumis à son tempérament"
(William Vaughan)
Biographie de Théodore Géricault
Théodore Géricault est, par son génie et son destin tragique, l’incarnation de l’artiste romantique. Issu d’une famille aisée et passionné de chevaux, il présente dès l’âge de 21 ans son premier tableau au Salon, Officier de chasseur à cheval chargeant (1812), puis son pendant, Cuirassier blessé quittant le feu (1814), toiles où il montre un grand talent de coloriste et une fougue déjà romantique.
Séjournant à Rome en 1816, il peint les courses de chevaux libres avec un sens de la composition où formes et volumes se répondent, comme dans ses quelques sculptures (Nymphe et Satyre, 1820). Il aime à rendre la puissance et le pelage des animaux dans des études très accomplies (Tête de lionne), et peint des portraits au charme mystérieux (Laure Bro, 1818-1820).
Sa grande œuvre demeure Le Radeau de la Méduse (1819), qui exige de nombreux travaux préparatoires : dénonçant le romantisme littéraire, Géricault cherche son inspiration dans le fait contemporain et illustre ici avec science un fait divers tragique, métaphore du naufrage de la France.
Il séjourne ensuite en Angleterre, où il prend encore plus nettement conscience de la réalité sociale, qu’il illustre dans une série de lithographies (Les Boxeurs). Ses cinq portraits d’aliénés, exécutés à l’instigation du psychiatre Georget, montrent son sens de l’observation sans concessions (La Monomane de l’Envie, 1821).
Tempérament ardent et fébrile, Géricault meurt en 1823 d’une chute de cheval mal soignée et de complications dues à une maladie vénérienne.
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