Le Norvégien Sverre Fehn poursuit des études à l’École d’architecture d’Oslo jusqu’en 1949. Il entreprend, ensuite, un voyage au Maroc (1952-1953) – où il s’émerveille de l’architecture primitive – avant de s’installer à Paris. Il collabore avec l’architecte français
Jean Prouvé (1953-1954) et se penche avec attention sur les théories de
Le Corbusier.
A son retour en Norvège, Sverre Fehn ouvre sa propre agence. Sa première construction notoire est la maison de retraite d’Økern (1955 - réalisée avec son compatriote Geir Grung). La reconnaissance internationale arrive avec le pavillon norvégien de l’Exposition universelle de Bruxelles (1958), puis celui des pays nordiques à la Biennale de Venise (1962). Par la suite, l’architecte norvégien concrétise son projet d’école pour les malentendants de Skådalen, et conçoit de nombreuses villas de luxe. Dans la plupart des cas, Sverre Fehn tient compte de l’environnement caractéristique des sites scandinaves, exploite les possibilités du bois et du ciment – sans pour autant sombrer pas dans les écueils du traditionalisme local. Son style est souvent qualifié de « modernisme poétique ».
Sverre Fehn perce également dans les structures muséales ; comme commissaire d’exposition – il signe, entre autres, une manifestation consacrée à l'art religieux médiéval (1972) et une autre sur les figures en terre de cuite des soldats du premier empereur chinois, Quin Shihuang) – mais également comme architecte. Depuis vingt ans, il a notamment dessiné les plans du Musée norvégien des Glaciers (1991, construit sur la pente de la cascade de glace du Jostedal, à Fjærland), du Centre Aukrust (1996, à Alvdal), du Centre Ivar Aasen (2000, à Ørsta), et du Musée Norvégien de la Photographie (2001, à Horten). Sa dernière réalisation en date, le Musée norvégien de l'Architecture d’Oslo, devrait ouvrir ses portes au printemps 2007. Il occupera les locaux d’une ancienne banque, et sera complété par un pavillon d'exposition indépendant.
Sverre Fehn a enseigné à l’École d’Architecture d’Oslo (1971-1993), ainsi que dans de nombreuses universités américaines et européennes. Bien que peu développé en dehors des pays scandinaves, son œuvre a été récompensé par de nombreux et prestigieux prix, dont, la médaille d’or de l’Académie française d’architecture (1993), le prix Pritzker (1997) et la médaille d’or Heinrich Tessenow (1997).