less is a bore. ”
Robert Venturi entreprend des études d’architecture à l’université de Princeton (New Jersey, Etats-Unis), à la suite de quoi, il s’installe à Rome de 1954 à 1956 grâce à une bourse de l’American Academy. Sur place, il admire l’art maniériste et l’architecture baroque. A son retour, il traville dans le cabinet de
Eero Saarinen (il travaille notamment au Milwaukee County War Memorial Center), puis ceux de
Louis Kahn et Oscar Stonorov à Philadelphie. Il parvient à donner des cours dans les prestigieuses universités de Princeton et de Yale. En 1958, Robert Venturi fonde sa propre agence et, six ans plus tard, s’associe à John Raush (le duo est, par la suite, rejoint par la femme de Robert Venturi, Denise Scott Brown, ainsi que Steven Izenour et David Vaugham).
En 1966, Robert Venturi publie son premier best-seller et tente de redéfinir les frontières de l’architecture. Intitulé
Complexity and Contradiction in Architecture et édité par le Museum of Modern art de New York, son ouvrage devient rapidement comme l’un des grands manifestes de l’architecture moderne. En réponse à Ludwig Mies van der Rohe, Robert Venturi déclare « More is not less, less is a bore » et prône une architecture favorisant « la richesse et l'unité, plus que l’unité et la clarté, la contradiction et la redondance, plus que l'harmonie et la simplicité. » L’architecture doit, selon lui, abandonner la recherche de simplicité pour rivaliser avec la complexité urbaine et devenir beaucoup plus contextuelle (ce qui est relativement difficile du fait que l’urbanisme et l’aménagement régional modifient les dimensions et l’échelle de l’architecture). Elle est « nécessairement complexe et contradictoire par le fait même qu’elle veut satisfaire en même temps les trois éléments de Vitruve : commodité, solidité et beauté. »
En 1972, Robert Venturi publie (avec Scott Brown et Steven Izenour)
Learning from Las Vegas (
L’Enseignement de Las Vegas), un ouvrage permettant d’aisément comprendre le passage du modernisme au post-modernisme en architecture. Les auteurs célèbrent le mauvais goût des banlieues commerciales américaines, les élèvent au rang d’art contemporain et recommandent aux architectes de se montrer plus attentifs aux goûts des Américains moyens. La ville de Las Vegas leur semble représenter l’élément le plus dynamique de l’urbanisme américain.
L'œuvre architecturale de Robert Venturi est particulièrement diverse : elle comprend des projets d'aménagement urbain, des plans des villas, de maison de vacances, de musées (ex. l’annexe du Allen Memorial Art Museum d’Oberlin, Ohio entre 1973 et 1976), de commerces (supermarchés, stations essence…), de laboratoires scientifiques, de bâtiments universitaire (hall de la Princeton University entre 1980 et 1983…). Elle lui a avlu de nombreuses récompenses, dont le prestigieux Prix Pritzker en 1991.