Mon architecture tend à être lisible, légère et flexible. ”
Après des études à l'Architectural Association School de Londres, puis, sous la direction de Serge Chermayeff, à l'Université de Yale (Connecticut), Richard Rogers décide de s’associer avec son ami
Norman Foster. Avec leurs épouses respectives – Su Rogers et Wendy Cheesman – les deux architectes co-fondent, en 1963, l'agence londonienne « Team 4 ». L’équipe conçoit essentiellement des laboratoires, des instituts de recherche et des bâtiments industriels (tels que la Reliance Control Factory - 1967, Swindon).
A partir de 1969, Richard Rogers se rapproche de l’Italien
Renzo Piano. Dans un premier temps, leurs projets n’ont guère de succès puis la gloire arrive, en 1971, lorsqu'ils remportent le concours du Centre Georges Pompidou (Paris).
En 1977, Richard Rogers établit son agence « Richard Rogers Partnership » à Londres. Restant dans l’esprit du Centre Pompidou, l’architecte s’attaque essentiellement à des sièges sociaux londoniens auxquels il donne des allures de « bâtiments machines ». Remplaçant un immeuble néo-classique en pierre de taille, sa très théâtralisée Tour Lloyd’s (1979-1986, Londres) impressionne. L’intérieur est creusé sur toute sa hauteur, soit douze niveaux, et surmonté d'un dôme de verre. L’extérieur fait la part belle à d’importantes façades vitrées et une imposante ossature en acier poli.
Parmi ses nombreux autres immeubles particulièrement marquants, figurent celui de chaîne de télévision Channel 4 (1990-1994, Londres) et le 88 Wood Street (1991-1999, Londres ; un élégant ensemble de tours doté d’ascenseurs vitrés).
En 2000, Richard Rogers présente son Dôme du Millennium : un édifice, symboliquement construit sur la ligne du méridien de Greenwich (sur une boucle de la Tamise) pour célébrer l’entrée dans le nouveau millénaire. Considéré comme la plus grande structure de ce type, le dôme attire tous les regards et, durant un an, abrite de nombreuses attractions.
En France, Richard Rogers conçoit plusieurs infrastructures et institutions : le Pont d’Austerlitz (Paris, 1988), l’aéroport de Marseille (1989-1992), la Cour européenne des droits de l’homme (1989-1995, Strasbourg) et, plus récemment, le tribunal de grande instance de Bordeaux (1992-1998 ; un parallélépipède entièrement vitré symbolisant la transparence de la justice).
Richard Rogers participe activement à la politique urbanistique de capitales européennes : il a été promu conseiller en chef en architecture et urbanisme auprès du maire de Londres, participe au Conseil des stratégies urbaines de Barcelone... Il est également impliqué dans de nombreuses institutions artistiques : il a été vice-président du Arts Council of England, administrateur du MoMA de New York…
En 2006, le comité d’organisation de la Biennale d’architecture de Venise lui attribue le Lion d’Or pour l’ensemble de son oeuvre.