On ne peut plus s'installer devant une image comme au temps du premier degré. ”
Le critique d'art Eric Troncy résume ainsi la démarche de l'artiste français Philippe Parreno :
« Il s'attache à traquer les failles du système des images, auquel il insuffle poésie et conscience critique en établissant de nouvelles hiérarchies : prédominance du langage, réévaluation de la temporalité, affirmation de la narration ». En effet, l'œuvre de Philippe Parreno, qui émerge au début des années 1990, interroge en premier lieu la nature des images. Aussi travaille-t-il souvent à partir du matériau cinématographique, audiovisuel ou du spectacle. Langage, temporalité, narration sont des éléments essentiels de son œuvre, ce dont témoignent des œuvres comme
Welcome To Twin Peaks, reproduction du panneau qui inaugure les épisodes de la fameuse série de David Lynch, ou
Paf, le chien, référence burlesque à la télévision.
Utilisant souvent le cinéma comme matière première — avec notamment une réutilisation de ses modes d'expression, comme les effets spéciaux — Philippe Parreno ira jusqu'à devenir lui-même réalisateur de vidéos ou de longs métrages de cinéma, souvent en collaboration avec d'autres artistes, et à plusieurs reprises avec l'imitateur
Yves Lecoq.
L'artiste reprend les codes du monde du spectacle pour les détourner, et travaille sur les décalages entre réalité et fiction. En 2000, il achète avec Dominique Gonzales-Foerster et
Pierre Huyghe un personnage de manga, Ann Lee, créé par une société japonaise : à partir de l'image de synthèse, ils réalisent des projets individuels ou collectifs, et animent une vie virtuelle.
En 2006 sort le film
Zidane, un portrait du 21e siècle, réalisé en 2004 par Philippe Parreno et l'artiste écossais Douglas Gordon. Le joueur de football y est suivi en gros plan, par dix-sept caméras et en temps réel, pendant les quatre-vingt dix minutes d'un match. La même année Philippe Parreno réalise une performance au Studio 28, à Paris, avec un ventriloque,
Le Cri ultra-sonic de l'écureuil.
Le Centre Pompidou consacre en 2009 une exposition majeure à Philippe Parreno. Celui-ci vit et travaille à Paris. Il est représenté en France par la galerie Air de Paris.
Quelques expositions importantesCentre Pompidou (2009)
« No Ghost Just A Shell », San Francisco Museum of Modern Art (avec Pierre Huyghe, 2003)
« Alien seasons », Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (2002)
« Anywhere Out of the World », Kunstverein, München, Germany (2002)
« Snow Dancing », Le Consortium, Dijon (1995)