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Nationalité : américaine Naissance : 1953 à Hartford, Etats-Unis Age : 56 ans Métier : Photographe |
Né en 1953 dans le Connecticut, Philip-Lorca diCorcia étudie, au début des années 1970, la photographie à l'université d'Hartford, puis à la School of Museum of Fine Arts de Boston. Par la suite, il complète sa formation à Yale (1979) et entame sa carrière comme assistant de photographes professionnels à New York. A partir de 1984, il se lance à son compte et collabore avec de multiples revues dont Condé Nadt Traveller, Details, Esquire et Fortune.
A la fin des années 1970, Philip-Lorca diCorcia développe un style personnel : il met en scène ses proches dans des actions banales et module savamment la lumière. Il installe des éclairages artificiels – comme s’il réalisait une image publicitaire – et, après plusieurs essais réalisés au polaroïd, fixe l’image finale. Son intention est alors de métamorphoser le monde ordinaire en univers énigmatique.
En 1978, à l’occasion des fêtes de Noël, le photographe réalise l’un de ses plus célèbres clichés : son frère Mario regarde dans un réfrigérateur entrouvert et d’où s’échappe une violente lumière verdâtre. L’effet produit se révèle digne d’un film de SF ou d’Alfred Hitchcock.
Dans les années 1990, Philip-Lorca diCorcia – qui est affligé par le pouvoir de l’argent et le cynisme de la bourgeoisie new-yorkaise – décide de se lancer dans la « street photography ». Désireux de s’éloigner des clichés établis par des photographes historiques (Eugène Atget, Walker Evans, Diane Arbus et tant d’autres), il décide, à de multiples occasions, de séjourner à Los Angeles, pour photographier des homosexuels et prostitués attendant sur le boulevard Santa Monica. Grâce à l’argent d’une bourse offerte par le National Endowment of the Arts (1989), Philip-Lorca diCorcia réalise sa série « Hollywood » : il les paye, tire leurs portraits et titre chacun avec le nom, l'âge et le lieu de naissance du modèle. Par ce geste politique, il souhaite détruire l’histoire du portrait, un genre souvent associé à l’image dominante...
Empruntant des principes au style documentaire et restant dans la même lignée que ses précédents travaux, Philip-Lorca diCorcia marque le sol et organise d’ingénieux dispositifs d’éclairage. Invisibles de tous et déclanchables à distance, ceux-ci se montre particulièrement redoutable pour piéger par les passants. Tout est parfaitement maîtrisé et les figurants involontaires constituent la seule variable à l’équation de sa pratique. Le procédé lui permet de combiner la notion d’ « instant décisif » tant prônée par Henri Cartier-Bresson à son goût pour la mise en scène élaborée (également reconnaissable chez Jeff Wall…).
Par la suite, Philip-Lorca diCorcia photographie les trottoirs européens (de Berlin, Naples, Paris, Londres, Tokyo...), puis, en 1999, se concentre avec sa série baptisée « Two Hours » sur La Havane.
Philip-Lorca DiCorcia. Ce genre de travail est d’ordinaire documentaire. L’auteur veut en savoir plus, cherche ce qui se passe derrière. Moi, je n’ai montré que l’apparence de ces garçons, leur image d’objet sexuel vendue comme un produit, qui plus est à Hollywood, ville du commerce de l’imagerie. Cette juxtaposition avait un sens. Je n’ai cherché ni à faire des images sexuelles, ni à aller au-delà.
Quelques œuvres majeures :
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