On parlait de Courbet à propos de ma peinture d’autrefois. C’est maintenant que je commence à être d’accord… à cause de cette connaissance qu’il avait des verts, de la lumière, de la structure intime de ce que le réalisme facile ne voit et ne traite que de l’extérieur. ”
Né dans le Limousin, Paul Rebeyrolle est atteint dans son plus jeune âge d’une maladie osseuse qui l’oblige à l’immobilité, et passe son enfance et son adolescence à dessiner. En 1944 il part pour Paris par « le premier train de la Libération ». Il sait déjà qu’il veut devenir peintre : il prend des cours à la Grande Chaumière et se lance à la découverte de la peinture contemporaine (
Soutine,
Picasso), mais également des classiques du Louvre, notamment
Rubens,
Rembrandt et les peintres vénitiens, qui le marquent profondément.
Homme de liberté et d’indépendance, Rebeyrolle se forme seul, en s’imprégnant de l’art des anciens, loin de toute école. A l’époque où triomphe l’abstraction gémoétrique, puis lyrique, le peintre se concentre sur une peinture figurative expressionniste, d’un réalisme cru. Sa première exposition personnelle a lieu en 1951.
Dès 1963 Rebeyrolle quitte le microcosme parisien pour installer son atelier en Bourgogne, dans la nature, dont il s’inspire puissamment pour des scènes animalières ou des paysages. Parallèlement l’artiste, un temps militant au parti communiste, développe dans son œuvre des thèmes politiques où il affirme avec vigueur ses engagements, et approfondit sa quête de la représentation du corps humain dans des nus torturés et fortement sexués. Son œuvre est marqué par la rage, la révolte, la violence.
Paul Rebeyrolle est mort le 7 février 2005 dans son atelier bourguignon, à l’âge de 78 ans.
Séries principales :- Guérilleros (1968)
- Les Prisonniers (1972)
- Natures mortes et pouvoir (1975)
- Les évasions manquées (1980-1982)
- On dit qu'ils ont la rage (1984-1985)
- Au royaume des aveugles (1987)
- Splendeurs de la vérité (1993)
- Le Monétarisme (1999)
- Clônes et Autophages (2003)