L’architecture est une affaire à haut risque. Je pense qu’il est difficile d’imaginer une autre profession qui comporte les mêmes risques. ”
Après de brillantes études d’architecture et d’urbanisme à l’université de Manchester, Norman Foster reçoit une bourse pour poursuivre sa formation à Yale (1961-1963). A son retour en Angleterre, il co-fonde le « Team 4 » (avec sa femme Wendy, Su et
Richard Rogers) et entreprend son premier projet d’envergure, la Creek Vean House (1964-1966). Dans cette villa de trois cent cinquante mètres carrés, implantée à Feock, deux traits de son futur œuvre sont déjà perceptibles : son goût pour la flexibilité (observable par l’utilisation des parois coulissantes) et son soucis de l’écologie (au sommet de la maison, il dispose un toit-jardin).
Très tôt, Norman Foster se lance dans la conception d’immeubles d’entreprise. En 1970, il bâtit – en moins de dix-huit mois, et avec le budget habituellement alloué à la construction d’un préfabriqué temporaire – l’IBM Pilot Head Office de Cosham, le premier bâtiment intégrant des espaces pour les ordinateurs (traditionnellement ceux-ci étaient disposés dans des locaux séparés). Entre 1973 et 1975, il réalise l’élégant siège social de Willis Faber & Dumas (Ipswich) revêtu de panneaux en verre suspendus. Réfléchissant la lumière durant la journée, ceux-ci deviennent transparents la nuit.
Dans les années 1980, l’architecte dessine de très nombreux gratte-ciels. Entre 1979 et 1986, il conçoit la tour de quarante-sept étages de la Hongkong et Shanghai Banking Corporation. L’architecte tient compte des ressources naturelles (l’énergie du système conditionné est obtenu grâce au pompage de l’eau de mer, un jeu de miroirs redirigent la lumière au sein du bâtiment…) et respecte les us locaux (il tient compte du feng shui…). Entre 1994 et 1997, il bâtit la plus haute tour d’Europe, celle de la Commerzbank à Franckfort sur le Main. Parcourue par un jardin s’élevant en spirale dans un atrium central, il s’agit de « la première tour écologique, efficace sur le plan énergétique et agréable à vivre. » Son projet le plus fou - celui de Tokyo Millenium Tower – n’est, quant à lui, toujours pas réalisé ; il s’agit d’un vertigineux gratte-ciel de soixante-dix étages, haut de huit cent quarante mètres.
Parallèlement à ces constructions, Norman Foster conçoit divers projets technologiques tels que le monumental pylône radio de Barcelone (une tour de deux cent quatre vingt huit mètres de haut avec une plate-forme d’observation à cent trente cinq mètres), l’aéroport londonien de Stansted (un bâtiment ordonné, lumineux, construit à échelle humaine) ou encore le viaduc de Millau (au tablier long de kilomètres et demi, et culminant jusqu’à deux cent soixante quinze mètres au-dessus du sol).
A quelques occasions, Norman Foster s’attaque également à des édifices anciens. Parmi ses plus prestigieuses commandes, figurent les réaménagements du British Museum et du Reichstag de Berlin (commande marquée par l’implantation d’un dôme diffusant une lumière naturelle dans l’hémicycle et la conservation des tragiques marques du passé).