« Être architecte ne me suffit pas ». Partant de ce constat, l’infatigable Massimiliano Fuksas ne cesse d’arpenter l’Europe et s’engage sur tous les fronts. Il ouvre trois cabinets (à Rome, en 1967, Paris, en 1989, et Vienne, en 1996), enseigne dans de nombreuses capitales (Rome, Paris, Stuttgart et Hanovre…), participe comme conseiller aux commissions d’urbanisme de Berlin, de Salzbourg et de Vienne, rédige des critiques pour le magazine
L’Espresso, conçoit de nombreuses expositions ou manifestations internationales (ex. « L’ultime génération » à Rome)…
Tout comme
Jean Nouvel et
Rem Koolhaas, Massimiliano Fuksas estime que la querelle entre Modernes et Post-modernes doit être dépassée et qu’il est temps d’inventer de nouveaux concepts architecturaux. En « avant-gardiste », il s’éloigne volontairement de l'architecture conventionnelle et, a contrario, privilégie celle issue des processus de l'industrialisation. Ses constructions ne respectent ni les règles de la géométrie, ni les traditionnelles lois de la proportion. De même, elles ne sont ni monumentales, ni « belles ». Considérant que la fonctionnalité du projet doit primer, l’architecte italien n’hésite pas à évincer tout style décoratif et à employer des matériaux bon marché.
En 2000, Massimiliano Fuksas organise la Biennale de Venise autour du thème « Less Aesthetics, More Ethics » (« Moins d’esthétique, plus d’éthique »). Fort ambitieuse, son intention ne consiste pas à prôner un retour à la morale, mais plutôt à engager une réflexion sur la place des architectes au sein de la société. Quelle est actuellement leur activité ? Ne doivent-ils produire que du beau ou ont-t-ils également leur place lors des grands débats éthiques portant sur l’environnement, les énergies renouvelables, la mondialisation ?
En 2005, Massimiliano Fuksas inaugure le gigantesque parc des expositions de Milan ; qui, selon certains, est « le plus grand chantier du monde » (avec une surface de plus de deux cents mille mètres carrés). Pour cet abri destiné à abriter plus de quatre millions et demi de visiteurs par an, l’architecte romain développe un système de structures suspendues – des vaguelettes de verre retenues par un treillis métallique – reliant différents pavillons plats.
Actuellement, Massimiliano Fuksas construit deux grands édifices culturels en France : le Zénith d’Eckbolsheim et le Centre des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine. Réalisé dans la banlieue strasbourgeoise, le premier sera construit en ellipses décentrées, recouvert d’une toile orange pour augmenter sa visibilité et pourra accueillir plus de dix milles personnes. D’une capacité de trois cent vingt kilomètres linéaires, le second est destiné à collecter, conserver et communiquer les archives des administrations centrales de l’Etat depuis 1790 et pour les trente ans à venir.