Stylistes de rue, pas précurseurs. Voilà ce que nous sommes. On capte les besoins en zappant tout ce qui s’y passe
”
Marithé et François Girbaud, respectivement nés en 1942 à Lyon et 1945 à Mazamet, se rencontrent au début des années 1960 dans la boutique Western House où lui travaille et elle est venue proposer un modèle de poncho. Ils ne se quitteront plus. Les deux créateurs, qui se qualifient de « jeaneologues », affichent plus de trente années de « jeanetic engineering » à leur actif. En 1965, ils inventent le procédé stone wash de délavement du jean et n’a, depuis, pas cessé d’explorer ce vêtement, de lui trouver de nouvelles formes, ouvertures, poches. La Goulue, le Toulouse-Lautrec, le pépère sont autant de noms donnés aux modèles que ces chercheurs, intéressés par les matières, les procédés de lavage et de traitement du denim, ont créés pendant des décennies.
Le look cow-boy dans les années 60, l’apport du sportswear à la mode dans les années 70, la couture plus moderne ensuite… Ils ont eu un rôle très important dans l’évolution de la mode, en humant l’air du temps dans la rue. En 1982, l’actrice Jennifer Beals, en portant un de leurs modèles dans le film Flashdance fait connaître la marque aux Etats-Unis. Cette année-là, sept millions d’articles estampillés de la marque au carré vert s’arrachent. Kirk Douglas et Yul Brunner auraient fait appel à leurs services…
Les Girbaud ont aussi fait parler d’eux pour certaines de leurs campagnes publicitaires. En 1988, ils font appel à
Jean-Luc Godard. En 2005, en revisitant la Cène, et en remplaçant les apôtres par des femmes, ils font scandale. La campagne est interdite.
Après s’être intéressés à d’autres matières, le cuir, la lingerie, ils sont revenus à leur emblême dernièrement. Aujourd’hui, ils proposent lunettes, chaussures, articles de sport, et ont des boutiques partout.