On doit être au-delà du langage : la contradiction de la pensée enrichira toujours la part intime des êtres. ”
Photographe autodidacte, Manuel Alvarez Bravo, né à Mexico dans une famille d’artistes, commence par étudier la peinture et la musique à l’Academia Nacional de Bellas Artes, et n’achète son premier appareil photo qu’à l’âge de vingt ans. Ses premières réussites dans ce domaine datent de 1925, quand il remporte un prix dans une compétition locale, à Oaxaca.
De retour dans sa ville natale en 1927, il fait la connaissance de Tina Modotti, qui l’introduit dans un milieu intellectuel et culturel très vivant, et où il rencontre des artistes aux horizons et aux pratiques divers. Parmi eux,
Edward Weston, qui encourage Manuel Alvarez Bravo à poursuivre la photographie. Enseignant à l’Académie San Carlos à la fin des années 1930, Alvarez Bravo documente le travail du muraliste mexicain
Diego Rivera, et fournit des images au journal
Mexican Folkways. Les sujets qu’il aborde vont du nu à l’art folklorique, notamment les cérémonies d’enterrement et les décorations
kitsch traditionnelles.
Bien que ne faisant pas partie du groupe des surréalistes, certaines caractéristiques de son œuvre le rapprochent de ce mouvement : rêve, fantasmes, suggestion onirique des objets… Alvarez Bravo, fou de littérature, fait souvent référence dans ses photos à la mythologie contemporaine, et son travail est souvent politique, en référence plus ou moins explicite à la Révolution mexicaine (
Ouvrier en grève assassiné).
Véritable témoin de son siècle, Manuel Alvarez Bravo est mort en 2002 à Mexico, à l’âge de cent ans.