Dans l'Antiquité, il n'y avait que le silence. Au XIXe siècle, avec l'invention de la machine, le Bruit est né. Aujourd'hui, le Bruit triomphe et règne sur la sensibilité des hommes. ”
L'artiste italien Luigi Russolo a la particularité d'apparaître tant dans les dictionnaires de la peinture que dans ceux consacrés à la musique. Né en 1885 dans la région de Venise d'une famille de musiciens, il mène des études assez poussées de violon, qu'il abandonne à l'âge de seize ans pour se consacrer à la peinture.
Sa première exposition a lieu en 1909 dans une galerie de Milan. Luigi Russolo y rencontre le peintre et sculpteur
Umberto Boccioni et l'écrivain Filippo Tommaso Marinetti, initiateur du Futurisme en littérature et auteur du
Manifeste du Futurisme publié dans le
Figaro en janvier 1909. L'année suivante, Russolo signe le
Manifeste des peintres futuristes.
Le futurisme de Luigi Russolo utilise les mêmes codes esthétiques que ceux de ses amis artistes — lignes brutalement brisées, couleurs primaires, sensation de mouvement et vitesse dans l'image —, associés à des thèmes privilégiés — la ville, la nuit, l'automobile, la vitesse... bref, la vie moderne.
A partir de 1913, Luigi Russolo retrouve ses premières amours en découvrant la « Musica Futurista » du compositeur Balilla Pratella, et consacre ses recherches à la musique. Il rédige un nouveau manifeste,
L'Art des Bruits, dans lequel il théorise l'utilisation du bruit dans la musique, et prédit notamment l'usage du son des machines, et de n'importe quel élément.
L'artiste réalise avec Ugo Piatto des machines sonores, les
Intonarumori (« joueurs de bruits »), et préfigure ainsi la musique concrète et la musique industrielle. A partir de 1914, il dirige des concerts futuristes, auxquels assistent, entre autres, Igor Stravinski, Darius Milhaud,
Maurice Ravel ou
Piet Mondrian. Russolo est mis à l'écart du mouvement futuriste en rejetant le fascisme de Mussolini, qui fait du futurisme l'art officiel italien.
Refusant de s'inscrire au parti fasciste à l'époque où le mouvement futuriste devient l'art officiel, il est mis à l'écart du futurisme. Luigi Russolo meurt en 1947 sur les bords du Lac Majeur, à l'âge de soixante-deux ans.
Quelques œuvres majeures :Illumination (1910)
La Révolte (1911)
Synthèse plastique des mouvements d’une femme (1912)
Dynamisme d'une automobile (1912)
Autoportrait futuriste (1922)