Après des études à la Domschule puis à l’Ecole des arts et métiers d’Aix-la-Chapelle, Ludwig Mies van der Rohe conçoit des ornementations en stuc pour une entreprise de décoration intérieure. En 1905, il s’installe à Berlin où il commence à travailler chez Bruno Paul et Peter Behrens (1908-1911) ; dans l’agence de ce dernier, il a notamment l’occasion de côtoyer
Le Corbusier et
Walter Gropius. Il supervise les travaux de l’ambassade allemande à Saint-Pétersbourg, dessine les plans d’une villa à La Haye pour les époux Kröller-Müller, puis se décide à ouvrir sa propre agence à Berlin (1913),
En 1922, Ludwig Mies van der Rohe intègre le Groupe Novembre, puis publie – en compagnie de Lazar Markovich Lissitzky, Richet et
Kees Van Dongen – la revue
G. Quatre ans plus tard, il est nommé vice-président du Werkbund allemand, et prend la direction de la très controversée exposition de Weissenhof à Stuttgart. En 1929, il construit le Pavillon du Reich allemand de l’Exposition universelle de Barcelone, puis succède à
Walter Gropius à la tête de l'école du Bauhaus (il la conserve jusqu'à sa fermeture, à Dessau, en octobre 1932). A cette époque, ses constructions sont essentiellement des résidences privées, comme la villa Tugendhat (1928-1930, Brünn, République Tchèque).
Mies van der Rohe s'exile, en 1938, aux Etats-Unis. Très vite, il prend la direction de l’Illinois Institute of Technology de Chicago et repense le nouveau complexe universitaire. Le verre, l’acier et la brique obtiennent ses faveurs. L’architecte adapte ses conceptions européennes à celles déjà mises en place par Albert Kahn pour ses établissements industriels. Il en résulte une recherche exacerbée de l’épure et des jeux de symétrie. « Moins, c’est plus », explique-t-il. La villa construite pour Edith Farnsworth (1946-1950, Plano) est supportée par huit poutres métalliques et n’est composée que d’une seule pièce entièrement vitrée du sol au plafond sur toutes ses parois. Seul un noyau en bois, légèrement excentré (comportant les sanitaires et un bloc cuisine), ainsi que quelques éléments de rangement (séparant le séjour du lit) ponctuent l’espace.
En 1968, Mies van der Rohe inaugure son bâtiment le plus emblématique : la Neue Nationalgalerie de Berlin, un musée minimaliste tout autant par la forme que par l’aménagement. Avec audace, l’architecte utilise le même matériau pour la terrasse extérieure et l’intérieur. Dessus, il dispose une ossature métallique, orthogonale, à partir de poutres et de poteaux ; celle-ci est inhabituellement portée, de chaque côté, par deux éléments – aucun n’est disposé dans les angles. La couverture est une dalle, composée de poutrelles en métal formant des caissons, et dépasse en porte-à-faux sur deux mètres tout autour du bâtiment. Les parois sont entièrement faîtes de verre transparent, procurant – comme dans le cas de la villa Farnsworth – une étonnante sensation d’ouverture. A l’intérieur, Mies van der Rohe refuse de disposer des supports porteurs intermédiaires et laisse le visiteur évoluer à sa guise au milieu des œuvres accrochées sur des cimaises en oblique.