La vie comme l’œuvre du Caravage furent violentes et scandaleuses. Pour autant, la révolution picturale qu’il déclencha fut sans doute l’une des plus importantes de l’histoire de l’art.
Sa carrière est courte : formé à Milan, il part à Rome en 1588 et obtient dès 1590 la commande de fresques pour une chapelle de Saint-Louis-des-Français, consacrée à saint Matthieu, qui l’occupe dix ans et lui vaut une seconde commande prestigieuse, sur le thème de la vie de saint Paul, pour
Santa Maria del Popolo (1601).
Le Caravage déteste les conventions du maniérisme et s’oriente vers une peinture brutale et franche : pour figurer les personnages de la Bible, le peintre emploie des modèles issus des milieux populaires romains ou paysans (
La Mort de la Vierge, 1607). Cette peinture « réaliste » est liée à une nouvelle forme de piété, mais aussi à une volonté de scandale, à une vision crue et violente, sans concession.
L’essentiel de la peinture du Caravage est la présence massive du corps, révélée par le contraste de l’ombre et de la lumière, qui fait émerger la figure des ténèbres (
David, 1605) : l’artiste révèle la face nocturne du monde, dans des mises en scène abruptes et obliques (
La Conversion de saint Paul, 1600).
De caractère violent, le Caravage multiplie les ennuis avec la police, pour divers motifs (rixes, affaires de mœurs, fuite). Fuyant de Naples à Malte, l’artiste meurt en 1610, seul sur une plage près de Rome, atteint de la malaria (on pense qu’il y fut peut-être assassiné, à l’instar du cinéaste
Pasolini, quatre siècles plus tard).
+ ayant un peu étudié l'histoire de l'art, le caravage est le peintre qui m'a le plus marquée. je..