Je suis persuadé que l’art a une dimension psychothérapeutique. Montrer les choses les plus cauchemardesques permet à l’artiste, mais aussi au regardeur, de les exorciser. ”
Issu de l’immigration maghrébine, Kader Attia grandit à Sarcelles, en Seine-Saint-Denis, dans un quartier dit « difficile », où la confluence des identités et des cultures forge sa personnalité et nourrira son œuvre futur. A onze ans il travaille sur les marchés, où il vend des tissus.
Les années d’adolescence sont pénibles, mais Attia entreprend de sublimer le malaise en dessinant tout ce que son regard croise. Son talent est remarqué par un professeur qui l’emmène aux « portes ouvertes » de l’Ecole des Arts appliqués de Paris. De nouveau motivé par les études, il obtient son baccalauréat, puis entre à l’école Duperré, passe un an à l’Ecole des Beaux-Arts de Barcelone (1994), et part deux ans au Congo, où il est marqué par la sculpture africaine.
De retour à Paris en 1997, Attia se lance dans la pratique photographique et réalise en 2000
La Piste d’atterrissage, diaporama sur la vie des transsexuels algériens exilés à Paris. De manière récurrente dans l’œuvre de l’artiste revient le déchirement de l’individu entre deux cultures.
Par la suite, l’artiste envisage dans son processus créatif tant l’installation (
La Machine à rêve, 2003 ;
L'Atelier clandestin, 2004), que la vidéo (
Shadow, 2004) ou la photographie (
Alter Ego, 2005). Souvent l’artiste s’essaie à provoquer la réaction du spectateur :
Flying Rats, présenté en 2005 à la Biennale de Lyon, exhibe des mannequins constitués de graines, représentant des enfants en cage, dévorés par des dizaines de pigeons.
Parmi les expositions marquant la jeune carrière de Kader Attia, notons sa participation à la Biennale de Lyon en 2005 et à « Notre Histoire », au Palais de Tokyo, en 2006, ainsi que la rétrospective que lui a consacré le musée d’Art contemporain de Lyon en 2006.
Kader Attia vit et travaille à Paris. Il est représenté par la galerie Kamel Mennour, Paris.
Quelques œuvres majeures :
- La Piste d’atterrisage (2000, photographies)
- La Machine à rêve (2003, Biennale de Venise, installation)
- L'Atelier clandestin (2004, Art Basel Miami, installation)
- Shadow (2004, Video Zone, Tel Aviv, vidéo)
- Alter Ego (2005, photographies)
- Flying Rats (2005, Biennale de Lyon, installation, ill.)
- Fortune Cookies (2005)
- Fridges (2006, installation)