Eviter en toute chose le penchant pour lexubérance et sefforcer dutiliser de meilleurs matériaux et une meilleure finition puisque notre vie elle-même, dans la mesure où elle doit être prise sérieusement, acquière sa dignité de la simplicité, de lhonnêteté et de la droiture. ”
Après une formation à l’Ecole nationale des arts et métiers de Brno, le Morave Josef Franz Maria Hoffmann travaille pour l’office d’urbanisme militaire de Würzburg, puis se rend à Vienne pour poursuivre ses études à l’académie des Arts plastiques. Le jeune architecte a l'occasion de découvrir l’art classique de l’Antiquité lors d'un assez long séjour en Italie et, à son retour, intègre l’agence de son ancien professeur,
Otto Wagner. Il établit son propre atelier à Vienne en 1898.
En 1895, Joseph Hoffmann co-intie le Siebener Club (Club des sept), puis en 1897, le groupe dissident de la Sécession de Vienne. Dans le manifeste écrit par
Gustav Klimt, il est mentionné que les idées de ce mouvement « se fondent avant tout sur le besoin Koloman Moser instaurent les Wiener Werkstätte (Ateliers viennois), composés de créateurs désirant parvenir à un « art total » (architecture, mobilier, textiles, céramiques, arts graphiques, bijoux, jardins…).
Construit à la périphérie de Vienne, le sanatorium Westend de Purkersdorf (1904-1906) est conçu de manière fonctionnelle et puriste. Ne présentant aucun détail superflu, la façade est crépie de blanc avec, comme seule décoration, une bande de carreaux bleus et blancs en damier. A l’intérieur, tout est équilibré, parfaitement designé jusqu’au moindre détail (mobilier, luminaires, vaisselle, bacs à fleurs, jouets des enfants…).
Dans la lancée, Joseph Hoffmann conçoit, en collaboration avec
Gustav Klimt, l’une des plus remarquables œuvres d’art total, l’opulent palais Stoclet (1906-1911, Bruxelles). La villa est constituée de volumes géométriques blancs (essentiellement parallélépipèdes et cubiques) encadrés d’arêtes noires. Elle est construite à partir de matériaux fort luxueux : les façades sont finement parées de plaques de marbres détourées de bronze… Les murs sont entièrement recouverts de marbre ou de lambris décorés, les sols sont particulièrement ornementés (des parquets marquetés de bois d'essences rares, des carrelages en marbre aux couleurs tranchées) et contrastent avec les austères plafonds cimentés, non moulurés, et peints en blanc. Tout au long du vingtième siècle, le palais accueille d’illustres artistes :
Jean Cocteau, Sergei Diaghilev,
Sacha Guitry ou Darius Milhaud, Igor Stravinski… Une demande d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco est formulée en 1998, mais reste sans suite à cause de la pression exercée par les descendants du mécène belge.