Pour aller au-delà de l’image, tout en gardant le contact avec le réel, sans référence à une iconologie, à distance aussi d’une abstraction trop formaliste, il faut garder une grande ouverture sur le monde, au-delà d’un système de pensée, de travail, une perception juste du monde restituée avec la fantaisie et la gravité nécessaires.
Depuis une trentaine d’années, l’œuvre de Jean-Marc Bustamante entremêle sculpture, peinture et photographie.
Etudiant en sciences économiques, Bustamante s’initie à la photographie auprès de Denis Brihat. Il collabore alors au magazine
Connaissance des arts. Sa première exposition a lieu dès 1977 à la galerie du Château d'Eau à Toulouse et, de 1978 à 1981, il est l'assistant du photographe et cinéaste américain
William Klein.
A partir de 1978, il produit la série des
Tableaux : ces clichés grand format en couleur de paysages des environs de Barcelone montrent un environnement imprécis, déshumanisé, austère, où transparaît l’attachement de leur auteur à la tradition de la peinture. La chambre grand format utilisée par l’artiste lui permet de composer des vues panoramiques des lieux : ce matériel lourd permet de produire ce que Bustamante nomme de paradoxaux « instantanés lents », où tout ce qui apparaît dans l’image est enregistré sans que l’auteur puisse intervenir.
De 1983 à 1986, Bustamante collabore avec le sculpteur Bernard Bazile : ils produisent sous le nom de BAZILEBUSTAMANTE des installations conjuguant photographie et sculpture : les images de la série
Stationnaires (1990-1991) sont présentées dans des caissons de bois et posent la question du mode de présentation et de réception de la photographie. A la même période, l’artiste porte sa réflexion sur le support photographique lui-même dans la série
Lumières (1989-1990), sérigraphies sur plexiglas représentant des lieux vides. L’abstraction, portée par la représentation architecturale, est, de fait, un thème récurrent de la photographie de Bustamante.
En 2003, Jean-Marc Bustamante représente la France à la Biennale de Venise : il transforme l’espace du pavillon français en « boîte lumineuse », grâce à des glaces teintées. Il participe également à la Documenta de Kassel en 1987, et des rétrospectives lui sont consacré en 1990 au musée d'Art moderne de la ville de Paris, en 1996 au Jeu de Paume et en 1999 au Centre national de la Photographie.
Jean-Marc Bustamante enseigne depuis 1996 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, dans le département multimédia. Il vit et travaille à Paris, et est représenté en France par la galerie Thaddaeus Ropac, Paris.
Quelques œuvres majeures :- Série Tableaux (1978)
- Paysage (1988, sculpture)
- Série Intérieurs (1988)
- Série Lumières (1989-1990)
- Série Stationnaires (1990-1991)
- Aquarama (1996, aquariums sur pieds)