"On aspire à retrouver une certaine audace des constructions modernes de navires dans la configuration de la maison nouvelle."
Hans Scharoun étudie l’architecture à l’Institut technique supérieur de Berlin-Charlottenburg (1912-1914), à la suite de quoi il s’engage dans la guerre, puis participe à plusieurs concours. En 1919, il co-fonde avec Bruno Taut et
Walter Gropius l’ « Arbeitsrat für Kunst » (Conseil professionnel des Arts), puis se rattache au groupe expressionniste « Gläserne Kette ». Il dessine alors de nombreuses aquarelles d’édifices culturels (maisons du Peuple…).
De 1925 à 1932, Hans Scharoun est nommé professeur à l’université de Breslau. Parallèlement, en 1926, il ouvre une agence à Berlin (avec Adolf Rading) et rejoint le groupe d’architectes modernes « Der Ring ». A l’occasion d’une exposition du Werkbund à Breslau (1929), il imagine un foyer : deux ailes d’habitation encadrant un hall, conçu comme un lieu convivial et surmontées de toits-terrasse. La même année, il conçoit un autre immeuble locatif pour célibataires et couples sans enfants. Organisé tel un hôtel, le bâtiment a comme principale caractéristique des séries de loggias abritant des cages d’escaliers et se détachant de la façade. A l’invitation de Martin Wagner, conseiller municipal chargé de l’urbanisme à Berlin, l’architecte se voit également confier, à la même époque, le plan de masse du lotissement Siemensstadt (1929-1931).
Hans Scharoun échappe aux persécutions opérées par le régime national socialiste contre les architectes novateurs. Il construit alors des villas de luxe ; de 1933 à 1942, il en dessine une vingtaine, dont la Maison Schminke (1930-1933, Löbau). Construite à partir d’une structure portante en acier à deux étages, son allure est proche de celle d’un bateau. Son organisation interne est assez complexe, joue sur les effets de perception de l’espace, fait la part aux jeux d’ombre et de lumière, aux contrastes de couleurs et de matériaux.
A la capitulation de l’Allemagne, l’architecte est promu responsable de la reconstruction de Berlin par le commandement militaire soviétique. Vilipendé son « plan collectif » n’est finalement pas accepté (un plan beaucoup plus classique est adopté). Il professe à l’université technique de Berlin et répond à plusieurs concours lancés pour des édifices culturels publics. Il remporte notamment ceux de la Liederhalle de Stuttgart (1949), du théâtre national de Kassel (1951, non exécuté), de la salle de l’orchestre philharmonique de Berlin (1956 – une salle de concert concentrique, plaçant, de manière révolutionnaire, l’orchestre au centre des tribunes en terrasses), de la Bibliothèque nationale (1964-1978, juxtaposée au bâtiments de la Galerie nationale de
Ludwig Mies van der Rohe et de la Philharmonie), du Théâtre de Wolfsburg (1965-1973) et du musée de la Marine de Bremerhaven.