Né dans une famille modeste, Gaston Chaissac se destine jeune à faire le métier de son père, cordonnier de son état, tout en se passionnant pour le dessin. Il s’établit donc en 1936 à Paris comme cordonnier, et un an plus tard rencontre par hasard le peintre Otto Freundlich, qui l’encourage à peindre et organise en 1938 sa première exposition personnelle.
Pendant une première période, Chaissac réalise des dessins à l’encre de Chine, cernant d’un trait noir des figures d’hommes et d’animaux. Il tente de donner à ces « formes imbriquées », dit-il, « toujours plus de simplicité ». A partir de 1946, l’artiste utilise les objets du quotidien et les empreintes diverses dans des compositions de plus en plus abstraites. L’artiste veut une « peinture rustique moderne ». Il participe en 1949 avec son ami
Jean Dubuffet à une exposition d’« Art brut », qui le pousse à rechercher davantage des formes d’expression en marge de la tradition et de l’art « intellectuel ». Il peint alors sur tous les supports : carton, toile, pierre, tôle, puis exécute des Totems en planches de bois, des sculptures à partir de souches ou des collages de papiers peints. Puis Chaissac en 1959 revient à la peinture pour créer d’étranges paysages peuplés de « bestioles ».
Pendant vingt ans il vit en Vendée, et connaît de grandes difficultés matérielles. Ce n’est qu’à partir de 1961 que Gaston Chaissac, qui est également écrivain et chroniqueur, est reconnu par le milieu artistique parisien et expose régulièrement, notamment chez Iris Clerc. Il meurt trois ans plus tard à La Roche-sur-Yon, à l’âge de cinquante-quatre ans.
Quelques œuvres majeures :- Totem double face (1961, Paris, musée national d’Art moderne)
- Après la bataille de Tolbiac (1961, Paris, musée national d’Art moderne)
- Maxime aux bas verts (1961, Paris, musée national d’Art moderne)
- Sans titre (1962, Paris, musée national d’Art moderne)
- Personnage à la barbiche et à la tête rose (1962, Paris, musée national d’Art moderne)