L'esprit nous parle... Nous ne savons pas exactement de quoi il est fait. Son influence se manifeste dans l'intuition et se fait ressentir grâce à elle. ”
Fils de la sculpteur et modiste, Loja Gesellius, et du célèbre architecte finlandais Eliel Saarinen (1873-1950), Eero Saarinen a longtemps été en quête de sa propre identité. A treize ans, il déménage avec sa famille dans le Michigan (Etats-Unis). Il obtient son baccalauréat sur place, puis décide se former à l’Académie de la Grande Chaumière à Paris (1930-1931). Par la suite, il prépare une licence à l’école d’architecture de Yale et bénéficie d’une bouse lui permettant de repartir deux ans en Europe. Il voyage en Allemagne, Italie, Egypte, Palestine, Grèce, ainsi que dans les pays scandinaves. A son retour aux Etats-Unis, en 1936, Eero Saarinen intègre l’agence de son père à Bloomfield Hill. Trois ans plus tard, il épouse Lilian Swan, une artiste new-yorkaise avec laquelle il collabore sur de nombreux projets : la Smithsonian Art Gallery de Washington (le projet n’est jamais construit), la First Christian Church de Colombus, l’école de Crow Island à Winnekta…
A la mort de son père, en 1950, Eero Saarinen prend la direction de l’entreprise familiale et dessine des équipements pour de nombreux campus universitaires américains : une résidence pour étudiants à Des Moines (1951-1955), un auditorium et une chapelle pour le MIT de Cambrigde (1953-1955), le schéma directeur de l’Université du Michigan (1954), une autre résidence à Vassar à Poughkeepsie (1954-1958), un foyer pour jeunes femmes à Chicago (1956-1958), la piste de hockey de l’université de Yale (reconnaissable aux formes organiques de son épine dorsale de béton), la faculté de droit de Chicago (1956-1960)…
Fortement influencé par
Ludwig Mies van der Rohe, Eero Saarinen qualifie sa démarche d’ « expressionnisme structurel ». Il apprécie les formes primaires, privilégie l’intuition et tente d’échapper aux codes réduisant la singularité humaine. D’un point de vue urbanistique, il est convaincu que l’homme moderne doit brasser les styles anciens et plus contemporains.
Au milieu des années 1950, l’agence Eero Saarinen & Associates reçoit des commandes de prestige. De 1955 à 1960, elle se voit confier les plans des ambassades américaines d’Oslo et de Londres. Elle a également l’occasion de réaliser de grosses infrastructures : des terminaux d’aéroport (celui de la compagnie TWA de l’aéroport Idlewild (renommé JFK) de New-York, puis celui de l’aéroport international de Chantilly en Virginie) et des structures destinées à la recherche de pointe (le centre technique de General Motor, le complexe scientifique d’IBM à New York, les laboratoires de Bell). A New York, il a l’occasion de concevoir une bibliothèque-musée à New York (le Lincoln Center for the Performing Arts) ainsi qu’un gratte ciel pour la Columbia Broadcasting System (paré de granit noir canadien).
En 1961, Eero Saarinen décède précocement d’une tumeur du cerveau. Travailleur acharné, il a mené plus de deux cents projets en seulement vingt-cinq ans de carrière et, à la fin de sa vie, disposait d’une équipe de cent personnes. Il a reçu de nombreux honneurs ; en 1952, il est élu membre de l’American Institute of Architects, puis, huit ans après, de l’American Academy of Arts and Letters.