Né au Luxembourg, Edward Steichen part avec sa famille, à l’âge de deux ans, aux Etats-Unis. Féru de dessin, il quitte l’école, en 1894, pour entreprendre un cursus aux beaux-arts et un apprentissage de lithographe. A seize ans, il découvre la photographie artistique et, à vingt et un ans, se fait remarquer à l’occasion de l'exposition « The New School of American Photography ». Apprécié par le photographe Clarence White, il est aussitôt recommandé à
Alfred Stieglitz qui ne tarde pas à lui acheter quelques clichés.
En 1900, Edward Steichen entreprend un séjour de plusieurs années à Paris et découvre les avant-gardes européennes. Il a l’occasion de visiter l’Exposition universelle et découvrir l’œuvre d’
Auguste Rodin. Impressionné par le talent du sculpteur, il décide de le rencontrer à Meudon.
En 1902, Edward Steichen co-fonde la Photo Secession de New York et participe activement à la revue
Camera Work (1903-1917 ; il dessine notamment la couverture et, en 1913, un numéro double lui est consacré). En 1906,
Alfred Stieglitz l’expose dans sa galerie 291. A partir de l’année suivante, il sert d’intermédiaire entre les deux continents : il donne à plusieurs artistes européens l’occasion d’exposer à New York à
Paul Cézanne,
Auguste Rodin…
Pendant la première guerre mondiale, Edward Steichen intègre le service photographique de l’armée de l’air française. En 1921, il a le privilège de photographier la belle danseuse Isadora Duncan dans le Parthénon d’Athènes. Un an plus tard, il décide de détruire sa production picturale et de quitter Voulangis (à proximité de Paris).
En 1923, le goupe Condé Nast le nomme directeur directeur de la photographie ; Edward Steichen a alors sous sa responsabilité deux prestigieuses revues :
Vogue et
Vanity Fair (dont le style avait été jusqu’alors empreint par le baron de Meyer). La même année, il intègre l’agence publicitaire Walter Thompson et fonde un studio à New York (il ne tarde pas à se faire connaître avec ses portraits : Greta Garbo en 1928…).
Dans les années 1930, Edward Steichen publie un livre de photo pour enfants intitulé
The First Book (1930) et ferme son studio (1938). Une exposition au musée d’Art moderne de Baltimore lui donne un statut d’artiste à part entière.
Pendant la seconde guerre mondiale, Edward Steichen intègre une section de photographes au sein de l’aéronavale ; il embarque sur porte-avions Lexington (1943), se voit confier une exposition « Road to Victory » au MoMa… Au sortir du conflit, il prend la direction du département photographique de l’emblématique musée new-yorkais. Son exposition "The Family of Man" (1955) avec trois cent cinquante photos sur les thèmes du pacifisme et de l’humanisme lui attribue une envergure internationale : elle voyage dans trente-sept pays (dont l’URSS) et est admirée par plus de neuf millions de visiteurs. Depuis 1994, une reconstitution de cette exposition est installée au château de Clervaux (Luxembourg).