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Il est important de construire pas à pas. De créer autant que de transformer. ”
Après avoir entrepris des études de peinture et d’architecture à l’Ecole des beaux-arts de Paris, fréquenté les ateliers d’Eugène Baudouin et George Candilis, Christian de Portzamparc remet en question les principales théories de son époque. Il prend conscience des erreurs de l’urbanisme contemporain, considère un retour à l’ancien comme inapproprié et décide de se positionner en « chercheur de formes et de sens ». Sa réflexion prend essentiellement en considération trois éléments architecturaux : le bâtiment, le quartier et la tour.
Au début des années 1970, Christian de Portzamparc participe, avec le groupe de psychosociologie mené par Jacqueline Palmade, à une étude sur le vécu des habitants des cités nouvelles, puis entame une réflexion sur ce qu’il appelle les « unités signifiantes dans la ville ». A la même époque, il travaille avec Antoine Grumbach sur les équipements publics de la municipalité de Marne-la-Vallée ; il conçoit notamment, pour un rond-point, le Château d’eau babélien.
En 1975, Christian de Portzamparc soumet, au concours de la Roquette (Paris), un manifeste du vide ; sa volonté est alors de lutter contre la prédominance de l’objet. L’année suivante, le ministère de l’équipement lui confie la restructuration d’un quartier du treizième arrondissement parisien. L’architecte profite de l’occasion pour démontrer qu’il est possible de repenser la ville sans pour autant éradiquer des quartiers. Il conçoit son premier « îlot ouvert » : un espace ouvert, calme et lumineux, composé d’immeubles (non mitoyens, avec des hauteurs et des orientations différentes) et de vides. Il ouvre la rue des hautes formes et construit un ensemble de sept immeubles avec de petites tours, accueillant deux cent soixante dix logements. Considéré comme un succès, Christian de Portzamparc est par la suite, invité à (ré)aménager de multiples quartiers : Nexus II (1989-1991, Fujuoka, Japon – quatre immeubles tournés vers le soleil), la rue et la place nationale (1990-1995, Paris)... Formulé en 2003, son projet de réaménagement du quartier Logistic Port (Beijing) est toujours en attente de validation.
Egalement intrigué par le dialogue existant entre l’écoute et le regard, Christian de Portzamparc est l’auteur d’une série d’ouvrages consacrés à la musique. Son premier projet d’envergure, l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris (1983-1988, Nanterre) est constituée d’un grand parcs et de trois bâtiments distincts correspondant aux activités des élèves : les salles de danse, les salles d’enseignement et l’internat. A la même époque, il conçoit à la Villette, la Cité de la Musique (1990-1995), un site composé de deux bâtiments : un conservatoire supérieur avec quatre-vingt salles, ainsi qu’un espace public abritant un musée des instruments et une salle de concert.
A ce jour, Christian de Portzamparc est le seul architecte français à avoir reçu le Pritzker Architecture Prize, la plus haute distinction en architecture. Son agence, créée en 1980, compte aujourd’hui cinquante personnes et intervient dans le monde entier. Parmi ses divers projets en cours de réalisation : l’équipement culturel des Champs libres (Rennes), l’ensemble Block 1 (Almère, Pays-Bas), le complexe culturel Cidade da Musica (Rio de Janeiro), le projet Granite (La Défense), des tours d’habitation à Manhattan, l’Hôpital de la Croix Rousse (Lyon)…
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