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Une revue dans la revue : Livraison publie Third Text

Posté par Magali le 12.08.09 à 10:22 | tags : edition, art contemporain, revue
Quand une revue se met dans la peau d'une autre revue... Le douzième numéro de Livraison, revue de l'association strasbourgeoise de diffusion et d'édition Rhinocéros, propose une « re/lecture » d'une autre revue, Third Text, fondée par l'artiste anglais d'origine pakistanaise Rasheed Araeen en 1987 à Londres. Echo, plus qu'anthologie, le numéro reproduit dans leur intégralité des textes emblématiques de Third Text, traduits pour la première fois en français.

Revue de référence consacrée à l'art dans le contexte de la mondialisation, Third Text, dont le titre renvoie au concept de tiers-monde, remet en cause la domination des critères culturels occidentaux, explicité dans son sous-titre, « Critical Perspectives on Contemporary Art & Culture », et se propose comme une plate-forme de réflexion ouverte à ceux qui sont exclus d'un ethnocentrisme latent.

Parmi les textes les plus intéressants, on citera Les cowboys et les... (1990), dans lequel l'artiste américain Jimmie Durham, auquel le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris consacrait récemment une exposition, souligne l'invisibilité de « l'Indien » dans la culture des Etats-Unis. Le Cubain Gerardo Mosquera, fondateur de la Biennale de La Havane, dénonce dans Le syndrome de Marco Polo : quelques problèmes de l'art et de l'eurocentrisme (1993) la notion imposée d'art « universel » dès qu'il s'agit de productions occidentales, tandis qu'Ihab Hassan, professeur de littérature comparée, aborde le concept de postcolonialisme (1998) ou que Ian Chambers, spécialiste de la musique populaire et des cultures métropolitaines, évoque La Méditerranée, mer postcoloniale (2004).

Si certains textes peuvent paraître datés, la réflexion menée depuis plus de vingt ans par Third Text demeure vivace dans un contexte de mondialisation qui n'a cessé de s'accélérer. Livraison assure ici un beau travail d'édition et de traduction, et un bel exemple d'humilité intellectuelle et d'œuvre utile par cet hommage à une revue peu connue des milieux francophones.

Livraison #12. Third Text, une re/lecture
, juin 2009, éditée par Rhinocéros, 154 pages, 13 euros. Diffusion par r-diffusion



Checkpoint, d'un monde à l'autre

Posté par Magali le 05.08.09 à 12:20 | tags : revue, edition, art contemporain


On évoquait il y a quelques jours la revue Third Text, basée à Londres, qui depuis plus de deux décennies donne voix aux artistes et auteurs qui contestent la suprématie culturelle de l'Occident et réclament la reconnaissance d'un autre point de vue. Checkpoint, revue annuelle publiée en français, arabe et anglais, est aussi un espace d'échanges, conçu par son fondateur, l'artiste algérien Djamel Kokene, comme une production artistique à part entière.

Le trilinguisme de la revue, lisible de gauche à droite et de droite à gauche, jette un pont salutaire entre deux mondes, deux réalités et deux systèmes de pensée de l'art qui ont souvent du mal à communiquer. Largement diffusé dans le monde arabophone, Checkpoint est, comme son nom le suggère, au cœur des frictions, tensions et insoumissions qui font la richesse du dialogue trans-méditerranéen.

Après un numéro zéro intitulé « Donner », puis un numéro 1, « Rejouer », qui montrait notamment des propositions artistiques de Pierre Joseph, Fayçal Baghriche ou Alain Declercq, et des contributions de Jean-Claude Moineau ou Mehdi Belhaj-Kacem, le numéro 2, « Rêver », cherche à « trouver des angles pour décloisonner notre occidentalité tout autant que des connexions qui libèrent et agissent dans notre orientalité » et se veut, selon Djamel Kokene, « un point d’ancrage dans les démarches artistiques actuelles au centre desquelles la question n’est pas tant de trouver de nouvelles formes que de trouver de nouveaux oxygènes ».

Au sommaire de ce numéro, des contributions de l'artiste Benoît Maire, du curateur Hans Ulrich Obrist ou encore du critique d'art Stephen Wright, entrelardées d'interventions plastiques de Bruno Serralongue, Djamel Kokene lui-même ou Susan Hefuna.


Checkpoint n°2. Rêver, éditions La Plateforme, Paris, 168 pages, 10 euros, diffusion r-diffusion.
Trouver les lieux de diffusion ou commander






"La cruci fiction" de Mickey : couverture de Mouvement controversée

Posté par Lucie le 01.04.08 à 15:56 | tags : art contemporain, revue

Cette couverture a fait polémique, des personnes de religion catholique ont manifesté leur désapprobation. L’œuvre est d’un collectif d’artistes contemporains Taroop&Glabel , qui a l’habitude d’ interroger des thèmes comme le commerce, la religion, la société du divertissement, les ordres militaires ou médiatiques. Le collectif tente de ridiculiser et désacraliser certaines icônes, en bref il s’attaque à tout ce qui pourrait, poussé à l’extrême, nuire à l’épanouissement d’un penser par soi-même.


Jean-Marc Adolphe, Valérie Da Costa et David Sanson de Mouvement ont donc répondu à ces accusations (www) en étayant leur propos de réflexions sur la notion même d’icône :
« Désacraliser ce qui nous rabat sans cesse sur l’identique de notre identité, telle est l’une des premières vocations de l’art. Son travail de sape, en quelque sorte, à l’encontre des représentations dominantes et de l’idolâtrie », écrivons-nous dans l’éditorial de ce numéro 47. Ces mots, qui font référence au philosophe Giorgio Agamben, trouvent un écho inattendu dans les écrits de théologiens tels que Raymon Panikkar et, surtout, le jésuite Christoph Theobald : dans son ouvrage La Révélation (publié en 2001 aux Editions de l’Atelier), celui-ci dit-il autre chose lorsqu’il rappelle que tout le Premier Testament, de même que la Torah, condamne l’idolâtrie ? Dans le chapitre intitulé « La fin de l’Histoire », Theobald montre combien les pouvoirs religieux ont eu tendance à fabriquer des images, à « chosifier » des êtres qui n’étaient que fraternité, des figures ensuite récupérées par les pouvoirs politiques ou économiques. »


Très judicieux de la part des rédacteurs de pointer ce problème de fond qui renvoie au rôle et à la puissance, délicate à gérer, de l’image, du symbole et de l’icône. Ils rétorquent également avec des arguments un peu plus provocateurs et contemporains qui soulignent leur étonnement face au caractère un rien conservateur des plaintes :

« On se contentera de rappeler que, depuis les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et les lois du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la notion de blasphème n’existe plus en droit français dès lors qu’il n’y a ni atteinte à l’ordre public, ni "provocation aux crimes et délits". Manifestement, certains de nos interlocuteurs semblent le regretter. Plus sûrement qu’auprès des tribunaux, c’est chez Nicolas Sarkozy que les arguments des nostalgiques de la période d’avant la loi de 1905 (entérinant la séparation de l’Eglise et de l’Etat) risquent de trouver une oreille attentive. »

 

Pauvre Jésus, pauvre Mickey

La tonalité ironique et vindicative de ce deuxième extrait satisfait notre indignation face à la possibilité de telles objections. Bien sûr la référence à Nicolas S. est peut-être un peu gratuite et sauvage. Mais il est en effet un peu étonnant au 20ème siècle de ne pas pouvoir accepter que l’art, qui propose un regard réflexif sur l’individu et la société ne puisse exercer son esprit critique sur la religion ou Walt Disney. Qui plus est dans une société où l’on peut avoir un sac à l’effigie de Jésus ou de la Cène. Si ces personnes se rendaient dans les musées, elles s’apercevraient que les signes de la chrétienté ont été et sont bien souvent mis à mal… Qui plus est, effet non souhaité, ces remarques enflent l’importance de cette couverture en la rendant médiatique.


On se prend à penser que ce serait plutôt à Mister Walt Disney de s’émouvoir qu’on inflige ainsi à sa petite souris de telles tortures. Petite souris, elle aussi de nombreuses fois victime des méchants artistes, pour le meilleur et pour le pire... (dans l'ordre d'apparition Taroop&Glabel, Andy Warhol, Keith Haring, J.M. Basquiat et Philippe Huart).

 




La Force de l'art et l'art en France analysés

Posté par Van le 24.05.06 à 11:33 | tags : expo villepin, grand palais, revue
A l'occasion de l'"expo Villepin" - "La Force de l'art" -, toujours au Grand Palais, la revue (art absolument) sort un numéro spécial "Made in France - paroles d'artistes". Une enquête auprès de 44 artistes vivant en France a été menée pour esquisser une définition d'un art français, si seulement celui-ci existe.
Existe-t-il une scène artistique française, si oui, comment la faire vivre, la rendre visible, accessible. Analyse en forme de bilan autour de ces questions, après des mois de questionnements et de polémique.
MàJ : la chronique sur La Force de l'Art est en ligne sur Flu, le ma.



Checkpoint, l'art en français et en arabe

Posté par Van le 04.05.06 à 12:47 | tags : médias, revue
Checkpoint, une "revue d'art et de pensées contemporaines".
"Checkpoint est pensée comme un "hors-série permanent" dressant ainsi au fur et à mesure de sa publication le portrait d'une revue en devenir. Arabophone et francophone, Checkpoint cherche à élargir le lectorat habituel des revues artistiques en direction des publics arabes, lointains et proches, souvent absents ou peu présents dans le champ de l'art contemporain, et, plus généralement de l'art en train de se faire".
Publication semestrielle, bilingue arabe/français, conçue et éditée par l'artiste Djamel Kokene, lancée ce 4 mai 2006.
Initiative intéressante, qui mérite d'être saluée. Good luck !





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