Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Le 104 cherche une nouvelle direction

Posté par Magali le 13.11.09 à 11:50 | tags : politique, 104

C'est hier, lors du conseil d'administration du 104, centre de création artistique situé dans le XIXe arrondissement et fer de lance depuis un an de la politique culturelle de la Mairie de Paris, que ses deux directeurs, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, ont annoncé leur décision de ne pas renouveler leur mandat, qui arrive à échéance en mars 2010.

Ceci suite à la décision de la mairie de ne pas augmenter sa subvention de 8 millions d'euros — sur un budget de fonctionnement de 12 millions —, voire même de la baisser, si la crise venait à durer. Cantarella et Fisbach réclamaient quant à eux une augmentation de 2 millions d'euros de cette subvention, notamment pour alimenter les résidences d'artistes. Une demande légitime mais assez irréaliste, quand on sait que le 104 affiche aujourd'hui un déficit de 700 000 euros.

Raison principale de ce bilan en demi-teinte : la fréquentation n'est pas aussi bonne que souhaitée (la direction annonce le chiffre de 500 000 visiteurs depuis l'ouverture, contre 300 000 selon la Mairie, chiffres impossibles à vérifier tant le lieu est ouvert à tout passage), malgré une bonne programmation (ainsi récemment le festival Polyphonix, ou prochainement une installation vidéo de Tacita Dean sur Merce Cunningham), peut-être parfois trop timide ou trop exigeante. Et le souhait de faire des anciennes Pompes funèbres de la Ville de Paris (restaurés pour 100 millions d'euros) un foyer de mixité sociale reste un vœu pieux : car malgré la bonne volonté et les programmes mis en place, on sait que ce sont toujours les mêmes, approximativement, qui vont voir un spectacle au Théâtre de la Ville, une expo au Centre Pompidou, un concert au Point Ephémère ou une performance au 104...

L'établissement devra, selon Christophe Girard, adjoint au Maire chargé de la Culture, trouver un « gestionnaire », plutôt qu'un artiste, ajoutant, dans une déclaration à l'AFP, « il faudra chercher des partenariats mais nous ne nous faisons pas trop d'illusions, en ce moment, il n'y a pas d'argent providentiel. Il n'y a qu'une bonne gestion rigoureuse et inventive à avoir ». Et une bonne programmation ?

 

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Voir l'article sur l'ouverture du 104 en octobre 2008

 

Photo © Frédéric Nauczyciel/see-you-tomorrow




Obama en Joker : le coupable retrouvé et censuré

Posté par Magali le 25.08.09 à 11:22 | tags : affiche, politique
On a retrouvé l'auteur de l'affiche d'Obama grimé en Joker. D'abord apparue sur le compte Flickr d'un certain khateeb88, puis placardée à Los Angeles cet été, elle montre le Président des Etats-Unis le visage blanchi, les yeux cernés de noir et une large bouche rouge lui donnant un faux air de Heath Ledger dans The Dark Knight, Le Chevalier Noir, dernier épisode de la saga Batman. Plutôt flippant...

Après avoir entretenu les rumeurs — campagne orchestrée par la droite contre la réforme du système de santé, racisme, provocation, voire appel à l'assassinat du Président —, l'affiche, depuis déclinée en T-shirts et stickers, a désormais un auteur connu. Firas Alkhateeb, 20 ans, étudiant en histoire américain d'origine palestinienne vivant à Chicago, se situe plutôt à la gauche d'Obama qu'à sa droite. Il a réalisé cette image, issue d'une une du magazine Time, à partir d'un tutoriel permettant de « jokeriser » des visages.


Alkhateeb prétend ne pas avoir voulu formuler ici de critique politique. Mais un individu, qui reste aujourd'hui anonyme, a téléchargé son image, collé la légende « Socialism » et diffusé l'affiche à Los Angeles. Les commentaires sont allés bon train depuis. Ainsi selon Philip Kennicott, du Washington Post, « la grande vertu d'une campagne d'affichage anonyme, c'est qu'elle anticipe des peurs ou des revendications non-dites, et mène le débat en insinuant ou en faisant émerger des idées qui seraient trop explosives si elles étaient lancées par des personnalités responsables ».

Le sentiment d'Alkhateeb est plus mesuré. Selon le jeune homme, l'Obamania qui a suivi l'élection du Président a pris des proportions exagérées : « Il n'a pas tant de consistence », dit-il.

Depuis, Flickr a supprimé l'image du site, prétextant le viol du droit à l'image (en l'occurrence celui du Time et non d'Obama), et clos un forum consacré au sujet, ce qui a provoqué un tollé chez les internautes.

 







Last Post

Posté par Magali le 24.08.09 à 13:00 | tags : politique, art contemporain

Le vidéaste et réalisateur Steve McQueen, auteur du film Hunger primé à Cannes en 2008 et artiste représentant la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise cette année fut, aussi étrange que cela puisse paraître, « l'artiste officiel de la guerre en Irak » pendant la période d'intervention des soldats britanniques, interrompue en mai dernier.


Afin de célébrer la mémoire de 155 hommes et femmes morts lors de leur service en Irak, l'artiste a eu l'idée de faire réaliser des timbres à leur effigie, avec l'accord de leur famille et le soutien de l'association d'aide artistique Art Fund.
A la fois plus directe et plus visible qu'un monument en bronze classique du type « A nos chers disparus » que l'on retrouve dans presque chaque ville d'Europe depuis la Première Guerre mondiale, la diffusion de ces timbres oblige chacun, à un moment ou un autre, à se confronter au visage d'un individu disparu, souvent dans un très jeune âge : Sarah Janes Holmes, 26 ans, Timothy Darren Flowers, 25 ans, Matthew « Lip » Colwell, 22 ans, Eleanor Dlugosz, 19 ans...

Afin de sensibiliser le public à l'opération, une exposition circule actuellement en Grande-Bretagne sous la forme d'un cabinet dans lequel sont juxtaposées les planches de timbres. Or le projet, intitulé « Queen and Country », reste inachevé tant que le Royal Mail ne donne pas son accord pour éditer officiellement les images sur de vrais timbres.
Une pétition en ce sens a réuni à ce jour plus de 20 000 signatures. Sur le site consacré au projet, des familles de soldats témoignent de leur enthousiasme à voir la photo de leur enfant diffusée - tandis que d'autres ont refusé, pour des raisons personnelles évidentes.


Ill. Timbres à l'effigie de Christopher Maddison, Royal Marines, décédé le 30 mars 2003, à l'âge de 24 ans.

 




La Chine censure Ai Weiwei

Posté par Magali le 07.08.09 à 09:18 | tags : chine, politique, art contemporain, web


Artiste contemporain majeur de la scène chinoise, Ai Weiwei subit depuis quelques semaines la pression des autorités chinoises. Son atelier a été placé sous surveillance, son blog, hébergé par sina.com, effacé, tout comme ses commentaires sur la version chinoise de Twitter. La maison de la mère de l'artiste a été « visitée », lui-même est suivi et son lieu de résidence surveillé.

Depuis une vingtaine d'années, le travail d'Ai Weiwei est consacré aux contradictions entre la permanence de la culture traditionnelle chinoise et l'accélération de la modernisation du pays. Artiste mais aussi activiste, Weiwei a mené l'an passé une campagne dénonçant la mort d'écoliers lors des tremblements de terre au Sichuan, dûe selon lui au détournement de l'argent prévu pour la construction de bâtiments anti-sismiques. Devant le refus des autorités de fournir la liste des milliers d'écoliers décédés, il a décidé de l'établir lui-même sur son blog. Le 1er juin, il lançait un boycott d'Internet et photographiait son majeur dressé face à la place Tian'anmen, commémorant ainsi les vingt ans de la révolte étudiante.

Intolérant aux pressions qu'il subit, Ai Weiwei a lancé un nouveau blog sur un serveur américain, blog.aiweiwei.com (en chinois), sur lequel il publie de nouveau son enquête sur la catastrophe du Sichuan. La lutte continue.

Voir sur le site aujourdhuilachine.com une interview d'Ai Weiwei au sujet des enfants morts au Sichuan.



De l'Obamart à la Dorothy's gallery

Posté par Nedjma le 07.10.08 à 10:39 | tags : art contemporain, expos à paris, politique

Est-ce de l'art, ou de la politique? Une galerie ou un QG de campagne? Un peu des deux, mon capitaine. La Dorothy's gallery, espace branché parisien accueille "Barack Obama, change and progress", une exposition singulière, tout à la gloire du candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine. Artistes français et américains y dévoilent leurs oeuvres, en collaboration avec le comité français de soutien, qui réunit notamment Bernard-Henri Levy, Sonia Rykiel ou Bertrand Delanoé. Le beau Barack y est croqué en peinture, en dessin, en sculpture, en photo par 30 créateurs, parmi lesquels plusieurs illustrateurs de canards nationaux, comme Cabu, Wolinski, Wozniak, Charb... Yes, they can!

Et si vous en voulez encore, on pourra découvrir sur place projections de documentaires, conférences et produits à l'effigie du candidat.

Barack Obama, change and progress, Dorothy's Gallery, 27 rue Keller, Paris. Jusqu'au 17 novembre. www




Musée du quai Branly contre British Museum

Posté par Van le 22.06.06 à 12:28 | tags : politique, quai branly

Sans rien enlever à l'intérêt du tout nouveau musée du quai Branly, il ne constitue pas une première.
Les Anglais avec quelques longueurs d'avance, ont ouvert un établissement assez semblable, finalement, en... 1759. C'est le British Museum, qui renferme une des plus importantes collections d'antiquités au monde, provenant d'Asie, des Amériques, du Proche-Orient, d'Afrique, du Japon, de Rome ou de la Grèce Antique. Disposant d'un fond considérabe, le musée expose quelque 50 000 pièces de façon permanente (contre les 3500 du quai Branly), accessibles gratuitement au public.
L'International Herald Tribune, qui consacrait hier sa une à l'ouverture de notre musée des arts non européens, publie aujourd'hui un article sur le British Museum, sa richesse, et sa très ancienne mission de mise en lumière des cultures. Comme pour mieux souligner le non événement que constitue l'ouverture du quai Branly ?
(illus. Peintures aborigènes ; vue des plafonds peints par des artistes aborigènes au musée du quai Branly, © musée du quai Branly, photo Ianna Andréadis)



Chasse au trésor : dégoter un manchot

Posté par Ophélie L. le 04.04.06 à 11:31 | tags : expos, insolite, politique

Quel est le point commun entre Pierre Huyghe, Xavier Veilhan et Luc Jacquet ? Le manchot. Si, si ! Cet animal de seconde zone semble depuis peu sous les feux de la rampe. Etrangement, il est souvent personnifié (voix off, difficilement supportable d'ailleurs, dans La marche de l'empereur, contexte humain type tribunal ou supermarché chez Xavier Veilhan).  On en a trouvé un, au musée d'art moderne de la ville de Paris, dans l'exposition de Pierre Huyghe, Celebration Park (lire la chronique de Flu, le mag).
(illus. Pierre Huyghe, A journey That Wasn’t, 2005. Courtesy Galerie Marien Goodman. Xavier Veilhan, le Palais, 1997-1998)



Los Angeles à Beaubourg

Posté par Van le 30.03.06 à 18:02 | tags : architecture, art et cinéma, art plastique, beaubourg, politique

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Los Angeles, la plus grosse machine à fantasme et à fric, c'est le moment de le demander. Le Centre Pomidou propose en ce moment et jusqu'au 17 juillet une rétrospective à l'image de la ville, monstre. Sa scène artistique, ses architectes, son cinéma, tout ce que L.A. produit depuis cinq décennies, c'est à voir à Beaubourg, et à lire sur Flu, le mag.
(illus. Hollywood, Ed Ruscha)





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