Jan Bucquoy inaugure son Musée du Slip à Paris Les Belges sont les maîtres du canular, les rois de la blague, les champions de la gaudriole — on se souvient de "l'affaire" récente de l'exposition Sexes d'artistes de Jacques Charlier à Venise. Dans la lignée des figures tutélaires du très sérieux René Magritte, du plus contemporain Marcel Broodthaers (auteur, en 1965, d'un Triomphe des moules) ou du performeur-artiste-chorégraphe-metteur en scène Jan Fabre, le Bruxellois Jan Bucquoy n'est pas en reste.Conservateur en chef du Musée du Slip à Bruxelles, Bucquoy a également été le directeur d'un Musée de la Femme (avec de réelles femmes exposées), mais est aussi auteur de bandes dessinées (notamment de versions pornographiques de Tintin) et de films sur La Vie sexuelle des Belges, et ex-membre du parti politique BANANE (Bien Allumés, Nous Allons Nous Eclater). Il a également baissé son pantalon chez Dechavanne, en réponse à une féministe qui lui reprochait d'exposer une femme nue dans son musée, brûlé une toile de Magritte, entarté des célébrités aux côtés de son acolyte Noël Godin, et réalisé pas moins de quatre tentatives de coups d'Etat. Pour trois semaines, Bucquoy installe à Paris son Musée du Slip, auquel il ajoute un Musée de la Frite, et présente quelques unes de ses parodies de Tintin, avant de débarquer à Toulon et Lille en 2010. Le Musée du Slip a reçu l'appui exceptionnel de diverses personnalités, qui ont bien voulu donner leur slip, parmi lesquelles Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, Jean-Michel Ribes, Jean-Marc Barr, Willem, Guillaume Durand ou Plastic Bertrand. « De César à Eddy Merckx, nous sommes tous égaux devant le slip ». CQFD A lire ici, un long entretien avec Jan Bucquoy dans le dernier numéro (26) de la revue Particules Jan Bucquoy, la subversion comme un des Beaux-Arts, à l'Espace Immanence, 21 avenue du Maine, Paris, du 6 au 21 novembre 2009. Vernissage le jeudi 5 novembre à partir de 18h. www Ill. Jan Bucquoy, Napoléon avec slip, 2009 L' art vivant d'Antony Gormley à Trafalgar Square![]() Les Britanniques ont le sens de la patrie et de l'honneur, c'est un fait. Trafalgar Square, à Londres, en est un témoignage urbain majeur, et reste l'un des cœurs battants de la cité. Sur ses piédestaux se dressent les statues de héros nationaux, comme l'amiral Nelson ou George IV. Cependant l'un d'entre eux, communément appelé « The Fourth Plinth », reste vide depuis 1841 : à l'époque ce fut faute de moyens, puis la vacance perdura en raison d'un désaccord persistant quant au choix du grand homme à y placer. En 1999, la Royal Society of Arts décida de confier chaque année le piédestal à un artiste contemporain vivant en Grande-Bretagne, parmi lesquels Mark Wallinger, Rachel Whiteread, Thomas Schütte ou Marc Quinn. Depuis le 6 juillet, c'est le sculpteur anglais Antony Gormley qui investit le piédestal avec son projet One and other. Pendant trois mois, 2400 personnes sont invitées à grimper sur la plate-forme, pour une heure, et devenir ainsi de véritables sculptures vivantes. Echo à la performance Living Sculptures des artistes londoniens Gilbert & George, One and other redéfinit les limites de la sculpture et de l'art de la performance. Il s'agit, selon l'artiste, de « célébrer le vivant ». Pour le maire de Londres, Boris Johnson, c'est une « méditation triomphante sur la célébrité et la gloire ». Les participants sont autorisés à faire ce qu'ils veulent (à condition qu'il n'y ait pas outrage, le sexe est donc exclu) : certains ont annoncé qu'ils allaient y fêter leur anniversaire, honorer un parent mort, informer sur des maladies rares ou clamer des revendications politiques. Le site Internet de l'opération permet de regarder en direct, en streaming, chaque candidat perché au-dessus du flot londonien. Si vous avez plus de 16 ans et habitez en Grande-Bretagne, vous avez jusqu'au 14 octobre pour participer. « Someday your plinth will come », affirme Boris Johnson. www.oneandother.co.uk Abramovic au MoMA : l'expo-épreuve
![]() L'artiste d'origine serbe Marina Abramovic est sans doute l'une des plus grandes performeuses de l'histoire de l'art, et la représentante vivante d'un art engagé, du côté du corps, du féminin et du politique, une artiste entière et intelligente. Son œuvre, dont on a pu prendre toute la mesure ce printemps dans l'exposition de photographies de ses performances à la galerie Serge Le Borgne, fera l'objet d'une rétrospective exceptionnelle au MoMA de New York de mars à mai 2010, chroniquée par des photographies et vidéos. L'événement, cependant, sera une performance inédite et d'une pénibilité inégalée. A l'occasion de cette exposition intitulée « The Artist is Present », Marina Abramovic créera la pièce la plus longue de sa carrière, en étant présente à chaque minute d'ouverture au public. Sept heures par jour (dix le vendredi), six jours par semaine (soit 586 heures en tout), l'artiste de soixante-deux ans sera là, sur une des plates-formes montées en zig-zag sur le mur nord de l'atrium du musée. Les échelles les reliant étant hérissées de couteaux, elle ne pourra ni monter, ni descendre — l'artiste aura été placée là par une grue avant l'ouverture du musée —, ne disposera pas d'eau ou de nourriture, ni de siège ou coussin, et n'aura pas accès aux toilettes. Le public pourra l'observer d'en-bas, sur des chaises longues, grâce à des jumelles. Abramovic descendra de niveau au fur et à mesure de l'exposition, pour se retrouver à la fin au niveau des spectateurs. Pour Marina Abramovic, il s'agit du « voyage biographique et spirituel d'un artiste ouvert et vulnérable », et de la « descente de l'ego », jusqu'au niveau du public. Lequel sera lui aussi mis à rude épreuve.
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