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Les expos de peinture en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés à cette forme artistique sur De Visu. Lire aussi notre petite histoire de la peinture et le who's who des peintres sur l'encylcopédie Arts de Flu.
Damien Hirst : « N'importe qui peut peindre comme Rembrandt »![]() C'est ce que prétend l'artiste-entrepreneur, qui présente actuellement une série de peintures réalisées par lui-même, dans un non-événement intitulé No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, qui a lieu à la Wallace Collection de Londres, musée prestigieux auquel Hirst a dû payer la somme de 250 000 livres (281 000 euros) contre le droit d'exposer — là, une question d'éthique muséale se pose évidemment, mais passons. Photo : vue de l'exposition No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, Wallace Collection, Londres Dommage(s) : retour sur l'affaire du baiser à la Collection Lambert
A lire : la critique de l'exposition de Cy Twombly à la Collection Lambert en Avignon Prix Ricard : de «L'image cabrée» aux «Archipels réinventés»Posté par Magali le 02.11.09 à 11:20 | tags : centre pompidou, art contemporain, exposition, peinture
Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition «L'image cabrée» à la Fondation d'entreprise Ricard, qui présente neuf artistes ayant pour point commun, selon le commissaire Judicaël Lavrador, de créer un «type d'images qui braquent le regard, le hérissent, en même temps qu'elles transpercent leur support», et témoignent de la reprise en main des images par les artistes. L'exposition rassemble les nommés au 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, décerné cette année à un couple de peintres, composé de la Serbe Ida Tursic et du Français Wilfried Mille, dont l'œuvre présentée dans l'exposition, 90 Interview May 1998 Miroir III (2008), jure par son esthétique de fanzine néo-Pop avec la sobriété de la plupart des autres œuvres, mais affirme avec force le retour de la peinture dans le goût contemporain. Le Prix, décerné par un jury de critiques d'art et de collectionneurs, consiste en l'achat d'une œuvre aux lauréats, offerte au Centre Pompidou. Pour célébrer les dix ans du Prix, une exposition au Musée national d'art moderne, «Les Archipels réinventés», présente une œuvre de chacun des précédents lauréats, qui, outre le Mobile Information Stand for Money back Products (1999) de Matthieu Laurette — guide pratique du retour d'article — dénote une sérieuse inclination pour la sculpture ou l'installation minimalistes, avec notamment les œuvres de Tatiana Trouvé, Raphaël Zarka, Boris Achour, Berdaguer & Péjus ou Didier Marcel. Démontrant ainsi des choix homogènes et cohérents, à quelques exceptions près, et le parti pris d'une esthétique séduisante par son intransigeance formelle. Cette année, pour la première fois, une toile viendra compléter cette micro-collection d'artistes émergents. L'image cabrée, 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris, jusqu'au 7 novembre 2009. www Les Archipels réinventés, au Centre Pompidou, Paris, jusqu'au 11 janvier 2010. www Ill. Ida Tursic & Wilfried Mille, 90 Interview May 1998 Miroir III, 2008. Courtesy Almine Rech Gallery, Bruxelles-Paris Soulages : 60 ans de peinture au Centre Pompidou
Traquandi, la peinture encore et toujours![]() Flirtant autant avec la peinture au pinceau ou les laques noires à reflets d'or de la tradition chinoise, qu'avec les Nénuphars de Monet ou les all-over de la peinture expressionniste abstraite américaine (on pense notamment à Clyfford Still ou Joan Mitchell), cette récente série de toiles, exécutées grâce à un complexe processus d'empreinte proche de la technique du monotype, surprend par sa légèreté et sa subtilité. Et forme une parenté adéquate avec l'œuvre de Pierre Soulages, auquel le Centre Pompidou, à quelques pas, rend hommage à partir de la semaine prochaine.
Ill. vue de l'exposition Gérard Traquandi à la galerie Laurent Godin, 2009. Titien, Tintoret, Véronèse, maîtres et rivaux, au Louvre
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C’est une de ces expositions monstre dont Paris a le secret, et c’est au Louvre que ça se passe. La vénérable maison célèbre trois génies, trois rivaux dans la conquête de la lagune. « Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise ». Le thème est dans l’intitulé même de l’événement, placé sous la houlette de Jean Habert, conservateur général, et Vincent Delieuvin, conservateur, assistés par Arturo Galansino. De la rivalité naît précisément un jaillissement d’idées et de nouveautés qui feront de Venise un pôle essentiel de la création. Objectif affiché : faire le point sur la peinture vénitienne dans la seconde moitié du 16e siècle, au moment même où les peintres dévoilent, là-bas, dans leur art, une synthèse unique adaptant le maniérisme de l’Italie centrale. L’exposition s’est ouverte samedi et se poursuit jusqu’en janvier. On en reparle bientôt… Illus Venus au miroir, Titien. © Courtesy Board of Trustees of The National Gallery of Art, Washington. Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise, jusqu’au 4 janvier au Louvre. Site de l’exposition.
La prestigieuse collection Brukenthal s’expose à Paris
![]() Le baron était aussi un esthète de haut vol… Samuel von Brukenthal, très proche conseiller de l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et collectionneur insatiable, gouverneur de Transylvanie se rendit propriétaire, en un temps record, de plus de 16 000 livres précieux, de nombreux objets d’art, près de 800 gravures et 1 200 tableaux. L’impératrice elle-même lui offrit plusieurs œuvres et sa collection fut rapidement reconnue comme l’une des plus belles de Vienne. Jan de Maere, spécialiste de la peinture flamande des XVIe et XVIIe siècles et Nicolas Sainte Fare Garnot, conservateur du Musée Jacquemart-André sont aux manettes de l’exceptionnelle exposition qui vient de s’ouvrir à Paris et qui célèbre tout particulièrement les maîtres de l’école flamande, clou de la collection. Bruegel l’ancien et Bruegel le Jeune, Jan Van Eyck, Memling y voisinent au fil d’un parcours à la fois chronologique et thématique. A voir également, d’autres chefs d’œuvre signés Titien ou Lorenzo Dotto.
Collection Brukenthal, Musée Jacquemart-André, Paris, jusqu’au 11 janvier. Illus Le massacre des innocents à Bethléem, de Pieter Bruegel l’ancien et Pieter Bruegel le jeune. Brukenthal National Museum, Sibiu/ Hermannstadt, Romania/ Musée Jacquemart-André Hitler aux enchères
Dans sa prime jeunesse, sa candidature à l'Académie de Vienne pour y suivre des études d'art, avait été rejetée pour manque de talent. Il avait pourtant continué à peindre des copies de cartes postales… Un moulin criblé de balles, la ville autrichienne de Weisenkirchen in der Wachen, et une maison avec un pont au bord d'une rivière : voilà ce qu’on peut voir sur trois aquarelles de 1910 et 1911 signées de sa main. Les œuvres seront mises en vente ce samedi –mise à prix 3000 euros- par la salle des ventes Weidler, à Nuremberg. Les premières œuvres mises sous le marteau par la même structure en avril dernier avait trouvé preneur pour 32 000 euros la paire. Jusqu’ici le record atteint par une toile du Führer était de 118 000 livres (soit près de 140 000 euros), en Grande-Bretagne, en 2006. Doit-on vraiment s’en réjouir ? En images : les peintres photographiés par DoisneauMoins célèbres que ses images d'écoliers ou d'amoureux de l'Hôtel de ville, les portraits d'artistes signés Robert Doisneau à la Fondation Angladon-Dubrujeaud.
De Braque à Picasso, d'Utrillo à Arp, de Léger à Dubuffet, le photographe a arpenté les ateliers d'artistes des grands de ce monde, missionnés par plusieurs journaux. Découvrez les clichés qu'il en a tiré avec le diaporama Robert Doisneau : les portraits d'artistes.
« Portraits d'artistes », fondation Angladon-Dubrujeaud, jusqu'au 11 novembre 2009.
En images : Ingres, à toutes les saucesIngres, peintre classique placé par la critique du côté du dessin, quand Delacroix représentait la couleur, donc la modernité, fut dès son vivant un peintre dénigré pour sa froideur et son académisme. Pourtant, son influence sur l'art moderne et contemporain se fait toujours sentir, en raison non seulement de l'extraordinaire répertoire de formes qu'il a pu constituer, mais aussi grâce à l'audace insoupçonnée de sa peinture, truffée de déformations expressives et de détails bizarres. Le musée Ingres de Montauban consacre cet été une exposition à ce sujet. Tour d'horizon de la question avec le diaporama "Ingres et les modernes". Ingres et les modernes, au musée Ingres de Montauban, jusqu'au 4 octobre 2009. Plus d'infos Art made in USAPosté par Nedjma le 28.05.09 à 12:39 | tags : expos à paris, art contemporain, photographie, peinture
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Dorothy's gallery, un espace d'art, un espace militant. Après avoir organisé une exposition à la gloire du candidat Barack Obama, à l'automne dernier, le lieu remet ça, avec cette fois une exposition entièrement dédiée... aux Etats-Unis. Après un accrochage au Jardin d'acclimatation, Dorothy poursuit l'événement dans ses murs. Une cinquantaine d'artistes contemporains américains y sont à l'honneur. Peintures, sculptures, dessins, photos, vidéos, collages... Parmi les artistes à l'honneur: Stephen Tamisie, Matthew Rose, Robert Gallagher. Concerts et ateliers d'arts plastiques complètent le menu des réjouissances. Quand l’art de rue a pignon sur rue… Exit les murs de la rue ? Pas forcément... En tout cas, le street art a de plus en plus les faveurs des galeries d’art. Après la richissime expo T.A.G. au Grand Palais et en attendant le musée du graffiti –en vérité un musée à ciel ouvert, et participatif-, c’est la galerie Alexis Lartigue qui célèbre l’expression urbaine. Jonone, Jérôme Mesnager, Speedy Graphito, Jeff Aérosol, L'Atlas, Babou, Sun 7, Philippe Bonan, Run don't Walk, Malatesa, Mosko & Associés (vous savez ceux qui installent des animaux sauvages un peu partout, et notamment cette girafe colorée- : les artistes exposés créent sur différents supports : affiches, pochoirs, stickers. Exposition « Street Art », jusqu’au 13 juin, Galerie Alexis Lartigue.
William Blake au Petit Palais : l'expo en images Il est fou. Il est poète. Il hallucine. Il a la foi. C'est un génie. William Blake est un génie visionnaire, romantique, incompris, si ce n'est maudit, par les prêcheurs de vérité de son époque. Il était temps de consacrer, en France, une exposition entière à l'œuvre du génie : le Petit Palais et le Musée de la Vie Romantique ont réunis près de 150 œuvres, prêtées par les principaux musées britanniques.Moderne avant les modernes, Blake eut une influence déterminante au XIXe siècle puis au XXe siècle : préraphaélites, symbolistes, surréalistes, ou même philosophes "New Age" (Aldous Huxley) ont pu voir en lui un précurseur secret et exalté. Après Dante et Milton, il fait partie des poètes qui mettent la Bible en vers ou en couleurs et la rendent sexy. Avec Les Chants d'Innocence (1789), Le Mariage du ciel et de l'enfer (1790-1793), L'Amérique et l'Europe (1793-1794), il impose un nouveau procédé - l'imprimé enluminé - des livres illustrés qui alternent poésie et gravure et dont il maîtrise l'entière fabrication, mais bouleverse aussi, par son esthétique, l'ensemble des canons académiques de l'époque. Evénement pictural comme littéraire, l'exposition du Petit Palais témoigne de toutes les étapes de la carrière du poète graveur : les années d'apprentissage puis le métier de graveur professionnel, les premiers livres enluminés, puis, à partir de 1795, les estampes en couleur qui restent aujourd'hui ses œuvres les plus célèbres. Une place est également consacrée aux reprises des œuvres de Blake dans l'art d'aujourd'hui, avec, notamment, des extraits du Dead Man de Jim Jarmusch. Monet en son jardin, à Giverny
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A l’automne dernier, le musée d’art américain de Giverny fermait ses portes après plus de quinze années d’existence. Objectif affiché : le transformer en musée des impressionnismes, et mettre en lumière les origines, ainsi que la diversité géographique de ce mouvement artistique. Et ce, sur la terre où Claude Monet vécut dès 1883 et qui abrite déjà un musée à son nom. Le site joue en effet les escales cruciales en matière d’impressionnisme, dans la vallée de la Seine. C’est donc désormais chose faite et, depuis le 1er mai dernier, l’exposition inaugurale du musée rend hommage à Monet, autour de son jardin. Au total, une vingtaine de toiles y sont rassemblées parmi lesquelles « Les Nymphéas », à quelques mètres de l’endroit même de leur création. L'exposition entend mettre l'accent sur le double travail créatif du peintre. Grand jardinier et paysagiste, il composa avec art un jardin qui deviendrait ensuite le motif de ses œuvres. Un travail qui se poursuivra sur deux décennies, avant que Monet, en partie affecté par des troubles visuels, se détache de la représentation fidèle du réel.
![]() Illus 1, Monet devant sa maison à Giverny. Anonyme, 1921, autochrome. c Musée d'Orsay. Illus 2, Nymphéas. Exposition « Le jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage », jusqu’au 15 août, Musée des impressionnismes de Giverny. Nouveau cap pour MontrougeBienheureux les amateurs d’art contemporain vivant en région parisienne. Alors que La Force de l’art bat son plein au grand palais, voilà quelques jours que Montrouge a également ouvert ses portes. ![]() Peinture, sculpture, dessin, photographie, installation et vidéo, un foisonnement d’art(s) contemporain(s) au 54e salon de Montrouge, qui a investi la ville le 30 avril dernier, et se poursuit jusqu’au 20 mai. Avis de vent frais annoncé sur l’événement, chapeauté par un nouveau directeur artistique depuis janvier. Journaliste, collectionneur et galeriste, Stéphane Corréard succède à Alain Lamaignère. Il défend les créateurs français d’art contemporain et de design. « De grands noms de l’art actuel ont été découverts à Montrouge. Ce rôle d’accélérateur de carrières doit être renforcé ». En outre, le salon quitte le Théâtre pour la Fabrique. Un immense site d’exposition en lieu et place des anciens bâtiments de l’usine Areva, soit 4000 mètres carrés entièrement réagencés par la scénographe Matali Crasset –à qui l’on doit notamment la restauration de l’hôtel design niçois Hi, et l’aménagement de la Maison des Petits, au 104 parisien-. Au total 80 mini-expositions personnelles sont proposées, avec plus d’espace accordé à chaque artiste qu’à l’accoutumée (ils sont moins nombreux). Invité d’honneur de cette édition 2009, Arnaud Labelle Rojoux, spécialiste de la performance Illus © Arnaud Labelle-Rojoux. 54e salon d’art contemporain. Jusqu’au 20 mai, la Fabrique, Montrouge tous les jours de 12h à 20h. Entrée libre.
Qui a coupé l'oreille de Van Gogh?A quoi Vincent Van Gogh devait-il son oreille coupée, immortalisée par plusieurs de ses toiles ? A un accès de démence, comme l’affirme la version la plus connue de l’histoire, ou à une agression de son ami, Paul Gauguin ? C’est la dernière option que défendent deux historiens allemands, balançant un véritable pavé dans la mare… de peinture. Plus de cent ans après le drame, survenu dans la nuit du 23 décembre 1888, Hans Kaufmann et Rita Wildegans, deux universitaires de Hambourg, affirment dans un livre que Gauguin aurait agressé Van Gogh avec un sabre avant de prendre la fuite. Ils viendront étayer cette thèse à Bâle le 17 juin à l’occasion de l’exposition sur les paysages de Van Gogh. Pour Thierry Geffrotin, spécialiste français du peintre hollandais, c’est une hérésie. Gageons que ce débat - un de ceux dont le petit monde de l'art, Flu inclus - est friand, n’a pas fini de faire couler de l’encre… ![]() Illus Autoportrait à l’oreille bandée, Vincent Van Gogh. L'art contemporain ? C'est de la viandeUltime expérience du pop-art : peindre la Joconde avec des hamburgers. C'est ce que fait ce jeune artiste américain dans cette étonnante vidéo. C'est plus qu'un retournement : certes la marchandisation de tout avait conduit l'art à devenir un produit comme un autre, et inversement à faire accéder des objets de consommation courante au rang d'oeuvre (oui oui comme les soupes Campbell). Cette fois le produit devient outil mais la critique sociale est intacte (ouf) puisque la vidéo nous rappelle en creux à quel point c'est gras un hamburger. On attend avec impatience les premières estampes réalisées à la sauce Samouraï. Lire aussi : le pop art dans tous ses états sur Flu.
Neuvième Prix Marcel Duchamp : et les nominés sont…Posté par Nedjma le 19.03.09 à 10:30 | tags : art contemporain, expos à paris, peinture, sculpture, vidéo, centre pompidou
Saâdane Afif (39 ans), sculpteur ; Damien Deroubaix (37 ans), peintre ; Nicolas Moulin (39 ans), vidéaste ; Philippe Perrot (42 ans), peintre: voilà la cuvée 2009 des postulants au prix Marcel Duchamp. C’est un comité de sélection composé de onze collectionneurs de l’Association pour la Diffusion Internationale de l’Art français (Adiaf) qui a choisi les quatre nommés, artistes résidant en France et a rendu leurs noms publics hier. Des jurés français, mais aussi grec, américain, allemand etc. Comme chaque année, les quatre heureux élus exposeront leurs œuvres dans le cadre de la FIAC –cette fois du 22 au 25 octobre 2009- et le lauréat final présentera une exposition personnelle au Centre Pompidou, en plus gratifié d’un prix de 35 000 euros. Cerise sur le gâteau, le Pavillon France de l’exposition universelle Shangai 2010 invitera les artistes de l’édition 2009 à représenter l’art contemporain français en Chine, du 1er au 30 juin… Lire ici le compte-rendu des précédentes expos des lauréats à la FIAC. L'art sourit à Art Paris
Illus Philippe Favier, Sans titre, 2007. Galerie Sollertis. Art Paris, du 19 au 23 mars, de 11h à 20h30, Grand Palais. Robert Combas, frimeur flamboyant Un peintre à la Maison Européenne de la photo ? Après Jacques Monory, place à Robert Combas. Il peint sur des reproductions photographiques d’œuvres anciennes et donne naissance à d’autres œuvres, tout en s’interrogeant sur la pratique de la reproduction à l’infini. Ici, on découvre des œuvres spécialement créées par Combas pour l’occasion. L’artiste a repris les ektachromes d’œuvres anciennes, réalisées à partir de pages de magazines arrachées : papier glacé où s’étalent des icônes de la mode, immobiles, qu’il anime. Ces archives passées sont réutilisées comme bases de nouvelles œuvres peintes, elles aussi photographiées et peintes en grand format. Reproduction de la reproduction, par un processus d’autoinspiration. En 200 centimètres sur 150, les créations finales signées par l'artiste mêlent photo argentique, peinture aux couleurs pétaradantes et phrases déclinées en lettres majuscules. « J’y comprends plus rien », « Drague-moi comme une chanson d’amour ». Avec ces nouveaux ajouts successifs, il introduit du mouvement et casse le côté figé de la photo. Voilà une dizaine d’années qu’il se penche sur ce support, en transformant des images existantes. C’est l’une des « pratiques satellites » à sa peinture. Mais quel que soit le support, on retrouve la désinvolture, l’humour, les envolées sensuelles, étranges et parfois un peu violentes, trop « gueulardes » pour certains, qui font sa patte. Sur une cité aux bâtiments verts, cliché urbain, un grand soleil jaune réchauffe une pépette allongée, lascive. Ici encore, son bestiaire étrange, puis une galerie de personnages qui mêle mante religieuse, sainte verte et noire, déesse indienne et statuette pygmée… S’il rit des autres, il sait aussi rire de lui-même et jouer avec son image. En se qualifiant de « frimeur flamboyant » d’abord. Ou en se représentant dans des postures pour le moins improbables. Voyez cet autoportrait en Roy Loney, en avaleur de sabre et de « cool-œuvre », encore en « teenage-head » ou en saint sacristain dans une culotte de zinc ! Et puis il y ce film captivant qui lui est consacré. On y voit Combas à l’œuvre, on y entend ses confidences, verbe haut, faconde vive. Il commente notamment son travail, les accidents et les fautes qui donnent des oeuvres : « Plutôt que la ligne droite, je peins dans les chemins de traverse et parfois je tombe dans les trous ! C’est assez fatigant ». Mais tellement plus dense. Illus "J'y comprends plus rien" dr Exposition Robert Combas, jusqu’au 5 avril, Maison Européenne de la photographie. Goya n'a pas peint le Colosse
Ils sont donc formels : "la pauvreté de la technique, de la lumière et des couleurs, de même que la différence marquée entre «Le Colosse» et les œuvres principales attribuées de manière documentée à Goya, deviennent manifestes". Lesdits experts ont également relevé des hésitations de pinceau qu'on peut difficilement imputer au Maitre mais plus vraisemblablement à l'un de ses disciples. Les experts Madrid estiment qu'il s'agirait d'Asensio Julia, peintre moins connu qui fut l'assistant de Goya et dont celui-ci a fait le portrait. Le Colosse ne serait d'ailleurs pas la seule oeuvre à avoir été abusivement attribuée au peintre espagnol... Dufy, un graveur et designer à découvrir![]() Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris rend hommage en cette fin d'année à un artiste mal connu et mal aimé en son pays, Raoul Dufy. La présence dans l'enceinte du Palais de Tokyo (scindé entre la Ville de Paris, qui y loge le MAMVP, et l'Etat, qui y a installé un centre de création contemporaine du même nom), de la fresque La Fée Electricité, réalisée par Dufy pour l’Exposition Internationale des Arts et Techniques à Paris en 1937 et installée en 1964, n'y est sans doute pas étrangère. Dufy est un peintre mal aimé, on le sait depuis sa mort en 1953. Cette année-là eut lieu en son honneur une exposition au Musée d'Art moderne, à Paris. Depuis, plus rien dans la capitale française. Pourquoi un tel rejet ? Certes, Raoul Dufy ne fut pas un grand peintre, hormis un certain nombre de bonnes toiles visibles au MAMVP, notamment celles de la période fauve, lorsque l'artiste peint les plages de sa Normandie natale dans une effervescence qui mêle l'anecdote Belle-Epoque à la Maupassant à la furie fauve. Le passage au cubisme, comme chez de nombreux peintres, éteint sa palette et raidit son dessin. Puis, lorsque Dufy trouve sa manière, qui consiste à faire déborder la couleur du cadre dessiné et à répéter des marines aux vaguelettes naïves ou des intérieurs faussement matissiens, là, on ne suit plus. L'agréable surprise de l'expo du MAMVP est donc ailleurs, notamment dans la (re)découverte du talent de Dufy comme graveur et créateur arts déco. Des tissus à fruits dessinés pour le célèbre styliste des Années folles Paul Poiret aux énormes jarres décorées avec audace, en passant par d'intrigantes maquettes d'appartements en céramique ou des projets de mosaïques florales, on saisit là grâce à l'artiste tout le charme d'une époque. Et ses séries de gravures sur bois pour Le Bestiaire ou Le Cortège d'Orphée d'Apollinaire, par le sens de la composition et la délicatesse des contrastes, valent cent fois ses toiles aux couleurs souvent criardes.
A Strasbourg, la foire St-Art dans les starting blocks
Après l'effervescence parisienne des Fiac, Slick, Show Off, Paris Photo, etc., place donc aux foires de plus petite envergure en "régions", qui drainent des publics fort différents — et de fait, des œuvres d'art contemporain moins pointues. Une centaine de galeries (dont 40% d'étrangères), 400 artistes, beaucoup de peinture (Arroyo, Erro, Villeglé, Riopelle, Titus-Carmel), peu de vidéo et encore moins d'installations, mais un bel hommage aux photographes hongrois (Brassaï, Kertesz, Sved...) constituent cette 13e édition strasbourgeoise, qui attire tant le public français qu'étranger (notamment d'Allemagne, de Belgique ou du Luxembourg). A ne pas manquer, le superbe solo show de Paul Rebeyrolle chez le galeriste parisien Claude Bernard.
St-art, du 21 au 24 novembre 2008 au Parc des Expositions de Strasbourg (www) Goya perd une toile Artiste légendaire, précurseur du romantisme, face sombre et brillante du siècle des Lumières, fierté espagnole, Francisco de Goya y Lucientes a laissé à la postérité des œuvres majeures dont l'influence ne s'est pas démentie depuis deux siècles : le portrait acerbe de la famille du roi Charles IV, ceux des grands d'Espagne et des maîtresses complices, le Tres de Mayo, à propos de la terreur de l'invasion napoléonienne, les séries de gravures (les Caprices, les Désastres de la Guerre...), les décors de la Maison du Sourd, etc.Parmi ces chefs-d'œuvre, Le Colosse, daté autour de 1810 et conservé au Musée du Prado à Madrid, était jusqu'à présent emblématique de la période la plus sombre de l'artiste, celle où Goya dénonce les horreurs de la guerre napoléonienne qui fait fuir le peuple espagnol face à l'« Ogre », figuré sous la forme d'un géant musculeux, s'éloignant dans une brume apocalyptique après avoir tout ravagé sur son passage. L'histoire de l'art n'étant pas une science exacte, il faut s'attendre parfois tant à des surprises heureuses qu'à de grandes déceptions. Car voilà, Le Colosse n'est pas de Goya. Un comité d'experts réunis par le Prado, dont il faut saluer la courageuse recherche de vérité qui a mené à dévaluer une des toiles phares du musée, a conclu que la toile de 116 sur 105 centimètres n'était pas de la main du maître, mais de celle d'Asensio Julià, assistant et ami de Goya, qui en fit un superbe portrait. Des doutes avaient été émis depuis déjà une quinzaine d'années. La découverte par microphotographies des initiales AJ dans le coin inférieur droit de la toile a ouvert la voie à la réattribution à cet artiste espagnol, né en 1760 et mort en 1819, dont on connaît peu d'œuvres. Des différences stylistiques et quelques maladresses, sensibles surtout aux experts les plus patentés de l'œuvre de Goya, ont achevé de convaincre les historiens de l'art, notamment par comparaison avec d'autres œuvres, comme une gravure de Géant assis, mieux dessiné, ou le paysage plus élaboré de la Prairie de San Isidoro. Malgré sa réattribution, Le Colosse demeure une œuvre majeure de l'art espagnol du tournant du XIXe siècle, fortement marquée par Goya, dans le mélange de sensualité et de terribilità, et dans la métaphore de la guerre. Asensio Julià, un artiste à suivre ? Louvre 2008-2009 : demandez le programme ! A la veille de l'été, les grands musées dévoilent leur programmation pour la saison suivante. En premier lieu le plus grand de tous, le Louvre, qui annonce un programme chargé et divers. L'événement de l'année sera l'importante (et rare) rétrospective consacrée au peintre de la Renaissance Andrea Mantegna, à partir de fin septembre. Parallèlement le Louvre invite l'illustre compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez à concevoir une programmation de concerts et une exposition intitulées "Œuvre : Fragment", combinant des lectures croisées entre les grandes œuvres plastiques, littéraires et musicales des XIXe et XXe siècles. Toujours sous le signe des grands maîtres, le musée propose à partir de début octobre un face à face Picasso-Delacroix, en complément de l'exposition "Picasso et les maîtres" au Grand Palais. L'automne sera en outre marqué par des expos pointues : "Les Bronzes français de la Renaissance au Siècle des Lumières", ou "Les Premiers Retables. XIIe-XVe siècles", tandis que l'on pourra découvrir des peintres peu connus tels le Danois Abildgaard ou l'Autrichien Waldmüller. Puis, au printemps, regard sur l'Egypte mystique avec "Les Portes du ciel. Visions du monde dans l'Egypte ancienne". Ill. Andrea Mantegna, détail de La Crucifixion (1456-1459) © Musée du Louvre |
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