
On n’en aura donc jamais fini de débattre sur ce très sulfureux tableau de Gustave Courbet, « L’origine du monde » ? Sur ce qu’il représente, pas de doute, tout le monde s’accorde : un sexe de femme. Là où les avis diffèrent désormais, c’est sur l’état du modèle. S’agit-il d’une femme enceinte, comme le laisse supposer Thierry Savatier ?
L’historien d’art a dédié un livre au tableau exposé au Musée d’Orsay et que l’on a pu revoir récemment lors d’une rétrospective Courbet au Grand Palais.. Dans la quatrième édition du livre « L'Origine du monde, Histoire d'un tableau de Gustave Courbet » qui vient de paraître (Editions Bartillat), nouveau pavé dans la mare : la postface avance que l’on peut "être en présence d'une représentation d'Eve, figure symbolique de l'éternel féminin, sexué autant que maternel (...) et à l'origine de l'humanité, à l'origine du monde. « Du côté gauche du modèle, on voit une boursouflure de l'abdomen. On devrait avoir une répartition égale de la masse adipeuse, mais la boursouflure n'est que d'un côté », a-t-il commenté, interrogé par l’Agence France Presse. Ce qui montrerait qu’il s’agit d’une femme enceinte de six mois, et qui ne porte aucune trace d’un précédent accouchement.
« S'il s'agit d'une femme enceinte, qui n'a pas eu encore d'enfants, alors on pourrait penser qu'il s'agit d'un portrait d'Eve », a ajouté le spécialiste. « Je lance la piste ».
Si tel était le cas, « L’origine du monde » n’aurait jamais aussi bien porté son nom…
Eclectique et surprenant, le programme des expositions de la rentrée dans les principales institutions parisiennes est pour le moins alléchant.
Outre la rétrospective Mantegna au Louvre, déjà annoncée ici, on pourra visiter à partir du 15 octobre au Musée national d'art moderne une vaste exposition consacrée au futurisme à Paris, notamment dans ses relations avec le cubisme et l'art européen de l'époque, à travers plus de 200 œuvres d'artistes de la Section d'or (Kupka, Duchamp-Villon, Metzinger), des cubo-futuristes russes (Gontcharova, Larionov, Malevitch), des vorticisites anglais (Epstein, Gaudier-Brzeska) et des orphistes français (Sonia et Robert Delaunay, Fernand Léger).
Le blockbuster de la rentrée sera sans doute l'exposition Picasso, « Picasso et les maîtres », au Grand Palais, qui ouvre le 8 octobre, quelques jours après l'inauguration d'une rétrospective du peintre expressionniste allemand Emil Nolde. Le musée d'Orsay et le Louvre organisent chacun dans son sillon une exposition confrontant l'œuvre du peintre à celui de ses illustres prédécesseurs : « Picasso/Manet » à Orsay, « Picasso/Delacroix » au Louvre, plus spécifiquement consacrée à sa reprise des Femmes d'Alger.
Au Quai Branly la culture inuit et l'esprit « Mingei » — l'art populaire japonais — seront à l'honneur à partir du 30 septembre. Le musée Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, s'intéressera à la mode sous le Second Empire, quand fleurirent les robes à crinoline, et le Jeu de Paume retracera la carrière et la vie extraordinaires de la photographe et égérie américaine Lee Miller.
En ce qui concerne l'art contemporain, le Musée d'art moderne de la ville de Paris accueillera à partir du 3 octobre, en parallèle à une rétrospective sur Raoul Dufy, une exposition sur l'objectivité photographique allemande, de Bernd et Hilla Becher à Andreas Gursky, tandis que l'artiste Gloria Friedmann investira les espaces du musée Bourdelle.
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Ill. Pablo Picasso, L'Infante Marguerite, d'après Diego Velasquez, 1957, Museu Picasso, Barcelone © Succession Picasso, 2008



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