|
L'actualité des musées en France et à l'étranger. Tous les billets consacrés aux musées sur De Visu.
Le Louvre sur iPhone![]() L'appli du Louvre, plus élégante que celle de la National Gallery, permet une visite virtuelle du musée avec des petites vidéos, et donne une courte analyse d'une trentaine d'œuvres phares sélectionnées dans chaque département. On y apprendra donc pas grand chose de plus que lors d'une visite réelle, et l'interactivité reste très limitée, contrairement à l'appli du musée anglais, qui donne, par exemple pour Les Ambassadeurs de Holbein, cinq éléments autour de l'œuvre : une bio de l'artiste, un film d'animation, un examen scientifique du tableau, une analyse des objets dissimulés et un parallèle avec d'autres œuvres. Le Louvre n'est ici vraiment pas à la hauteur... Flu aussi est désormais également sur l'iPhone ! Avec au menu : les news des blogs, les critiques de disques, films et livres, les zapping télé, les radios et les diaporamas. Téléchargez l'appli iPhone de Fluctuat en suivant ce lien Deux hommes volent un Magritte en plein jour à Bruxelles Voler un tableau relève d'une grande prouesse : c'est encombrant, fragile, et les grands chefs-d'oeuvre sont mieux gardés que les grands secrets. Deux hommes pourtant ont réussi, ce matin, en plein jour et aux heures d'ouverture du musée, à dérober un tableau de René Magritte dans un musée belge consacré au peintre surréaliste, situé dans la banlieue Nord de Bruxelles.
"Deux individus, dont l'un de type asiatique, parlant l'un l'anglais et l'autre le français, ont fait irruption, armé d'un pistolet, dans le musée peu après son ouverture", rapporte le conservateur du musée. La toile en question, L'Olympia, peinte en 1948, (60x80 centimètres), représente une femme nue, allongée (Georgette Magritte en fut le modèle), avec un coquillage sur le ventre, et sa valeur est estimée entre 750.000 et 3 millions d'euros. On sait cependant qu'il est difficile, voire impossible, de revendre des oeuvres volées. Quel motif a pu forcer ces deux hommes à prendre autant de risque pour un Magritte ? Pour ce tableau-là en particulier ? Un mystère qui vient étoffer la liste des nombreux vols d'oeuvres d'art, dont certains sont devenus historiques. Retrouvez les plus célèbres vols d'oeuvres d'art dans notre diaporama. Un week-end à l’assaut du patrimoine
En marge des grands chefs d’œuvre de l’architecture civile ou religieuse, des édifices publics et privés, sont mis à l’honneur parcs et jardins, sites archéologiques, patrimoine littéraire, maritime ou militaires, et témoignages d’activités industrielles ou agricoles. Les journées du patrimoine sont aussi l’occasion de jeter un œil de l’autre côté de portes habituellement fermées au public : palais de l’Elysée, ministères, ambassades, salles de spectacles… et de prendre part à moult visites guidées et circuits thématiques souvent gratuits. Mais comme pour la Nuit Blanche, il faudra vous armer de patience : les files d’attente sont généralement longues. Quelques curiosités et promesses à signaler pour cette édition 2009: -Armentières. « Des lieux et des hommes ». Une exposition qui permet de découvrir les lieux de soins psychiatriques à travers un dialogue entre intérieur et extérieur, initié par deux plasticiennes et un parcours des sens ludiques. Etablissement public de santé Mentale - Pavillon 6 bis. Samedi et dimanche. -Nantes. Dans une cale réhabilitée des Chantiers navals, spectacle « Chez Cocotte », une "fantaisie en sept actes pour un retraité cheminot en environ 55 cocottes minutes". Vous avez dit bizarre? Cale 2 du parc des chantiers navals, samedi, 21h30. -Menton. Virée verte. Dans un jardin de dix hectares créé entre 1924 et 1939, au cœur de la vallée de Gorbio, Lawrence Johnston, créateur de Hidcote Manor en Angleterre, aménagea son « Paradis Terrestre » : plantes rares venues des quatre coins du monde et mises en valeur entre bassins, fontaines, statues et escaliers à volutes… Visites tactiles, yeux fermés et pieds nus, entre écorces, mousses, feuillages et graviers. samedi et dimanche à 10h, 15h et 16h30. Jardin Serre de la Madone. Pour consulter le programme complet de l’événement, c’est par ici. Nouvelles têtes au Grand Palais et à la Villa Medicis La valse des têtes se poursuit dans certaines grandes institutions culturelles. A ma gauche –façon de parler-, l'ancien président de Radio France Jean-Paul Cluzel (illus) qui a été nommé président de l'établissement public du Grand Palais, en conseil des ministres ce matin même. Il y remplacera l'historien et diplomate Yves Saint-Geours. C'est la première fois, depuis l'édification du monument, qu'une structure unique assure l'ensemble de sa gestion sous la tutelle du ministère de la Culture. Avant d’officier à Radio France où Jean-Luc Hees lui a été préféré, en mai dernier, Cluzel fut directeur de l’Opéra Garnier. A ma droite, Eric de Chassey qui prend les rênes de la Villa Medicis, orpheline depuis le départ de Frédéric Mitterrand au Ministère de la culture. De Chassey est critique, historien d’art, spécialiste du modernisme américain. En images : les 12 expos à voir cet automneFinie la torpeur de l'été, il est temps de remettre son cerveau en marche et de s'extasier devant autre chose qu'un coucher de soleil sur l'Atlantique ou un délicieux assortiment de tapas. On l'a peut-être trop dit, on n'ose plus le dire, mais Paris est une ville offrant un extraordinaire choix culturel, comptant peu de rivales en Europe (ni ailleurs). D'ici quelques jours, des dizaines d'expositions vont ouvrir leurs portes dans la capitale, lançant gaiement le début d'une saison 2009-2010 encore bien chargée. Le Louvre ouvre la danse avec l'inauguration, dès le 17 septembre, d'une expo réunissant trois géants de la peinture vénitienne, Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise. Suivront, à Beaubourg, La Subversion des images. Surréalisme, photographie, film, et au Grand Palais, le blockbuster Renoir au XXe siècle, tandis que le Quai Branly accueille l'Ancien Mexique et le musée de Cluny des planches originales d'Astérix. Il y aura aussi Miles Davis à la Cité de la Musique, Vermeer à la Pinacothèque... Pour découvrir l'ensemble de la sélection, voir le diaporama sur les expos de la rentrée.
L'art vietnamien, vrai ou faux ?![]() Distinguer le vrai du faux, c'est l'une des qualités attendue d'un conservateur de musée. Or, lorsque l'on a sur les bras quelques 20 000 objets (peintures, sculptures, céramiques, artisanat...) dont l'authenticité est mise en doute, la tâche devient insurmontable. C'est le cas de Truong Quoc Binh, directeur du Vietnam Fine Arts Museum de Hanoi. A la fin des années 1960, dans la crainte d'un bombardement par l'armée américaine de la capitale du Nord-Vietnam, les responsables du musée retirèrent des centaines d'œuvres importantes de leurs vitrines afin de les mettre à l'abri hors de la ville. Pour les remplacer, ils commandèrent des copies, certaines par les artistes originaux ou leurs apprentis, d'autres par d'excellents copistes travaillant au département de restauration du musée. Aujourd'hui la confusion est totale, tant les copies touchent à la perfection.
Plus qu'une anecdote, cette affaire des copies du musée de Hanoi rejoint un vaste problème d'authenticité des œuvres d'art vietnamien qui circulent sur le marché de l'art international. A partir de l'ouverture du pays au capitalisme, au début des années 1990, les artistes commencèrent à copier eux-mêmes leurs propres toiles, afin de démultiplier leurs profits. Certains ateliers d'artistes sont ainsi devenus de véritables usines de copistes. Résultat, aujourd'hui c'est l'art vietnamien dans son ensemble qui fait l'objet de suspicion.
Ill. Statue de moine, Vietnam Fine Arts Museum, Hanoi. La National Gallery lance une application pour l'iPhone
Application téléchargeable sur l'iTunes Store, gratuitement pendant une courte période. Les Maori retrouvent leurs têtes![]() Le Sénat a voté à l'unanimité, lundi 29 juin, la proposition de loi de la sénatrice Catherine Morin-Desailly visant à restituer à la Nouvelle-Zélande les têtes maori momifiées, collectées par les Français au XIXe siècle, présentes aujourd'hui dans les collections de nos musées. On se souvient qu'en 2007 le Muséum d'Histoire naturelle de Rouen avait décidé de restituer à la Nouvelle-Zélande un objet de ses collections, une tête maori. Le ministère de la Culture avait réagi en portant à l'attention du musée la clause d'inaliénabilité des collections françaises. (Le maire de Rouen, Pierre Albertini, avait finalement remis la tête à l’ambassadeur de Nouvelle-Zélande en France, arguant non seulement que la tête était en dépôt au Muséum et n'était donc pas classée, mais aussi que le Muséum ne dépend pas du ministère de la Culture mais de celui de l’Enseignement supérieur). Selon Philippe Richert, sénateur et rapporteur devant la commission des affaires culturelles du Sénat, « aucun argument valable ne pouvait s’opposer à la sortie de ces têtes momifiées et tatouées des collections des musées de France et à leur restitution à la Nouvelle-Zélande, qui souhaite le retour de ces restes humains sur la terre de leurs ancêtres, pour qu’ils y reçoivent une sépulture conforme aux rites ancestraux ». Cinq conditions (amendements) seront cependant indispensables au retour des têtes sur la terre maori : en premier lieu, le déclassement devra être fait explicitement en vue de leur remise aux autorités néo-zélandaises. Aujourd'hui la tendance dans les musées est à une restitution massive des restes humains, que l'on montre de moins en moins (le Quai Branly possède huit têtes, qu'il ne montre pas) : en vingt ans, 322 têtes sur les 500 répertoriées dans le monde auraient été rendues. Fortement approuvée par le nouveau ministre de la Culture, la loi est aujourd'hui entre les mains des députés. Ill. Major General Horatio Gordon Robley with his collection of Maori heads, an illustration from Medicine Man: The Forgotten Museum of Henry Wellcome, British Museum Press, 2003. Palmarès des musées : le Centre Pompidou détrône le Louvre
Ill. Jean Widmer, Etudes préliminaires pour le logo du CGP, 1974-1977 © Centre Georges Pompidou, Logo
Un musée des graffiti à Paris
![]() Yona Friedman - artiste, théoricien et architecte – réalise dans le cadre du Jardin Lilolila, en haut de la rue de Belleville, cette structure ouverte, évolutive et participative. Chacun est en effet invité à l'expérimentation à partir du concept d'auto-planification : improvisation et contribution à la constitution de cette collection. Une forme de « musée démocratique », selon son concepteur, d’un coût de 73000 euros. Il voit le jour dans le cadre d’une action menée à la fois par les « Nouveaux commanditaires », soutenus par la Fondation de France et la Commande publique du ministère de la Culture et de la Communication – Centre national des arts plastiques (CNAP). Musée des graffiti Inauguration le 26 mai en présence de l'artiste. Musées gratuits : ça commence samedi
Mais, les déficits publics étant ce qu'ils sont, cette gratuité ne concernera "que" les moins de 25 ans et les enseignants, comme il l'avait annoncé lors de ses voeux aux professionnels de la culture, le 13 janvier dernier. Entrée en vigueur de la mesure, dans la centaine de monuments nationaux et la quarantaine de musées nationaux concernés - pour ce qui est des collections permanentes - ce samedi. Plus de raison de bouder ces vénérables lieux d'art et de culture. Illus Musée national de l'Orangerie, à Paris. dr Au Musée de l'homme, portes ouvertes avant fermeture Pour faire ses adieux –temporaires- au public, le musée de l’Homme propose un week-end en fanfare. Ce lundi, il fermera ses portes pour un vaste chantier, voilà donc les derniers jours pour le découvrir « dans son jus », au Palais de Chaillot, tel qu’il se présente depuis sa création en 1937. Amputée de ses collections d’ethnologie –transférées selon les souhaits de Jacques Chirac au musée du Quai Branly-, l’institution n’en a pour autant pas baissé les bras : recherche, expositions etc. Demain et dimanche, le public pourra (re)découvrir les collections, dont certaines pièces rares, assister à la projection de films, et même passer la nuit sur place pour une visite insolite. Ensuite, rideau jusqu’en 2012 et la réouverture d’une institution toute neuve… Illus projections du nouveau Musée de l’homme dr. Portes Ouvertes au Musée de l’homme, 21 et 22 mars. Muséum d’histoire naturelle
Mucem : bientôt la fin du tunnel?Il y a des projets comme ça qui n'en finissent pas de ne pas commencer... C'est le cas du Mucem, Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, dont on nous rebat les oreilles depuis de longues années déjà. Cette fois, le lieu est remis sur les rails. La ministre de la culture Christine Albanel expliquait, voilà tout juste une semaine, qu'il serait inauguré à Marseille en 2013. Pas de hasard, c'est cette année-là que la cité phocéenne sera estampillée "capitale européenne de la culture". 5 millions d'euros de crédits viennent d'être débloqués pour les travaux du lieu. Ce grand rassemblement des collections de la France rurale des arts et traditions populaires avec celles d'Europe du musée de l'homme et d'une partie des objets du musée des arts africains et océaniens, initié par Michel Colardelle, a été validé par Jacques Chirac en 2000. Son architecte, Rudy Ricciotti est connu depuis 2004. Le coup d'envoi des travaux devrait être donné en juin prochain sur le quai J4 de Marseille, entre la Cathédrale de la Major et le fort Saint-Jean. Il va falloir faire fissa pour permettre au public de le découvrir en temps et en heure... ![]() (Le futur Mucem, sur le quai J4. Illus Euroméditerranée) Sarko père Noël du patrimoine?Il avait quelques surprises dans sa hotte de père Noël, Nicolas Sarkozy, qui présentait ce matin ses vœux au monde culturel, depuis Nîmes. L’occasion de mettre en avant ses trois priorités: « nos grands monuments emblématiques, nos cathédrales et abbayes, et le patrimoine des petites communes ». Et d’annoncer quelques mesures phare. Celui qui fait peu de cas du spectacle vivant y montre son attachement au patrimoine... Après six mois de test de gratuité dans les musées (14 établissements ont été mis au banc d’essai, avec succès), le président va un peu plus loin en la matière en annonçant la gratuité complète des cinquante musées nationaux et d’une centaine de monuments nationaux pour les jeunes de moins de 25 ans et les enseignants. Entrée en vigueur dès le 4 avril prochain. Au rayon patrimoine encore, le président confirme un budget de restauration en hausse de 100 millions, qui passe ainsi à 400 millions d’euros. Couplé avec le mécénat, qu’il a toujours vivement encouragé, l’effort pourrait permettre de mener à bien certains chantiers d’envergure. Pour « renforcer l'identité » du pays, il est question de donner naissance prochainement à un « musée de l'Histoire de France » installé dans « un lieu symbolique » qui reste à choisir, Dernière surprise, la création annoncée d’un « conseil pour la création artistique », qu’il présidera lui-même, avec Christine Albanel et épaulé par le producteur de cinéma Marin Karmitz, fondateur du réseau MK2… Sous forme de réponse aux déclarations fracassantes de Jean-Jacques Aillagon il s'est dit « attaché à un ministère de la Culture », qui doit se rénover. « Mais enfin, la symbolique de la disparition d'un ministère de la Culture serait détestable», a conclu celui qui avait émis, pendant sa campagne pour l’élection présidentielle, l’idée de fusionner ce grand ministère avec celui de l’éducation…
![]() Illus dr. Le centre Pompidou est l'un des cinquante musées nationaux qui, dès le 4 avril prochain sera gratuit pour les moins de 25 ans.
Dufy, un graveur et designer à découvrir![]() Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris rend hommage en cette fin d'année à un artiste mal connu et mal aimé en son pays, Raoul Dufy. La présence dans l'enceinte du Palais de Tokyo (scindé entre la Ville de Paris, qui y loge le MAMVP, et l'Etat, qui y a installé un centre de création contemporaine du même nom), de la fresque La Fée Electricité, réalisée par Dufy pour l’Exposition Internationale des Arts et Techniques à Paris en 1937 et installée en 1964, n'y est sans doute pas étrangère. Dufy est un peintre mal aimé, on le sait depuis sa mort en 1953. Cette année-là eut lieu en son honneur une exposition au Musée d'Art moderne, à Paris. Depuis, plus rien dans la capitale française. Pourquoi un tel rejet ? Certes, Raoul Dufy ne fut pas un grand peintre, hormis un certain nombre de bonnes toiles visibles au MAMVP, notamment celles de la période fauve, lorsque l'artiste peint les plages de sa Normandie natale dans une effervescence qui mêle l'anecdote Belle-Epoque à la Maupassant à la furie fauve. Le passage au cubisme, comme chez de nombreux peintres, éteint sa palette et raidit son dessin. Puis, lorsque Dufy trouve sa manière, qui consiste à faire déborder la couleur du cadre dessiné et à répéter des marines aux vaguelettes naïves ou des intérieurs faussement matissiens, là, on ne suit plus. L'agréable surprise de l'expo du MAMVP est donc ailleurs, notamment dans la (re)découverte du talent de Dufy comme graveur et créateur arts déco. Des tissus à fruits dessinés pour le célèbre styliste des Années folles Paul Poiret aux énormes jarres décorées avec audace, en passant par d'intrigantes maquettes d'appartements en céramique ou des projets de mosaïques florales, on saisit là grâce à l'artiste tout le charme d'une époque. Et ses séries de gravures sur bois pour Le Bestiaire ou Le Cortège d'Orphée d'Apollinaire, par le sens de la composition et la délicatesse des contrastes, valent cent fois ses toiles aux couleurs souvent criardes.
L'art est (aussi) aux toilettes![]() Comme son nom à la beauté simple l'indique, le Musée des toilettes de musées s'intéresse exclusivement aux WC des lieux d'exposition les plus prestigieux. Une galerie photos permet de comparer les usages en vigueur au musée d'art contemporain de Los Angeles (photo 1) et au musée de la photographie de Tokyo (photo du bas).En plus de la toujours possible spéculation anthropologique sur le rapport à l'excrément selon les latitudes, l'interrogation esthétique n'est jamais loin : un musée n'est pas un lieu neutre et conceptualise un minimum ses toilettes. Une systématisation inspirée du concept de ready-made qui fera, qu'après cela, vous n'irez plus tout à fait aux toilettes de Beaubourg comme avant. ![]()
Gratuité dans les musées: circulez...
La gratuité dans les musées a été expérimentée, avec des résultats quantitatifs plutôt probants, au début de l'année 2008 (dans plusieurs établissements dont, à Paris, le Musée des arts et métiers, notre photo) La question qui se pose est: qui a profité de cette gratuité ? Un public déjà coutumier de la fréquentation des hauts lieux de patrimoine et d'exposition ? Des amateurs éclairés venant voir et revoir les mêmes collections ou expositions temporaires, ou un public de néophytes ? Car c'était bien là l'objectif affiché de l'initiative: sensibiliser les non-habitués à la chose artistique. Selon le Figaro un rapport de l'agence "Public et culture" indique que les visiteurs ont augmenté, mais ne se sont pas diversifiés... Résultat: Christine Albanel devait annoncer la suite à donner à l'événement aujourd'hui, au Conseil des ministres, mais elle a "décalé" sa décision, . On s'interroge donc vivement sur l'évolution du dossier, surtout quand on sait que madame la ministre n'a jamais vraiment applaudi à ce projet défendu par son président... Le 104 (Centquatre) : la promesse de l'art pour tous
![]() Depuis des mois, on attend avec impatience qu'ouvre à la rentrée 2008 le 104 (ou Centquatre), nouveau lieu parisien dédié à l'art et au spectacle vivant. Le Centquatre, dans lequel la Mairie de Paris a investi la somme (prévisionnelle) de 100 millions d'euros, occupera les anciennes Pompes funèbres de Paris, vaste bâtiment d'une surface totale de près de 37 000 m² inoccupé depuis une dizaine d'années et dont la réhabilitation a été confiée à l'Atelier Novembre.
Le Centquatre, 104 rue d'Aubervilliers 75019 Paris (www) Pas de NMNM à MonacoOn s'interrogeait il y a peu sur l'avenir du NMNM, le Nouveau musée national de Monaco promis par le prince Albert II. L'exposition Van Dongen organisée dans un bâtiment de remplacement, malgré son ampleur, n'avait pas réellement convaincu du volontarisme monégasque en matière de culture.
![]()
Louvre 2008-2009 : demandez le programme ! A la veille de l'été, les grands musées dévoilent leur programmation pour la saison suivante. En premier lieu le plus grand de tous, le Louvre, qui annonce un programme chargé et divers. L'événement de l'année sera l'importante (et rare) rétrospective consacrée au peintre de la Renaissance Andrea Mantegna, à partir de fin septembre. Parallèlement le Louvre invite l'illustre compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez à concevoir une programmation de concerts et une exposition intitulées "Œuvre : Fragment", combinant des lectures croisées entre les grandes œuvres plastiques, littéraires et musicales des XIXe et XXe siècles. Toujours sous le signe des grands maîtres, le musée propose à partir de début octobre un face à face Picasso-Delacroix, en complément de l'exposition "Picasso et les maîtres" au Grand Palais. L'automne sera en outre marqué par des expos pointues : "Les Bronzes français de la Renaissance au Siècle des Lumières", ou "Les Premiers Retables. XIIe-XVe siècles", tandis que l'on pourra découvrir des peintres peu connus tels le Danois Abildgaard ou l'Autrichien Waldmüller. Puis, au printemps, regard sur l'Egypte mystique avec "Les Portes du ciel. Visions du monde dans l'Egypte ancienne". Ill. Andrea Mantegna, détail de La Crucifixion (1456-1459) © Musée du Louvre Recherche propriétaire désespérément
Radical Light à la National Gallery : la peinture-lumière des ItaliensA ne pas manquer si on passe par Londres cet été (ou par Zurich cet automne), l'exposition de la National Gallery consacrée aux divisionnistes italiens, version transalpine du néo-impressionnisme inventé en France par Georges Seurat. L'expo, sommaire mais efficace, rend compte des deux versants d'une même esthétique : symboliste et tourné vers la tradition ou vers le progrès social avec des peintres tels Giovanni Segantini, Angelo Morbelli ou Giuseppe Pelizza da Volpedo ; se confondant avec l'avant-garde futuriste avec Giacomo Balla, Umberto Boccioni ou Luigi Russolo. Petit aperçu en images.
![]() Giovanni Segantini, Les Mauvaises Mères, 1896-1897 © Kunsthaus, Zürich ![]() Angelo Morbelli, Dans les champs de riz, 1898-1901, collection particulière © Photo Courtesy du propriétaire ![]() Giuseppe Pellizza da Volpedo, L'Enfant mort, 1896-1905, Musée d'Orsay, Paris © RMN, Paris. Photo Hervé Lewandowski ![]() Luigi Russolo, Eclair, 1909-1910 © Galleria Nazionale d'Arte Moderna, Rome. Photo Alessandro Vasari Giuseppe Pellizza da Volpedo, Fiumana, 1895-1896, Pinacoteca di Brera, Milan © Su concessione del Ministero per i Beni e le Attività Culturali Radical Light. Italy's Divisionist Painters, National Gallery, Londres, jusqu'au 7 septembre 2008, puis au Kunsthaus de Zurich du 27 septembre 2008 au 11 janvier 2009. Fabuleuse Karen Knorr
Le musée de la chasse c’est tout d’abord des animaux empaillés qui vous agressent lorsque vous (osez) pénétrer dans une salle, planqués qu’ils sont dans les coins et les recoins. La bien nommée « salle des trophées » atteint le summum de l’horreur. On n’ y entre même pas, juste un regard fugace et hop on se sent de trop...
Illustr©Karen Knorr Fables de Karen Knorr au musée de la chasse (www), jusqu'au 11 mai 2008. Rencontre-débat avec Karen Knorr et Adrien Goetz, écrivain et critique d'art, le dimanche 16 mars à 16h. A voir également le site internet de Karen Knorr (www)
Musées gratuits : ça marche...
L'expérience de gratuité dans 14 musées nationaux (du Musée Guimet au Musée des arts et métiers en passant par le le musée du moyen-âge de l'ancienne Abbaye de Cluny ou le Musée de la Renaissance d'Ecouen) depuis le 1er janvier semble porter ses fruits. La fréquentation est en forte hausse, selon les chiffres du ministère de la culture. Sur les trois premières semaines, l'évolution en matière de musées atteindrait les 50%. Pour ce qui est des châteaux-musées, le Centre des monuments français indique que la hausse de fréquentation tourne autour de 100%. Le site qui enregistre la hausse la plus spectaculaire ? Le palais Jacques-Cher de Bourges: + 300%. On peut donc gager que l'expérience sera prolongée au delà du mois de juin... Illus Appareil à rayons X Philips Metalix pour l'analyse de perles. Acquisition récente du Musée des Arts et Métiers © cnam. Le Mucem sort de terre à la faveur des municipales
![]()
Parfois, mais parfois seulement, la politique peut faire de grandes choses pour la culture... Le Mucem (musée des arts et des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), projet phare pour la ville de Marseille devrait déployer ses trésors sur 15000 mètres carrés, entre Vieux Port et port autonome. En ce moment, une exposition intitulée "Trésors du quotidien" est présentée au Fort Saint-Jean. Décidé voilà une dizaine d'années par le gouvernement Jospin, le projet global du Mucem avait bien du mal à quitter son état de maquette, faute de crédits. Et voilà que François Fillon, en visite en terre phocéenne pour soutenir Jean-Claude Gaudin, maire sortant et candidat à sa propre succession, annonce, pas plus tard que lundi, l'accélération du projet. "Je veillerai personnellement à ce que tout soit mis en oeuvre pour qu'il ouvre à la fin 2012". Pas belle, la vie ? Le site du Mucem www |
Discussions en cours sur le forum arts :
|