Expos : blog actu arts et expos. De Visu.
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Tous les galeries à visiter à Paris. Expos en cours, itinéraires malins, invitations à la découverte.

Saâdane Afif remporte le Prix Marcel Duchamp

Posté par Magali le 24.10.09 à 18:26 | tags : art contemporain, galerie à paris, prix
C'est officiel depuis ce matin 11h, l'artiste Saâdane Afif, 39 ans, a remporté le Prix Marcel Duchamp, face à trois artistes de qualité non moindre, mais opérant dans des champs très différents, à savoir Damien Deroubaix, peintre marqué par l'esthétique hard rock, Philippe Perrot, peintre également, mais dans une veine plus intimiste, et Nicolas Moulin, auteur d'un travail de sculptures et de vidéos marqué par l'architecture (notre favori...).

Saâdane Afif, artiste néo-conceptuel qui place la notion d'exposition, la musique et les collaborations d'artistes au cœur de son travail, présente à la Cour Carrée du Louvre une simple affiche, laquelle renvoie à une performance, Vice de forme : in search of melodies, qui s'est tenue à la galerie Michel Rein le 22 octobre. Celle-ci consista en l'interprétation au piano de chansons mises en musique par l'artiste et Louis-Philippe Scoufaras, dont les paroles ont été écrites par 12 écrivains, artistes et critiques d'art, et dédiées à la sculpture Vice de forme, elle-même inspirée d'une sculpture phallique de Man Ray et d'une caricature de centrale nucléaire de Reiser... Dans l'espace de la galerie, l'affiche, la sculpture de l'artiste et le piano, qui a enregistré et joue les mélodies, reconstituent ce puzzle un brin compliqué.

L'artiste bénéficiera, aux côtés des trois autres nommés, d'une exposition à Shanghai dans le cadre de l'Exposition Universelle en juin 2010, et d'une exposition personnelle au Centre Pompidou en septembre.


Exposition Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, à la galerie Michel Rein, Paris, jusqu'au 28 novembre 2009. www.michelrein.com

Ill. Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, 2009, courtesy galerie Michel Rein




Cinq questions à Osta et Bruce, graffeurs et accusés

Posté par Nedjma le 15.10.09 à 18:17 | tags : galerie à paris, art contemporain, expos à paris

 

Peut-on être porté aux nues dans le cadre d’expositions-événements et être jugés pour la pratique de son art, qualifié dans l’enceinte d’un tribunal, de vandalisme ? Oui, manifestement. Alors que le Grand Palais, la Fondation Cartier, et plusieurs galeries parisiennes exposent leurs œuvres, nombre de figures de proue de l’art urbain sont encore poursuivies. Parmi elles, Osta et Bruce, à l’affiche de « UFO, Urban forbidden objects » à la Galerie Nathalie Fiks. Leurs « objets urbains interdits », des frigos, des toiles, des bouts de palissades peints et –clin d’œil facétieux- traités à l’anti-tag avant d’être repeints ! Entretien.

 

Fluctuat : La révolte, l’urgence, l’éphémère. Ce sont les motivations évoquées par un des graffeurs brésiliens de l’exposition « Graffiti » à la Fondation Cartier. Avez-vous les mêmes ?

Bruce : Il y a effectivement une certaine poussée d’adrénaline à peindre dans l’urgence. C’est notamment le cas des trainistes qui oeuvrent dans des dépôts où les trains et les métros dorment. On connaît le fonctionnement de chaque dépôt pour pouvoir opérer. Et ensuite il faut aller vite, peindre sans recul, et quand le train commence son service et qu’on sait que nos œuvres vont être vues par 40 000 personnes, en période de pointe, la satisfaction est intense !

L’idée même du graffiti, art urbain n’est-elle pas dénaturée dès qu’il franchit les portes d’un musée ou d’une galerie ?

Bruce : J’ai longtemps dit « moi, exposer dans une galerie, jamais ! ». Le graff, c’était l’angoisse, cette forme d’urgence, la rapidité, l’efficacité, la création un pied contre un mur, un autre contre un wagon. Mais en fait, ce qui nous importe, c’est que notre travail d’artiste soit vu. Les galeries nous ouvrent à un autre public, différent, nous sortent de l’anonymat, nous inscrivent dans la durée, et nous permettent d’avoir des avis sur ce qu’on fait. Pourtant, la façon de peindre n’est pas différente, je ne vais pas peindre dans un salon feutré en me grattant le menton, mais sur des terrains vagues, ou sous des porches parfois. L’énergie, le style ne changent en rien. Et je ne vais pas non plus m’y reprendre à quatre fois, sous prétexte que l’œuvre est destinée à une galerie !

Que pensez-vous de l’engouement général autour du graffiti ?

Osta : Cela fait largement évoluer le regard sur les graffeurs, qui avant, étaient uniquement qualifiés de « vandales ». C’est très positif.

Bruce : Et puis ça pousse une autre population à aller dans les musées. Moi, je n’avais jamais mis les pieds au Grand Palais avant l’exposition T.A.G.

Venons-en à l’aspect judiciaire : vous avez été près de 60 prévenus dans le procès qui s’est tenu au TGI de Versailles…

Bruce : Oui, on était 56 au total, de différentes régions de France. Ils ont voulu faire un grand coup, et quand il s’agit de trains, les peines sont souvent sévères, car les parties civiles sont puissantes. On a été jugés pour dégradations aggravées des espaces publics. Après appel, il y a quelques jours, le délit a été requalifié en délit mineur, dégradations légères. Les faits étant antérieurs à mai 2002, date de l’élection de Jacques Chirac, nous avons bénéficié de l’amnistie . Osta : Le jugement est tombé au moment même où Thalys avait invité quatre graffeurs européens renommés à peindre ses rames…

Et au moment où vous exposez dans une galerie. Cette concomitance semble assez absurde, non ?

Bruce : Il est un peu délicat pour nous de nous prononcer là-dessus : un autre procès, civil celui-là, suivra le pénal, en janvier 2010. Nous attendons donc de voir… »

Illus galerie Nathalie Fiks 

Osta, Bruce, Aleksandar Petrovic, exposition UFO Galerie Nathalie Fiks, Paris 9e jusqu’au 24 octobre.


Lire aussi notre dossier sur le graffiti, de la rue au musée.







Gagosian débarque à Paris

Posté par Magali le 01.10.09 à 12:12 | tags : galerie à paris

 

La nouvelle n'est pas encore officielle, mais elle pourrait bien bouleverser le marché de l'art parisien. Larry Gagosian, galeriste mastodonte qui possède pas moins de 8 succursales dans le monde (3 à New York, 2 à Londres, 1 à Los Angeles, Rome et Athènes), pourrait s'installer à Paris, plus exactement dans le 8e arrondissement, du côté de la rue du Faubourg Saint-Honoré où se situent les galeries les plus chics de la capitale.

Gagosian, âgé aujourd'hui de 64 ans, est considéré comme le plus important galeriste du monde - c'est-à-dire le plus influent. L'homme a débuté sa carrière en vendant des posters sur le campus de UCLA, puis s'est spécialisé dans la revente rapide d'œuvres d'artistes contemporains - ce qui lui vaudra le surnom de « Go-Go ». Organisant des expositions de grande qualité dans sa galerie, Gagosian a pour clients des collectionneurs de renom, tels Charles Saatchi ou Eli Broad, et les artistes les plus cotés font partie de son tableau de chasse : Chris Burden, Cindy Sherman, Douglas Gordon, Damien Hirst, Mike Kelley, Anselm Kiefer, Ed Ruscha, Richard Serra, Takashi Murakami, Cy Twombly, Jeff Koons...

La raison officielle de cet emménagement est la réalisation du catalogue complet des sculptures de Picasso. Mais quel effet Gagosian aura-t-il sur le marché de l'art parisien ? Un sérieux coup de fouet, assurément, et un retour de Paris comme capitale de l'art. Mais ce coup de boost sera certainement limité à la tranche supérieure du marché, celle qui a pour clients des collectionneurs comme François Pinault, et assurera une sérieuse mais vitale concurrence à une poignée de galeristes comme Emmanuel Perrotin, Yvon Lambert ou Thaddaeus Ropac.


www.gagosian.com




Le graff, des tribunaux aux galeries

Posté par Nedjma le 31.08.09 à 16:09 | tags : galerie à paris, expos à paris

Ironie du sort, bousculade du calendrier. Alors que, avec l’expo TAG au Grand Palais, ou encore « Né dans la rue » à la Fondation Cartier, le graff est entré au musée (lire notre dossier consacré à ce thème), le plus grand procès de l’histoire du graff français attend pour septembre son délibéré au Tribunal correctionnel de Versailles…

60 personnes sont mises en examen dans ce cadre pour avoir tagué rames de métro, trains, murs, dans la région parisienne mais aussi un peu partout en France.

« On ne juge pas ici le graffiti de Brassaï ou de Picasso. Ce qui est en cause, c’est la répétition compulsive d’un geste qui s’apparente à du vandalisme », précisait en juin dernier le magistrat. Et une large part de l’audience était consacrée à l’interrogation suivante : le graff, art ou vandalisme ?

« Ce que nous faisons est aujourd’hui reconnu comme une forme d’art, soulignait de son côté l’un des prévenus (…) C’est un art à part entière. Quoi de mieux pour un artiste que de peindre sur un train ? En deux heures, ses oeuvres sont vues par 40 000 personnes. »

Dans l’espace urbain, le graff est interdit, libre, éphémère. Il entre dans une autre dimension dès l’exposition dans un musée, une galerie. Pourtant, la frontière est souvent mince entre la rue et les institutions artistiques.

Pour preuve, deux des prévenus ont désormais, comme l’indique la galerie Nathalie Fiks, « déplacé leur liberté d’expression sur des supports autorisés ». UFO, ou Urban Forbidden Objects, c’est le regroupement des artistes OSTA, BRUCE et Aleksandar PETROVIC.

Leurs travaux seront à découvrir sur les murs de la galerie du 18 septembre au 17 octobre. D’autres, en revanche, ne se satisfont pas de l’institutionnalisation de leur art : de son côté, Oclock avait mis fin à ses activités une fois son travail reconnu par les galeristes...

Illus Poste de police, acrylique et aérosol sur rideau de fer. UFO.

Voir notre dossier le graff de la rue au musée






Actu des galeries #3 : le Marais

Posté par Magali le 16.07.08 à 08:47 | tags : art contemporain, expos, galerie à paris
Pour finir le tour des expositions à ne pas rater dans les galeries parisiennes avant leur fermeture annuelle, partons dans le Marais, LE quartier des galeries. On ne pourra prétendre à l'exhaustivité, mais voici quand même quelques bonnes adresses.

Magda Danysz propose un "Graffiti Solo Show" de West, figure historique du graf new-yorkais des années 80-90, belle démonstration de la récupération de l'art de la rue par le marché de l'art. Anne de Villepoix centre son expo collective de fin d'année sur la pratique du dessin, avec, entre autres, l'artiste sous haute tension Malachi Farrel, Christoph Draeger, inspiré par la bande dessinée, ou un autoportrait de l'artiste chinois très bien coté Yan Pei-Ming.

Sous le titre "L'Expérience utile", la galerie Polaris présente également un choix intelligent d'œuvres de ses artistes : Agression au bic sur papier de Patrick Guns et photographies ou vidéos du réel par Yto Barrada, Stéphane Couturier ou Assaf Shoshan. Yvon Lambert propose (jusqu'au 6 septembre) une énième réflexion sur les pratiques contemporaines du ready-made, quarante ans après la mort de Marcel Duchamp, avec ses artistes phares : Saâdane Afif, Mike Kelley, Bertrand Lavier, Jonathan Monk, Haim Steinbach... Enfin, l'Autrichien Thaddaeus Ropac a invité le commissaire Matthieu Poirier à rassembler divers artistes sur le thème du paysage, avec des œuvres de Franz Ackermann, Guillaume Pinard, Vidya Gastaldon, Ugo Rondinone, Raymond Petibon, Evariste Richer ou Catharina Van Eetvelde.

Rendez-vous à partir du 13 septembre pour les expos de la rentrée.

Pour connaître l'actualité des galeries parisiennes, consultez le site très pratique Galeries mode d'emploi de la Fondation Ricard.

Ill. Patrick Guns, The Aggression, 2002, bic sur papier. Courtesy galerie Polaris.



Actu des galeries #2 : le 13e

Posté par Magali le 13.07.08 à 21:03 | tags : art contemporain, expos, galerie à paris

 

 

Pour ce nouveau tour d'horizon de l'actualité des galeries parisiennes, explorons avec témérité les rues ventées et désertées du quartier de la rue Louise-Weiss, coincé entre les charmants bureaux du Ministère des Finances et les non moins accueillantes tours de la BnF.

On a jusqu'au 26 juillet pour découvrir, entre autres, les apocalyptiques visions d'architectures peintes sous verre du Portugais Gil Heitor Cortesão chez Suzanne Tarasiève, l'étrange théâtre de l'Allemand Lothar Hempel à la galerie art:concept, la fascinante Slave City de l'Atelier Van Lieshout à la galerie Jousse Entreprise, les variations sur le thème du portrait d'après le film Faces de John Cassavetes à la gb agency, les délires lunaires de Marc Hamandjian chez Sara Guedj ou encore l'exposition collective "Déformalismes" imaginée par Vincent Pécoil chez Praz-Delavallade, on l'on retrouvera des toiles de Jim Shaw, Peter Saul et Philippe Decrauzat.

A ne pas manquer à la rentrée : Julien Prévieux, auteur d'exquises "lettres de non-motivation", chez Jousse Entreprise, les graphistes Moriceau & Mrzyk chez Air de Paris, ou encore la Danoise Pia Rönicke chez gb agency. Rendez-vous le samedi 13 septembre à partir de 16h pour les vernissages !

A consulter, le site louise13.fr, heureuse initiative qui permet de suivre l'actualité de ces galeries.

 

Ill. Margaret Salmon, PS, 2002. Film 16 mm N/B transféré sur DVD. Courtesy gb agency.




Actu des galeries #1 : Saint-Germain-des-Prés

Posté par Magali le 25.06.08 à 17:17 | tags : art contemporain, galerie à paris

 


 

La hausse des températures parisiennes invite à la flânerie, et, pour concilier détente et culture, une balade dans Paris au gré du vent peut aussi permettre de visiter quelques galeries pour y découvrir des expos intéressantes.

Premier (petit) quartier de l'art contemporain à explorer pour se mettre en jambes : Saint-Germain-des-Prés. Dans un triangle ayant pour côtés les rues Bonaparte et Saint-Sulpice, et le quai des Grands-Augustins, plusieurs galeries d'art contemporain proposent jusqu'à fin juillet des programmes variés.

Chez Anton Weller, l'exposition Dogz in ze Houd de Max Boufathal présente d'effrayantes sculptures d'animaux en couverture de survie et sacs poubelle. Les frères Chapuisat et le collectif 1.0.3 expérimentent les passages intermédiaires vers la mort à la galerie In Situ, et Kamel Mennour propose deux expositions monographiques étonnantes, rassemblant dans son superbe espace de la rue Mazarine les constructions haut perchées de Tadashi Kawamata et les photos du Caire, ville anarchique, par Marie Bovo.

Les galerie Loevenbruck et Aline Vidal proposent chacune quant à elles une exposition collective de leurs artistes : avec, entre autres Virginie Barré, Edouard Levé, Arnaud Labelle-Rojoux, Philippe Mayaux, pour la première, et Philippe De Gobert, Honoré d'O, Lucien Pelen, Stéphane Thidet et Jean-Luc Vilmouth pour la seconde.

Enfin la galerie Vallois présente à partir du 27 juin Hotel California, expo collective consacrée à la scène californienne contemporaine, avec des artistes importants comme Jim Shaw, Paul McCarthy ou Mike Kelley. A suivre dans le blog In Visu...

Galerie Anton Weller/Isabelle Suret — 9 rue Christine, Paris (www)
Galerie In Situ/Fabienne Leclerc — 6 rue du Pont de Lodi, Paris (www)
Galerie Kamel Mennour — 60 rue Mazarine, Paris (www)
Galerie Loevenbruck — 40 rue de Seine & 2 rue de l'Echaudé, Paris (www)
Galerie Aline Vidal — 70 rue Bonaparte, Paris (www)
Galerie Vallois — 36 rue de Seine, Paris (www)

Ill. Collectif 1.0.3, 2008, courtesy galerie In Situ




Tixador & Poincheval : l'art six pieds sous terre

Posté par Magali le 07.06.08 à 16:27 | tags : art contemporain, galerie à paris

 

Relier Nantes à Metz, via Caen, en ligne droite — non pas en suivant les routes, mais en stricte ligne droite, c'est-à-dire en enjambant routes, immeubles, champs ou cours d'eau —, s'enfermer chacun dans la cave d'un centre d'art pendant trois semaines, être le premier artiste à atteindre le pôle Nord...

 

Le duo d'artistes Laurent Tixador et Abraham Poincheval pratique depuis sept ans l'art comme une succession d'aventures aussi inutiles que spectaculaires. Ils y explorent tour à tour les angoisses les plus élémentaires : enfermement, solitude, rapport à soi et aux autres...

 

Leur plus récent exploit, intitulé Horizon moins vingt, a consisté à creuser à raison d'un mètre par jour un tunnel de vingt mètres de long, rebouché au fur et à mesure de leur progression. Ainsi isolés pendant trois semaines, ces deux doux dingues ne sont pas restés inactifs, sculptant ce qu'ils avaient sous la main, manches de pioches, tessons et même des os provenant d'un cimetière désaffecté. Ce sont les résidus de leur captivité volontaire que présente la galerie In Situ — il faut bien vivre...

 

Leur dernier défi : rester une nuit entière en slip, mais armés d'élastiques, sous une gigantesque cage en mousseline infectée de moustiques, aménagée au sous-sol de la galerie et dénommée l'Arène. On peut s'interroger : mis à part les artefacts fabriqués lors de leurs expériences extrêmes, en quoi est-ce de l'art ? Pour répondre doctement, il faudrait situer la démarche de Tixador et Poincheval dans la lignée de la performance, voire du Land Art. On peut aussi tenter d'inventer une nouvelle taxinomie : l'Adventure Art, le Jackass Art ?

 

Laurent Tixador et Abraham Poincheval, galerie In Situ, Paris (www)
Jusqu'au 14 juin 2008




Mai 68 en photo

Posté par Lucie le 01.05.08 à 11:00 | tags : expos, galerie à paris

 

 

A Dorothy’s gallery, une exposition autour de mai 68 rassemble des photos de Alain Quemper ainsi que des reportages-vidéos, extraits de film et environnements sonores qui visent à reconstituer l'atmosphère globale de l'époque.

Les clichés de Quemper imortalisent autant des célébrités de l'époque, photographiées dans des lieux publics, que des scènes de rue et de révolte.

 


Crédits photographiques Alain Quemper© courtesy Dorothy's gallery

Regard sur mai 1968, photos, musique et voix - jusqu'au 2 juin à Dorothy's gallery (Paris) (www).

 




Xu Yong + Yu Na: Drôle de Chine

Posté par Lucie le 23.04.08 à 10:23 | tags : galerie à paris, photographie

Très curieuses ces photographies de Xu Yong...
Le photographe s’est associé à Yu Na une ex call-girl qui entend par cet acte artistique retrouver son intégrité morale et physique en prenant le dessus dans des situations qui font échos pour elle à des humiliations. Outre cette démarche humaine les clichés ont une réelle valeur esthétique.
Dans des mises en scène d’une froideur mathématique qui ne sont pas sans rappeler certaines séries du photographe Edouard Levé, l’artiste met en scène sa société moderne dans des espaces blafards et transpose en espace rituel les nouveaux lieux du quotidien de l’entreprise. Les bureaux se transforment en autel, les smokings sont les uniformes d’une armée impersonnelle et figée, violente dans sa passivité et sa transparence.
En opposition à ces hommes une jeune femme, nue ou peu habillée prend la pose, mannequin imperturbable dans des postures on ne peut plus clichées. Ses attitudes frôleraient le ridicule si sa beauté n’était pas tant magnétique. Les hommes ne sont pourtant pas sensibles à la jeune femme, pas comme on l’attendrait en tous cas. Les deux univers sont partie intégrante l’un de l’autre.
Que désire montrer Xu Yong: les nouvelles aspirations de la Chine, une mythologie contemporaine de dévotion au commerce, au glamour de façade et au confort à l’américaine. Tout ça dans une froideur et une épure qui intègre de l'ironie ou de l'absurde teintés de morbide.
La photo au drapeau est très symptomatique d’une mutation, là où le passé maoïste cède la place à une Marilyne chinoise, blonde et dévêtue, une icône autrement plus attrayante dans la Chine d’aujourd’hui… égérie qui ne diffuse pour autant de réelle sensualité, d'émotion ni même de vent de liberté.

 


Illustr Solution Scheme B2 et D3 Xu Yong©courtesy galerie Albert Benamou.

Solution Scheme, de Xu Yong + Yu Na à la galerie Albert Benamou (www) jusqu'au 24 mai 2008.




Pilar Albarracin à la Maison Rouge

Posté par Lucie le 27.03.08 à 17:58 | tags : art contemporain, galerie à paris, installation

Pilar Albarracin, pour la première fois en France, présente Mortal Cadancia à la Maison Rouge. Selon la commissaire de l’exposition Roza Martinez, l'esthétique de la jeune plasticienne renvoie au baroque dans son goût de l’excès et des contrastes, tandis que son amour du kitch se rapproche du pop art.


La jeune espagnole explore les clichés de la culture andalouse pour les retourner comme un gant, comme on retourne une tortilla… Ce qu’elle fait dans une de ses performances, bien que ce soit une tortilla bien spéciale en ce qu’elle se compose d’œufs (bien sûr) mais aussi de morceaux de ses propres vêtements qu’elle découpe. La jeune femme travaille en effet sur la place de la femme dans la société espagnole et donc à fortiori sa place à la cuisine…

Dans « Prohibido del cante » ( Interdit de chanter) , elle se met en scène avec un guitariste de flamenco. La cadence soutenue de cette musique solaire qui oscille entre retenue et lâcher prise, frustration et élan généreux, l'entraine dans une partition vocale improvisée. Ce chant, très proche du cri, provoque des tensions dans son corps, dans un ultime sursaut elle prend un couteau et se le plante dans le cœur. Arrachant ses vêtements souillés de sang elle en extrait quelque chose qu’elle jette à terre, comme son propre cœur, puis sort rapidement.


On est littéralement captivé par l’alliance des cris, de cette musique et d’une certaine sérénité dans la concentration des deux protagonistes. L’acte final, sa soudaineté et sa radicalité, révèle à l’extrême la lourdeur émotionnelle du flamenco et saisit.

Ainsi Pilar Albarracin transfigure cette musique en lui rendant ses lettres de noblesse, l’expression d’une émotion brute, un combat contre la fadeur du monde.

 

 

Crédits photographiques©Marc Domage

Mortal cadencia de Pilar Albarracin, jusqu'au 18 mai à la Maison rouge.

Voir le joli site de la plasticienne.(www)

 




Gregor Schneider : Claustrophobes s'abstenir

Posté par Lucie le 26.03.08 à 15:33 | tags : art contemporain, galerie à paris

C’est dans l’agréable Maison Rouge (vers la place de la Bastille à Paris) que le plasticien allemand Gregor Schneider propose une étrange déambulation.

Tout un cérémoniel est mis en place afin que « tout se passe pour le mieux ». Une charmante hôtesse s’avance vers vous, se penche légèrement et vous chuchote « c’est pour l’exposition Schneider ? ». On acquiesce, tout à coup mystérieusement complice... S’en suit un petit laïus un rien perturbant. Elle nous apprend qu’il faut entrer un par un, on peut à deux mais bon ce n’est pas ce que l’artiste désire. Elle précise également qu’on ne peut pas revenir en arrière une fois qu’on est entré. Une petite pancarte complète son discours de prévention et met en garde les personnes cardiaques ou claustrophobes. Enfin, elle nous montre une décharge qu’il faudra signer afin de déresponsabiliser le musée en cas de problème. Sympa…
On hésite, claustrophobe de notre état, et puis on se dit qu’on a du mal avec les ascenseurs alors une enfilade de pièces sombres –dont une dans le noir total on nous l’a bien précisé : « il faut chercher la poignée » -pas aujourd’hui…


L’artiste reproduit dans les musées des morceaux de sa maison familiale. Maison qui est son premier outil de travail depuis plus de 20 ans et qu’il vide de sa substance, de tout aspect confortable ou chaleureux pour tendre au vide et à l’effroyable. Schneider a obtenu le lion d’or de Venise pour cette Totes Haus u r (maison morte) lorsqu’il représenta l’Allemagne à la Biennale de 2001.


Je scrute alors le visage des personnes qui sortent, interroge celles qui veulent bien livrer une partie du secret. Il apparait assez rapidement que les gens ne sortent pas vraiment traumatisés, mais plutôt contents d’avoir vécu une expérience distrayante, ou étonnés de leur voyage. Deux personnes se sont même amusées à se surprendre dans la dernière salle - la « dans le noir total ». Peut être que ses sourires sont l’expression d’une défense face au caractère destabilisant du dispositif, cette fuite du sens au profit d’un désordre des sens et de l’orientation, peut-être pas. En tout cas le jeune artiste perturbe et son interrogation du vide, du dépouillé, de l’enfermement ou de la solitude poursuit son chemin dans la mémoire bien après l’expérience, ou même la non expérience… juste ce que cela évoque semble assez fort pour déranger…

 

Crédit photographiques Süβer Duft de Gregor Schneider ©Marc Domage

Süβer Duft de Gregor Schneider jusqu'au 18 mai, à la Maison Rouge.

Voir le site de Gregor Schneider.




Frédéric Delangle : Promenons-nous dans les bois...

Posté par Lucie le 19.03.08 à 15:09 | tags : art contemporain, galerie à paris, photographie

A vrai dire, à première vue, on n’aimerait pas vraiment se promener dans la dernière série de photos Nyctalope de Frédéric Delangle...
Ses images diffusent une « drôle » (façon de parler) d’atmosphère. Elles réunissent tous les clichés du parfait film d’horreur : la nuit, une étrange lumière, de grands espaces sombres d’où pourraient surgir n’importe quoi, une luminosité de phares de voiture (prière d’imaginer que celui qui la conduit n’est pas un bisounours), une campagne isolée, voire un étrange bâtiment abandonné. Bref, ça refroidit.
Mais à y regarder de plus près, le travail de lumière révèle quelque chose d’argenté et d’incandescent qui pourrait s’approcher du fabuleux. On s'habitue à l'éclairage et les paysages ne semblent plus si hostiles. Ces jets de lumière inattendus et sans source claire révèlent un paysage mystique tout à coup animé. On peut alors s’imaginer être dans la peau d’une chouette et s’approprier ce qui habituellement effraie…

 

Exposition Nyctalope de Frédéric Delangle à la galerie Philippe Chaume, jusqu'au 29 mars.
Voir le site de la galerie Philippe Chaume.
Voir le site de Frédéric Delangle.

Crédits photographiques, Frédéric Delangle, Nytalope, 2007 ©courtesy galerie Philippe Chaume.




Baselitz érotique, mais pas seulement...

Posté par Lucie le 13.03.08 à 15:19 | tags : expos à paris, galerie à paris, peinture

Remix c’est le nom de l’exposition qu'a choisi Georg Baselitz pour ses 70 ans, celui-ci s’est en effet inspiré de ses précédentes toiles pour composer les nouvelles, « réactualiser le motif en lui donnant un nouveau rythme ». Anciennes toiles qui pour certaines avaient fait scandale en leur temps. Il est vrai que tout ceci a quelque chose de sulfureux, mais pas seulement…


La plupart des tableaux exposés représentent, plus ou moins précisément, des scènes d’amour. Ces instants sont tantôt suggérés, tantôt plus érotiques, certaines toiles sont même dignes d’un illustrateur sans scrupule de Charli Hebdo. Des couples la tête en bas, dans la droite ligne du travail du peintre, enlacés, emmêlés et confondus.

Dans l’espace de la verrière on peut voir des peintures à l’huile, au premier, des aquarelles et encres de chine. Les couleurs sont gaies, pastelles, avec des accès plus prononcés parfois. Les traits, légers eux aussi, composent un tout fluide, dansant, emporté dans le tourbillon. Sur certaines toiles des motifs un peu pop, des ronds roses, envahissent l’espace blanc et dynamisent encore les ébats des amants. Sur d’autres des formes abstraites plus géométriques semblent elles au contraire tenter de cadrer un peu, mais sans s’affirmer de trop.
Les hommes sont souvent envahis d’un rouge troublant, au cou, aux chevilles, aux poignets. Cette couleur répandue avec désinvolture est signe d’une certaine violence, doublée d’une certaine fragilité, pour ces articulations chargées d’impulser douloureusement le mouvement vers l’autre. Les femmes sont parfois happées, sans contour clair, un aplat de couleur en mouvement en heurt aux formes définies des hommes, plus décidées.


Et ce qu’il reste est étrange. Parmi tous ces couples, et en contraste on le remarque facilement, il y a quelques individus seuls. Dans la verrière, un homme peint en noir tient dans ses mains sa longue verge noire elle aussi qui se lève vers le ciel. Il ne semble pas être maître de son expression, piteusement perdu, volontairement désespéré, un peu ébahi, un peu absent. Au second, un homme de face est comme écrasé sur la toile et tient à bout de bras deux valises noires. Deux sacs sans contour réellement fixe, dont le contenu apparait du coup plus grand que le contenant et comme envahissant. L’homme tente de s’en défaire, d’éloigner ses bras, il est apeuré mais semble habitué à la peur.

Qu’est-ce donc que ces hommes seuls ? Les valises des déceptions, la verge qui trahit, ce qui alourdit, ce qui commande ? Il semble que ce soit le signe d’une solitude éprouvante en tout cas. On les inviterait bien à changer de toiles, mais ça...ce n’est pas possible.

 

Illustr Georg Baselitz© courtesy galerie Thaddaeus Ropac

Remix de Georg Baselitz, jusqu'au 29 mars, à la galerie Thaddaeus Ropac (www)




Claude Levêque : rock around the bunker.

Posté par Lucie le 06.03.08 à 18:05 | tags : art contemporain, claude lévêque, expos à paris, galerie à paris
Welcome (One)
Ce sont des mobiles délicatements morbides et une musique rock envahissante qui nous absorbent d’un coup lorsqu’on passe la porte en verre teinté de la galerie Kamel Mennour. Comme un sas de décompression, une mise en apesanteur des sens. On se sent saisi par les mouvements qui nous entourent : mouvement du son, mouvement des parois, mouvement des trois objets suspendus. Cinq mouvements, ni contradictoires, ni harmonieux pourtant.

Un garde-manger aux armatures de bois recouvert d’un filet renferme deux couronnes de princesses. Entre toc et richesse, factice et vérité. On pense à cet aphorisme du poète René Char « l’irréel intacte dans le réel dévasté ». L’éclat des diamants transperce le tissu terne et nettoie les yeux.

Il y a quelque chose de très sombre, comme ce vieux bout de placard - la dure matérialité du réel - et de très lumineux, comme ces couronnes – la brillance du rêve et de l’illusion - dans le travail de Claude Levêque. Et tout ceci s’affronte.

Deux trottinettes mises bout a bout continuent de tourner tandis qu’en face ce sont deux déambulateurs qui tournent. Deux sortes de prothèses du geste, prolongement désiré ou nécessaire au mouvement. L’idée du mouvement et celle de l’impossibilité du mouvement tournent ici ensemble, et cela a quelque chose de curieux. Et ce serait pathétique s’il n’y avait pas ce rythme rock, comme une pulsation énergisante qui semble crier : « Vit bondieu ! N’importe comment et avec n’importe quel renfort mais continue de tourner … ».
t(w)o
Même sensation d’absorption quand on pénètre dans la deuxième installation. En apparence un capharnaüm, des taules un peu cabossées de capots de vieilles voitures qui forment une espèce d’abris. A l’intérieur, une intensité lumineuse qui saisit.
Au centre de ce bunker, l’artiste a installé un lustre énorme qui prend toute la place.
La mort, l’accident, la vieillesse, la dureté qu’inspire la ferraille trouve un adversaire fragile, lumineux, incandescent, à sa hauteur.
Ou bien est-ce l’envers et l’endroit d’une même chose, deux visions de la mort ou de la vie qui s’entrechoquent. Un coup de projecteur mystique sur la ferraille de la réalité… ?

Suicide park (Three Four)
Troisième pièce, troisième coup de poing. Plus de mouvement ici, plus de son, plus de lumière, chacun de ces éléments est cruellement absent. Levêque joue sur cette absence, qu’on ne peut pas, en contraste avec les autres salles, ne pas remarquer.
Alors un bruit sourd s’installe, malgré le fond de musique rock répétitif de la première salle. Dernière étape du sas, une longue pièce où sont disposées des plaques de métal de mêmes tailles sur lesquelles des traces de poings apparaissent. Comme des empreintes dans la chaux, comme un corps à corps avec la dureté des choses. Les marques sont à chaque fois différentes. L’impression sur certaines que les coups viennent de l’extérieur, et sur d’autres qu’ils viennent de l’intérieur. Les couleurs sont fades, la disposition rigide. L’alignement peut faire penser à la rigueur des cimetières. Le bruit des coups manquent, les gestes sont comme étouffés.

On saisit petit à petit le titre de ces installations : Welcome to suicide park, qu’a choisi Levêque. Mais on lui préfèrera peut-être au final la phrase des Rolling Stones, mise en exergue de l’expo « I had to put up some kind of a fight. » Il semble en effet que l’artiste ici combatte plus qu’il n’abandonne. Il ouvre des fenêtres sur le tragique mais semble s’en protéger dans un rire tranchant, franc et vibrant. Il montre des choses fragiles mais qui ne menacent pas de s’effondrer. Elles continuent à tourner, à briller, à s’opposer au malheur sans défaillir. Rock around, rock around…

Welcome to Suicide Park", installations de Claude Levêque à la galerie Kamel Mennour, Paris 6eme, (www), jusq'au 15 mars.

Illustr©Claude Levêque Photo Marc Domage. Courtesy the artist and Kamel mennour.



Les inquiétantes photos de Taryn Simon

Posté par Lucie le 04.03.08 à 17:19 | tags : art contemporain, expos à paris, galerie à paris, photographie


Le visage sombre et décidé de cette jeune artiste américaine renferme un mystère que son exposition nommée An American Index of the Hidden and Unfamiliar dévoile, sans pourtant en livrer le secret. Cette jeune trentenaire s’attache ici à montrer l'autre côté du miroir de l'Amérique, miroir brisé...

 

Au fur et à mesure du visionnage, l’inquiétante étrangeté qui se dégage des clichés de Taryn Simon nous amène presque à appréhender l’arrivée du suivant.

 

Est-ce que ce sont ces luminosités sombres qui effraient, comme un voile trouble que l’on jette sur la réalité ? Est-ce l’aspect sordide de ces teintes usées qui dérange ? Ou le contraste des couleurs, qui opère un glissement vers le surnaturel et donne le vertige ? Est-ce le discours qui accompagne chaque photo? Comme autant d'auscultations froides et détachées qui resituent la photographie dans une perspective sociopolitique affligeante.

La photographe livre des situations qui semblent si calmement documentées, un contexte si clairement énoncé, est-ce alors cette rigueur qui égare ?

 

Il est clair que les thématiques choisis par Taryn Simon nous fragilisent. Son travail semble se situer à l’endroit des dérives obscènes des sociétés. L’endroit où celles-ci dégénèrent.

 

Ce tigre blanc magnifique est issu d’un croisement. L’animal paie alors sa beauté du prix d’une consanguinité qui la rendu retardé et de fines déformations physiques qui l’empêchent entre autre de respirer normalement. Cette jeune palestinienne dont on ne voit que les jambes vient se racheter un hymen pour un prix monstrueux dans un contexte sordide, tout ça pour ne pas risquer un rejet de sa famille. Et cet endroit où l’on congèle les corps des hommes ou des animaux dans l’espoir qu’un jour on pourra les ramener à la vie.

 

La photographe, qui expose maintenant ses clichés dans le monde entier, réalise des reportages très fouillés sur des sujets dérangeants. Sa précédente série de photographies The innocent rassemblait des portraits de personnes condamnées pour meurtre puis innocentées. Taryn Simon réfléchissait par ce biais au rôle que joue la photographie dans le dispositif judiciaire américain. Objet nécessaire au procédé d’identification et de condamnation, capable alors de transformer l’innocent en criminel.

 


La jeune femme s'est également intéressée à la C.I.A comme à Disney, et traque tout ce qui peut se cacher derrière chaque (apparamment) belle vitrine. Inquiétant? On ne sait pas pour qui finalement...

 

L'exposition An American Index of the Hidden and Unfamiliar est à la galerie Almine Rech (www) (Paris-3ème) du 16 février au 15 mars.

An American Index of the Hidden and Unfamiliar est publié chez Steidl et comporte un avant-propos signé par Salman Rushdie, une introduction rédigée par Elizabeth Sussman et Tina Kukielski, ainsi que des commentaires par Ronald Dworkin.

 

Illustr. Taryn Simon©galerie Almine Rech

 

 

 




"Il faut bruler pour briller": plate-forme de performers

Posté par Lucie le 27.02.08 à 17:32 | tags : art contemporain, art numérique, expos à paris, galerie à paris


C’est une sentence du formidable poète de la Beat Generation John Giorno qui donne le ton de cet évènement : You’ve got to burn to shine. Sans concession. Ce festival à vocation expérimentale tentera alors de se tracer un chemin en dehors des sentiers battus.


Jérôme Pique, Youness Anzane et Jonah Bokaer en sont les organisateurs (lire l'interview de Youness Anzane sur Mouvement.net).

Le festival se déroulera du 28 février au 3 mars.

Créé l’année précédente sur trois jours avec un (tout) petit budget et beaucoup de convictions, « Il faut bruler pour briller » prend de l’ampleur en s’associant avec la galerie Immanence (www), le Point Ephémere (www) mais surtout Le Vendôme Luxury Trade Show (www). Oui , les performances de ces artistes habitués aux atmosphères smarts et impétueuses des petites galeries berlinoises ou new yorkaises et autres lieux alternatifs européens se dérouleront notamment dans l'enceinte du célèbre hôtel Ritz. Coktail détonnant ? Peut-être… Espérons en tout cas que ça ne sera pas pour décourager les spectateurs en mal de formes singulières.

Les artistes présents interrogeront le mouvement et le corps, l’espace et la durée, l’urbain et l’intime dans des dispositifs qui pourront mêler arts plastiques et vidéos, textes et danse. Différentes pratiques artistiques qui permetteront d'inciser notre monde contemporain.
Les artistes invités se sont formés (ou « déformés » comme le dit sans complexe Johanna Kortals Altes) dans les principales écoles d’art, de danse, de théâtre ou de chant (plus ou moins académiques) européennes.
Ils éprouvent alors, aujourd’hui, le besoin de développer des formes hybrides aux sensiblités aiguisées.


« Il faut bruler pour briller », c’est pouvoir :


- assister à un concert combatif du performer New-Yorkais Jérémy Wade accompagné du multi-instrumentiste Brenda Dougherty (Ritz-Le Dôme).


-Trouver des réponses à la question suivante : « Pourquoi être artiste quand on peut parler d’art et appeler son chat angora Orson et son caniche Muddy Waters ? » avec Jonathan Drillet et Marlène Saldana (créateurs de « The united Patriotic squadras of blessed Diana ») (Ritz-Le Dôme).


-Voir les étranges photos de visages aux yeux fermés de Géraldine Chailloux (Hôtel Meurice-entrée).


-regarder un remake de films (parmi lesquels : Masculin/féminin et Le Mépris de Jean-Luc Godard, Le Bonheur de Agnès Varda, La Ballade de Bruno de Werner Herzog, Pillow book de Peter Greenaway etc.) réalisé par Garance Dor. Artiste qui s’inspire des notions de reconstitution, pastiche, transposition et évocation (Galerie Immanence).


- Visionner le film anthologique du chorégraphe émérite Daniel Larrieu Waterprooff avant de voir celui-ci investir le grand palais le 10 mai pour l’exposition Monumenta de Richard Serra (Ritz-entrée).


-S’étonner devant les étranges chorégraphies en sac de couchage et autres éléments bizarres de Laure Bonicel, performance judicieusement nommée Sleeping bag (Ritz-entrée).


-assister à la proposition de Caroline Breton d’une forme chorégraphique pour deux corps et un tourne disque nommé Turn on/Turn off (Point Ephémère).


Et etc. etc. etc.

Le programme est disponible sur le site de Il faut bruler pour briller

 

(Illustr: Biostriptease de Katia Feltrin, Waterproof de Daniel Larrieu, Visages de Géraldine Chailloux)

Il faut bruler pour briller, du 28 février au 3 mars, à l'hôtel Ritz, l'hôtel Hyatt, l'hôtel Meurice, la galerie Immanence (paris 15) et le Point Ephémère (Paris 10).

A suivre...




Laurina Paperina, petit canard... masqué

Posté par Lucie le 19.02.08 à 15:30 | tags : art contemporain, expos à paris, galerie à paris, illustration

 

 

Laurina Paperina, britney Spears is the new Duchamp, 2008, courtesy galerie Magda Danysz

 

Laurina Paperina, « petite Laura, petit canard » c’est le pseudo qu’a choisi cette jeune artiste italienne de 28 ans qui n’a pourtant pas froid aux yeux, ni aux oreilles ni aux pieds non plus d’ailleurs. Celle-ci signe des œuvres plastiques entre BD et dessin animé, a pour influence principale Keith Haring et Jean-Michel Basquiat et détourne notre sacro sainte culture bien aimée des années 1990: nos batman en estropiés, nos Schtroumpfs en "Smurf", bref toutes nos icônes, Elton John etc. sans pitié aucune pour notre sensibilité (des plus jeunes).

Sur les dessins de Laurina Paperina on peut voir Joseph Beuys qui se fait mordre par son célèbre coyote, Paris Hilton nue les jambes écartées qui s’arrache un morceau de crâne pour révéler un mythique « Welcome in Paris » ou encore Bill Gates transformé en Guillaume Tell des temps modernes qui tire sur les " Apple" de Steve Jobs. Autant d'exemples qui exposent l'univers de la jeune plasticienne inspirée par la culture TV et internet, les mangas et les jeux vidéos. Ses dessins traitent de façons décalées l'actualité politico-artistico people .

« Les personnages qui peuplent mon travail sont comme des « ironies peintes », ils sont le fruit de mon imagination, des formes dynamiques, des couleurs flamboyantes et des morceaux de réalités virtuelles qui ressemblent à un jeu vidéo où fiction et apparence interagissent et simulent la réalité. »

Laurina ne cache pas qu’elle tire un certain plaisir de l’aspect subversif de ses productions…

 

 

 

 

 

Laurina Paperina, How to kill Murakami,  2008, courtesy galerie Magda Danysz

Sa première exposition française Un pied dans la tombe est à découvrir à la galerie Magda Danysz (Paris) jusqu'au 29 mars: http://www.magda-gallery.com/, ses petits cartoons et autres dessins dark-mais-revitalisants sont sur son site : http://www.laurinapaperina.com/home.htm




Shepard Fairey alias Obey

Posté par Van le 23.05.07 à 11:23 | tags : design, expos à paris, galerie à paris


C'est en 1989, alors qu'il n'est encore qu'un étudiant en design aux Etats-Unis, que Shepard Fairey débute sa carrière d'artiste. Skater punk, il crée ses tee-shirts avec des pochoirs réalisés à partir d'images de magazines.
Aujourd'hui, il poursuit son travail dans la rue (collage d'affiches) mais expose aussi dans le monde entier et figure en bonne place dans les collections de quelques grands musées en Angleterre et aux Etats-Unis.
La galerie Magda Danysz à Paris lui consacre une exposition du 3 juin au 29 juillet - et propose d'ailleurs de s'inscrire sur une liste d'attente à ceux qui voudraient acquérir une oeuvre de "Obey giant".
(illus. Shepard Fairey (Obey), Iraq, pièce unique, 2006 ; courtesy Galerie Magda Danysz)



Les Temps Modernes

Posté par Van le 19.03.07 à 15:41 | tags : expos à paris, galerie à paris, photographie

 
Le truc de la photographe Anne-Catherine Becker-Echivard, ce sont les poissons. Habillés, occupés, scénarisés dans des situations humaines, ils sont le motif - ou leitmotiv - de la photographe dont la galerie Wanted Paris expose une cinquantaine de clichés à Bercy Village, Paris XIIe. Exercice de style dans la mise en scène, ces petits poissons nous rejouent notre propre comédie humaine de façon forcément décalée (voire ridiculisée ?).

Les Temps Modernes, exposition dans les passages de Bercy Village, Paris XIIe, du 11 avril au 17 juin en accès libre, tous les jours jusqu'à 2h du matin.

(illus. © Becker-Echivard/Wanted Paris)




Wanted Paris : offrez de l'art à Noël

Posté par Van le 18.12.06 à 10:13 | tags : galerie à paris, photographie

En manque de la bonne idée à quelques jours des fêtes de fin d'année ? Wanted Paris, galerie de photos d'art en ligne (qui possède aussi une adresse physique), propose une sélection de photographies numérotées et signées à (plus ou moins) petits prix, à retirer à la galerie ou à se faire livrer en 48 heures chez soi.
Mettez de l'art au pied du sapin.
(illus. Victor Bergen Henegouwen, Home sick)



Desseins de bataille

Posté par Puck le 02.12.06 à 10:01 | tags : galerie à paris, illustration

La galerie Magda Danysz  inaugure ajourd'hui une exposition Drawing Battle qui opposera P. Nicolas Ledoux (illus.  gauche je suis une merde, 2004) à  l'artiste américain Mathias Schmied (illus. arbeitmarchtfrei, 2006). Fight (1, 2) !
Exposition jusqu'au 13 janiver 2007 à Paris.   



Portraits de nuit à Paris

Posté par Puck le 29.11.06 à 10:01 | tags : galerie à paris, photographie

Nadia a visité pour nous l'expo When the night falls, à la galerie Sévigné 13 à Paris :
"Clayton s’initie à la photographie dès l’âge de 15 ans ! Il collaborera avec des Magazines tels que Dazed & Confused, Squeeze, Tank ou  De l’Air…et dans des publicités pour Louis Vuitton, Lacoste, Coca-Cola…Des critiques ont comparé "ses photographies urbaines en suspension à des peintures expressionnistes ou à des silhouettes à la Munch".


Quant à Ruddy Candillon, autodidacte nomade, il superpose divers microcosmes qui cohabitent entre la féerie et le trouble, révélant une sorte d’Unheimlich de l’immatérialité. La couleur du spectre chimérique, aura des portraits, prend une forme et vie humaine.


Se livre ainsi une confrontation entre le réel et l’abstrait, le mouvement et le figé. L’hermétisme lumineux et coloré semble imager le reflet d’une profonde turpitude intérieure aussi sombre que tumultueuse. Deux artistes nictalopes présentent à la galerie Sévigné 13 des photographies riches en couleur et en mouvement. " Merci, Nadia !

When The Night Falls, exposition du jeudi 09 novembre au samedi 09 décembre 2006.
Galerie 13 Sevigné au 13 rue Sévigné 75003, dans le cadre du mois de la photo à Paris (www)




Takashi Murakami à Paris

Posté par Puck le 27.11.06 à 11:39 | tags : expos, galerie à paris, peinture

Takashi Murakami expose à la galerie Emmanuel Perrotin à Paris un polyptique, "Jellyfish Eyes", 2006 (dont voici en illustration un détail de détail). Profitons-en pour signaler deux ressources en ligne : ici, sur le site officiel de son galeriste, et , sur un site officieux d'un fan. (expo jusqu'au 23 décembre 2006)



Fêtes orphiques

Posté par Van le 20.10.06 à 10:06 | tags : expos à paris, galerie à paris

La galerie fraich'attitude nous propose cette exposition culinaire déjantée :

"Mimi Oka et Doug Fitch présentent pour la première fois et en exclusivité à Paris une exposition rétrospective de leur travail de performers culinaires. Artistes de subsistance, ils ont donné naissance à une série d’explorations dans l’univers du comestible au fil de repas expérimentaux multi sensoriels nommés "Fêtes Orphiques" - les orphistes étant les premiers peintres non figuratifs issus du cubisme, aspirant à la pureté de l’expression.
Cuisiniers, hôtes, artistes, sculpteurs, Mimi Oka & Doug Fitch composent des tableaux vivants avec de la nourriture, créent des installations comestibles, préparent de copieux banquets s’inspirant de jeux de mots, avec un sens de l’humour qui frise l’absurdité. Leurs idées leur viennent de partout, mais ils s’en tiennent à un plan simple, qui consiste à considérer l’acte de se nourrir et à essayer de l’étendre à tous les sens, y compris les choses de l’esprit.
Leurs performances rejouent les festins d’une époque révolue. Ils ont l’opulence d’un dîner à Versailles, l’excès et le grotesque d’un banquet romain. Mimi Oka et Doug Fitch font des futuristes leurs modèles sans pour autant chercher une quelconque révolution : à l’instar de Marinetti, ils envisagent le dîner comme une expérience de tous les sens, encourageant ce que ce dernier appelait « l’optimisme de la table ».
Fêtes orphiques est conçue comme une rétrospective de dix années de travail constituée de photographies, de vidéos et d’objets issus de performances. Le corps orphique de cette exposition vise à encourager cette approche multi sensorielle en proposant de savants sensualscapes."

Fêtes orphiques, jusqu'au 16 décembre à la galerie Fraich'attitude, à Paris.
(illus. Underwater 3, © Doug Fitch et Mimi Orka ; galerie Fraich'attitude)





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