Jan Bucquoy inaugure son Musée du Slip à Paris Les Belges sont les maîtres du canular, les rois de la blague, les champions de la gaudriole — on se souvient de "l'affaire" récente de l'exposition Sexes d'artistes de Jacques Charlier à Venise. Dans la lignée des figures tutélaires du très sérieux René Magritte, du plus contemporain Marcel Broodthaers (auteur, en 1965, d'un Triomphe des moules) ou du performeur-artiste-chorégraphe-metteur en scène Jan Fabre, le Bruxellois Jan Bucquoy n'est pas en reste.Conservateur en chef du Musée du Slip à Bruxelles, Bucquoy a également été le directeur d'un Musée de la Femme (avec de réelles femmes exposées), mais est aussi auteur de bandes dessinées (notamment de versions pornographiques de Tintin) et de films sur La Vie sexuelle des Belges, et ex-membre du parti politique BANANE (Bien Allumés, Nous Allons Nous Eclater). Il a également baissé son pantalon chez Dechavanne, en réponse à une féministe qui lui reprochait d'exposer une femme nue dans son musée, brûlé une toile de Magritte, entarté des célébrités aux côtés de son acolyte Noël Godin, et réalisé pas moins de quatre tentatives de coups d'Etat. Pour trois semaines, Bucquoy installe à Paris son Musée du Slip, auquel il ajoute un Musée de la Frite, et présente quelques unes de ses parodies de Tintin, avant de débarquer à Toulon et Lille en 2010. Le Musée du Slip a reçu l'appui exceptionnel de diverses personnalités, qui ont bien voulu donner leur slip, parmi lesquelles Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, Jean-Michel Ribes, Jean-Marc Barr, Willem, Guillaume Durand ou Plastic Bertrand. « De César à Eddy Merckx, nous sommes tous égaux devant le slip ». CQFD A lire ici, un long entretien avec Jan Bucquoy dans le dernier numéro (26) de la revue Particules Jan Bucquoy, la subversion comme un des Beaux-Arts, à l'Espace Immanence, 21 avenue du Maine, Paris, du 6 au 21 novembre 2009. Vernissage le jeudi 5 novembre à partir de 18h. www Ill. Jan Bucquoy, Napoléon avec slip, 2009 Le Louvre invite Umberto Eco Ecrivain populaire et sémiologue reconnu, spécialiste de Joyce et connaisseur d'art contemporain, librettiste et traducteur, l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault est un maître de l'éclectisme. Le musée du Louvre, dont les collections couvrent plusieurs millénaires et quelques continents, est donc un écrin idéal pour cet « intellectuel » aussi érudit que truculent. Après avoir invité Toni Morrison, Pierre Boulez ou Robert Badinter, le Louvre confie cette année, pour six semaines, sa programmation culturelle à Umberto Eco, qui a choisi comme thème le « vertige de la liste » — tourbillon du catalogue, enfer des réserves, savoirs astronomiques, toutes choses qui relient Eco à Borges.Conférences, lectures et concerts jalonnent cette « saison Eco », avec en point d'orgue un colloque sur « Umberto Eco et la scène italienne des années 1960 », et une exposition, Mille e tre, qui explore le thème à travers des œuvres anciennes et contemporaines : listes dynastiques dans l'Egypte ancienne, tables de lois mésopotamiennes, liste de couleurs par Delacroix, abécédaires d'Annette Messager, ou liste des Habitants du Louvre par Christian Boltanski, mêlant les noms des artistes présents dans le musée à ceux de ses employés actuels. Par ailleurs, une soirée « Closky, Eco & Co » aura lieu le 13 novembre à l'Auditorium du Louvre, avec un dialogue entre l'artiste Claude Closky et l'écrivain, suivi de projections, ainsi qu'une projection-concert de Laurent Garnier, les 12 et 13 décembre. Vertige de la liste. Le Louvre invite Umberto Eco, du 2 novembre au 13 décembre 2009, au musée du Louvre, Paris. Infos Prix Ricard : de «L'image cabrée» aux «Archipels réinventés»Posté par Magali le 02.11.09 à 11:20 | tags : centre pompidou, art contemporain, exposition, peinture
Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition «L'image cabrée» à la Fondation d'entreprise Ricard, qui présente neuf artistes ayant pour point commun, selon le commissaire Judicaël Lavrador, de créer un «type d'images qui braquent le regard, le hérissent, en même temps qu'elles transpercent leur support», et témoignent de la reprise en main des images par les artistes. L'exposition rassemble les nommés au 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, décerné cette année à un couple de peintres, composé de la Serbe Ida Tursic et du Français Wilfried Mille, dont l'œuvre présentée dans l'exposition, 90 Interview May 1998 Miroir III (2008), jure par son esthétique de fanzine néo-Pop avec la sobriété de la plupart des autres œuvres, mais affirme avec force le retour de la peinture dans le goût contemporain. Le Prix, décerné par un jury de critiques d'art et de collectionneurs, consiste en l'achat d'une œuvre aux lauréats, offerte au Centre Pompidou. Pour célébrer les dix ans du Prix, une exposition au Musée national d'art moderne, «Les Archipels réinventés», présente une œuvre de chacun des précédents lauréats, qui, outre le Mobile Information Stand for Money back Products (1999) de Matthieu Laurette — guide pratique du retour d'article — dénote une sérieuse inclination pour la sculpture ou l'installation minimalistes, avec notamment les œuvres de Tatiana Trouvé, Raphaël Zarka, Boris Achour, Berdaguer & Péjus ou Didier Marcel. Démontrant ainsi des choix homogènes et cohérents, à quelques exceptions près, et le parti pris d'une esthétique séduisante par son intransigeance formelle. Cette année, pour la première fois, une toile viendra compléter cette micro-collection d'artistes émergents. L'image cabrée, 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris, jusqu'au 7 novembre 2009. www Les Archipels réinventés, au Centre Pompidou, Paris, jusqu'au 11 janvier 2010. www Ill. Ida Tursic & Wilfried Mille, 90 Interview May 1998 Miroir III, 2008. Courtesy Almine Rech Gallery, Bruxelles-Paris Le diaporama de La Subversion des images au Centre PompidouPosté par Magali le 30.10.09 à 12:01 | tags : surréalisme, beaubourg, centre pompidou, exposition, photographie
Le surréalisme à l'ère de sa reproductibilité technique : le paradoxe de l'« explosante-fixe » (expression inventée par André Breton pour expliciter le concept de "beauté convulsive" chère aux surréalistes) trouve son accomplissement dans l'image sur pellicule, qu'elle soit photographique ou filmique. Dans l'entre-deux-guerres, la clique surréaliste ne chercha rien d'autre qu'à mettre au jour le mensonge du réel et son insoumission à toute représentation objective. Pop Life à la Tate Modern : quand l'art bling-bling fait flop![]() « Provocation », le terme est lancé d'entrée de jeu dans l'exposition Pop Life — Art in a Material World de la Tate Modern, et c'est sans nul doute la notion qui lie le mieux la démarche des artistes présents. Le propos, assez flou, pourrait se résumer à « Qu'est-ce qu'un artiste contemporain est prêt à faire pour être connu ? ». Mais beaucoup d'œuvres, souvent trop clinquantes, tombent à plat. Tracey Emin, Damien Hirst, Keith Haring, Martin Kippenberger, Jeff Koons, Takashi Murakami seraient tous les enfants d'Andy Warhol, dont la phrase célèbre « Good business is the best art » est mise en exergue de l'exposition. Mais par business, il faut entendre ici non seulement le rapport à l'argent, mais aussi et surtout l'art du « coup de com », l'appropriation par les artistes des stratégies publicitaires comme démarche esthétique, dans le but assumé d'atteindre le degré de célébrité le plus élevé. Lire la chronique sur l'expo Pop Life à la Tate Modern. Ill. Jeff Koons, Made in Heaven, 1989 © Jeff Koons Soulages : 60 ans de peinture au Centre Pompidou
La censure frappe encore Dans quelques jours nous vous parlerons de l'exposition Pop Life: Art In the Material World, qui a ouvert ce 1er octobre à la Tate Modern de Londres. Nous n'aurons pas eu, hélas, l'occasion de la voir dans son intégralité... Les policiers de Scotland Yard y ont fait une descente, la veille de son ouverture au public, afin de supprimer des cimaises le célèbre portrait de Brooke Shields par Gary Gross, repris par Richard Prince sous le titre Spiritual America. Image qui illustrait justement un précédent billet de De Visu consacré au procès fait aux commissaires de l'exposition « Présumé innocent », où l'œuvre était exposée.La censure a décidément bon dos ces jours-ci... La photo de la starlette, alors âgée de dix ans, est d'une ambiguïté indéniable. Négociée à l'époque par la mère de Brooke Shields pour 450 dollars, et publiée dans un livre édité par Playboy, Sugar'n'Spice, cette image refait régulièrement surface, malgré les tentatives de l'actrice pour la faire interdire. Image hyper-connue, elle a été diffusée dans de nombreux livres d'art et montrée dans d'innombrables expositions depuis plus de 30 ans. Pourquoi aujourd'hui censurer cette image ? On ne peut s'empêcher de faire le lien avec l'arrestation récente de Roman Polanski, plus de 30 ans après le viol d'une jeune fille de 13 ans. Mais si, dans ce cas, la justice a effectivement un rôle à jouer (que d'aucuns nient, à commencer par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand), dans celui de la photo de Brooke Shields, le délit présumé serait l'obscénité qui pourrait choquer les visiteurs de la Tate... Retirons, alors, du Louvre l'Hermaphrodite endormi, sculpture d'époque romaine, ou les photos du baron Wilhelm von Gloeden du musée d'Orsay ! L'art n'a pas à se soucier de ceux qui le reçoivent, qu'ils soient trop sensibles ou trop pervers pour s'y confronter avec mesure, car, contrairement à l'idée reçue, l'art n'est pas "mieux" que la vie. Ill. Gary Gross, Brooke Shields : The woman in the child, 1980 En images : les collages de Max Ernst au musée d'OrsayCela faisait plus de 70 ans que ce petit trésor du surréalisme, propriété de Daniel Filipacchi, n'avait pas été montré au public. Après l'Albertina de Vienne l'an passé, et la Fundación Mapfre de Madrid au printemps, le musée d'Orsay expose la totalité des 184 collages originaux qui composent Une semaine de bonté ou les sept éléments capitaux, suite réalisée par Max Ernst à l'été 1933 lors d'un séjour dans le petit village de Vigoleno, près de Parme.
Toucher du doigt les chefs-d'œuvres au Centre PompidouPoursuivant sa politique d'accessibilité offerte à tous les publics, le Centre Pompidou propose depuis le 1er juillet dans les espaces d'exposition permanente un « Parcours tactile » conçu en collaboration avec le créateur de lunettes Alain Mikli, dont la société a mis au point une technique d'images gravées réalisées à partir d'un logiciel sur des plaques d’acétate de cellulose. ![]() ![]() Exemple ici avec Slave Auction , œuvre de 1982 de Jean-Michel Basquiat, dont ont été rendus sur une plaque en relief les effets de griffures et de coulures de la peinture. Plus d'infos sur le site Handicap du Centre Pompidou Ill. Jean-Michel Basquiat, Slave Auction , 1982, collage de papiers froissés, pastel gras et peinture acrylique sur toile, 183 x 305,5 cm, don Société des Amis du Musée national d'Art moderne, 1993 © Fondation Basquiat Image tactile © Centre Pompidou / Alain Mikli
Prix Marcel Duchamp : Laurent Grasso en rayonnement fossile![]() Après Thomas Hirschhorn, Dominique Gonzalez-Foerster, Mathieu Mercier, Claude Closky ou Tatiana Trouvé, c'est Laurent Grasso, 37 ans, qui était en compétition avec Michel Blazy, Stéphane Calais et Didier Marcel, qui a été désigné l'an passé pour la remise du prix Marcel Duchamp, décerné par l'ADIAF, association de collectionneurs. Pour son exposition concomitante au Centre Pompidou, l'artiste présente une vaste installation, « The Horn Perspective », dans la droite lignée de son œuvre déjà connue. Dans l'espace 315 du Centre Pompidou plongé dans le noir émergent une immense antenne en forme de trompe, Horn, réplique de celle utilisée par les scientifiques Penzias et Wilson dans les années 60 pour capter le rayonnement fossile du Big Bang (et qui leur valut le prix Nobel en 1978), et une réplique de l'antenne Tesla, créée par Nikola Tesla en 1899 à Colorado Springs pour enregistrer des ondes radio provenant de l'espace. On est là très proche de l'œuvre HAARP présentée au printemps dans l'exposition « Gakona » au Palais de Tokyo, qui reproduisait un champ d'antennes dans une base militaire. D'immenses enceintes au design rétro-futuriste reproduisent un « son diffus cosmologique », tandis que face à Horn, un film est projeté, fascinant travelling avant dans une forêt enchanteresse sur laquelle fond une nuée d'oiseaux. Dans un esprit assez proche de l'exposition « Spy Numbers » visible au même moment au Palais de Tokyo, Laurent Grasso, qui doit beaucoup à la génération de Philippe Parreno exposant dans l'espace voisin, mêle réalité et fiction, art et science, passé et futur, dans un troublant jeu de ventriloquie obsédé par l'électromagnétisme et autres rayonnements. Une œuvre cohérente, mais qui manipule la complexité au risque de se fossiliser. Laurent Grasso. The Horn Perspective, à l'Espace 315 du Centre Pompidou, Paris, jusqu'au 14 septembre. www.centrepompidou.fr A lire : la monographie/catalogue raisonné Laurent Grasso. Le rayonnement du corps noir, avec des textes d'Elie During, Christophe Kihm et Marc-Olivier Wahler, et un entretien avec Laurent Grasso par Claire Staebler et Christophe Kihm, publiée par les Presses du réel, 320 pages, 32 euros. Commander Ill. Laurent Grasso, Projet pour l'Espace 315 © Laurent Grasso, courtesy Galerie Chez Valentin Les centres d'art en plein soleil![]() Tout l'été, 43 centres d’art contemporain présents dans 18 régions et 37 départements français s’associent autour de l’opération nationale « Plein Soleil 09 / L'Eté des centres d'art ». En tout, près de 100 expositions et 200 artistes pour découvrir la création contemporaine, grâce à l'initiative de d.c.a, association française de développement des centres d’art. Des suggestions de parcours sont proposées sur le site flowersway.com/pleinsoleil2009 : à Rennes (La Criée, puis œuvres dans l'espace public), dans l'Est parisien (Plateau/FRAC Ile-de-France, œuvre de Xavier Veilhan à la piscine Pailleron, espace ouvert Café au lit...), en Franche Comté (le 19 à Montbéliard, Michel Verjux à la Saline Royale d’Arc et Senans...). Petite sélection d'événements de « Plein Soleil » : . « Kasbah », Kader Attia, au CCC de Tours jusqu'au 31 octobre . « Au Pied de la lettre », au Domaine départemental de Chamarande, jusqu'au 20 septembre . Jochen Lempert et Vidya Gastaldon au Domaine de Kerguéhennec, Bignan, jusqu'au 27 septembre . « Pour ne pas mourir deux fois », Camille Henrot, jusqu'au 6 septembre, et « Strange fruit in the street », Malachi Farrell, au LAIT, Albi et Castres, jusqu'au 31 octobre . « Mesure du désordre, Œuvres du centre national des arts plastiques », au Parvis, Pau, jusqu'au 3 octobre . « DreamTime. Grottes, Art Contemporain & Transhistoire », aux Abattoirs, Toulouse, jusqu'au 31 août . « Spy Numbers » au Palais de Tokyo, Paris, jusqu'au 31 août . Gianni Motti, à la Synagogue de Delme, jusqu'au 13 septembre . « La Patinoire », Gilles Barbier, « The die is cast », Ryan Gander, et « Expanded Crash », Florian Pugnaire et David Raffini, à la Villa Arson, Nice, jusqu'au 18 octobre . « Mes Dalton », expo collective à la Chapelle du Genêteil, Château-Gontier, jusqu'au 30 août La carte des événements « Spy Numbers » au Palais de Tokyo, expo SFPosté par Magali le 29.07.09 à 09:26 | tags : science-fiction, exposition, palais de tokyo, art contemporain
![]() « Spy Numbers », tel est le titre énigmatique de l'exposition estivale du Palais de Tokyo, que son directeur, Marc-Olivier Wahler, a transformé depuis son arrivée en 2006 en véritable laboratoire de l'art contemporain science-fictionnel, avec notamment les expositions Superdome ou Loris Gréaud. Suite ininterrompue de nombres diffusés par des voix anonymes sur les ondes courtes des radios, nous dit-on, les spy numbers sont émis depuis des décennies sans que l'on sache exactement ce qu'ils signifient... Un bien gros mystère pour une exposition collective pas très épaisse, mais dont les quelques œuvres dispatchées dans l'espace réduit (pour cause de travaux) du Palais de Tokyo restent longtemps en mémoire. Certaines se mesurent à une échelle planétaire. On retient en particulier le dispositif mis en place par Dove Allouche et Evariste Richer, La Terrella (2002), reconstitution de la chambre sous vide de Birkeland reproduisant le phénomène des champs magnétiques et produisant des aurores boréales selon le calendrier céleste. Pour To lower the mountains (Abaisser les montagnes, 2005), Luca Francesconi est quant à lui aller prélever au terme d'escalades dans les Alpes les sommets de trois montagnes, matérialisées par trois pierres triangulaires, geste à la fois romantique et utopique. Si Matt O'Dell illustre le titre de l'exposition avec sa Numbers Station Beacon/Community Broadcast Tower (2008-2009), il est bien le seul, et on ne voit pas ce que certaines œuvres, par ailleurs très impressionnantes, viennent faire là, comme Heap (2005), sculpture en jouets McDonald agglutinés de Jim Shaw ou le monumental Omission (2009) de l'Allemand Felix Schramm, déchirure spatiale dans l'architecture du bâtiment. Ainsi le noir « rhomboèdre à six losanges » de Tony Smith, For V.T., œuvre historique de 1969, se pose là comme un monolithe sorti de 2001 l'odyssée de l'espace. Dans toute la beauté de son mystère. Spy Numbers, au Palais de Tokyo, Paris, jusqu'au 30 août 2009. Avec Dove Allouche & Évariste Richer, Pascal Broccolichi, Luca Francesconi, Ken Gonzales-Day, Norma Jeane, Arthur Mole & John Thomas, Matt O’Dell, Felix Schramm, Jim Shaw, Tony Smith, Stéphane Vigny www.palaisdetokyo.com Lire l'entretien avec Marc-Olivier Wahler réalisé en 2006 Ill. Felix Schramm, Omission, 2009. Vue de l’exposition « Spy Numbers », Palais de Tokyo, 2009. Photographie : André Morin Beaubourg au top![]() L'exposition prend la première place du palmarès de la Galerie 2, espace ouvert en 2003 au sixième étage de l'institution, coincé entre la Galerie 1, là où on lieu les méga-expos du Centre (actuellement Kandinsky, qui elle aussi semble-t-il va battre des records) et le restaurant Georges. Calder figure parmi les six expositions les plus fréquentées depuis la création du Centre, en 1977. Ill. Alexander Calder, Joséphine Baker IV, vers 1928. Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, don de l’artiste, 1966 © 2008 Calder Foundation, New York / ADAGP La Saison de la Turquie, c'est parti !Posté par Magali le 22.07.09 à 15:29 | tags : exposition
![]() Alors que l'adhésion de la Turquie à l'Europe demeure une question irrésolue, démarre ce mois-ci la Saison de la Turquie en France, avec plus de 400 événements culturels proposés jusqu'au 31 mars 2010. Placée sous l'égide du Ministère des Affaires étrangères, via Culturesfrance, et des Ministères de la Culture français et turc (grâce notamment à la Fondation d'Istanbul pour la Culture et les Arts), cette Saison, inaugurée par l'exposition Istanbul, traversée au Palais des Beaux-Arts de Lille (jusqu'au 27 juillet) est ponctuée d'expositions, spectacles, concerts, rencontres ou manifestations liées au cinéma ou à la littérature, mais aussi de projets de coopération éducative et de débats sur le développement économique et social ou la géopolitique turcs.
En images : l'expo Richard Fauguet au PlateauSes balles de ping-pong singeant la chronophotographie de Muybridge, sa table dressée toute en verre ou son fauteuil Vassili en tuyaux de poêle ont fait de Richard Fauguet une figure incontournable de l'art contemporain français des quinze dernières années. Pour sa première exposition personnelle dans une institution parisienne, l'artiste castelroussin de 46 ans, mêle esthétique kitsch, détournements de l'art populaire et déviations fumistes. Comme son nom l'indique, « Pas vu, pas pris » au Plateau/FRAC Ile-de-France, ne se prend pas au sérieux. Aperçu avec le diaporama Richard Fauguet : Pas vu, pas pris. Le Carrosse de l'écurie Veilhan à VersaillesOn ne sais pas encore grand chose du projet de l'artiste français Xavier Veilhan, dont les œuvres, un an après l'exposition retentissante de Jeff Koons, investiront le château de Versailles pendant trois mois à l'automne prochain. L'expo, qui s'intitulera tout simplement "Veilhan Versailles", incluera une commande publique passée par le Ministère de la Culture, via le CNAP (Centre national des Arts plastiques), auprès de l'artiste. Le Carrosse, pièce de quinze mètres de long et de trois tonnes en tôle pliée et soudée, sera installé dans la cour d'honneur du château. Directement inspiré du véhicule du Roi Soleil, l'œuvre sera réalisée à l'échelle 1, dans une technique de modélisation. Celle-ci, véritable marque de fabrique de l'artiste et de son atelier-« écurie », permet de transférer en sculpture une image créée par ordinateur. Cette simulation en donne un aperçu. A découvrir dès le 13 septembre.
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Miroir, mon beau miroir...Posté par Magali le 13.07.09 à 10:37 | tags : exposition
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la cosmétique, de l'Antiquité à la Renaissance... sans avoir jamais vraiment pensé à le demander.Le musée de Cluny, musée national du Moyen Age, à Paris, et le musée de la Renaissance à Ecouen (Val d'Oise) organisent conjointement cet été une exposition, « Le Bain et le Miroir », consacrée aux soins du corps et cosmétiques, des thermes romaines aux peignes en ivoire gothiques (Cluny) et aux traités de cosmétologie du XVIe siècle (Ecouen). En images : Ingres, à toutes les saucesIngres, peintre classique placé par la critique du côté du dessin, quand Delacroix représentait la couleur, donc la modernité, fut dès son vivant un peintre dénigré pour sa froideur et son académisme. Pourtant, son influence sur l'art moderne et contemporain se fait toujours sentir, en raison non seulement de l'extraordinaire répertoire de formes qu'il a pu constituer, mais aussi grâce à l'audace insoupçonnée de sa peinture, truffée de déformations expressives et de détails bizarres. Le musée Ingres de Montauban consacre cet été une exposition à ce sujet. Tour d'horizon de la question avec le diaporama "Ingres et les modernes". Ingres et les modernes, au musée Ingres de Montauban, jusqu'au 4 octobre 2009. Plus d'infos Art / espace / cerveau![]() Ça n'est pas une exposition, c'est un laboratoire. C'est ainsi que Nathalie Ergino, directrice de l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne, et Ann Veronica Janssens, artiste, ont imaginé le projet « Laboratoire espace cerveau », dont la première étape est visible cet été à l'IAC. Car si cette « Station 1 » est bien constituée d'œuvres déployées dans un espace, le visiteur est amené à expérimenter les œuvres, « en consultation » et en entrée libre, et non pas à simplement les contempler. Le thème même du laboratoire, les expérimentations artistiques liant espace et cerveau, implique le spectateur, et donc son cerveau, dans la recherche d'un résultat : l'œuvre seule est incomplète. Ann Veronica Janssens, qui a co-signé récemment le décor de The Song, nouvelle création d'Anne Teresa De Keersmaeker au Théâtre de la Ville, travaille depuis une vingtaine d'années sur la perception de l'espace, grâce notamment à des projections lumineuses. À l'IAC, l'artiste présente une cabine de verre enfumée, dans laquelle le visiteur perd tout repère et semble flotter dans l'espace, ainsi qu'un container rassemblant les protoypes de Janssens, comme une sorte d'atelier expérimental. Pour cette première étape du laboratoire, des œuvres historiques sont montrées : des vidéos des années 1960 de Nam June Paik et de Wolf Vostell, une impressionnante installation de James Turrell, The Wait (1989) qui plonge le visiteur dans l'obscurité et dans l'attente de la perception d'une faible lueur, une Boîte à flash (1964) de François Morellet ou encore un Conical Solid (1974) d'Anthony McCall, cône de lumière dont on expérimente la non-matérialité. Ce « chantier d'investigations » se prolongera jusqu'en 2011 et prendra la forme de conférences, d'interventions, de blog, de publications, etc., qui occuperont divers champs : les neurosciences, la physique, la parapsychologie, le chamanisme... Une véritable plongée au « centre mystérieux de la pensée ». Laboratoire espace cerveau / station 1, Institut d’art contemporain de Villeurbanne, jusqu'au 16 août 2009. www.i-art-c.org Ill. Carlos Cruz-Diez, Chromosaturation du rouge et du bleu, 1965, collection Musée d’art contemporain de Lyon, vue du Laboratoire espace cerveau / station 1, Institut d’art contemporain, Villeurbanne. Crédit photographique : Blaise Adilon Alan Vega et Jean-Luc Mylayne au MAC Lyon : du trash et du poétiquePosté par Magali le 06.07.09 à 08:46 | tags : musique, exposition, art contemporain, photographie, rock
Alan Vega, co-leader du groupe Suicide, fait partie de ces musiciens hyper-connus, qui compte parmi les pionniers du rock électro, mais qui reste un artiste plastique ignoré du grand public. Membre depuis quarante ans de la scène artistique new-yorkaise où il anima un lieu alternatif, le Project of Living Artists, Alan Vega expose pourtant souvent dans les musées. Avant cette première rétrospective, actuellement au MAC Lyon, ce fut le cas en 2008 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles avec l'expo It's not only rock'n'roll baby !, où les néons cruciformes du chanteur cotoyaient les dessins sanguins (littéralement) de Peter Doherty, les beaux entrelacs de Devendra Banhart ou encore une installation inspirée de Yoko Ono, artiste contemporaine majeure du dernier demi-siècle, que l'on connaît mieux pour d'autres raisons.
![]() La seconde exposition monographique que le musée d'art contemporain de Lyon propose cet été en est à peu près l'antithèse. Tandis que les salles occupées par Alan Vega sont plongées dans une obscurité propice à la lumière jaune ou rose de ses néons, les photographies grand format du Français Jean-Luc Mylayne se déploient dans des espaces d'une grande clarté. À la rugosité rock de Vega s'oppose la ténuité à la Satie des œuvres de Mylayne. L'artiste n'a produit en tout et pour tout dans sa carrière qu'environ 400 photographies, chacune à tirage unique. Elles ont en commun non seulement une technique extraordinaire de champs et de contre-champs alternant flou et netteté, mais surtout leur thème, à savoir la capture en instantané photographique du vol d'un oiseau. Cet oiseau, véritable complice de Mylayne, le photographe le repère, lui parle, fixe un cadre dans le paysage, puis attend son passage à l'intérieur de ce cadre pour déclencher l'appareil. Une intense poésie se dégage de ces images, comme dans la série où le pourrissement de pommes est étudié pas à pas. L'artiste livre ici un discours sur le temps, hors du temps, loin des pratiques actuelles mais éminemment contemporain. Alan Vega, Infinite Mercy et Jean-Luc Mylayne, Tête d'Or, au MAC Lyon, jusqu'au 2 août 2009. Plus d'infos Découvrez en vidéo les expos actuelles ici Ill. : Alan Vega, Infinite Mercy (Lyon Altarpiece), 2009, détail. Collection de l’artiste, New York, en dépôt au MAC Lyon. Jean-Luc Mylayne, PO – 30, janvier-février 2006, 123 x 153 cm. Courtesy de l'artiste.
Félicien Marboeuf : œuvres sans artiste![]() Faire de la vie une œuvre d'art, ou plus exactement partir de la vie d'un personnage imaginaire, mais relié par de multiples connexions à des êtres et à des faits bien réels, et en faire des œuvres d'art. Tel est le propos de la passionnante, mais non moins serrée, exposition organisée à la Fondation d'entreprise Ricard par le critique d'art, ex-rédacteur en chef d'art press et commissaire d'exposition Jean-Yves Jouannais, en prolongement de son ouvrage Artistes sans œuvres. I would prefer not to, publié en 1997 (réédité aujourd'hui aux éditions Verticales). L'auteur y fait le salutaire recensement (et l'apologie) d'un « art qui n'existe qu'en creux », plaçant en exergue cette phrase de Montaigne : « Notre grand et glorieux chef-d'œuvre, c'est vivre à propos » (Les Essais, III, 13). Détaillant les démarches de ceux chez qui « l'œuvre est présente partout, et visible nulle part », Jean-Yves Jouannais convoque dans ce panthéon des indifférents « déségotisés » et des fumistes notoires les figures de Marcel Duchamp, Jacques Vaché, Félix Fénéon, Jorge Luis Borges ou Yves Klein, ou cite le cas de la « Société perpendiculaire » administrant un « Bureau des Projets non réalisés »... Un chapitre entier est consacré à Félicien Marboeuf (1852-1924), connu de son vivant comme « le plus grand écrivain n'ayant jamais écrit », célébrité amie de Marcel Proust (auquel il aurait même inspiré une grande partie de la Recherche), mais qui en réalité n'a jamais existé. L'exposition de la Fondation Ricard propose d'évoquer la vie du grand homme à travers une série d'œuvres d'artistes contemporains complétant le propos de Jean-Yves Jouannais. Certains ont imaginé un Félicien Marboeuf tangible, notamment par des portraits peints dans le style de l'époque (Antoine Roegiers), des enregistrements de sa voix lisant des textes célèbres (Nicolas Darrot), une reconstitution de son intérieur (par le styliste Christian Lacroix), ou des photos d'une station de métro parisienne « Marboeuf » (Guy Girard). D'autres œuvres traitent du thème de la disparition de l'auteur (Marboeuf se serait enfui à Glooscap, au Canada, après avoir été accusé d'attentat à la pudeur sur une enfant de onze ans), comme le magnifique mur de photographies d'hommes célèbres aux yeux clos d'Alain Rivière, les autoportraits à la limite de l'invisible de Luc Andrié ou encore l'évocation par des plans et photos de la ville de Glooscap, cité imaginaire dont l'artiste Alain Bublex alimente la véracité depuis une douzaine d'années. Rassemblant des œuvres sans fioritures, ayant en commun la simplicité et la force d'intention, comme ces socles sans œuvres d'Isabelle Cornaro, l'exposition de la Fondation Ricard fait un pied-de-nez aux égotismes artistes. Une véritable bouffée d'air frais et d'intelligence. Félicien Marboeuf (1852-1924), une proposition de Jean-Yves Jouannais, jusqu'au 11 juillet 2009 à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris. Plus d'infos. Avec Luc Andrié, Gilles Barbier, Alain Bublex, Isabelle Cornaro, Nicolas Darrot, Olivier Dollinger, Christophe Duchatelet, Jean-Baptiste Ganne, Dora Garcia, Franck Gérard, Guy Girard, Jakob+MacFarlane, Christian Lacroix, Perrine Lievens, Pascal Martinez, Nora Martirosyan, Antoine Poncet, Pascal Quignard, Alain Rivière, Antoine Roegiers, Denis Savary. A lire : Jean-Yves Jouannais, Artistes sans œuvres. I would prefer not to, réédition revue et augmentée d'une préface d'Enrique Vila-Matas, 2009, Éditions Verticales, 120 pages, 17,90 euros. Ill. Guy Girard, Station Marboeuf, 2009, vidéo, courtesy de l'artiste. Le diaporama de l'expo "Une image peut en cacher une autre" au Grand PalaisL'histoire de l'art, au moins jusqu'à la naissance de l'art conceptuel à la fin du XXe siècle, aura été affaire d'œil, de vision, de « plaisir scopique » comme aurait dit Freud, en faisant appel au sens de la vue plus qu'à tout autre. Certains artistes, en particulier Arcimboldo et Dalí, ont poussé ce plaisir sensible jusqu'à un point d'extrême ambiguïté en donnant à leurs images un double sens, les rendant ainsi subjectives, voire subversives.
Jusqu'au week-end prochain, le Grand Palais propose, à travers près de 250 œuvres, une autre histoire de l'art, ambigüe et non univoque, et qui renouvelle l'interprétation des images. Séance de décryptage à travers le diaporama de l'exposition « Une image peut en cacher une autre » au Grand Palais. ![]() Une image peut en cacher une autre. Arcimboldo, Dalí, Raetz, jusqu'au 6 juillet 2009 au Grand Palais, Paris. www.rmn.fr L'art contemporain présumé coupable Véritable serpent de mer judiciaire, l'affaire de la mise en examen des concepteurs de l'exposition « Présumés innocents », organisée en 2000 au Capc – Musée d'art contemporain de Bordeaux sur le thème de la représentation de l'enfance dans l'art contemporain, connaît un nouveau rebondissement cette semaine. Alors que la Cour européenne des droits de l’homme limite à quatre ans le délai d’instruction, un juge d'instruction bordelais a en effet décidé l'envoi en tribunal correctionnel de l'ex-directeur du Capc, Henry-Claude Cousseau (actuel directeur de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris), et des commissaires de l'expo, Marie-Laure Bernadac, aujourd'hui conservatrice au Louvre chargée de l'art contemporain, et Stéphanie Moisdon, critique d'art. Quant aux œuvres auxquelles des mineurs auraient pu avoir accès, le juge d'instruction ne lache pas le morceau en déclarant : « Le simple fait que l'œuvre ait été susceptible d'être vue par un mineur caractérise l'infraction ». On croyait l'affaire close depuis un moment (un non-lieu a été prononcé en 2008), d'autant que les œuvres incriminées sont visibles aujourd'hui dans de nombreuses collections publiques ou privées. Si on ne s'interroge pas sur le mobile du crime (si crime il y a), l'attention se porte aujourd'hui sur le mobile de l'accusation, et sur ce qui ressemble plutôt à une véritable croisade contre l'art contemporain et contre toute forme de liberté d'expression. Affaire à suivre donc... Ill. Gary Gross, Brooke Shields : The woman in the child, 1980 Le graff, de la rue à la salle de vente et au musée![]() Depuis quelques années, quelques critiques et de nombreux marchands d'art tombent en grâce devant ce que l'on nomme le street art, ou art urbain, tandis que la RATP et autres services de voirie municipales continuent à se battre pour effacer de leurs rames et rues toute manifestation graphique — qu'elle soit artistique ou non. Jean Marais au musée et aux enchères
On y redécouvre l’artiste dans toutes ses facettes, l’acteur, le sculpteur, l’inspirateur, l'amoureux de Jean Cocteau. Avec quelques pièces, précieuses, telles le masque de la Bête dans le film tourné par Cocteau. Puis des affiches, des films, des carnets de tournage etc. Et puis il y aura, bientôt, une vente aux enchères. Après avoir été bloquée pendant une décennie, la succession du comédien sera vendue le 27 avril prochain. Recueil de poèmes annoté par Cocteau, mobilier, tableaux, témoignages, photos, correspondance. L’ensemble, soit 450 pièces au total est estimé entre 500 000 et 700 000 euros. C’est à la fois passionnant, et triste, de voir ainsi dispersée toute une vie sous le marteau, plutôt que réunie dans un musée, pas un mausolée, mais un lieu vivant, de belle mémoire. |
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