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Paris, capitale des arts et de la culture. Toutes les expos à voir à Paris sur le blog De Visu, qui se comptent par centaines. Tout un programme... En voici une sélection :
Bert Rodriguez au Plateau, un américain à Paris
Au Plateau, dans l’espace expérimental il crée In situ, le regard d’un américain sur Paris. Apparemment, l’expo se construira en se construisant… Pour l’instant ce qu’on peut voir est en effet très déstabilisant, mais ne révélons rien…
In situ de Bert Rodriguez au Plateau (www) jusqu'au 25 mai. Cao Fei au Plateau, portrait d'une Chine éclectiquePremière exposition française de la jeune chinoise déjà très populaire dans son pays Cao Fei, dont le travail reteint l’attention aux dernières biennales de Lyon, Venise et Istanbul. L’univers de cette jeune plasticienne fait l’effet d’un kaléidoscope. Foisonnantes, disparates, hétéroclites, assez inégales, ses propositions plastiques dressent un portrait multi facettes de la Chine, entre réalité sociale et monde virtuel. Mangas et autres mondes parallèles ![]()
Whose utopia? ![]() Une vidéo loufoque rend compte d’une performance de l’artiste. Un défilé de mode reprend dans des clichés burlesques différents genre de femmes chinoises et tourne au ridicule et à l’absurde leur identité, à grand renfort de costumes débilos et de jeu expressionniste. La concubine, l’intellectuelle, l’ouvrière etc. défilent pour une élection hors normes. Multi- Chine/multi-femmes. Illustr1 Yanmy at home©Cao fei et Vitamine Creative Space; illust2 Extrait du film What are you doing here? 2006©Cao fei et Lombard-Freid. Exposition cao Fei au Plateau, FRAC Ile de France, (www) jusqu'au 25 mai. Voir le site de Cao Fei. Camille Claudel au musée Rodin Sous un titre quelque peu racoleur, « Camille Claudel, une femme, une artiste », le musée Rodin organise une exposition de type « blockbuster », même si l'institution se défend d'exploiter la veine sulfureuse de la vie privée de l'artiste. Or, à trop vouloir apaiser les passions, l'exposition en devient assez froide, et le parcours égrène les époques et les thèmes : formation, portraits de famille, L'Age mûr, etc.Peu de découvertes donc dans cette exposition, mais l'essentiel est là, l'œuvre de l'artiste étant assez concise. Quelques petites études jalousement gardées en collections privées feront le délice des amateurs, notamment un petit plâtre rodinien, délicat pied posé sur la pointe, résumant à la fois la force et la délicatesse du modelé de Camille Claudel. Magali Lesauvage
Sur Flu : Lire le portrait de Camille Claudel. Dans l'objectif de John Rankin![]() Il a tiré le portrait – et parfois déshabillé - les grand(e)s d’un monde qui embrasse show-biz, arts et politique : Tony Blair et les Stones, la Reine Elisabeth II et Juliette Binoche, Georges Clooney ou Kate Moss. Mais le photographe John Rankin a le génie pluriel : il est aussi réalisateur de clips et créateur de magazines, notamment le cultissime "Dazed and Confused". L’Acte2Galerie lui ouvre ses murs, pour des clichés surtout axés sur les nus et le regard (avec sa série d’eyescapes). Photo dr. « Rankin Chop off their heads », Acte 2 Galerie, Paris 8e jusqu’au 12 avril. Les exquises douleurs de Sophie Calle
Voilà plus de 30 ans que la photographe, auteure, plasticienne, réalisatrice Sophie Calle creuse le même sillon : celui de l’intimité, en se mettant en scène, en jeu. Elle et ses émotions, elle et ses anniversaires, elle et ses histoires d’amour, elle et son entourage. « Douleur Exquise », qu’on découvrait notamment dans le cadre de l’expo « M’as tu vue » au Centre Pompidou en 2004 et qui fit l’objet d’une superbe publication chez Actes Sud racontait, entre textes et images, comment elle se remettrait tant bien que mal d’une rupture non-annoncée. La rupture toujours, est au cœur du dernier parcours conçu pour la Biennale de Venise (entre juin et novembre 2007) qui débarque enfin à Paris dès aujourd’hui, dans une mise en scène de Daniel Buren. « Prenez soin de vous », c’étaient les derniers mots d’une lettre de séparation à laquelle elle n’a pas répondu. Mais elle en a fait la matière d’une œuvre dense, en demandant à 107 femmes, connues ou moins connues, et venues d’horizons différents, de l’analyser, la jouer, la chanter ou la danser. Baselitz érotique, mais pas seulement...
Illustr Georg Baselitz© courtesy galerie Thaddaeus Ropac Remix de Georg Baselitz, jusqu'au 29 mars, à la galerie Thaddaeus Ropac (www) L'art d'être humain : festival à l'Imprimerie 168 Du 14 au 16 mars, l’Imprimerie 168, lieu singulier situé au 168 rue Crimée dans le 19ème arrondissement, propose « L’art d’être humain », un festival qui présente une exposition collective, des concerts et des performances. Vernissage de 18h à 21h le vendredi 14 mars. Plus d’informations sur le blog de l’Imprimerie (www). Claude Levêque : rock around the bunker.Posté par Lucie le 06.03.08 à 18:05 | tags : claude lévêque, galerie à paris, art contemporain, expos à paris
Welcome (One)
Ce sont des mobiles délicatements morbides et une musique rock envahissante qui nous absorbent d’un coup lorsqu’on passe la porte en verre teinté de la galerie Kamel Mennour. Comme un sas de décompression, une mise en apesanteur des sens. On se sent saisi par les mouvements qui nous entourent : mouvement du son, mouvement des parois, mouvement des trois objets suspendus. Cinq mouvements, ni contradictoires, ni harmonieux pourtant.Un garde-manger aux armatures de bois recouvert d’un filet renferme deux couronnes de princesses. Entre toc et richesse, factice et vérité. On pense à cet aphorisme du poète René Char « l’irréel intacte dans le réel dévasté ». L’éclat des diamants transperce le tissu terne et nettoie les yeux. Il y a quelque chose de très sombre, comme ce vieux bout de placard - la dure matérialité du réel - et de très lumineux, comme ces couronnes – la brillance du rêve et de l’illusion - dans le travail de Claude Lévêque. Et tout ceci s’affronte. Deux trottinettes mises bout a bout continuent de tourner tandis qu’en face ce sont deux déambulateurs qui tournent. Deux sortes de prothèses du geste, prolongement désiré ou nécessaire au mouvement. L’idée du mouvement et celle de l’impossibilité du mouvement tournent ici ensemble, et cela a quelque chose de curieux. Et ce serait pathétique s’il n’y avait pas ce rythme rock, comme une pulsation énergisante qui semble crier : « Vit bondieu ! N’importe comment et avec n’importe quel renfort mais continue de tourner … ». t(w)o Même sensation d’absorption quand on pénètre dans la deuxième installation. En apparence un capharnaüm, des taules un peu cabossées de capots de vieilles voitures qui forment une espèce d’abris. A l’intérieur, une intensité lumineuse qui saisit. Au centre de ce bunker, l’artiste a installé un lustre énorme qui prend toute la place. La mort, l’accident, la vieillesse, la dureté qu’inspire la ferraille trouve un adversaire fragile, lumineux, incandescent, à sa hauteur. Ou bien est-ce l’envers et l’endroit d’une même chose, deux visions de la mort ou de la vie qui s’entrechoquent. Un coup de projecteur mystique sur la ferraille de la réalité… ? Suicide park (Three Four) Troisième pièce, troisième coup de poing. Plus de mouvement ici, plus de son, plus de lumière, chacun de ces éléments est cruellement absent. Levêque joue sur cette absence, qu’on ne peut pas, en contraste avec les autres salles, ne pas remarquer. Alors un bruit sourd s’installe, malgré le fond de musique rock répétitif de la première salle. Dernière étape du sas, une longue pièce où sont disposées des plaques de métal de mêmes tailles sur lesquelles des traces de poings apparaissent. Comme des empreintes dans la chaux, comme un corps à corps avec la dureté des choses. Les marques sont à chaque fois différentes. L’impression sur certaines que les coups viennent de l’extérieur, et sur d’autres qu’ils viennent de l’intérieur. Les couleurs sont fades, la disposition rigide. L’alignement peut faire penser à la rigueur des cimetières. Le bruit des coups manquent, les gestes sont comme étouffés. On saisit petit à petit le titre de ces installations : Welcome to suicide park, qu’a choisi Levêque. Mais on lui préfèrera peut-être au final la phrase des Rolling Stones, mise en exergue de l’expo « I had to put up some kind of a fight. » Il semble en effet que l’artiste ici combatte plus qu’il n’abandonne. Il ouvre des fenêtres sur le tragique mais semble s’en protéger dans un rire tranchant, franc et vibrant. Il montre des choses fragiles mais qui ne menacent pas de s’effondrer. Elles continuent à tourner, à briller, à s’opposer au malheur sans défaillir. Rock around, rock around… Welcome to Suicide Park", installations de Claude Lévêque à la galerie Kamel Mennour, Paris 6eme, (www), jusq'au 15 mars. Illustr©Claude Levêque Photo Marc Domage. Courtesy the artist and Kamel mennour. Les inquiétantes photos de Taryn SimonPosté par Lucie le 04.03.08 à 17:19 | tags : galerie à paris, art contemporain, photographie, expos à paris
Au fur et à mesure du visionnage, l’inquiétante étrangeté qui se dégage des clichés de Taryn Simon nous amène presque à appréhender l’arrivée du suivant.
Est-ce que ce sont ces luminosités sombres qui effraient, comme un voile trouble que l’on jette sur la réalité ? Est-ce l’aspect sordide de ces teintes usées qui dérange ? Ou le contraste des couleurs, qui opère un glissement vers le surnaturel et donne le vertige ? Est-ce le discours qui accompagne chaque photo? Comme autant d'auscultations froides et détachées qui resituent la photographie dans une perspective sociopolitique affligeante.
Ce tigre blanc magnifique est issu d’un croisement. L’animal paie alors sa beauté du prix d’une consanguinité qui la rendu retardé et de fines déformations physiques qui l’empêchent entre autre de respirer normalement. Cette jeune palestinienne dont on ne voit que les jambes vient se racheter un hymen pour un prix monstrueux dans un contexte sordide, tout ça pour ne pas risquer un rejet de sa famille. Et cet endroit où l’on congèle les corps des hommes ou des animaux dans l’espoir qu’un jour on pourra les ramener à la vie.
La jeune femme s'est également intéressée à la C.I.A comme à Disney, et traque tout ce qui peut se cacher derrière chaque (apparamment) belle vitrine. Inquiétant? On ne sait pas pour qui finalement...
An American Index of the Hidden and Unfamiliar est publié chez Steidl et comporte un avant-propos signé par Salman Rushdie, une introduction rédigée par Elizabeth Sussman et Tina Kukielski, ainsi que des commentaires par Ronald Dworkin.
Illustr. Taryn Simon©galerie Almine Rech
"Il faut bruler pour briller": plate-forme de performersPosté par Lucie le 27.02.08 à 17:32 | tags : art contemporain, art numérique, galerie à paris, expos à paris
Le festival se déroulera du 28 février au 3 mars. Créé l’année précédente sur trois jours avec un (tout) petit budget et beaucoup de convictions, « Il faut bruler pour briller » prend de l’ampleur en s’associant avec la galerie Immanence (www), le Point Ephémere (www) mais surtout Le Vendôme Luxury Trade Show (www). Oui , les performances de ces artistes habitués aux atmosphères smarts et impétueuses des petites galeries berlinoises ou new yorkaises et autres lieux alternatifs européens se dérouleront notamment dans l'enceinte du célèbre hôtel Ritz. Coktail détonnant ? Peut-être… Espérons en tout cas que ça ne sera pas pour décourager les spectateurs en mal de formes singulières.
Le programme est disponible sur le site de Il faut bruler pour briller
(Illustr: Biostriptease de Katia Feltrin, Waterproof de Daniel Larrieu, Visages de Géraldine Chailloux) Il faut bruler pour briller, du 28 février au 3 mars, à l'hôtel Ritz, l'hôtel Hyatt, l'hôtel Meurice, la galerie Immanence (paris 15) et le Point Ephémère (Paris 10). A suivre... Laurina Paperina, petit canard... masquéPosté par Lucie le 19.02.08 à 15:30 | tags : expos à paris, galerie à paris, art contemporain, illustration
Laurina Paperina, britney Spears is the new Duchamp, 2008, courtesy galerie Magda Danysz
Laurina Paperina, « petite Laura, petit canard » c’est le pseudo qu’a choisi cette jeune artiste italienne de 28 ans qui n’a pourtant pas froid aux yeux, ni aux oreilles ni aux pieds non plus d’ailleurs. Celle-ci signe des œuvres plastiques entre BD et dessin animé, a pour influence principale Keith Haring et Jean-Michel Basquiat et détourne notre sacro sainte culture bien aimée des années 1990: nos batman en estropiés, nos Schtroumpfs en "Smurf", bref toutes nos icônes, Elton John etc. sans pitié aucune pour notre sensibilité (des plus jeunes). Sur les dessins de Laurina Paperina on peut voir Joseph Beuys qui se fait mordre par son célèbre coyote, Paris Hilton nue les jambes écartées qui s’arrache un morceau de crâne pour révéler un mythique « Welcome in Paris » ou encore Bill Gates transformé en Guillaume Tell des temps modernes qui tire sur les " Apple" de Steve Jobs. Autant d'exemples qui exposent l'univers de la jeune plasticienne inspirée par la culture TV et internet, les mangas et les jeux vidéos. Ses dessins traitent de façons décalées l'actualité politico-artistico people . « Les personnages qui peuplent mon travail sont comme des « ironies peintes », ils sont le fruit de mon imagination, des formes dynamiques, des couleurs flamboyantes et des morceaux de réalités virtuelles qui ressemblent à un jeu vidéo où fiction et apparence interagissent et simulent la réalité. » Laurina ne cache pas qu’elle tire un certain plaisir de l’aspect subversif de ses productions…
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Laurina Paperina, How to kill Murakami, 2008, courtesy galerie Magda Danysz Sa première exposition française Un pied dans la tombe est à découvrir à la galerie Magda Danysz (Paris) jusqu'au 29 mars: http://www.magda-gallery.com/, ses petits cartoons et autres dessins dark-mais-revitalisants sont sur son site : http://www.laurinapaperina.com/home.htm L'arc de triomphe à l'ère interactive
L'usine rêvante de Loris Gréaud au Palais de TokyoPosté par Nedjma le 15.02.08 à 10:07 | tags : palais de tokyo, expos à paris, expos, art contemporain
C'est le nouveau fils chéri de l'art contemporain français. Loris Gréaud entre au Palais de Tokyo, et par la grande porte s'il vous plait. A tout juste 30 printemps, l'artiste investit tout l'espace du site -4000 mètres carrés- avec "Cellar Door", un gigantesque organisme généré par une partition distendue dans l'espace et le temps. Présentée comme une "usine rêvante", l'exposition se présentera en mouvement: oeuvres mouvantes, habillage sonore et lumineux, failles spatio-temporelles s'activant en temps réel. Autres réjouissances annoncées, des bonbons sans goût, du champagne noir, et une forêt de sculptures d'arbres. Ca vient de commencer, ça durera trois mois. On y revient très vite sur Flu. "Cellar door", palais de Tokyo jusqu'au 27 avril 2008. Les sucettes à motifs des M/M (Paris)Posté par Lucie le 13.02.08 à 16:13 | tags : illustration, expos à paris, art contemporain, art numérique, beaubourg, expos, design
Il ne reste que quelques jours pour aller découvrir l’étonnante exposition Vision tenace, présentation du 2ème volets des Arts Posters, affiches du duo de graphistes M/M (Paris). 32 créations à la lisière du graphisme et de l’art contemporain retracent depuis 1999 les collaborations de Michaël Amzalag et Mathias Augustyniak avec des artistes, des cinéastes ou des commissaires d’expositions de la scène contemporaine comme Pierre Huyghe , Carsten Höller, Hans Ulrich Obrist, Melvil Poupaud, Sarah Morris, Rirkrit Tiravanija… Une muséographie stimulante où l’on peut voir des papiers peints psychédéliques qui s’étirent jusqu’au sol, accueillant de mythiques sucettes translucides. Ces deux stars du graphisme reprennent en interview la définition du sémiologue Charles S. Peirce, affirmant créer des « icones, indices, symboles » afin d’exprimer leur point de vue singulier sur le monde. Leur choix de s’affirmer comme graphistes (et non comme plasticiens) trouve son origine dans une volonté de récupérer les outils de production de l’ère du tout-produit afin d’en détourner la substance, et de créer ainsi un dernier rempart esthétique à la marchandisation… Audacieux!
This Is Not A Time For Dreaming, d'après l'affiche du film de Pierre Huyghe , copyright M/M Paris, galerie Air de Paris.
Los Angeles, d'après l'affiche du film de Sarah Morris, copyright M/(Paris), galerie Air de Paris.
Vision tenace jusqu’au 18 février au Centre Georges Pompidou, Les M/M sont également présents à la galerie Air de Paris, à Paris, jusqu’au 8 mars.
Beaubourg mis à nu par son concepteur : exposition Rogers + architectes
![]() Jusqu'au 3 mars le Centre Georges Pompidou propose une mise en abyme ludique en consacrant une exposition aux travaux de son propre architecte, le britannique Richard Rogers. Sur 1150m2 s’étalent des maquettes réalisées dans différents matériaux, futuristes avec des animations lumière, ou plus sobres, en bois, fines et précises, des photos et des croquis papiers, fusains, feutres, le tout sous des bannières presque fluos. Richard Rogers et Renzo Piano, jeunes trentenaires peu académiques conceptualisent Beaubourg au début des années 70. (Rogers est aujourd’hui le dernier lauréat en date du Pritzker Price, équivalent du Nobel pour les architectes). Comme un monstre tubophage qui nargue de ses conduits d’aérations et autres systèmes de climatisation le quartier des Halles, le Centre Pompidou fut détesté durant sa création jusqu’à son inauguration en 1977. « Une raffinerie de pétrole inachevée », « un King Kong culturel » pouvait-on lire dans la presse… Fort de son architecture funky qui se prémunit d’ une culture ampoulée, véritable réussite en matière de démocratisation culturelle, il s’impose aujourd’hui comme un passage obligé et qui plus est de qualité. Bel hommage donc… Rogers + architectes, jusqu'au 9 mars au Centre Georges Pompidou. Darfur/Darfur au jardin du Trocadéro
Dans le cadre de la semaine de mobilisation pour le Darfour, la Ville de Paris accueille l'exposition Darfur/Darfur dans le Jardin du Trocadéro. Les 150 photographies de l'exposition seront projetées en plein air, devant le bassin du Trocadéro, chaque soir de 18 heures à minuit. Lancée en septembre 2006 à la Galerie James Cohan de New York, cette exposition a ensuite été projetée au Musée Hammer de Los Angeles, au Mémorial de l'Holocauste de Washington ainsi que dans de nombreuses autres villes du continent nord-américain. Puis elle a investi le Centre de l'Holocauste à Cape Town, le Musée Israelite de Berlin, ou encore le Centre de la Photographie (FORMA) de Milan, à Istanbul. Elle réunit 150 photographies prises au Darfour et au Tchad entre 2003 et 2007 par sept photographes de renommée internationale : Mark Brecke, Helene Caux, Ron Haviv/VII, Paolo Pellegrin (Magnum), Ryan Spencer Reed, Michal Ronnen Safdie et Lynsey Addario, ainsi qu'un ancien soldat de la marine américaine : Brian Steidle. Pour Leslie Thomas, commissaire de l'exposition, « Paris est depuis toujours la capitale de l'Art et des Droits de l'Homme, il était donc essentiel que cette exposition y soit projetée pour que les Français et à travers eux, la communauté internationale, restent mobilisés en faveur de la paix au Darfour. » Darfur/Darfur. Du 13 au 17 février dans les jardins du Trocadéro, Paris. Le témoin Nachtwey au Laboratoire
D'Afghanistan au Rwanda, du Pakistan à la Bosnie, on lui doit quelques unes des photos les plus saisissantes en matière de photoreportage de ces dernières décennies. James Nachtwey va s'exposer au Laboratoire, lieu d'exposition singulier, qui a ouvert ses portes récemment à Paris. Avec un thème précis, les maladies infectieuses: tuberculose, sida, qui dévastent des pans entiers de population. Des images dont la puissance est accentuée par un noir et blanc qui claque. "J'ai été un témoin, ces image sont mon témoignage. Les événements que j'ai enregistrés ne devraient pas être oubliés, et ne doivent pas se répéter", clame James Nachtwey. S'il pouvait être entendu.. Expo James Nachtwey au Laboratoire, Paris, du 10 février au 15 mars. www
Le designer Pierre Paulin à l'honneur
Pleins phares sur Pierre Paulin, le designer français qui, à 80 printemps, se voit consacrer toute une exposition à la galerie des Gobelins. Après "Trésors dévoilés 1607-2007", expo inaugurale du lieu, les Gobelins rendent désormais hommage à l'un des plus grands designers français sous le titre "Pierre Paulin, le design au pouvoir". L'occasion d'évoquer 40 ans de collaboration et de donner à découvrir, au fil de 80 pièces ses créations d'hier et d'aujourd'hui, ses commandes élyséennes et autres sièges d'avant-garde (fauteuil Mushroom, chaise longue Tongue illus et Ribbon Chair, aujourd'hui des pièces cultes). Le parcours se décline sous quatre thèmes: de la modernité de l'administration, le grand escalier, un décor d'avant-garde pour l'Elysée, nouvelles assises. On réalisera aussi que le créateur en a inspiré nombre d'autres, de Starck à Konstantin Gcric. Un bonheur n'arrivant jamais seul, l'expo française se double de l'exposition belge "Paulin designer supermoderne" et d'une vente fleuve chez Artcurial le 12 mars. Ceux qui n'ont pas forcément les moyens se consoleront avec le catalogue à paraître... "Pierre Paulin, le design au pouvoir", jusqu'au 27 juillet, galerie des Gobelins. www Les dunes, horizon infini de Shoji Ueda
Qui aime aller flâner à la Maison Européenne de la photographie sait que chaque salle y réserve des bonheurs différents. L'attraction du moment, c'est bien sûr l'exposition Edouard Boubat, qui consacre l'artiste humaniste sur une centaine de clichés doux-heureux. Mais ne quittez pas les lieux sans être montés d'un étage, pour voir la rétrospective consacrée au photographe Shoji Ueda (1913-2000) Méconnu en France, ce grand nom japonais mérite pourtant qu'on découvre son travail, notamment sa série emblématique consacrée aux dunes, réalisée entre 1945 et 1951. Dans un cadre de bord de mer, et de sable, il a photographié sa famille, ses amis et ses proches avec élégance et jeux d'ombres et lumières parfaitement stylisés. Ce décor naturel lui offre un fond unique, dont il aimait dire: "Les dunes c'est mon studio. On ne peut pas trouver d'arrière-plan plus parfait, car l'horizon est étirable à l'infini. La dune est un paysage presque naturellement photographique. C'est la nature, réduite à un fond unique"... Grains de sable, grains de la peau, grain photographique se mêlent dans une ligne subtile. "Une ligne subtile", c'est précisément le titre de l'exposition... Illus © Shoji Ueda Office Tokyo, Japon. Dunes, portrait de m. Sohji Yamakawa, 1984. "Une ligne subtile", rétrospective Shoji Ueda à la MEP, Paris jusqu'au 30 mars. Art animal au musée Dapper Le Musée Dapper, espace consacré aux arts et culture d'Afrique, des Caraïbes et leurs diasporas propose spectacles (en ce moment les contes "Zinimo zinimo zi") et expositions. En Afrique, les animaux tiennent un rôle majeur dans les mythes, légendes, contes et proverbes perpétrés par les arts de la parole. Souvent les sculptures les représentent, mettant à l'oeuvre une symbolique puissante. C'est à cela que s'attèle l'exposition "Animal" qui réunit 140 oeuvres. Masques, statuettes, parues et autres objets, provenant du fonds propre du musée, bien sûr, mais aussi de musées européens et de collections privées. Le tout pour un parcours représentatif de la présence animale dans les arts d'Afrique. Du symbole à l'imaginaire... Illus Singe, figure mbotimbo. Ancienne collection Charles Ratton © Musée Dapper. Photo Hugues Dubois.Animal, musée Dapper, Paris XVIe. www Roland Petit dans tous ses états à l'Opéra
C'est une plongée foisonnante dans la vie et l'oeuvre du chorégraphe Roland Petit que propose en ce moment l'Opéra de Paris. Lecture des ballets du chorégraphes, oeuvres des artistes qui ont jalonné son chemin et celui de sa muse, Zizi Jeanmaire, de Pablo Picasso à Yves Saint-Laurent en passant par Jean Cocteau: 240 maquettes de costumes, 60 maquettes de décors, 35 costumes originaux et 14 peintures ou dessins se dévoilent à l'Opéra Garnier. En complément passionnant, la projection de cinq ballets phare signés du chorégraphe et interprétés par le ballet national de Marseille: "Notre-Dame de Paris", "Clavigo", "Proust ou les intermittences du coeur", "Le Jeune homme et la mort", "l'Arlésienne". Illus Portrait de Roland Petit par Jean Cocteau © Adagp, Paris 2007. Exposition Roland Petit à Garnier, jusqu'au 21 avril 2008. www Tram à l'assaut de l'art contemporain![]() Taxi Tram, le 26 janvier. Programme et réservation www
26 dessins de Picabia à découvrir
En attendant la vaste exposition "Duchamp, Man Ray, Picabia" qui s'apprête à investir la Tate londonnienne, vous pouvez toujours aller vous balader à la galerie 1900-2000. Galerie dont l'artiste Ben s'amusait à écrire dans une de ses oeuvres: "son stand est celui qui présente le plus de chefs d'oeuvre et de créativité au meilleur prix au mètre carré"! Voilà pour la petite histoire. Dans ce haut lieu de l'art qui vient de célébrer ses 35 ans d'existence, Francis Picabia, que le peintre allemand Georg Baselitz qualifiait de "bourgeois fou" s'expose en 26 dessins rares, une série conçue pour la revue "Littérature" d'André Breton. Des oeuvres qui sommeillaient depuis de longues décennies et étaient pour la plupart inédites jusquici. La fille d'André Breton les aurait retrouvées dans une enveloppe -que la galerie expose d'ailleurs en vitrine. Illus dr Dessins de Francis Picabia pour la revue "Littérature", galerie 1900-2000, Paris 6e. www Les légions enterrées de l'empereur Qin
Les expos se suivent et ne se ressemblent pas à la Pinacothèque parisienne. Après l'exposition Soutine qui s'achèvera en mars prochain, le site dévoile une des plus incroyables découvertes archéologiques du XXe siècle: les légions enterrées de l'empereur Qin, premier empereur de Chine. Cet ensemble unique en terre cuite, découverte près de Xian dans le mausolée de l'empereur est aussi appelé "Guerriers de Xian". Il appartient pour une large part au Musée d'art et d'histoire de la province de Shaouxi. Selon le magazine L'Express, le coût de l'exposition est estimé à 2 millions de dollars, en raison du prix élevé des assurances. Il faudra donc que le public réponde présent... Les guerriers de Xian à la Pinacothèque, du 15 avril au 14 septembre. www Soutine rempile à la Pinacothèque
Le 10 octobre dernier commençait, à la Pinacothèque de Paris, une exposition consacrée à Chaïm Soutine, peintre secret, juif émigré, expressionniste tourmenté. Ce proche de Modigliani voit aussi son histoire liée à la légende de Montparnasse. Depuis 1973, et celle de l'Orangerie, aucune exposition d'envergure ne lui avait été consacrée à Paris. C'est donc chose faite. Au total quelque 80 oeuvres, pour beaucoup exposées pour la première fois e restaurées spécialement pour l'occasion. Le tout sous la houlette de Marc Restellini. L'exposition qui devait s'arrêter en janvier est prolongée jusqu'au 2 mars. Illus "Maternité" © Collection Privée/ ADAGP Paris. Soutine à la Pinacothèque de Paris jusqu'au 2 mars 2008. www
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