
Grâce à la qualité des œuvres présentées et à un propos resserré, l'exposition Deadline au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris évite le pathos inhérent au thème proposé : montrer des œuvres d'artistes conscients de leur mort prochaine.
L'apparition du Sida dans les années 80 a touché de plein fouet les milieux artistiques, emportant, notamment, Keith Haring, Robert Mapplethorpe, Absalon, Félix González Torres...
Pour d'autres, la maladie fut un compagnon de route, une présence familière à apprivoiser, qui marqua le travail d'artistes comme Chen Zhen, ou Hannah Villiger, atteints jeunes de maladies incurables.
L'exposition Deadline montre l'art comme un élan vital, une ressource créatrice face à la mort. Démonstration avec le diaporama Deadline. Les artistes face à la mort.
Deadline, au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, jusqu'au 10 janvier 2010. Mini-site consacré à l'exposition : www.parismusees.com/deadline
Berlin 1989-2009 - L'Effacement des traces, au Musée d'Histoire contemporaine - BDIC, Hôtel des Invalides, Paris, jusqu'au 31 décembre 2009. Infos
Flu spécial Berlin :
En images : Berlin-Est, la rebelle
Fluctuat twitte de Berlin
Entretien : Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey
Teotihuacan, cité des Dieux, au musée du Quai Branly, jusqu'au 24 janvier 2010.
www.quaibranly.fr

Fluctuat : La révolte, l’urgence, l’éphémère. Ce sont les motivations évoquées par un des graffeurs brésiliens de l’exposition « Graffiti » à la Fondation Cartier. Avez-vous les mêmes ?
Bruce : Il y a effectivement une certaine poussée d’adrénaline à peindre dans l’urgence. C’est notamment le cas des trainistes qui oeuvrent dans des dépôts où les trains et les métros dorment. On connaît le fonctionnement de chaque dépôt pour pouvoir opérer. Et ensuite il faut aller vite, peindre sans recul, et quand le train commence son service et qu’on sait que nos œuvres vont être vues par 40 000 personnes, en période de pointe, la satisfaction est intense !
L’idée même du graffiti, art urbain n’est-elle pas dénaturée dès qu’il franchit les portes d’un musée ou d’une galerie ?Bruce : J’ai longtemps dit « moi, exposer dans une galerie, jamais ! ». Le graff, c’était l’angoisse, cette forme d’urgence, la rapidité, l’efficacité, la création un pied contre un mur, un autre contre un wagon. Mais en fait, ce qui nous importe, c’est que notre travail d’artiste soit vu. Les galeries nous ouvrent à un autre public, différent, nous sortent de l’anonymat, nous inscrivent dans la durée, et nous permettent d’avoir des avis sur ce qu’on fait. Pourtant, la façon de peindre n’est pas différente, je ne vais pas peindre dans un salon feutré en me grattant le menton, mais sur des terrains vagues, ou sous des porches parfois. L’énergie, le style ne changent en rien. Et je ne vais pas non plus m’y reprendre à quatre fois, sous prétexte que l’œuvre est destinée à une galerie !
Que pensez-vous de l’engouement général autour du graffiti ?
Osta : Cela fait largement évoluer le regard sur les graffeurs, qui avant, étaient uniquement qualifiés de « vandales ». C’est très positif.
Bruce : Et puis ça pousse une autre population à aller dans les musées. Moi, je n’avais jamais mis les pieds au Grand Palais avant l’exposition T.A.G.
Venons-en à l’aspect judiciaire : vous avez été près de 60 prévenus dans le procès qui s’est tenu au TGI de Versailles…
Bruce : Oui, on était 56 au total, de différentes régions de France. Ils ont voulu faire un grand coup, et quand il s’agit de trains, les peines sont souvent sévères, car les parties civiles sont puissantes. On a été jugés pour dégradations aggravées des espaces publics. Après appel, il y a quelques jours, le délit a été requalifié en délit mineur, dégradations légères. Les faits étant antérieurs à mai 2002, date de l’élection de Jacques Chirac, nous avons bénéficié de l’amnistie . Osta : Le jugement est tombé au moment même où Thalys avait invité quatre graffeurs européens renommés à peindre ses rames…
Et au moment où vous exposez dans une galerie. Cette concomitance semble assez absurde, non ?
Bruce : Il est un peu délicat pour nous de nous prononcer là-dessus : un autre procès, civil celui-là, suivra le pénal, en janvier 2010. Nous attendons donc de voir… »
Illus galerie Nathalie Fiks
Osta, Bruce, Aleksandar Petrovic, exposition UFO Galerie Nathalie Fiks, Paris 9e jusqu’au 24 octobre.
Lire aussi notre dossier sur le graffiti, de la rue au musée.
Dès demain, c’est la fête dans le quartier Drouot. Un rendez-vous donné au début de l’automne, comme chaque année depuis douze ans, autour de son centre névralgique, l’Hôtel des ventes du même nom, arpenté par quelque 6000 visiteurs quotidiens, en quête de chefs d’œuvre ou simples esthètes. Le site ouvrira ses portes au public de 18h à 21h pour de nombreuses expositions : mobilier, objets d’arts, tableaux modernes et contemporains, Art Nouveau et Art Déco….
La Gazette de l’Hôtel Drouot et l’institut de formation de l’Hôtel des ventes renseigneront amateurs et collectionneurs. Ceux qui le souhaitent pourront aussi rencontrer Patrick de Bayser, expert en dessins anciens, auteur de l’ouvrage « Le piéton de Drouot– Les enchères de A à Z ». Comme son nom l’indique un abécédaire à la découverte du marché de l’art et des enchères…
Mais ces trois jours du quartier Drouot seront aussi, pour ceux qui n’ont pas forcément les moyens de faire des folies, l’occasion d’admirer une foules d’objets et œuvres d’art, curiosités ou raretés. La musique est le thème central de l’édition 2009, un hommage sera rendu à André Minaux et Roland Bierge qui réalisa pour Chagall le plafond de l’Opéra Garnier. On découvrira des lithographies signées Henri Rivière ou des œuvres de Miss-Tic, célèbre écumeuse des rues parisiennes. Et puis des accessoires, tels ce chapeau porté par Sophia Loren dans « Prêt-à-Porter » de Robert Altman…
Illus dr
Trois jours du quartier Drouot, du 1er au 3 octobre, Hôtel des ventes, Paris 9e.
Non, le photoreportage n'est pas mort! Après Visa pour l'image, c'est Photoquai qui célèbre l'image dans tous ses états. La deuxième Biennale des images du monde invite à un tour de la planète à travers l'oeil et l'objectif de photographes qui ne sont pas des superstars. Qui connaît la photo iranienne, hormis Abbas ou Reza?
La manifestation ambitionne de la faire plus amplement découvrir à travers l'exposition "165 ans de photographie iranienne", sur les cimaises même du Quai Branly. Photos d'hier et d'aujourd'hui jalonnent le parcours.
Autre temps fort de l'événement, "Portraits croisés", sélection de photos de la collection du musée. Mais l'image s'expose aussi hors cadre, hors murs du musée, à ciel ouvert avec une exposition sur les quais de Seine, scénographiée par Patrick Jouin.
Elles sont signées de 50 photographes brésiliens, coréens, libanais... Aux rênes de cette magistrale installation, l'Iranienne Anahita Ghabaian Etehadieh, également directrice de la Silk Road Gallery, seule galerie de photo en Iran...
A voir encore, une dizaine d'expositions dans toute la ville, de la BNF au Centre culturel canadien, en passant par la Galerie Baudoin Lebon.
Illus Type d'homme Johnston et Hoffman.
Photoquai, jusqu'au 22 novembre, Musée du Quai Branly, Paris 7e. Site de la Biennale.

Dans ce temple de la mode et de la conso du boulevard Haussman, les vitrines sont en fête plus souvent qu’à leur tour. Le menu varie selon les saisons. Jouets animés et féérie à tous les étages en hiver, au moment des fêtes de fin d’année, on connaît. Art contemporain en été : en juillet dernier, c’est le Palais de Tokyo et la Maison rouge qui orchestraient le décor. Cette fois, messieurs dames, place à David Lynch. Le réalisateur de l’étrange montrait en 2007 qu’il avait aussi la fibre plastique en exposant, à la Fondation Cartier, installations, photos, lithographies. Cette fois donc, il investit les onze vitrines des galeries Lafayette, qu’il dit considérer comme des boîtes à bijoux et qui jouent les portes d’entrée dans son univers aussi tortueux que passionnant. Thème choisi, « Machines, Abstraction, Women ». Et à l’étage, 40 lithographies dévoilées au fil de l’exposition « I see myself ». A la fin de l’exposition, le 3 octobre prochain, les pièces seront vendues aux enchères par Christie’s au profit de la Fondation d’entreprise PPR pour la dignité et les droits des femmes.
Illus Vitrine Bleu rouge, David Lynch. dr
Vitrines « Machines, Abstraction, Women », exposition « I See Myself », Galeries Lafayette Haussmann-Paris. Jusqu’au 3 octobre.
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