Dommage(s) : retour sur l'affaire du baiser à la Collection Lambert
A lire : la critique de l'exposition de Cy Twombly à la Collection Lambert en Avignon Revue Optical Sound, "petit objet basse technologie pour persister" « Ceci est un journal d'artistes » est la phrase placée en exergue de la présentation de ce numéro 00 de la nouvelle revue créée en effet par des artistes, Pierre Beloüin et P. Nicolas Ledoux. Optical Sound, c'est d'abord un label et une société d'édition d'œuvres d'artistes menés par Pierre Beloüin depuis une douzaine d'années. C'est aussi, maintenant, une revue éponyme, conçue comme « un petit objet basse technologie pour persister », « en résistance et braconnage sur les terres mêmes du spectacle qui nous fait danser », « juxtaposant des pratiques, des positions, des propos ». Donnant une large place aux projets d'amis artistes (notamment les membres du collectif Ultralab), musiciens ou critiques d'art, elle revendique le droit à l'auto-promo, clamant : « Ne laissons pas aux autres le soin de nous manipuler : manipulons-nous nous mêmes ! ». Si Optical Sound 00 — dont le design graphique (du noir et blanc avec des superpositions d'images et des jeux de contrastes soignés) est signé Pascal Béjean —, porte comme sous-titre « Art & Musique », il ne se limite pas à ce sous-thème assez banal. L'opus offre notamment un long article du critique d'art Stephen Wright sur la Biennale de Paris, projet « décréatif » d'exposition sans œuvres, une analyse du travail sur l'image en phase d'effacement de Christian Vialard par Jean-Marc Avrilla, la playlist d'une quarantaine d'invités, une interview du groupe Clair Obscur, des images d'archives du concert destructeur des Stranglers à Nice en 1980, ou encore une monographie d'artiste en « open source ». Le fanzine doit paraître trois fois par an. Pour le commander, c'est ici. Optical Sound 00, 64 pages, quadrimestriel, 4 euros. Ce week-end, le Salon Light au Point Ephémère Plus discret que la Foire du Livre, mais indispensable mine pour les amateurs, le Salon Light consacré aux éditions et publications d'artistes investit cette année encore pour trois jours le Point Ephémère, orientant sa sélection à l'international. Organisé par le Cneai — entendez le Centre national de l'Edition et de l'Art imprimé (à Chatou) —, le 6e Salon Light présente livres et revues, mais aussi stickers, flyers, disques et supports sonores ou numériques (DVD, sites Internet, smartphones), pour « repenser l'objet imprimé et sa production dans sa globalité », tout en « valorisant des pratiques qui parviennent à se détacher des traditions éditoriales ». Cette année, en dehors des traditionnelles signatures, on pourra assister à des lectures, performances, concerts, diffusions sonores ou projections vidéo lors de deux soirées : Paroles paroles paroles le vendredi 6 à 20h avec Sylvie Boulanger, Benjamin Thorel, Alexis Zavialoff et Leonor Antunes, et le samedi 7, Les Sons de silence par Emanuele Carcano et Samon Takahashi à 22h, puis une soirée B.A.L. (Books and Liquids), de 22h30 à 2h. Retour sur l'événement dans quelques jours avec notamment une sélection de jeunes revues. Salon Light #6, au Point Ephémère, Paris, le vendredi 6 novembre de 18h à 20h, le samedi 7 de 14h à 22h et le dimanche 8 de 14h à 18h. www Une revue dans la revue : Livraison publie Third Text Quand une revue se met dans la peau d'une autre revue... Le douzième numéro de Livraison, revue de l'association strasbourgeoise de diffusion et d'édition Rhinocéros, propose une « re/lecture » d'une autre revue, Third Text, fondée par l'artiste anglais d'origine pakistanaise Rasheed Araeen en 1987 à Londres. Echo, plus qu'anthologie, le numéro reproduit dans leur intégralité des textes emblématiques de Third Text, traduits pour la première fois en français.Revue de référence consacrée à l'art dans le contexte de la mondialisation, Third Text, dont le titre renvoie au concept de tiers-monde, remet en cause la domination des critères culturels occidentaux, explicité dans son sous-titre, « Critical Perspectives on Contemporary Art & Culture », et se propose comme une plate-forme de réflexion ouverte à ceux qui sont exclus d'un ethnocentrisme latent. Parmi les textes les plus intéressants, on citera Les cowboys et les... (1990), dans lequel l'artiste américain Jimmie Durham, auquel le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris consacrait récemment une exposition, souligne l'invisibilité de « l'Indien » dans la culture des Etats-Unis. Le Cubain Gerardo Mosquera, fondateur de la Biennale de La Havane, dénonce dans Le syndrome de Marco Polo : quelques problèmes de l'art et de l'eurocentrisme (1993) la notion imposée d'art « universel » dès qu'il s'agit de productions occidentales, tandis qu'Ihab Hassan, professeur de littérature comparée, aborde le concept de postcolonialisme (1998) ou que Ian Chambers, spécialiste de la musique populaire et des cultures métropolitaines, évoque La Méditerranée, mer postcoloniale (2004). Si certains textes peuvent paraître datés, la réflexion menée depuis plus de vingt ans par Third Text demeure vivace dans un contexte de mondialisation qui n'a cessé de s'accélérer. Livraison assure ici un beau travail d'édition et de traduction, et un bel exemple d'humilité intellectuelle et d'œuvre utile par cet hommage à une revue peu connue des milieux francophones. Livraison #12. Third Text, une re/lecture, juin 2009, éditée par Rhinocéros, 154 pages, 13 euros. Diffusion par r-diffusion Checkpoint, d'un monde à l'autre![]() On évoquait il y a quelques jours la revue Third Text, basée à Londres, qui depuis plus de deux décennies donne voix aux artistes et auteurs qui contestent la suprématie culturelle de l'Occident et réclament la reconnaissance d'un autre point de vue. Checkpoint, revue annuelle publiée en français, arabe et anglais, est aussi un espace d'échanges, conçu par son fondateur, l'artiste algérien Djamel Kokene, comme une production artistique à part entière. Le trilinguisme de la revue, lisible de gauche à droite et de droite à gauche, jette un pont salutaire entre deux mondes, deux réalités et deux systèmes de pensée de l'art qui ont souvent du mal à communiquer. Largement diffusé dans le monde arabophone, Checkpoint est, comme son nom le suggère, au cœur des frictions, tensions et insoumissions qui font la richesse du dialogue trans-méditerranéen. Après un numéro zéro intitulé « Donner », puis un numéro 1, « Rejouer », qui montrait notamment des propositions artistiques de Pierre Joseph, Fayçal Baghriche ou Alain Declercq, et des contributions de Jean-Claude Moineau ou Mehdi Belhaj-Kacem, le numéro 2, « Rêver », cherche à « trouver des angles pour décloisonner notre occidentalité tout autant que des connexions qui libèrent et agissent dans notre orientalité » et se veut, selon Djamel Kokene, « un point d’ancrage dans les démarches artistiques actuelles au centre desquelles la question n’est pas tant de trouver de nouvelles formes que de trouver de nouveaux oxygènes ». Au sommaire de ce numéro, des contributions de l'artiste Benoît Maire, du curateur Hans Ulrich Obrist ou encore du critique d'art Stephen Wright, entrelardées d'interventions plastiques de Bruno Serralongue, Djamel Kokene lui-même ou Susan Hefuna. Checkpoint n°2. Rêver, éditions La Plateforme, Paris, 168 pages, 10 euros, diffusion r-diffusion. Trouver les lieux de diffusion ou commander Willy Ronis porté aux nues![]() Le livres "Nues" vient de paraître. "Les nus de Willy Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés". La phrase est de Philippe Sollers, auteur des textes d'un ouvrage qui parcourt 40 ans de carrière en 59 images de l'artiste, tous des nus. On y trouve bien sûr "Le Nu provençal" (illus Willy Ronis) portrait de son épouse saisie dans un halo de lumière, à Gordes, mais aussi "Mouche", où une femme chauffe son corps au coin du feu. Et tant d'autres... Des statues, des corps filiformes et d'autres aux contours plus généreux. Un trente-huitième ouvrage pour le membre de l'agence Rapho. Parallèlement, la galerie Guigon propose l'exposition "Ce jour-là", trois jours seulement. Une double plongée en eaux ronisiennes, c'est l'enchantement assuré. "Nues", éditions Terre Bleue, 136 pages 39 euros. "Ce jour-là", exposition à la galerie Guigon, Paris, du 16 au 18 décembre. Galerie Guigon French connection : l'art contemporain de A à Z
Léa Gauthier, ex-rédactrice en chef de la revue Mouvement, a laissé le choix du sujet aux critiques sollicités (parmi lesquels les incontournables Eric Troncy, Richard Leydier, Jérôme Sans). Aussi trouve-t-on dans l'ouvrage non seulement les stars incontestées de la scène française — Lévêque, Closky, Parreno, Veilhan, Trouvé, etc. —, mais aussi des artistes moins connus — Céleste Boursier-Mougenot, Etienne Chambaud, Martin Le Chevallier... Six pages d'illustrations agrémentées de légendes développées accompagnent chaque texte qui analyse le travail de l'artiste.
Bref, French connection se révèle indispensable à ceux qui s'intéressent à l'art contemporain ou à ceux qui veulent le découvrir. Noël, c'est bientôt, moi je dis ça comme ça...
French connection, Blackjack éditions, 800 p., 59 €, diffusion Les Presses du réel. |
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