Nouveau canular des Yes Men à la Chambre de Commerce américaine S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer... Les Yes Men, ce sont Jacques Servin et Igor Vamos, duo d'activistes issu du collectif d'artistes RTMark qui a commis dans les années 90, entre autres, l'échange de boîtes vocales de 300 poupées Barbie et G.I. Joe, ou l'intégration au jeu de simulation SimCopter d'hommes s'embrassant. Les Yes Men pratiquent ce qu'ils nomment l'« identity correction » : l'un ou l'autre se fait passer pour un représentant d'une importante organisation pour délivrer lors de conférences ou d'émissions télé un message caricatural, mettant souvent en porte-à-faux ladite organisation. En tant que représentants de l'OMC, ils ont ainsi fait l'apologie de l'esclavage à domicile, vanté la mise aux enchères des votes ou le recyclage d'excréments pour le tiers-monde, souvent sans que l'assistance ne paraisse choquée. En 2004 ils se font passer pour un groupe appelé « Yes, Bush can! » et sillonnent les Etats-Unis à bord d'une camionnette en faisant signer un « gage de patriotisme » par lequel les signataires se portent volontaires pour accueillir près de chez eux un site de stockage des déchets nucléaires, envoyer leurs enfants à la guerre, abandonner une partie de leurs droits constitutionnels, etc. Un de leurs canulars les plus marquants eut lieu la même année. Jacques Servin, alias Andy Bichlbaum, apparaît en direct sur BBC World en tant que porte-parole de Dow Chemical, géant américain de l'industrie chimique qui a absorbé Union Carbide, compagnie qui détenait pour moitié l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal qui a fait des dizaines de milliers de morts et d'invalides. Il annonce la vente prochaine de Union Carbide, et l'intention de Dow Chemical d'utiliser les 12 milliards de dollars de la vente pour fournir des soins médicaux aux victimes et nettoyer le site : en une vingtaine de minutes, les cours de l'action chutent de 2 milliards de dollars. Deux heures plus tard, un démenti est publié. Cette fois-ci, c'est à la Chambre de Commerce américaine que les Yes Men annoncent le soutien de ce puissant lobby de 3000 entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique... jusqu'à l'intervention d'un vrai membre de la Chambre et l'éjection du fauteur de troubles. A voir en vidéo : La FIAC dans les starting blocks
Budget 2010 : Mitterrand mise sur le Patrimoine Première petite victoire pour le nouveau ministre de la Culture : le budget du ministère de la Culture et de la Communication connaîtra en 2010 une hausse de 5,3 %, dont 3,9 % pour la Culture uniquement, soit une enveloppe de 2,92 milliards d'euros mise à la disposition de Frédéric Mitterrand. Mais cette hausse ne profite pas à tout le monde (notamment pas au spectacle vivant). Lors de la conférence de presse du 1er octobre, le ministre a qualifié son budget d'« excellent », et établi un proto-programme : action en faveur du livre (notamment numérique) et de la lecture (avec la prolongation des horaires d'ouverture des bibliothèques...!), promotion de l'enseignement de l'art à l'école, dynamisation du marché de l'art, aide au photojournalisme (à noter que les aides à la presse augmentent de 51 %, grâce notamment aux promesses faites aux Etats généraux de la presse). En terme de moyens, le plus gros effort est celui engagé en direction du Patrimoine, avec un total de 1,25 milliards d'euros. Ainsi le financement de l'entretien des monuments historiques augmente-t-il de 80 %. Les grands chantiers, en particulier, vont profiter de cet accent mis sur le patrimoine : 53,5 millions d'euros pour le Centre des Archives nationales, délocalisé à Pierrefitte-sur-Seine, 25 millions pour Versailles, ou 11,7 pour le Mucem (Musée des Civilisations d'Europe et de Méditerranée) à Marseille. Le budget des Arts Plastiques (sous-entendu l'art contemporain), qui ne représente que 2,41 % du budget total de la Culture, augmente de 2,2 millions d'euros, somme assez dérisoire comparée au bonus engagé pour le Patrimoine, soit 119 millions. C'est aussi un domaine, il est vrai, beaucoup moins lucratif. Voir la conférence de presse de Frédéric Mitterrand en vidéo : Annie Leibovitz : fin du délai de remboursement
Passée cette date, les archives –estimées à 50 millions de dollars- et les différentes propriétés de Leibovitz devaient passer dans le giron de l’institution financière. Interrogé hier, le porte-parole d’Art Capital n’a pas souhaité communiquer sur l’issue de l’affaire.
Selon le New York Times, les deux parties seraient en train de discuter, pour trouver une sortie favorable à ce fâcheux imbroglio. Illus dr
Annie Leibovitz au bord de la faillite![]() La célèbre photographe des stars Annie Leibovitz est au bord de la ruine. Celle que l'on connaît pour ses images très médiatisées, publiées notamment dans Rolling Stone, Vogue et Vanity Fair, de célébrités du show business — entre autres, les Rolling Stones, John Lennon et Yoko Ono, Demi Moore, Whoopi Goldberg ou plus récemment la starlette Miley Cyrus dos nu —, et qui fut également la compagne de Susan Sontag pendant près de quinze ans, est aujourd'hui une des innombrables victimes de la crise — ou d'une très mauvaise gestion financière. Le fonds Art Capital Group (ACG), dont la fonction principale est de prêter de l'argent aux artistes rejetés par les banques, lui réclame en effet pour le 8 septembre dernier délai la somme de 24 millions de dollars (16,9 millions d'euros), en paiement d'une dette contractée par la photographe début 2008. A défaut, ACG peut vendre ses biens immobiliers — dont trois appartements à Manhattan, un studio photo et une villa sur les bords de l'Hudson — ainsi que ses archives photographiques (estimées à 50 millions de dollars), qu'elle a gagées. La réputation de panier percé d'Annie Leibovitz est connue, avec ses dizaines d'assistants et ses productions folles. Si elle prend soin d'évitant le monde du showbiz qu'elle portraiture depuis près de quarante ans, la photographe ne lit pas ses contrats, loge, nourrit et paye grassement ses collaborateurs, place peu et multiplie les résidences secondaires. Mais quand on gagne 5 millions de dollars par an chez l'éditeur Condé Nast, et 250 000 pour une séance photo, on en a les moyens... Sauf que les conditions de prêt d'ACG sont drastiques : taux élevés, délais courts, gage sur les œuvres des artistes. Il semble bien qu'Annie Leibovitz n'ait pas été trompée. En attendant la date fatidique du 8 septembre, la Fondation Getty et la banque Goldman Sachs ont déjà proposé de porter secours à l'artiste. On ne prête qu'aux riches... Sept jours dans le monde de l'art, par Sarah Thornton Le monde de l'art contemporain est une vaste nébuleuse opaque, qui demande à quiconque tente d'en expliciter les étranges coutumes des efforts faramineux de patience sociale et d'intrigue diplomatique. Sarah Thornton, journaliste canadienne résidant en Grande-Bretagne, écrit depuis plusieurs années sur le marché de l'art et l'art contemporain pour les revues The Art Newspaper ou The Economist, et s'est lancée en 2004 dans un projet périlleux : décrire avec les outils de la sociologie un milieu social extrêmement codifié, de ses plus hautes sphères (les collectionneurs) à ses aspects les plus pragmatiques (l'école d'art). Heureusement Sarah Thornton apporte à son étude gonzo une bonne dose d'humour, maniant joyeusement un trait acerbe qui pourrait laisser penser que tout cela est pure fiction, si on ne savait pas d'expérience que rien n'est exagéré...En sept « journées » quasi bibliques se succèdent autant d'instantanés du monde de l'art. On débute par « la vente aux enchères », entrée en matière la plus violente qui soit, où l'on découvre la théâtralité de l'événement, et des personnages bien croqués, à la limite de la caricature (la journaliste snob, le collectionneur cynique, le marchand maniaque...), que l'on retrouve tout au long du livre. Puis viennent « la master class », sommet de conceptualisme bohème, « la foire » (Bâle), rendez-vous VIP de l'art, « le prix » (ici le Turner Prize) — « Reflète-t-il la qualité ou le crée-t-il ? » —, « le magazine » (dans les bureaux d'Artforum à New York), qui sonde la critique d'art, laquelle, un brin désabusée, « traduit en mots quelque chose que tout le monde a vu », « la visite de l'atelier » (celui de Murakami, expert ès marketing) et pour finir « la Biennale » (Venise, « instant de synthèse »). Seul bémol, l'ouvrage, publié en 2008 chez W. W. Norton & Company, à New York, est antérieur à la crise actuelle, qui, semble-t-il, a changé la donne dans le marché de l'art — notamment dans ce que l'auteure nomme le « second marché », plus sensible aux fluctuations économiques. Un second tome peut-être à suivre ? Sarah Thornton, Sept jours dans le monde de l'art, Paris, éditions Autrement, 280 p., 22 euros. Les musées, touchés par la crise, annulent leurs expos![]() Une enquête publiée dans le numéro de juin 2009 du journal The Art Newspaper montre, preuves à l'appui, que la récession touche durement le monde de l'art, en annonçant l'annulation de plus d'une vingtaine d'expositions majeures dans le monde entier en 2009-2010 — ou leur report à une date inconnue, comme c'est le cas pour la manifestation consacrée à l'art contemporain indien prévue au Centre Pompidou l'année prochaine, et repoussée hypothétiquement à 2011. Pour les rendre plus rentables, divers musées ont recours à la prolongation des expositions, ainsi la Tate Britain qui annonce une durée de six mois au lieu des trois initialement prévus pour la rétrospective monumentale consacrée au sculpteur Henry Moore. Less is more... |
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