Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Nouveau canular des Yes Men à la Chambre de Commerce américaine

Posté par Magali le 21.10.09 à 13:11 | tags : insolite, économie
S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer... Les Yes Men, ce sont Jacques Servin et Igor Vamos, duo d'activistes issu du collectif d'artistes RTMark qui a commis dans les années 90, entre autres, l'échange de boîtes vocales de 300 poupées Barbie et G.I. Joe, ou l'intégration au jeu de simulation SimCopter d'hommes s'embrassant. Les Yes Men pratiquent ce qu'ils nomment l'« identity correction » : l'un ou l'autre se fait passer pour un représentant d'une importante organisation pour délivrer lors de conférences ou d'émissions télé un message caricatural, mettant souvent en porte-à-faux ladite organisation.

En tant que représentants de l'OMC, ils ont ainsi fait l'apologie de l'esclavage à domicile, vanté la mise aux enchères des votes ou le recyclage d'excréments pour le tiers-monde, souvent sans que l'assistance ne paraisse choquée. En 2004 ils se font passer pour un groupe appelé « Yes, Bush can! » et sillonnent les Etats-Unis à bord d'une camionnette en faisant signer un « gage de patriotisme » par lequel les signataires se portent volontaires pour accueillir près de chez eux un site de stockage des déchets nucléaires, envoyer leurs enfants à la guerre, abandonner une partie de leurs droits constitutionnels, etc.

Un de leurs canulars les plus marquants eut lieu la même année. Jacques Servin, alias Andy Bichlbaum, apparaît en direct sur BBC World en tant que porte-parole de Dow Chemical, géant américain de l'industrie chimique qui a absorbé Union Carbide, compagnie qui détenait pour moitié l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal qui a fait des dizaines de milliers de morts et d'invalides. Il annonce la vente prochaine de Union Carbide, et l'intention de Dow Chemical d'utiliser les 12 milliards de dollars de la vente pour fournir des soins médicaux aux victimes et nettoyer le site : en une vingtaine de minutes, les cours de l'action chutent de 2 milliards de dollars. Deux heures plus tard, un démenti est publié.

Cette fois-ci, c'est à la Chambre de Commerce américaine que les Yes Men annoncent le soutien de ce puissant lobby de 3000 entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique... jusqu'à l'intervention d'un vrai membre de la Chambre et l'éjection du fauteur de troubles.

A voir en vidéo :



La FIAC dans les starting blocks

Posté par Magali le 19.10.09 à 15:29 | tags : art contemporain, foire, économie

La Frieze Art Fair de Londres a fermé ses portes hier. Selon le critique d'art Adrian Searle, beaucoup d'œuvres de la célèbre foire y reflètaient la crise, avec cette ironie noire dont les Anglais sont particulièrement friands. Mais les galeristes semblaient dans l'ensemble avoir plutôt le sourire...

Au tour de la FIAC, cette semaine à Paris, de prendre le relais et de tâter le pouls du marché. Les galeristes sont dans les starting blocks, même si les pré-previews organisées pour les collectionneurs assidus ont déjà eu lieu. Comme chaque année, le Grand Palais, réservé aux pointures, et la Cour Carrée du Louvre, plus trendy et plus audacieuse, accueilleront près de 200 galeries, dont 75 françaises, une vingtaine allemandes, 18 américaines, 14 belges, etc. Un peu moins d'un tiers sont nouvelles.

Avec cette année, deux initiatives intéressantes. Au Grand Palais, un espace de 300 m2 accueillera des œuvres modernes majeures, présentées par 10 galeries internationales (parmi lesquelles Louis Carré, et Malingue de Paris, Pace Wildenstein de New York, Beyeler de Bâle et Gagosian de... partout). A la Cour Carrée, un nouveau secteur rassemblant 14 galeries internationales reconnues pour « la qualité de leur programmation prospective », désignées par trois jurés — Christine Macel, conservatrice au Centre Pompidou, Hans-Ulrich Obrist, directeur de la Serpentine Gallery de Londres, et Marc-Olivier Wahler, directeur du Palais de Tokyo. L'une d'entre elles verra un de ses artistes recevoir un prix (le prix Lafayette), qui lui garantira l'achat d'une œuvre par le groupe Galeries Lafayette, ainsi qu'une exposition dans une institution parisienne. Parmi les galeries sélectionnées, trois petites parisiennes dont on aime beaucoup la programmation : Balice Hertling, Lucile Corty, et Schleicher&Lange. 

Au Grand Palais, on attend particulièrement les expositions personnelles de Tony Cragg chez Buchmann, Rachel Whiteread chez Luhring Augustine, Gérard Deschamps chez Martine et Thibault de la Châtre, John Armleder chez Catherine Issert, Pierre Soulages chez Applicat-Prazan et Karsten Greve, ou Sarkis chez Jean Brolly.

A la Cour Carrée, on est ravi de trouver parmi les nouveaux arrivants la galerie Semiose, qui a délaissé la foire off Slick, ou Triple V de Dijon, ainsi que les artistes Aurélien Froment et Raphaël Zarka à la Motive Gallery d'Amsterdam, ou Pascal Convert chez Eric Dupont.

Les projets annexes incluent une exposition de sculptures dans les jardins des Tuileries, un feu d'artifice, des performances d'artistes à l'Auditorium du Louvre (programme Ouvertures/Openings), des conférences, un colloque, ainsi que la remise du Prix Marcel Duchamp le 24 octobre... Tout ça sans compter les foires annexes : Show Off, Slick et la petite nouvelle, Cutlog. On en reparle très vite.


36e Foire internationale d'Art contemporain, au Grand Palais et à la Cour Carrée du Louvre, du 22 au 25 octobre. www.fiac.com
Show Off, au Port des Champs-Elysées, du 22 au 25 octobre. www.showoffparis.fr
Slick, au Centquatre, du 23 au 26 octobre. www.slick-paris.com
Cutlog, à la Bourse du Commerce, du 22 au 25 octobre. www.cutlog.org







Budget 2010 : Mitterrand mise sur le Patrimoine

Posté par Magali le 06.10.09 à 16:53 | tags : culture, économie
Première petite victoire pour le nouveau ministre de la Culture : le budget du ministère de la Culture et de la Communication connaîtra en 2010 une hausse de 5,3 %, dont 3,9 % pour la Culture uniquement, soit une enveloppe de 2,92 milliards d'euros mise à la disposition de Frédéric Mitterrand. Mais cette hausse ne profite pas à tout le monde (notamment pas au spectacle vivant).

Lors de la conférence de presse du 1er octobre, le ministre a qualifié son budget d'« excellent », et établi un proto-programme : action en faveur du livre (notamment numérique) et de la lecture (avec la prolongation des horaires d'ouverture des bibliothèques...!), promotion de l'enseignement de l'art à l'école, dynamisation du marché de l'art, aide au photojournalisme (à noter que les aides à la presse augmentent de 51 %, grâce notamment aux promesses faites aux Etats généraux de la presse).

En terme de moyens, le plus gros effort est celui engagé en direction du Patrimoine, avec un total de 1,25 milliards d'euros. Ainsi le financement de l'entretien des monuments historiques augmente-t-il de 80 %. Les grands chantiers, en particulier, vont profiter de cet accent mis sur le patrimoine : 53,5 millions d'euros pour le Centre des Archives nationales, délocalisé à Pierrefitte-sur-Seine, 25 millions pour Versailles, ou 11,7 pour le Mucem (Musée des Civilisations d'Europe et de Méditerranée) à Marseille.

Le budget des Arts Plastiques (sous-entendu l'art contemporain), qui ne représente que 2,41 % du budget total de la Culture, augmente de 2,2 millions d'euros, somme assez dérisoire comparée au bonus engagé pour le Patrimoine, soit 119 millions. C'est aussi un domaine, il est vrai, beaucoup moins lucratif.

Voir la conférence de presse de Frédéric Mitterrand en vidéo :





Annie Leibovitz : fin du délai de remboursement

Posté par Nedjma le 10.09.09 à 14:12 | tags : photographie, économie

Un pas de plus vers la faillite pour Annie Leibovitz, photographe des stars, à qui l’on doit notamment des clichés culte de John Lennon et Yoko Ono, Kirsten Dunst ou Demi Moore enceinte. En raison de nombreuses négligences, on la sait au bord de la ruine depuis le mois d’août, et le délai de remboursement de son emprunt de 24 millions de dollars, contracté auprès du fonds Art Capital, est terminé depuis mardi minuit.

Passée cette date, les archives –estimées à 50 millions de dollars- et les différentes propriétés de Leibovitz devaient passer dans le giron de l’institution financière.

Interrogé hier, le porte-parole d’Art Capital n’a pas souhaité communiquer sur l’issue de l’affaire.

 

Selon le New York Times, les deux parties seraient en train de discuter, pour trouver une sortie favorable à ce fâcheux imbroglio. Illus dr

 

 




Annie Leibovitz au bord de la faillite

Posté par Magali le 28.08.09 à 17:35 | tags : photographie, économie



La célèbre photographe des stars Annie Leibovitz est au bord de la ruine. Celle que l'on connaît pour ses images très médiatisées, publiées notamment dans Rolling Stone, Vogue et Vanity Fair, de célébrités du show business — entre autres, les Rolling Stones, John Lennon et Yoko Ono, Demi Moore, Whoopi Goldberg ou plus récemment la starlette
Miley Cyrus dos nu —, et qui fut également la compagne de Susan Sontag pendant près de quinze ans, est aujourd'hui une des innombrables victimes de la crise — ou d'une très mauvaise gestion financière.

Le fonds Art Capital Group (ACG), dont la fonction principale est de prêter de l'argent aux artistes rejetés par les banques, lui réclame en effet pour le 8 septembre dernier délai la somme de 24 millions de dollars (16,9 millions d'euros), en paiement d'une dette contractée par la photographe début 2008. A défaut, ACG peut vendre ses biens immobiliers — dont trois appartements à Manhattan, un studio photo et une villa sur les bords de l'Hudson — ainsi que ses archives photographiques (estimées à 50 millions de dollars), qu'elle a gagées.

La réputation de panier percé d'Annie Leibovitz est connue, avec ses dizaines d'assistants et ses productions folles. Si elle prend soin d'
évitant le monde du showbiz qu'elle portraiture depuis près de quarante ans, la photographe ne lit pas ses contrats, loge, nourrit et paye grassement ses collaborateurs, place peu et multiplie les résidences secondaires. Mais quand on gagne 5 millions de dollars par an chez l'éditeur Condé Nast, et 250 000 pour une séance photo, on en a les moyens...

Sauf que les conditions de prêt d'ACG sont drastiques : taux élevés, délais courts, gage sur les œuvres des artistes. Il semble bien qu'Annie Leibovitz n'ait pas été trompée. En attendant la date fatidique du 8 septembre, la Fondation Getty et la banque Goldman Sachs ont déjà proposé de porter secours à l'artiste. On ne prête qu'aux riches...




Sept jours dans le monde de l'art, par Sarah Thornton

Posté par Magali le 15.06.09 à 11:49 | tags : économie, livres d'art, foire, art contemporain
Le monde de l'art contemporain est une vaste nébuleuse opaque, qui demande à quiconque tente d'en expliciter les étranges coutumes des efforts faramineux de patience sociale et d'intrigue diplomatique. Sarah Thornton, journaliste canadienne résidant en Grande-Bretagne, écrit depuis plusieurs années sur le marché de l'art et l'art contemporain pour les revues The Art Newspaper ou The Economist, et s'est lancée en 2004 dans un projet périlleux : décrire avec les outils de la sociologie un milieu social extrêmement codifié, de ses plus hautes sphères (les collectionneurs) à ses aspects les plus pragmatiques (l'école d'art). Heureusement Sarah Thornton apporte à son étude gonzo une bonne dose d'humour, maniant joyeusement un trait acerbe qui pourrait laisser penser que tout cela est pure fiction, si on ne savait pas d'expérience que rien n'est exagéré...

En sept « journées » quasi bibliques se succèdent autant d'instantanés du monde de l'art. On débute par « la vente aux enchères », entrée en matière la plus violente qui soit, où l'on découvre la théâtralité de l'événement, et des personnages bien croqués, à la limite de la caricature (la journaliste snob, le collectionneur cynique, le marchand maniaque...), que l'on retrouve tout au long du livre. Puis viennent « la master class », sommet de conceptualisme bohème, « la foire » (Bâle), rendez-vous VIP de l'art, « le prix » (ici le Turner Prize) — « Reflète-t-il la qualité ou le crée-t-il ? » —, « le magazine » (dans les bureaux d'Artforum à New York), qui sonde la critique d'art, laquelle, un brin désabusée, « traduit en mots quelque chose que tout le monde a vu », « la visite de l'atelier » (celui de Murakami, expert ès marketing) et pour finir « la Biennale » (Venise, « instant de synthèse »).

Seul bémol, l'ouvrage, publié en 2008 chez W. W. Norton & Company, à New York, est antérieur à la crise actuelle, qui, semble-t-il, a changé la donne dans le marché de l'art — notamment dans ce que l'auteure nomme le « second marché », plus sensible aux fluctuations économiques. Un second tome peut-être à suivre ?


Sarah Thornton, Sept jours dans le monde de l'art, Paris, éditions Autrement, 280 p., 22 euros.



Les musées, touchés par la crise, annulent leurs expos

Posté par Magali le 09.06.09 à 09:14 | tags : économie
 

Une enquête publiée dans le numéro de juin 2009 du journal The Art Newspaper montre, preuves à l'appui, que la récession touche durement le monde de l'art, en annonçant l'annulation de plus d'une vingtaine d'expositions majeures dans le monde entier en 2009-2010 — ou leur report à une date inconnue, comme c'est le cas pour la manifestation consacrée à l'art contemporain indien prévue au Centre Pompidou l'année prochaine, et repoussée hypothétiquement à 2011.

Si cette étude ne met en évidence que la « partie émergée de l'iceberg » — le programme des expositions en 2010 n'ayant pas été publié par toutes les insitutions —, elle tient pour responsable principale la crise économique actuelle qui réduit considérablement les budgets alloués par les gouvernements à la culture, tout en rendant frileux les principaux mécènes. Il est ainsi démontré que la situation est bien pire aux Etats-Unis qu'en Europe, non seulement parce que le pays est plus durement touché, mais aussi parce qu'une grande partie des financements des musées américains (non pas la majorité, comme on le pense souvent, mais environ un tiers en moyenne) provient du mécénat privé et des fameux « fonds de dotation » (endowments) réduits comme peau de chagrin par la crise.

A titre d'exemple, l'exposition monographique consacrée à l'artiste brésilien Cildo Meireles, présentée à la Tate Modern, à Londres, à l'automne dernier, puis au musée d'art contemporain de Barcelone ce printemps, a annulé sa tournée nord-américaine, qui devait faire escale à Houston et à Toronto. Parmi les institutions les plus à cours de liquidités, le Los Angeles County Museum of Art (LACMA), qui annule pas moins de trois expos importantes en 2009-2010. Problème : les expos tournantes permettent aux musées qui les « lancent » de faire un intéressant retour sur investissement, et les annulations inopinées leur imposent un sérieux coût, comme l'avoue le directeur du Victoria & Albert Museum, Mark Jones, dont l'exposition Surreal Things: Surrealism and Design, inaugurée prochainement à Londres, ne voyagera finalement pas au Minneapolis Institute of Arts en 2010, comme prévu.

Autre exemple, franco-américain cette fois, la rétrospective de l'œuvre du peintre pompier Jean-Léon Gérôme, prévue fin 2010 au Getty Museum de Los Angeles, puis début 2011 au musée d'Orsay, ne passera pas par la case du Baltimore’s Walters Art Museum, dont le directeur estime qu'elle engendrerait une perte nette de 300 000 dollars.

Pour les rendre plus rentables, divers musées ont recours à la prolongation des expositions, ainsi la Tate Britain qui annonce une durée de six mois au lieu des trois initialement prévus pour la rétrospective monumentale consacrée au sculpteur Henry Moore. Less is more...

Ill. Jean-Léon Gérôme, La Bacchante, 1853, musée des Beaux-Arts de Nantes.






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