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Les expositions de l'artiste français Claude Lévêque sur De Visu.
Claude Levêque : rock around the bunker.Posté par Lucie le 06.03.08 à 18:05 | tags : claude lévêque, galerie à paris, art contemporain, expos à paris
Welcome (One)
Ce sont des mobiles délicatements morbides et une musique rock envahissante qui nous absorbent d’un coup lorsqu’on passe la porte en verre teinté de la galerie Kamel Mennour. Comme un sas de décompression, une mise en apesanteur des sens. On se sent saisi par les mouvements qui nous entourent : mouvement du son, mouvement des parois, mouvement des trois objets suspendus. Cinq mouvements, ni contradictoires, ni harmonieux pourtant.Un garde-manger aux armatures de bois recouvert d’un filet renferme deux couronnes de princesses. Entre toc et richesse, factice et vérité. On pense à cet aphorisme du poète René Char « l’irréel intacte dans le réel dévasté ». L’éclat des diamants transperce le tissu terne et nettoie les yeux. Il y a quelque chose de très sombre, comme ce vieux bout de placard - la dure matérialité du réel - et de très lumineux, comme ces couronnes – la brillance du rêve et de l’illusion - dans le travail de Claude Lévêque. Et tout ceci s’affronte. Deux trottinettes mises bout a bout continuent de tourner tandis qu’en face ce sont deux déambulateurs qui tournent. Deux sortes de prothèses du geste, prolongement désiré ou nécessaire au mouvement. L’idée du mouvement et celle de l’impossibilité du mouvement tournent ici ensemble, et cela a quelque chose de curieux. Et ce serait pathétique s’il n’y avait pas ce rythme rock, comme une pulsation énergisante qui semble crier : « Vit bondieu ! N’importe comment et avec n’importe quel renfort mais continue de tourner … ». t(w)o Même sensation d’absorption quand on pénètre dans la deuxième installation. En apparence un capharnaüm, des taules un peu cabossées de capots de vieilles voitures qui forment une espèce d’abris. A l’intérieur, une intensité lumineuse qui saisit. Au centre de ce bunker, l’artiste a installé un lustre énorme qui prend toute la place. La mort, l’accident, la vieillesse, la dureté qu’inspire la ferraille trouve un adversaire fragile, lumineux, incandescent, à sa hauteur. Ou bien est-ce l’envers et l’endroit d’une même chose, deux visions de la mort ou de la vie qui s’entrechoquent. Un coup de projecteur mystique sur la ferraille de la réalité… ? Suicide park (Three Four) Troisième pièce, troisième coup de poing. Plus de mouvement ici, plus de son, plus de lumière, chacun de ces éléments est cruellement absent. Levêque joue sur cette absence, qu’on ne peut pas, en contraste avec les autres salles, ne pas remarquer. Alors un bruit sourd s’installe, malgré le fond de musique rock répétitif de la première salle. Dernière étape du sas, une longue pièce où sont disposées des plaques de métal de mêmes tailles sur lesquelles des traces de poings apparaissent. Comme des empreintes dans la chaux, comme un corps à corps avec la dureté des choses. Les marques sont à chaque fois différentes. L’impression sur certaines que les coups viennent de l’extérieur, et sur d’autres qu’ils viennent de l’intérieur. Les couleurs sont fades, la disposition rigide. L’alignement peut faire penser à la rigueur des cimetières. Le bruit des coups manquent, les gestes sont comme étouffés. On saisit petit à petit le titre de ces installations : Welcome to suicide park, qu’a choisi Levêque. Mais on lui préfèrera peut-être au final la phrase des Rolling Stones, mise en exergue de l’expo « I had to put up some kind of a fight. » Il semble en effet que l’artiste ici combatte plus qu’il n’abandonne. Il ouvre des fenêtres sur le tragique mais semble s’en protéger dans un rire tranchant, franc et vibrant. Il montre des choses fragiles mais qui ne menacent pas de s’effondrer. Elles continuent à tourner, à briller, à s’opposer au malheur sans défaillir. Rock around, rock around… Welcome to Suicide Park", installations de Claude Lévêque à la galerie Kamel Mennour, Paris 6eme, (www), jusq'au 15 mars. Illustr©Claude Levêque Photo Marc Domage. Courtesy the artist and Kamel mennour. Claude Lévêque au Parc Saint Léger![]() ![]() "Pour son exposition au Parc Saint Léger, Claude Lévêque investit l'ensemble du bâtiment du Centre d'art pour une installation, LOOPING, qui utilisera la lumière et le son. (...) Pour réaliser LOOPING, l'artiste a collaboré avec le musicien Gérôme Nox, il lui a fourni des sources sonores que le musicien a retravaillé avec des machines. Dans les installations de Claude Lévêque, le son n'est jamais un élément en plus, simplment rajouté, il joue avec la globalité des matériaux que l'artiste utilise dans son oeuvre, au même titre que la lumière. Au Parc Saint Léger, c'est dans l'obscurité totale entrecoupée d'éclairs lumineux que le spectateur doit en faire l'expérience, le dépaysement est assuré". LOOPING, de Claude Lévêque, au Centre d'art du Parc Saint Léger, jusqu'au 1er octobre. (illus. Claude LÉVÊQUE, 1000 plateaux, 2005 - Vues de l’installation au Centre international d’art et du paysage, Île de Vassivière) Claude Lévêque au MAC/VAL![]() Le MAC/VAL - Musée d'art contemporain du Val de Marne - accueille, du 19 mai au 10 septembre 2006, une installation monumentale de Claude Lévêque, Le Grand Sommeil. Imaginée spécialement pour l'occasion, elle sera présentée sur une surface de 1350 m2. |
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