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L'actu de l'art contemporain sur De Visu, le blog Arts et Expos. Lire aussi notre petite histoire de l'art contemporain et le who's who des plasticiens sur l'encylcopédie Arts de Flu.

Monumenta 2008 - Richard Serra: J - 5...

Posté par Lucie le 03.05.08 à 11:00 | tags : art contemporain, grand palais

Dans cinq jours débutera la très attendue Monumenta, le sculpteur américain Richard Serra dévoilera son œuvre plastique au public, œuvre qui prendra place au sein de la merveilleuse nef du Grand Palais. « Le Grand Palais c’est le firmament », ces propos d’Anselm Kiefer, qui inaugura la première Monumenta en 2007, traduise la singularité du lieu - immense, belle et claire verrière - soit le privilège pour un artiste d’en disposer. Le Privilège mais aussi le défi d’être à la hauteur d’un tel espace, c’est le cas de le dire, 60 mètres à son climax, la nef s’étend sur 13 500 m2, soit à certains endroits sur 200 mètres de long et 100 mètres de large.

Kiefer avait nommé son exposition Chute d’étoiles, Serra a choisi Promenade. L'artiste a travaillé autour des notions d'équilibre et de gravité et tend a proposer une Promenade dans « un paysage d’acier spectaculaire et saisissant », c’est ce que l’on sait pour l’instant… Patience, patience, cette promenade va valoir le détour.

Voir la Bande-annonce de Monumenta 2008 ainsi que la vidéo de la rétrospective Richard Serra au Capc de Bordeaux© Monumenta 2008
Quelques photos de chantier:
illust Construction de Promenade - Usine Arcelor Mittal©Lorenz Kiensle


Ci-dessus Montage de Promenade, photo Lorenz Kiensle©Monumenta 2008; illustr1 Richard Serra au Grand Palais©Valérie Jouve.
Monumenta 2008, Promenade, Richard Serra, du 7 mai au 15 Juin au Grand Palais.





Bert Rodriguez au Plateau, un américain à Paris

Posté par Lucie le 26.04.08 à 11:00 | tags : art contemporain, expos à paris

Bert Rodriguez est un artiste dit « subversif ». En 2000, dans A Pre Retrospective, les spectateurs pouvaient voir ses dessins d’enfants jusqu’à ses premiers dessins d’étudiant en école d’art.
En 2004-2005, il intitule son exposition The Presents I never gived et réunit les cadeaux qu’il n’a jamais offert à ses anciennes petites amies…

Au Plateau, dans l’espace expérimental il crée In situ, le regard d’un américain sur Paris. Apparemment, l’expo se construira en se construisant… Pour l’instant ce qu’on peut voir est en effet très déstabilisant, mais ne révélons rien…

 

In situ de Bert Rodriguez au Plateau (www) jusqu'au 25 mai.


Cao Fei au Plateau, portrait d'une Chine éclectique

Posté par Lucie le 25.04.08 à 17:20 | tags : expos à paris, art contemporain

Première exposition française de la jeune chinoise déjà très populaire dans son pays Cao Fei, dont le travail reteint l’attention aux dernières biennales de Lyon, Venise et Istanbul.

L’univers de cette jeune plasticienne fait l’effet d’un kaléidoscope. Foisonnantes, disparates, hétéroclites, assez inégales, ses propositions plastiques dressent un portrait multi facettes de la Chine, entre réalité sociale et monde virtuel.

Mangas et autres mondes parallèles


Cao Fei travaille notamment sur des vidéos en 3D typées jeu vidéo, une usine futuriste édulcorée notamment, bonbon pas désagréable avec musique électro-guillerette, mais sans grande profondeur. En face les vagabondages de personnages virtuels, des guerriers ou guerrières mangas qui errent dans des grands espaces. Une atmosphère, entre mélancolie et contemplation, sentiment d’absence et d’inconnu, mais sont sans grande valeur esthétique. Les phrases pseudo existentielles qui les ponctuent sont dignes des conclusions de films croyants américains, très simplistes...
Une première impression plutôt mitigée donc, mais d’autres facettes de son travail retiennent l’attention… vraiment vraiment...

Whose utopia?


Une vidéo loufoque rend compte d’une performance de l’artiste. Un défilé de mode reprend dans des clichés burlesques différents genre de femmes chinoises et tourne au ridicule et à l’absurde leur identité, à grand renfort de costumes débilos et de jeu expressionniste. La concubine, l’intellectuelle, l’ouvrière etc. défilent pour une élection hors normes. Multi- Chine/multi-femmes.
Dans « Whose utopia », la jeune artiste a travaillé en collaboration avec des salariés de l’usine de luminaires OSRAM. Mécanisation, aliénation, travail à la chaine, Cao Fei interroge l’usine et filme avec respect les ouvriers, sans complaisance et sans pathétique. des phrases : « Ma future is not a dream », ou "What are you doing here?" ponctue ses images. Par le biais de l’art, elle invite les ouvriers à décaler leur environnement quotidien oppressant. Elle crée ainsi des aérations dans les espaces viciés de l'entreprise. Dans la vidéo suivante, différentes personnes toutes générations confondues (la grand-mère est top...), dans des tenues de travail ou des uniformes, sont conviés pour un hip hop des rues. Dynamique et vitalisant, le film brosse un portrait de la Chine urbaine, et affirme la volonté de l'artiste de créer des interstices dans les quotidiens parfois pesant et d’insuffler de la joie de vivre.

Illustr1 Yanmy at home©Cao fei et Vitamine Creative Space; illust2 Extrait du film What are you doing here? 2006©Cao fei et Lombard-Freid.

Exposition cao Fei au Plateau, FRAC Ile de France, (www) jusqu'au 25 mai.

Voir le site de Cao Fei.


Des jeunes gens mödernes : vernissage

Posté par Lucie le 14.04.08 à 17:59 | tags : art contemporain

Une p'tite vidéo bien foutue autour de l'expo Des jeunes gens mödernes, actuellement à la galerie du jour de Agnès B :

 

 


Jeff Koons chez Taschen

Posté par Lucie le 14.04.08 à 17:50 | tags : art contemporain
1500 livres numérotés sur Jeff Koons - et signés par l’artiste - pour la modique somme de 1000 euros... C’est le cadeau que propose l’éditeur Taschen - qui sait être autant populaire que select - en ce mois d’avril. Espérons que les véritables fans auront pu économiser à temps… Quant aux autres, il ne reste plus qu’à attendre (patiemment) la version cheap…

Jan Fabre , cet être ange de la métamorphose

Posté par Lucie le 09.04.08 à 17:40 | tags : louvre, art contemporain
Le Louvre offre une carte blanche à Jan Fabre à partir du 11 avril et jusqu’au 7 juillet. La démarche est particulière en ce que le plasticien flamand (et chorégraphe, rappelons nous les jolies polémiques d’Avignon 2005…) investit les salles de l’école du Nord et propose une aventure plastique en lien avec les toiles de ses aïeux, vivement respectés par l’artiste, Rubens, Bosch, Van Eyck...
Fabre dit avoir conçu son parcours comme une « dramaturgie mentale », il s’est inspiré des thèmes développés par ces peintres en les étirant vers de nouvelles interprétations. Dès vendredi, le Louvre ouvrira ses portes sur les habituels petits objets du plasticien, l’encre de ses chers stylos bic, ses scarabées et autres insectes, son sang et autres fluides.
"Les visiteurs seront-ils choqués? Je ne crois pas. Je crois au lien secret entre le spectateur et l'œuvre d'art", aurait-il conclu dans un "charmant" sourire (source AFP). Toujours cette même désinvolture… Ah cette fameuse vidéo où Fabre déguisé en mouche parlemente sur le sens de la vie avec un ami philosophe déguisé en abeille...Cet « ange de la métamorphose » n’a pas fini d’attiser la curiosité.
Illustr. Colombes qui chient et rats qui volent 2008, prêt Angelos bvba/Jan Fabre photo Attilio Maranzano, © Angelos.© Adagp, 2008

L’ange de la métamorphose, exposition de Jan Fabre, musée du Louvre, du 11 avril au 7 juillet.
Le 11 avril, France Culture est en direct du Louvre pour des émissions autour de Jan Fabre. (9h : La fabrique de l’histoire ; 12h : Tout arrive ; 17h : Du grain à moudre ; 18h : Minuit/Dix)
Le 22 avril Jan Fabre présentera une performance unique de 19h à minuit – dont le thème est « secret » - dans la galerie Daru, qui mène à la Victoire de Samothrace. Le public sera admis par intermittence et la performance retransmise dans la cour Napoléon.

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Que penser du prêt à taux 0 de madame Albanel ?

Posté par Lucie le 08.04.08 à 16:05 | tags : art contemporain

 

Christine Albanel entend relancer le marché de l’art en permettant aux particuliers d’acheter des œuvres d’art contemporain entre 7000 et 10 000 euros en bénéficiant d’un prêt à taux 0. L’idée est apparemment britannique « Own art », et aurait très bien marché outre-Manche.

Ca donne envie de poser quelques questions :

Pragmatiquement : Etant donné l’aspect spéculatif du marché de l’art ? Est-il intéressant de s’endetter sur plusieurs années pour une œuvre qui ne vaudra peut être plus rien dans quelques mois ? (le contraire, qui est possible également semble bien sûr plus attrayant…)
Sociologiquement : Qui peut être intéressé par la possession d’une œuvre d’art ? – La ministre entend viser les classes moyennes.- Est-ce là tout un esprit, toute une culture que de s’intéresser au marché de l’art, au-delà d’une fréquentation même régulière des musées et des galeries?
Artistiquement : N’est-ce pas même un métier de spécialiste que d’avoir un recul sur une œuvre d’art en regard d’une histoire de l’art en général?
Futurismement : Ce placement doit-il être désintéressé, juste pour l’esthétique ? Ou acquerra-t-il la même valeur qu’un placement immobilier dans quelques années?
Ou plus brutalement : Enfin, ces classes moyennes, parfois endettées par un prêt auto, ne vont-elles pas recevoir cette proposition comme une provocation ?


Agnes B, Des jeunes gens mödernes: eux, nous, une rencontre possible !

Posté par Lucie le 08.04.08 à 11:00 | tags : art contemporain, mode

 

La galerie Agnès B propose une plongée dans les mouvements post-punk, cold wave et culture novö en France. Ces mouvements apparaissent dans la fin des années 70 et le début des années 80, de 1978 à 1983 pour être plus précis. Un mouvement flottant, trouble, qui se révèle assez complexe en ce qu’il est à la croisée de plusieurs chemins.

L’expo se propose d’approcher cette période de façon exhaustive : « à travers sa production musicale, son esthétique, son attitude, et ses problématiques récurrentes ». Ni punk, ni rock, ni bab : ni No Future, ni Sex drug et rock’n roll, ni Peace and love. Coincés dans la guerre froide et la menace d’une crise économique, ces jeunes gens sont plutôt des néo dandys sans trop de frime, un peu enfants gâtés, un peu désabusés, porteur d’une utopie qui intègre l’ironie et qui ne renie pas une certaine complexité du monde. Ils apparaissent plutôt réalistes donc, et peut-être assez proche d’une grande tranche de la jeunesse actuelle, qui ne se reconnait pas dans des idéaux tranchés et qui compose son patchwork de pensées à la croisée de différentes tendances et de différents héritages.

C’est d’ailleurs la deuxième vocation de cette expo que de confronter cette période à la nôtre. Enki Bilal, Claude Lévêque, Pierre La Police, Xavier Veilhan, Damien Deroubaix, Laurent Fétis, Elisabeth Arkhipoff et beaucoup d'autres ont apporté pour se faire leur contribution.

Allons donc voir si il y a un trait de ressemblance…

 

Illustr 1 Etienne Daho et Nicole Caloc'h des Sax Pustuls©Pierre René-Worms; illustr 2 Pacadis et Les Rita Mitsouko au Bourget, 1982©Emmanuel Bovet.

Consulter notre petite histoire de la New Wave pour une novö révision ou en complément post-expo.

Des jeunes gens mödernes (1978-1983), galerie du jour Agnes B, jusqu'au 17 mai. Un catalogue (ed la galerie du jour/Naive), une compilation (Agnes B/Naïve) et un documentaire (Love Streams/ Agnes B) voient le jour à cette occasion.

Un avant gout avec le petit diaporama de photos sur le site de la galerie Agnes B (www).


Les joyeuses nippes de Kaarina Kaikkonen (100%Finlande)

Posté par Lucie le 07.04.08 à 11:18 | tags : installation, art contemporain

 

 

La saison culturelle 100 % Finlande organisée par Cultures France décline 250 évènements dans toute la France d’avril à juin. Occasion de découvrir ce pays par la biais de ces pratiques artistiques.

En ce moment, au Mans on peut voir les installations de Kaarina Kaikkonen. Un de ses projets consiste à relier trois grands immeubles (L’Espal) avec des ribambelles d’habits colorés. Deux autres installations de la plasticienne sont également présentées à base de papiers toilettes et de vêtements.

Le site de 100 % Finlande vient de mettre en ligne un podcast qui éclaire le travail de Kaarina Kaikkonen.

Illustr Installation de Kaarina Kaikonnen©tous droits réservés



Installation de Kaarina Kaikonnen, L'Espal, Le Mans, 28 mars - 25 juin

Voir le site de 100 % Finlande (www)

(News proposée par J.Foucher dit Blomki: merci)


"La cruci fiction" de Mickey : couverture de Mouvement controversée

Posté par Lucie le 01.04.08 à 15:56 | tags : revue, art contemporain

Cette couverture a fait polémique, des personnes de religion catholique ont manifesté leur désapprobation. L’œuvre est d’un collectif d’artistes contemporains Taroop&Glabel , qui a l’habitude d’ interroger des thèmes comme le commerce, la religion, la société du divertissement, les ordres militaires ou médiatiques. Le collectif tente de ridiculiser et désacraliser certaines icônes, en bref il s’attaque à tout ce qui pourrait, poussé à l’extrême, nuire à l’épanouissement d’un penser par soi-même.


Jean-Marc Adolphe, Valérie Da Costa et David Sanson de Mouvement ont donc répondu à ces accusations (www) en étayant leur propos de réflexions sur la notion même d’icône :
« Désacraliser ce qui nous rabat sans cesse sur l’identique de notre identité, telle est l’une des premières vocations de l’art. Son travail de sape, en quelque sorte, à l’encontre des représentations dominantes et de l’idolâtrie », écrivons-nous dans l’éditorial de ce numéro 47. Ces mots, qui font référence au philosophe Giorgio Agamben, trouvent un écho inattendu dans les écrits de théologiens tels que Raymon Panikkar et, surtout, le jésuite Christoph Theobald : dans son ouvrage La Révélation (publié en 2001 aux Editions de l’Atelier), celui-ci dit-il autre chose lorsqu’il rappelle que tout le Premier Testament, de même que la Torah, condamne l’idolâtrie ? Dans le chapitre intitulé « La fin de l’Histoire », Theobald montre combien les pouvoirs religieux ont eu tendance à fabriquer des images, à « chosifier » des êtres qui n’étaient que fraternité, des figures ensuite récupérées par les pouvoirs politiques ou économiques. »


Très judicieux de la part des rédacteurs de pointer ce problème de fond qui renvoie au rôle et à la puissance, délicate à gérer, de l’image, du symbole et de l’icône. Ils rétorquent également avec des arguments un peu plus provocateurs et contemporains qui soulignent leur étonnement face au caractère un rien conservateur des plaintes :

« On se contentera de rappeler que, depuis les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et les lois du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la notion de blasphème n’existe plus en droit français dès lors qu’il n’y a ni atteinte à l’ordre public, ni "provocation aux crimes et délits". Manifestement, certains de nos interlocuteurs semblent le regretter. Plus sûrement qu’auprès des tribunaux, c’est chez Nicolas Sarkozy que les arguments des nostalgiques de la période d’avant la loi de 1905 (entérinant la séparation de l’Eglise et de l’Etat) risquent de trouver une oreille attentive. »

 

Pauvre Jésus, pauvre Mickey

La tonalité ironique et vindicative de ce deuxième extrait satisfait notre indignation face à la possibilité de telles objections. Bien sûr la référence à Nicolas S. est peut-être un peu gratuite et sauvage. Mais il est en effet un peu étonnant au 20ème siècle de ne pas pouvoir accepter que l’art, qui propose un regard réflexif sur l’individu et la société ne puisse exercer son esprit critique sur la religion ou Walt Disney. Qui plus est dans une société où l’on peut avoir un sac à l’effigie de Jésus ou de la Cène. Si ces personnes se rendaient dans les musées, elles s’apercevraient que les signes de la chrétienté ont été et sont bien souvent mis à mal… Qui plus est, effet non souhaité, ces remarques enflent l’importance de cette couverture en la rendant médiatique.


On se prend à penser que ce serait plutôt à Mister Walt Disney de s’émouvoir qu’on inflige ainsi à sa petite souris de telles tortures. Petite souris, elle aussi de nombreuses fois victime des méchants artistes, pour le meilleur et pour le pire... (dans l'ordre d'apparition Taroop&Glabel, Andy Warhol, Keith Haring, J.M. Basquiat et Philippe Huart).

 


Pilar Albarracin à la Maison Rouge

Posté par Lucie le 27.03.08 à 17:58 | tags : installation, art contemporain, galerie à paris

Pilar Albarracin, pour la première fois en France, présente Mortal Cadancia à la Maison Rouge. Selon la commissaire de l’exposition Roza Martinez, l'esthétique de la jeune plasticienne renvoie au baroque dans son goût de l’excès et des contrastes, tandis que son amour du kitch se rapproche du pop art.


La jeune espagnole explore les clichés de la culture andalouse pour les retourner comme un gant, comme on retourne une tortilla… Ce qu’elle fait dans une de ses performances, bien que ce soit une tortilla bien spéciale en ce qu’elle se compose d’œufs (bien sûr) mais aussi de morceaux de ses propres vêtements qu’elle découpe. La jeune femme travaille en effet sur la place de la femme dans la société espagnole et donc à fortiori sa place à la cuisine…

Dans « Prohibido del cante » ( Interdit de chanter) , elle se met en scène avec un guitariste de flamenco. La cadence soutenue de cette musique solaire qui oscille entre retenue et lâcher prise, frustration et élan généreux, l'entraine dans une partition vocale improvisée. Ce chant, très proche du cri, provoque des tensions dans son corps, dans un ultime sursaut elle prend un couteau et se le plante dans le cœur. Arrachant ses vêtements souillés de sang elle en extrait quelque chose qu’elle jette à terre, comme son propre cœur, puis sort rapidement.


On est littéralement captivé par l’alliance des cris, de cette musique et d’une certaine sérénité dans la concentration des deux protagonistes. L’acte final, sa soudaineté et sa radicalité, révèle à l’extrême la lourdeur émotionnelle du flamenco et saisit.

Ainsi Pilar Albarracin transfigure cette musique en lui rendant ses lettres de noblesse, l’expression d’une émotion brute, un combat contre la fadeur du monde.

 

 

Crédits photographiques©Marc Domage

Mortal cadencia de Pilar Albarracin, jusqu'au 18 mai à la Maison rouge.

Voir le joli site de la plasticienne.(www)

 


Gregor Schneider : Claustrophobes s'abstenir

Posté par Lucie le 26.03.08 à 15:33 | tags : galerie à paris, art contemporain

C’est dans l’agréable Maison Rouge (vers la place de la Bastille à Paris) que le plasticien allemand Gregor Schneider propose une étrange déambulation.

Tout un cérémoniel est mis en place afin que « tout se passe pour le mieux ». Une charmante hôtesse s’avance vers vous, se penche légèrement et vous chuchote « c’est pour l’exposition Schneider ? ». On acquiesce, tout à coup mystérieusement complice... S’en suit un petit laïus un rien perturbant. Elle nous apprend qu’il faut entrer un par un, on peut à deux mais bon ce n’est pas ce que l’artiste désire. Elle précise également qu’on ne peut pas revenir en arrière une fois qu’on est entré. Une petite pancarte complète son discours de prévention et met en garde les personnes cardiaques ou claustrophobes. Enfin, elle nous montre une décharge qu’il faudra signer afin de déresponsabiliser le musée en cas de problème. Sympa…
On hésite, claustrophobe de notre état, et puis on se dit qu’on a du mal avec les ascenseurs alors une enfilade de pièces sombres –dont une dans le noir total on nous l’a bien précisé : « il faut chercher la poignée » -pas aujourd’hui…


L’artiste reproduit dans les musées des morceaux de sa maison familiale. Maison qui est son premier outil de travail depuis plus de 20 ans et qu’il vide de sa substance, de tout aspect confortable ou chaleureux pour tendre au vide et à l’effroyable. Schneider a obtenu le lion d’or de Venise pour cette Totes Haus u r (maison morte) lorsqu’il représenta l’Allemagne à la Biennale de 2001.


Je scrute alors le visage des personnes qui sortent, interroge celles qui veulent bien livrer une partie du secret. Il apparait assez rapidement que les gens ne sortent pas vraiment traumatisés, mais plutôt contents d’avoir vécu une expérience distrayante, ou étonnés de leur voyage. Deux personnes se sont même amusées à se surprendre dans la dernière salle - la « dans le noir total ». Peut être que ses sourires sont l’expression d’une défense face au caractère destabilisant du dispositif, cette fuite du sens au profit d’un désordre des sens et de l’orientation, peut-être pas. En tout cas le jeune artiste perturbe et son interrogation du vide, du dépouillé, de l’enfermement ou de la solitude poursuit son chemin dans la mémoire bien après l’expérience, ou même la non expérience… juste ce que cela évoque semble assez fort pour déranger…

 

Crédit photographiques Süβer Duft de Gregor Schneider ©Marc Domage

Süβer Duft de Gregor Schneider jusqu'au 18 mai, à la Maison Rouge.

Voir le site de Gregor Schneider.


Frédéric Delangle : Promenons-nous dans les bois...

Posté par Lucie le 19.03.08 à 15:09 | tags : galerie à paris, photographie, art contemporain

A vrai dire, à première vue, on n’aimerait pas vraiment se promener dans la dernière série de photos Nyctalope de Frédéric Delangle...
Ses images diffusent une « drôle » (façon de parler) d’atmosphère. Elles réunissent tous les clichés du parfait film d’horreur : la nuit, une étrange lumière, de grands espaces sombres d’où pourraient surgir n’importe quoi, une luminosité de phares de voiture (prière d’imaginer que celui qui la conduit n’est pas un bisounours), une campagne isolée, voire un étrange bâtiment abandonné. Bref, ça refroidit.
Mais à y regarder de plus près, le travail de lumière révèle quelque chose d’argenté et d’incandescent qui pourrait s’approcher du fabuleux. On s'habitue à l'éclairage et les paysages ne semblent plus si hostiles. Ces jets de lumière inattendus et sans source claire révèlent un paysage mystique tout à coup animé. On peut alors s’imaginer être dans la peau d’une chouette et s’approprier ce qui habituellement effraie…

 

Exposition Nyctalope de Frédéric Delangle à la galerie Philippe Chaume, jusqu'au 29 mars.
Voir le site de la galerie Philippe Chaume.
Voir le site de Frédéric Delangle.

Crédits photographiques, Frédéric Delangle, Nytalope, 2007 ©courtesy galerie Philippe Chaume.


8ème Foire Européenne d'Art Contemporain de Metz

Posté par Lucie le 18.03.08 à 12:58 | tags : foire, art contemporain

Du 4 au 7 avril, Art.Metz organise la 8ème édition de la Foire Européenne d’Art Contemporain de Metz. Ce rendez-vous n’a pas pour vocation essentielle la vente des œuvres, l’association tend à créer un lieu de rencontre entre le grand public et les artistes et galeries.

Cette année Art.Metz fait un focus sur l’artiste allemande Vera Röhm qui disposera de 180 m2 pour présenter deux sculptures.

Des artistes coréens bénéficieront également d’une place privilégiée.

A noter, les « frappes chirurgicales » de trois performers Arthur Abrial, Bartholomeo et Cédric Ponti, qui rythmeront les trois jours du salon. Ceux-ci s’inspirent de ce jargon militaire pour exposer un questionnement autour de la manipulation médiatique qui entend cacher l’effectivité des pertes civiles dans le cas de ces frappes dites « chirurgicales ».


L’inauguration, suivie d’une "soirée festive », aura lieu le 4 avril à 18h30 et se poursuivra jusqu’à 23h.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de Art.metz.

Illustr Text cube©Vera Röhm


Performers virés du Ritz - Panique à l’hôtel

Posté par Lucie le 14.03.08 à 12:32 | tags : art video, art contemporain, art numérique

La plate-forme de performers « Il faut bruler pour briller » invitée par le Vendôme Luxury trade show à se dérouler au Ritz a finalement fini son show dehors, presque mis à la porte du luxueux hôtel. "Presque" parce que c'est en effet Youness Anzane, à l'origine de cette manifestation, qui a décidé l'arrêt des performances suite aux comportements insultants du Ritz.
Un internaute consciencieux a filmé tout ça et a réalisé un petit montage.

Ou comment on ne peut pas faire n’importe quoi n’importe où, très instructif… :


Fabuleuse Karen Knorr

Posté par Lucie le 13.03.08 à 17:04 | tags : art contemporain, musées, photographie

Le musée de la chasse c’est tout d’abord des animaux empaillés qui vous agressent lorsque vous (osez) pénétrer dans une salle, planqués qu’ils sont dans les coins et les recoins. La bien nommée « salle des trophées » atteint le summum de l’horreur. On n’ y entre même pas, juste un regard fugace et hop on se sent de trop...


Voir alors les photos de Karen Knorr a quelque chose d’apaisant et dédramatise la situation. La photographe s’intéresse à la question des rapports entre nature et culture, homme et animaux, et des sociétés au patrimoine. Elle réalise des clichés qui exposent ces interrogations sans intermédiaire.
Ce qui fait un effet bœuf…si l’on peut se permettre…
C’est en effet des animaux qui investissent les tapisseries écœurantes, les descentes de rideaux dégoulinantes et les dorures des mobiliers du musée de la chasse. Des échassiers, classieux et désinvoltes, un renard, hagard et fuyant, un gros sanglier un peu pataud, ou des oiseaux bleus des îles (on les entendrait presque chanter) sèment le trouble et déstabilisent la fixité et l’ancienneté du dispositif pour former un tout baroque et décalé. Des femmes nues sont également présentes sur certaines photos, sortes de statues classiques de chair. Les Hommes et les animaux se ressemblent ici étrangement, autant dans la qualité de leurs présences que dans leurs expressivités.

Le tout est très beau, gracieux et surnaturel comme la quintessence du fabuleux. Car qu’est-ce que le fabuleux, si ce n’est la délicate fusion de l’imaginaire et de la réalité, de l’invraisemblable malicieusement devenu réel.


La photographe a réalisé ce travail sur commande du musée. Certaines images ont été réalisées dans les lieus (avec des animaux empaillés donc), on peut voir aussi sur un petit film les séances de pauses des modèles humains. D’autres ont été incrustées après, ce qui crée un alliage de présences et d’absences en plusieurs dimensions et des contrastes de couleurs incohérents qui véhiculent eux aussi le bizarre. La netteté des photos intrigue, en désaccord avec le mouvement physique des animaux. Ceci a quelque chose de magique, parce qu’on ne captera que rarement un animal sauvage immobile. On verra encore moins souvent un héron sur un fauteuil Louis XV certes...

 

Illustr©Karen Knorr

Fables de Karen Knorr au musée de la chasse (www), jusqu'au 11 mai 2008.

Rencontre-débat avec Karen Knorr et Adrien Goetz, écrivain et critique d'art, le dimanche 16 mars à 16h. 

A voir également le site internet de Karen Knorr (www)

 


Barry Frydlender: et si le monde était rassemblé sur une seule photo...

Posté par Lucie le 11.03.08 à 17:04 | tags : photographie, art contemporain, art numérique

 

Il semble que les photos de Barry Frydlender grandissent de façon exponentielle dans notre esprit. La largeur de ses prises de vue confère au cliché une impression d’immensité et ses panoramiques pourraient bien ne jamais s’arrêter de s’étirer.
Comme si chaque image avait l’ambition de tout saisir. Le photographe israelien semble ne rien laisser en dehors de l’objectif. Condenser toute la réalité, les couleurs, les mouvements, dans une même et unique photo qui grandirait jusqu’à l’infini.
Parfois cette profusion de signes et d’éléments leur donne une épaisseur violemment vivante qui saisit. Parfois ce trop plein agresse et écœure.


Ces photos sont en fait issues d’un méticuleux travail numérique qui consiste à assembler sur un même cliché des éléments pris dans beaucoup d’autres. Barry Frydlender compose ainsi des toiles surchargées, trichent avec la réalité pour la densifier et transmet ainsi sa propre lecture des signes qu’elle diffuse.

La netteté parfaite et le cadrage lui aussi sans faille entrent en friction avec l’abondance des couleurs, vives, qui émettent en contradiction une énergie incontrôlable. Cette différence crée une tension intéressante, donne aux images une dimension hyperréaliste.


L’Homme se retrouve alors nombreux et multiples dans une nature épaisse, dense et lumineuse. Et ce condensé de vie intrigue.

1ere illustr Café Bialik, 2000©Barry Frydlender; 2eme illustr Pitzooziah (supérette), 2002©Barry Frydlender

 

"Israel: Présent composé" de Barry Frydlender au Musée du judaisme (www) jusqu'au 25 mai.

Rencontre avec le photgraphe et François Hebel, directeur des rencontres d'Arles le 2 avril à 19h30. 


L'art d'être humain : festival à l'Imprimerie 168

Posté par Lucie le 10.03.08 à 15:14 | tags : expos à paris, art contemporain, art plastique
Du 14 au 16 mars, l’Imprimerie 168, lieu singulier situé au 168 rue Crimée dans le 19ème arrondissement, propose « L’art d’être humain », un festival qui présente une exposition collective, des concerts et des performances.
Vernissage de 18h à 21h le vendredi 14 mars.

Plus d’informations sur le blog de l’Imprimerie (www).



Claude Levêque : rock around the bunker.

Posté par Lucie le 06.03.08 à 18:05 | tags : claude lévêque, galerie à paris, art contemporain, expos à paris
Welcome (One)
Ce sont des mobiles délicatements morbides et une musique rock envahissante qui nous absorbent d’un coup lorsqu’on passe la porte en verre teinté de la galerie Kamel Mennour. Comme un sas de décompression, une mise en apesanteur des sens. On se sent saisi par les mouvements qui nous entourent : mouvement du son, mouvement des parois, mouvement des trois objets suspendus. Cinq mouvements, ni contradictoires, ni harmonieux pourtant.

Un garde-manger aux armatures de bois recouvert d’un filet renferme deux couronnes de princesses. Entre toc et richesse, factice et vérité. On pense à cet aphorisme du poète René Char « l’irréel intacte dans le réel dévasté ». L’éclat des diamants transperce le tissu terne et nettoie les yeux.

Il y a quelque chose de très sombre, comme ce vieux bout de placard - la dure matérialité du réel - et de très lumineux, comme ces couronnes – la brillance du rêve et de l’illusion - dans le travail de Claude Lévêque. Et tout ceci s’affronte.

Deux trottinettes mises bout a bout continuent de tourner tandis qu’en face ce sont deux déambulateurs qui tournent. Deux sortes de prothèses du geste, prolongement désiré ou nécessaire au mouvement. L’idée du mouvement et celle de l’impossibilité du mouvement tournent ici ensemble, et cela a quelque chose de curieux. Et ce serait pathétique s’il n’y avait pas ce rythme rock, comme une pulsation énergisante qui semble crier : « Vit bondieu ! N’importe comment et avec n’importe quel renfort mais continue de tourner … ».
t(w)o
Même sensation d’absorption quand on pénètre dans la deuxième installation. En apparence un capharnaüm, des taules un peu cabossées de capots de vieilles voitures qui forment une espèce d’abris. A l’intérieur, une intensité lumineuse qui saisit.
Au centre de ce bunker, l’artiste a installé un lustre énorme qui prend toute la place.
La mort, l’accident, la vieillesse, la dureté qu’inspire la ferraille trouve un adversaire fragile, lumineux, incandescent, à sa hauteur.
Ou bien est-ce l’envers et l’endroit d’une même chose, deux visions de la mort ou de la vie qui s’entrechoquent. Un coup de projecteur mystique sur la ferraille de la réalité… ?

Suicide park (Three Four)
Troisième pièce, troisième coup de poing. Plus de mouvement ici, plus de son, plus de lumière, chacun de ces éléments est cruellement absent. Levêque joue sur cette absence, qu’on ne peut pas, en contraste avec les autres salles, ne pas remarquer.
Alors un bruit sourd s’installe, malgré le fond de musique rock répétitif de la première salle. Dernière étape du sas, une longue pièce où sont disposées des plaques de métal de mêmes tailles sur lesquelles des traces de poings apparaissent. Comme des empreintes dans la chaux, comme un corps à corps avec la dureté des choses. Les marques sont à chaque fois différentes. L’impression sur certaines que les coups viennent de l’extérieur, et sur d’autres qu’ils viennent de l’intérieur. Les couleurs sont fades, la disposition rigide. L’alignement peut faire penser à la rigueur des cimetières. Le bruit des coups manquent, les gestes sont comme étouffés.

On saisit petit à petit le titre de ces installations : Welcome to suicide park, qu’a choisi Levêque. Mais on lui préfèrera peut-être au final la phrase des Rolling Stones, mise en exergue de l’expo « I had to put up some kind of a fight. » Il semble en effet que l’artiste ici combatte plus qu’il n’abandonne. Il ouvre des fenêtres sur le tragique mais semble s’en protéger dans un rire tranchant, franc et vibrant. Il montre des choses fragiles mais qui ne menacent pas de s’effondrer. Elles continuent à tourner, à briller, à s’opposer au malheur sans défaillir. Rock around, rock around…

Welcome to Suicide Park", installations de Claude Lévêque à la galerie Kamel Mennour, Paris 6eme, (www), jusq'au 15 mars.

Illustr©Claude Levêque Photo Marc Domage. Courtesy the artist and Kamel mennour.

Les inquiétantes photos de Taryn Simon

Posté par Lucie le 04.03.08 à 17:19 | tags : galerie à paris, art contemporain, photographie, expos à paris


Le visage sombre et décidé de cette jeune artiste américaine renferme un mystère que son exposition nommée An American Index of the Hidden and Unfamiliar dévoile, sans pourtant en livrer le secret. Cette jeune trentenaire s’attache ici à montrer l'autre côté du miroir de l'Amérique, miroir brisé...

 

Au fur et à mesure du visionnage, l’inquiétante étrangeté qui se dégage des clichés de Taryn Simon nous amène presque à appréhender l’arrivée du suivant.

 

Est-ce que ce sont ces luminosités sombres qui effraient, comme un voile trouble que l’on jette sur la réalité ? Est-ce l’aspect sordide de ces teintes usées qui dérange ? Ou le contraste des couleurs, qui opère un glissement vers le surnaturel et donne le vertige ? Est-ce le discours qui accompagne chaque photo? Comme autant d'auscultations froides et détachées qui resituent la photographie dans une perspective sociopolitique affligeante.

La photographe livre des situations qui semblent si calmement documentées, un contexte si clairement énoncé, est-ce alors cette rigueur qui égare ?

 

Il est clair que les thématiques choisis par Taryn Simon nous fragilisent. Son travail semble se situer à l’endroit des dérives obscènes des sociétés. L’endroit où celles-ci dégénèrent.

 

Ce tigre blanc magnifique est issu d’un croisement. L’animal paie alors sa beauté du prix d’une consanguinité qui la rendu retardé et de fines déformations physiques qui l’empêchent entre autre de respirer normalement. Cette jeune palestinienne dont on ne voit que les jambes vient se racheter un hymen pour un prix monstrueux dans un contexte sordide, tout ça pour ne pas risquer un rejet de sa famille. Et cet endroit où l’on congèle les corps des hommes ou des animaux dans l’espoir qu’un jour on pourra les ramener à la vie.

 

La photographe, qui expose maintenant ses clichés dans le monde entier, réalise des reportages très fouillés sur des sujets dérangeants. Sa précédente série de photographies The innocent rassemblait des portraits de personnes condamnées pour meurtre puis innocentées. Taryn Simon réfléchissait par ce biais au rôle que joue la photographie dans le dispositif judiciaire américain. Objet nécessaire au procédé d’identification et de condamnation, capable alors de transformer l’innocent en criminel.

 


La jeune femme s'est également intéressée à la C.I.A comme à Disney, et traque tout ce qui peut se cacher derrière chaque (apparamment) belle vitrine. Inquiétant? On ne sait pas pour qui finalement...

 

L'exposition An American Index of the Hidden and Unfamiliar est à la galerie Almine Rech (www) (Paris-3ème) du 16 février au 15 mars.

An American Index of the Hidden and Unfamiliar est publié chez Steidl et comporte un avant-propos signé par Salman Rushdie, une introduction rédigée par Elizabeth Sussman et Tina Kukielski, ainsi que des commentaires par Ronald Dworkin.

 

Illustr. Taryn Simon©galerie Almine Rech

 

 

 


"Il faut bruler pour briller": plate-forme de performers

Posté par Lucie le 27.02.08 à 17:32 | tags : art contemporain, art numérique, galerie à paris, expos à paris


C’est une sentence du formidable poète de la Beat Generation John Giorno qui donne le ton de cet évènement : You’ve got to burn to shine. Sans concession. Ce festival à vocation expérimentale tentera alors de se tracer un chemin en dehors des sentiers battus.


Jérôme Pique, Youness Anzane et Jonah Bokaer en sont les organisateurs (lire l'interview de Youness Anzane sur Mouvement.net).

Le festival se déroulera du 28 février au 3 mars.

Créé l’année précédente sur trois jours avec un (tout) petit budget et beaucoup de convictions, « Il faut bruler pour briller » prend de l’ampleur en s’associant avec la galerie Immanence (www), le Point Ephémere (www) mais surtout Le Vendôme Luxury Trade Show (www). Oui , les performances de ces artistes habitués aux atmosphères smarts et impétueuses des petites galeries berlinoises ou new yorkaises et autres lieux alternatifs européens se dérouleront notamment dans l'enceinte du célèbre hôtel Ritz. Coktail détonnant ? Peut-être… Espérons en tout cas que ça ne sera pas pour décourager les spectateurs en mal de formes singulières.

Les artistes présents interrogeront le mouvement et le corps, l’espace et la durée, l’urbain et l’intime dans des dispositifs qui pourront mêler arts plastiques et vidéos, textes et danse. Différentes pratiques artistiques qui permetteront d'inciser notre monde contemporain.
Les artistes invités se sont formés (ou « déformés » comme le dit sans complexe Johanna Kortals Altes) dans les principales écoles d’art, de danse, de théâtre ou de chant (plus ou moins académiques) européennes.
Ils éprouvent alors, aujourd’hui, le besoin de développer des formes hybrides aux sensiblités aiguisées.


« Il faut bruler pour briller », c’est pouvoir :


- assister à un concert combatif du performer New-Yorkais Jérémy Wade accompagné du multi-instrumentiste Brenda Dougherty (Ritz-Le Dôme).


-Trouver des réponses à la question suivante : « Pourquoi être artiste quand on peut parler d’art et appeler son chat angora Orson et son caniche Muddy Waters ? » avec Jonathan Drillet et Marlène Saldana (créateurs de « The united Patriotic squadras of blessed Diana ») (Ritz-Le Dôme).


-Voir les étranges photos de visages aux yeux fermés de Géraldine Chailloux (Hôtel Meurice-entrée).


-regarder un remake de films (parmi lesquels : Masculin/féminin et Le Mépris de Jean-Luc Godard, Le Bonheur de Agnès Varda, La Ballade de Bruno de Werner Herzog, Pillow book de Peter Greenaway etc.) réalisé par Garance Dor. Artiste qui s’inspire des notions de reconstitution, pastiche, transposition et évocation (Galerie Immanence).


- Visionner le film anthologique du chorégraphe émérite Daniel Larrieu Waterprooff avant de voir celui-ci investir le grand palais le 10 mai pour l’exposition Monumenta de Richard Serra (Ritz-entrée).


-S’étonner devant les étranges chorégraphies en sac de couchage et autres éléments bizarres de Laure Bonicel, performance judicieusement nommée Sleeping bag (Ritz-entrée).


-assister à la proposition de Caroline Breton d’une forme chorégraphique pour deux corps et un tourne disque nommé Turn on/Turn off (Point Ephémère).


Et etc. etc. etc.

Le programme est disponible sur le site de Il faut bruler pour briller

 

(Illustr: Biostriptease de Katia Feltrin, Waterproof de Daniel Larrieu, Visages de Géraldine Chailloux)

Il faut bruler pour briller, du 28 février au 3 mars, à l'hôtel Ritz, l'hôtel Hyatt, l'hôtel Meurice, la galerie Immanence (paris 15) et le Point Ephémère (Paris 10).

A suivre...


Des artistes du Monde Arabe à Artparis : Traversées nécessaires.

Posté par Lucie le 26.02.08 à 16:38 | tags : grand palais, foire, art du monde, art paris, art contemporain, expos
La 10ème foire d’art contemporain Artparis ouvrira ses portes du 3 au 7 avril. 115 galeries seront présentes sous l’agréable verrière du Grand Palais.

Une exposition intitulée Traversées est organisée à cette occasion. Le commissaire de l’exposition, Brahim Alaoui (ancien directeur de l’Institut du Monde Arabe) propose un focus audacieux sur des artistes contemporains algériens, égyptiens, irakiens, libanais, marocains, palestiniens, saoudien, syriens et tunisiens. Cette région du monde est pour Alaoui « une synthèse entre l’Orient et l’Occident ». Synthèse percutante qu’il faut alors oser appréhender dans sa complexité.

Si les artistes de la génération précédente étaient habités par des questions d’identité et de mémoire, la jeune génération s’attaque aux délicats sujets que sont la sexualité, la laïcité ou la religion. « Le dénominateur commun à tous ces artistes est le désir d’échanges doublé d’un questionnement partagé sur les enjeux mondiaux» poursuit Alaoui.
Une occasion d’appréhender par le biais de l’art les enjeux de la vie politique et sociale de ces différentes cultures, traversées par des contradictions et des angoisses et parfois incomprises de l’Occident.


Laurina Paperina, petit canard... masqué

Posté par Lucie le 19.02.08 à 15:30 | tags : expos à paris, galerie à paris, art contemporain, illustration

 

 

Laurina Paperina, britney Spears is the new Duchamp, 2008, courtesy galerie Magda Danysz

 

Laurina Paperina, « petite Laura, petit canard » c’est le pseudo qu’a choisi cette jeune artiste italienne de 28 ans qui n’a pourtant pas froid aux yeux, ni aux oreilles ni aux pieds non plus d’ailleurs. Celle-ci signe des œuvres plastiques entre BD et dessin animé, a pour influence principale Keith Haring et Jean-Michel Basquiat et détourne notre sacro sainte culture bien aimée des années 1990: nos batman en estropiés, nos Schtroumpfs en "Smurf", bref toutes nos icônes, Elton John etc. sans pitié aucune pour notre sensibilité (des plus jeunes).

Sur les dessins de Laurina Paperina on peut voir Joseph Beuys qui se fait mordre par son célèbre coyote, Paris Hilton nue les jambes écartées qui s’arrache un morceau de crâne pour révéler un mythique « Welcome in Paris » ou encore Bill Gates transformé en Guillaume Tell des temps modernes qui tire sur les " Apple" de Steve Jobs. Autant d'exemples qui exposent l'univers de la jeune plasticienne inspirée par la culture TV et internet, les mangas et les jeux vidéos. Ses dessins traitent de façons décalées l'actualité politico-artistico people .

« Les personnages qui peuplent mon travail sont comme des « ironies peintes », ils sont le fruit de mon imagination, des formes dynamiques, des couleurs flamboyantes et des morceaux de réalités virtuelles qui ressemblent à un jeu vidéo où fiction et apparence interagissent et simulent la réalité. »

Laurina ne cache pas qu’elle tire un certain plaisir de l’aspect subversif de ses productions…

 

 

 

 

 

Laurina Paperina, How to kill Murakami,  2008, courtesy galerie Magda Danysz

Sa première exposition française Un pied dans la tombe est à découvrir à la galerie Magda Danysz (Paris) jusqu'au 29 mars: http://www.magda-gallery.com/, ses petits cartoons et autres dessins dark-mais-revitalisants sont sur son site : http://www.laurinapaperina.com/home.htm


L'usine rêvante de Loris Gréaud au Palais de Tokyo

Posté par Nedjma le 15.02.08 à 10:07 | tags : palais de tokyo, expos à paris, expos, art contemporain

C'est le nouveau fils chéri de l'art contemporain français. Loris Gréaud entre au Palais de Tokyo, et par la grande porte s'il vous plait. A tout juste 30 printemps, l'artiste investit tout l'espace du site -4000 mètres carrés- avec "Cellar Door", un gigantesque organisme généré par une partition distendue dans l'espace et le temps. Présentée comme une "usine rêvante", l'exposition se présentera en mouvement: oeuvres mouvantes, habillage sonore et lumineux, failles spatio-temporelles s'activant en temps réel. Autres réjouissances annoncées, des bonbons sans goût, du champagne noir, et une forêt de sculptures d'arbres. Ca vient de commencer, ça durera trois mois. On y revient très vite sur Flu.

"Cellar door", palais de Tokyo jusqu'au 27 avril 2008.


Les sucettes à motifs des M/M (Paris)

Posté par Lucie le 13.02.08 à 16:13 | tags : illustration, expos à paris, art contemporain, art numérique, beaubourg, expos, design

Il ne reste que quelques jours pour aller découvrir l’étonnante exposition Vision tenace, présentation du 2ème volets des Arts Posters, affiches du duo de graphistes M/M (Paris). 32 créations à la lisière du graphisme et de l’art contemporain retracent depuis 1999 les collaborations de Michaël Amzalag et Mathias Augustyniak avec des artistes, des cinéastes ou des commissaires d’expositions de la scène contemporaine comme Pierre Huyghe , Carsten Höller, Hans Ulrich Obrist, Melvil Poupaud, Sarah Morris, Rirkrit Tiravanija Une muséographie stimulante où l’on peut voir des papiers peints psychédéliques qui s’étirent jusqu’au sol, accueillant de mythiques sucettes translucides. Ces deux stars du graphisme reprennent en interview la définition du sémiologue Charles S. Peirce, affirmant créer des « icones, indices, symboles » afin d’exprimer leur point de vue singulier sur le monde. Leur choix de s’affirmer comme graphistes (et non comme plasticiens) trouve son origine dans une volonté de récupérer les outils de production de l’ère du tout-produit afin d’en détourner la substance, et de créer ainsi un dernier rempart esthétique à la marchandisation…

Audacieux!

This Is Not A Time For Dreaming, d'après l'affiche du film de Pierre Huyghe , copyright M/M Paris, galerie Air de Paris.

 

 

Los Angeles, d'après l'affiche du film de Sarah Morris, copyright M/(Paris), galerie Air de Paris.

 

 

 

 

Vision tenace jusqu’au 18 février au Centre Georges Pompidou,

Les M/M sont également présents à la galerie Air de Paris, à Paris, jusqu’au 8 mars.

 




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