
C'est ce que prétend l'artiste-entrepreneur, qui présente actuellement une série de peintures réalisées par lui-même, dans un non-événement intitulé No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, qui a lieu à la Wallace Collection de Londres, musée prestigieux auquel Hirst a dû payer la somme de 250 000 livres (281 000 euros) contre le droit d'exposer — là, une question d'éthique muséale se pose évidemment, mais passons.
Cette « période bleue » de l'artiste se caractérise donc par un retour à la main : peindre, pour Damien Hirst, est « plus choquant que réaliser des œuvres dans du formol ». Le sujet : la mort encore une fois, cette fois à travers des représentations de crânes bleus sur fond noir, toiles assez médiocres.
Dans un récent entretien au Guardian qui a fait scandale en Grande-Bretagne, Damien Hirst affirme avoir arrêté de peindre à l'âge de seize ans. « Je savais que je pouvais devenir Rembrandt », dit-il, poursuivant : « Je ne crois pas au génie. Je crois à la liberté. Je pense que n'importe qui peut le faire. N'importe qui peut être comme Rembrandt ». En apparence sérieux, l'artiste affirme : « Picasso, Michel-Ange, peut-être, tendent vers le génie, mais je ne pense pas qu'un peintre comme Rembrandt soit un génie. Il s'agit de liberté et de courage. Il s'agit d'une manière de voir. Ça peut s'apprendre. (...) Avec de la pratique, on peut faire de grands tableaux ».
Les critiques ne se sont pas faites attendre, notamment celle de l'artiste Jeremy Deller, lauréat du Turner Prize en 2004 : « N'importe qui ne peut pas peindre comme Rembrandt. (...) Il ne s'agit pas de travailler dur, c'est autre chose, le génie, c'est une qualité pure. Damien Hirst a travaillé très dur, mais à seulement une chose, se vendre. Mais cela fait des années qu'il n'a pas travaillé à être un artiste décent. Depuis dix ans il n'a pas fait grand chose, il s'est juste répété parce qu'il sait que ça lui rapporte de l'argent ».
A voir : No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, à la Wallace Collection, Londres, jusqu'au 24 janvier 2010. www
Photo : vue de l'exposition No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, Wallace Collection, Londres
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