« Spy Numbers » au Palais de Tokyo, expo SFPosté par Magali le 29.07.09 à 09:26 | tags : science-fiction, exposition, palais de tokyo, art contemporain
![]() « Spy Numbers », tel est le titre énigmatique de l'exposition estivale du Palais de Tokyo, que son directeur, Marc-Olivier Wahler, a transformé depuis son arrivée en 2006 en véritable laboratoire de l'art contemporain science-fictionnel, avec notamment les expositions Superdome ou Loris Gréaud. Suite ininterrompue de nombres diffusés par des voix anonymes sur les ondes courtes des radios, nous dit-on, les spy numbers sont émis depuis des décennies sans que l'on sache exactement ce qu'ils signifient... Un bien gros mystère pour une exposition collective pas très épaisse, mais dont les quelques œuvres dispatchées dans l'espace réduit (pour cause de travaux) du Palais de Tokyo restent longtemps en mémoire. Certaines se mesurent à une échelle planétaire. On retient en particulier le dispositif mis en place par Dove Allouche et Evariste Richer, La Terrella (2002), reconstitution de la chambre sous vide de Birkeland reproduisant le phénomène des champs magnétiques et produisant des aurores boréales selon le calendrier céleste. Pour To lower the mountains (Abaisser les montagnes, 2005), Luca Francesconi est quant à lui aller prélever au terme d'escalades dans les Alpes les sommets de trois montagnes, matérialisées par trois pierres triangulaires, geste à la fois romantique et utopique. Si Matt O'Dell illustre le titre de l'exposition avec sa Numbers Station Beacon/Community Broadcast Tower (2008-2009), il est bien le seul, et on ne voit pas ce que certaines œuvres, par ailleurs très impressionnantes, viennent faire là, comme Heap (2005), sculpture en jouets McDonald agglutinés de Jim Shaw ou le monumental Omission (2009) de l'Allemand Felix Schramm, déchirure spatiale dans l'architecture du bâtiment. Ainsi le noir « rhomboèdre à six losanges » de Tony Smith, For V.T., œuvre historique de 1969, se pose là comme un monolithe sorti de 2001 l'odyssée de l'espace. Dans toute la beauté de son mystère. Spy Numbers, au Palais de Tokyo, Paris, jusqu'au 30 août 2009. Avec Dove Allouche & Évariste Richer, Pascal Broccolichi, Luca Francesconi, Ken Gonzales-Day, Norma Jeane, Arthur Mole & John Thomas, Matt O’Dell, Felix Schramm, Jim Shaw, Tony Smith, Stéphane Vigny www.palaisdetokyo.com Lire l'entretien avec Marc-Olivier Wahler réalisé en 2006 Ill. Felix Schramm, Omission, 2009. Vue de l’exposition « Spy Numbers », Palais de Tokyo, 2009. Photographie : André Morin Commentaires
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