
La Biennale de Venise, grand raout où se retrouve la jet-set de l'art contemporain et où se dessinent — ou se confirment — ses tendances, est une manifestation internationale, perçue aussi comme une compétition artistique entre nations, chaque « pavillon » étant soutenu par le gouvernement de son pays. Aussi les œuvres politiques, comme cette année Le Grand Soir de Claude Lévêque au pavillon français, y trouvent-elles un écho amplifié et les débats peuvent y être vifs.
On connaît la situation politique actuelle de la Belgique, déchirée entre ses communautés wallonne et flamande, certains envisageant même une scission pure et simple du pays. Cette année, c'est la Flandre qui représente la Belgique à Venise, selon un principe d'alternance, un artiste de la communauté française, Jacques Charlier, ayant été officiellement désigné pour exposer dans le off. Depuis 1973, cet artiste dessine des « sexes d'artistes », interprétés selon leurs « attributs artistiques ». Le Ministère de la Culture et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique avait favorablement accueilli l’idée de montrer cent de ces dessins sous forme d’affiche dans l’espace public de Venise. Projet finalement rejeté, par crainte, selon la direction de la Biennale, « d'offenser les artistes concernés », prétexte fallacieux étant donnée la bonhommie bien inoffensive de ces dessins — le sexe de Jeff Koons, par exemple, est figuré par l'un de ces ballons de baudruche qu'affectionne l'artiste. Jacques Charlier et ses dessins se sont donc repliés à bord d'un bateau amarré non loin des Giardini — avant d'être exposés dans diverses villes d'Europe —, et bénéficient de fait d'une extraordinaire publicité, qu'ils ne méritaient sans doute pas.
A voir sur Fluctuat, l'interview vidéo de Claude Lévêque, qui représente la France à la Biennale de Venise, et le diaporama de la Biennale de Venise.
www.labiennale.org
Ill. Jacques Charlier, Sexe d’artiste N° 84, 1973-2009 © Jacques Charlier
De Bernard Moutin, posté le 18.06.09 à 16:53
... et au même moment l'affiche de la X° Biennale de Lyon reprend un X qui aurait pu être réalisé par Jeff Koons, sans être classé X.
Décidément cet artiste est toujours sur le devant de la scéne.
Mais personnellement je pense qu'il restera à la postérité aussi peu que Vassarelly, un artiste de la répétition manquant de sensibilité.
De Jan Theuninck, posté le 21.06.09 à 12:24
Voici Phalluzoïde ou L'Origine du Sexe que je viens de rebaptiser "le sexe d'artiste N°101" à titre de soutien à Jacques Charlier et à ce génie qui a su monter ce coup.