Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Robert Combas, frimeur flamboyant

Posté par Nedjma le 12.03.09 à 15:46 | tags : expos à paris, photographie, peinture, mep
Un peintre à la Maison Européenne de la photo ? Après Jacques Monory, place à Robert Combas. Il peint sur des reproductions photographiques d’œuvres anciennes et donne naissance à d’autres œuvres, tout en s’interrogeant sur la pratique de la reproduction à l’infini.

Ici, on découvre des œuvres spécialement créées par Combas pour l’occasion. L’artiste a repris les ektachromes d’œuvres anciennes, réalisées à partir de pages de magazines arrachées : papier glacé où s’étalent des icônes de la mode, immobiles, qu’il anime.  Ces archives passées sont réutilisées comme bases de nouvelles œuvres peintes, elles aussi photographiées et peintes en grand format. Reproduction de la reproduction, par un processus d’autoinspiration.

En 200 centimètres sur 150, les créations finales signées par l'artiste mêlent photo argentique, peinture aux couleurs pétaradantes et phrases déclinées en lettres majuscules. « J’y comprends plus rien », « Drague-moi comme une chanson d’amour ». Avec ces nouveaux ajouts successifs, il introduit du mouvement et casse le côté figé de la photo.

Voilà une dizaine d’années qu’il se penche sur ce support, en transformant des images existantes. C’est l’une des « pratiques satellites » à sa peinture. Mais quel que soit le support, on retrouve la désinvolture, l’humour, les envolées sensuelles, étranges et parfois un peu violentes, trop « gueulardes » pour certains, qui font sa patte. Sur une cité aux bâtiments verts, cliché urbain, un grand soleil jaune réchauffe une pépette allongée, lascive. Ici encore, son bestiaire étrange, puis une galerie de personnages qui mêle mante religieuse, sainte verte et noire, déesse indienne et statuette pygmée…

S’il rit des autres, il sait aussi rire de lui-même et jouer avec son image. En se qualifiant de « frimeur flamboyant » d’abord. Ou en se représentant dans des postures pour le moins improbables. Voyez cet autoportrait en Roy Loney, en avaleur de sabre et de « cool-œuvre », encore en « teenage-head » ou en saint sacristain dans une culotte de zinc !

Et puis il y ce film captivant qui lui est consacré. On y voit Combas à l’œuvre, on y entend ses confidences, verbe haut, faconde vive. Il commente notamment son travail, les accidents et les fautes qui donnent des oeuvres : « Plutôt que la ligne droite, je peins dans les chemins de traverse et parfois je tombe dans les trous ! C’est assez fatigant ». Mais tellement plus dense.

Illus "J'y comprends plus rien" dr

Exposition Robert Combas, jusqu’au 5 avril, Maison Européenne de la photographie.





Commentaires

De melissa, posté le 29.06.09 à 19:04 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Jtm

De melissa, posté le 10.07.09 à 20:05 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
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