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Dufy, un graveur et designer à découvrir

Posté par Magali le 23.12.08 à 13:22 | tags : musées, peinture

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris rend hommage en cette fin d'année à un artiste mal connu et mal aimé en son pays, Raoul Dufy. La présence dans l'enceinte du Palais de Tokyo (scindé entre la Ville de Paris, qui y loge le MAMVP, et l'Etat, qui y a installé un centre de création contemporaine du même nom), de la fresque La Fée Electricité, réalisée par Dufy pour l’Exposition Internationale des Arts et Techniques à Paris en 1937 et installée en 1964, n'y est sans doute pas étrangère.

Dufy est un peintre mal aimé, on le sait depuis sa mort en 1953. Cette année-là eut lieu en son honneur une exposition au Musée d'Art moderne, à Paris. Depuis, plus rien dans la capitale française. Pourquoi un tel rejet ? Certes, Raoul Dufy ne fut pas un grand peintre, hormis un certain nombre de bonnes toiles visibles au MAMVP, notamment celles de la période fauve, lorsque l'artiste peint les plages de sa Normandie natale dans une effervescence qui mêle l'anecdote Belle-Epoque à la Maupassant à la furie fauve. Le passage au cubisme, comme chez de nombreux peintres, éteint sa palette et raidit son dessin. Puis, lorsque Dufy trouve sa manière, qui consiste à faire déborder la couleur du cadre dessiné et à répéter des marines aux vaguelettes naïves ou des intérieurs faussement matissiens, là, on ne suit plus.

L'agréable surprise de l'expo du MAMVP est donc ailleurs, notamment dans la (re)découverte du talent de Dufy comme graveur et créateur arts déco. Des tissus à fruits dessinés pour le célèbre styliste des Années folles Paul Poiret aux énormes jarres décorées avec audace, en passant par d'intrigantes maquettes d'appartements en céramique ou des projets de mosaïques florales, on saisit là grâce à l'artiste tout le charme d'une époque. Et ses séries de gravures sur bois pour Le Bestiaire ou Le Cortège d'Orphée d'Apollinaire, par le sens de la composition et la délicatesse des contrastes, valent cent fois ses toiles aux couleurs souvent criardes.


Raoul Dufy. Le Plaisir, jusqu'au 11 janvier 2009, au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris.
Ill. Raoul Dufy, Le Serpent, bois gravé, illustration du Bestiaire ou Le Cortège d'Orphée de Guillaume Apollinaire, 1910-1911, Paris, Centre Pompidou, Musée national d'Art moderne





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