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Traces du sacré: le trop est-il l'ennemi du bien ?

Posté par Floriane le 23.05.08 à 13:11 | tags : expos, beaubourg

 

Rien de plus agréable que de voir une exposition documentée, de plus étourdissant que de compter les grands noms réunis ; mais rien de plus décevant aussi parfois. Le sacré est un thème d’une ampleur incommensurable ; vouloir lui consacrer une manifestation est plus que risqué, même si la réflexion s’impose dans une société traversée comme jamais par des questions et des problèmes qui y ont trait, de plus ou moins loin. La déception vient ici du manque de profondeur du traitement, de l’empilement quasi scolaire des œuvres et des thématiques. Dommage, la question du sacré reste, plus que jamais, d’actualité.

Le Centre Pompidou ne doute pas qu’il s’agisse de l’un des « rendez-vous culturels majeurs de l’année ». Belle confiance. Il est vrai que le casting a de quoi attirer: Picasso, Dix, Goya, Malevitch, Brancusi, Rodin, Bourdelle, Nolde … Que du beau monde, aux côtés des plus contemporains Kapoor, Scurti, Abdessemed, Boltanski, Alberola … Et pourtant, à l’issue du parcours, on ne peut que se dire que le trop est l’ennemi du bien, du bien pensé, du bien vu, du bien choisi. La présentation opte pour une chronologie censée illustrer les préoccupations esthétiques et spirituelles du XXè siècle. Est-ce vraiment l’angle le plus fin ? L’intitulé des sections (Traces des dieux enfuis, Nostalgie de l’infini, Révélations cosmiques, Eden, Danses sacrées) ressemble davantage à un sommaire de manuel scolaire qu’à une réelle proposition sur le sujet.



Ce qui agace surtout, dans cette profusion quasi incontrôlée, ce sont les maladresses de la scénographie et de l’accrochage, d’où une impression d’entassement, accentué lorsque la foule se presse tant bien que mal dans les espaces étroits et labyrinthiques.
Est-ce dû au commissariat de l’exposition, à cette manière scolaire d’aborder le thème et de le présenter ? Est-ce en partie dû aux œuvres choisies ? Traces du sacré, au Centre Pompidou, réussit la prouesse de les faire totalement disparaître de l’amoncellement proposé. La relation à l’intime, autant qu’au collectif, est essentielle avec un thème comme celui-là. Ici, aucune rupture ne vient rythmer l’espace, systématiquement comblé ; les œuvres ne respirent pas plus que les spectateurs, asphyxiés. Comment entrer en résonance avec leur démarche, leur pensée, leur œuvre, dans un tel fatras d’érudition profusionnelle ?
Après Paris, l’exposition sera présentée au Haus der Kunst à Munich. Il reste trois mois aux organisateurs pour penser un espace plus aéré, mieux pensé, et Traces du sacré prendra enfin toute sa valeur, au moins documentaire.

Traces du sacré, jusqu’au 11 août, au Centre Georges Pompidou (www).

Commentaires

De Corinne Bayle, posté le 19.07.08 à 12:44 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je ne suis pas du tout d'accord avec cette analyse cavalière et simpliste et vous en propose une autre
CB
http://www.tourmentsdachab.com/blog/2008/06/29/traces-du-sacre/

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