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"La cruci fiction" de Mickey : couverture de Mouvement controversée

Posté par Lucie le 01.04.08 à 15:56 | tags : revue, art contemporain

Cette couverture a fait polémique, des personnes de religion catholique ont manifesté leur désapprobation. L’œuvre est d’un collectif d’artistes contemporains Taroop&Glabel , qui a l’habitude d’ interroger des thèmes comme le commerce, la religion, la société du divertissement, les ordres militaires ou médiatiques. Le collectif tente de ridiculiser et désacraliser certaines icônes, en bref il s’attaque à tout ce qui pourrait, poussé à l’extrême, nuire à l’épanouissement d’un penser par soi-même.


Jean-Marc Adolphe, Valérie Da Costa et David Sanson de Mouvement ont donc répondu à ces accusations (www) en étayant leur propos de réflexions sur la notion même d’icône :
« Désacraliser ce qui nous rabat sans cesse sur l’identique de notre identité, telle est l’une des premières vocations de l’art. Son travail de sape, en quelque sorte, à l’encontre des représentations dominantes et de l’idolâtrie », écrivons-nous dans l’éditorial de ce numéro 47. Ces mots, qui font référence au philosophe Giorgio Agamben, trouvent un écho inattendu dans les écrits de théologiens tels que Raymon Panikkar et, surtout, le jésuite Christoph Theobald : dans son ouvrage La Révélation (publié en 2001 aux Editions de l’Atelier), celui-ci dit-il autre chose lorsqu’il rappelle que tout le Premier Testament, de même que la Torah, condamne l’idolâtrie ? Dans le chapitre intitulé « La fin de l’Histoire », Theobald montre combien les pouvoirs religieux ont eu tendance à fabriquer des images, à « chosifier » des êtres qui n’étaient que fraternité, des figures ensuite récupérées par les pouvoirs politiques ou économiques. »


Très judicieux de la part des rédacteurs de pointer ce problème de fond qui renvoie au rôle et à la puissance, délicate à gérer, de l’image, du symbole et de l’icône. Ils rétorquent également avec des arguments un peu plus provocateurs et contemporains qui soulignent leur étonnement face au caractère un rien conservateur des plaintes :

« On se contentera de rappeler que, depuis les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et les lois du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la notion de blasphème n’existe plus en droit français dès lors qu’il n’y a ni atteinte à l’ordre public, ni "provocation aux crimes et délits". Manifestement, certains de nos interlocuteurs semblent le regretter. Plus sûrement qu’auprès des tribunaux, c’est chez Nicolas Sarkozy que les arguments des nostalgiques de la période d’avant la loi de 1905 (entérinant la séparation de l’Eglise et de l’Etat) risquent de trouver une oreille attentive. »

 

Pauvre Jésus, pauvre Mickey

La tonalité ironique et vindicative de ce deuxième extrait satisfait notre indignation face à la possibilité de telles objections. Bien sûr la référence à Nicolas S. est peut-être un peu gratuite et sauvage. Mais il est en effet un peu étonnant au 20ème siècle de ne pas pouvoir accepter que l’art, qui propose un regard réflexif sur l’individu et la société ne puisse exercer son esprit critique sur la religion ou Walt Disney. Qui plus est dans une société où l’on peut avoir un sac à l’effigie de Jésus ou de la Cène. Si ces personnes se rendaient dans les musées, elles s’apercevraient que les signes de la chrétienté ont été et sont bien souvent mis à mal… Qui plus est, effet non souhaité, ces remarques enflent l’importance de cette couverture en la rendant médiatique.


On se prend à penser que ce serait plutôt à Mister Walt Disney de s’émouvoir qu’on inflige ainsi à sa petite souris de telles tortures. Petite souris, elle aussi de nombreuses fois victime des méchants artistes, pour le meilleur et pour le pire... (dans l'ordre d'apparition Taroop&Glabel, Andy Warhol, Keith Haring, J.M. Basquiat et Philippe Huart).

 

Commentaires

De Poliotoe, posté le 01.04.08 à 16:19 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je pense qu'on écrit "crucifixion", à moins que tu n'es volontairement voulu écrire cruci-fiction, pour montrer le caractère peut-être fictif du Golgotha.
Ca ne me choque pas de voir Mickey crucifié, c'est juste un travail sur les icônes et Mickey en est une. Je me demande pourtant si cette couv' est aussi moderne qu'elle le voudrait, et pour tout dire je la trouve presque dépassée, so 90's...
C'est presque un détournement obligé, une fausse bonne idée, du déjà-vu...

De lucie, posté le 01.04.08 à 17:30 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ouai c'est le titre de l'oeuvre "crucifiction" avec un "c"

De Aiguilleur (Flu), posté le 01.04.08 à 17:58 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour mémo, quelques photos de Disney revisité sur cette galerie Flu...

De Donnie, posté le 01.04.08 à 21:45 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'ai reçu un mail collectif de Mouvement  ( ???) qui expliquait que des cathos se sont insurgés mais sont restés corrects et à la fois remontés en se demandant pourquoi en ce cas les autres religions ( musulmane ou judaïque) ne sont curieusement jamais ou rarement blasphémisées.

De lucie, posté le 03.04.08 à 10:37 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
En effet cela faisait partie de leurs objections - les rédacteurs précisent aussi dans l'article que certains sont restés corrects et d'autres moins. Concernant cette remarque sur les autres religions, les journalistes leur rappelle le fait que Benoit XVI refusa de recevoir le Dalaï Lama en 2007. Que pensez de cette réponse?...un sujet délicat en fait...

De Polydamas, posté le 04.04.08 à 12:14 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
@ Lucie:

Mouvement n'est pas à un mensonge près, le dalaï-lama a été reçu par le pape en 2006. Sinon, sur les autres religions, il est facile d'avoir son idée sur la question. Les menaces violentes ayant toujours fait partie de l'arsenal répressif de certains musulmans ainsi que la position particulière occupée par le judaïsme, toujours plus ou moins raccrochée à la shoah, ne laisse qu'une seule religion sur laquelle il  est possible de cogner librement: le catholicisme.

Mais il y a un problème, les catholiques commencent à se rebiffer. Il va falloir faire avec.

De stéphane, posté le 04.04.08 à 12:45 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Moi j'aime cette oeuvre

et taroop et glabel

et le dossier de mouvement est très bien


De Donnie, posté le 08.04.08 à 19:02 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Merci, Polydamas, c'est en gros ce que me répondait une artiste qui exposait des bricoles pas trop catholiques et provocantes dans un salon artistique. Mais elle ne manquait pas d'humour ( à défaut de courage: celà est concevable): elle m'a soufflé l'idée du Kinder Mahomet, avec rien dans le petit oeuf, ou alors ( pire et suicidaire) avec un mini turban et un pétard, ou encore avec une crotte de mouton. Concept gratuit, quel inconscient s'y colle?

De LILITH LA CAPRCIEUSE, posté le 17.04.08 à 22:59 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Qu'est ce qu'une bonne provocation?

Celle qui r

Alors dans ce sens :beaucoup d 'artistes ont jouer ce role ,en litt

Le siecle de la modernit

L'art contemporain est en r

D'autre part ,pour ce groupe qui a l

évèle et met au jour les vices d'une société,qui cherche a soulevé le poid de l 'hypocrisie (dire tout haut ce que les gens pensent tout bas)Celle qui cherche a élevé les consciences contre l'opinion commune, contre la masse.érature :Diderot avec son matérialisme reniant la religion et les normes de son siecles,en peinture ,Caravage niant les conventions picturales en introduisant un rapport direct entre lui et le sacré sans passer par les institutions catholiques ,ce qui lui vaudra rejet et désapprobation de la part de ces compatriotes.é sera l'appanage de la provocation:avec les mouvements tels que le cubisme , le surréalisme (dada),et en général: l'art contemporain qui inverse les codes de l'esthétisme picturale.Ces codes n'appartiennent plus au monde du beau mais a celui de l'abstraction qui se coupe de toute référence a la réalité .Il ne sagit plus alors que de recherche la beauté a travers lordre et lharmonie des formes et des couleurs a l’état pur ,cad indépendantes de tout support matériel réel .L’émotion dégage non pas du motif réel ,support des formes et des couleurs, mais du pur jeux perspectif qui se joue dans la combinaison des formes et des couleurs.éalité le monde de la subversion.Et si je me penche sur cette question c'est pour dénoncer l'usage excessif de ce mode d'expression:en croyant que plus on est provocateur plus on est contemporain,artiste,et innovateur.Ce qui a appartenu a une epoque de changement ne doit pas etre utilisé avec excès car la subversion dans l'art moderne a véhiculer des idées , des opinions, mais la provocation exessive et rébarbative n'est pas de l'art car elle ne communique plus rien ou alors des idées deja vu et revu:par exemple:une dénonciation de la religion et de l'idolatrie ,sujet banal,doit etre réfléchi,subtil ,inovateur,afin de provoquer un certains interet pour le spectateur qui attent quelque chose de l'oeuvre alors que dans Taroop&Glabel ,l'image simplifié dénoué de sens profond (ou alors une référence au divertissmenet de masse,quel originalité!) génère une critique vulgarisé et minimaliste et je vais vous dire pourqoi ca ne va pas:car lorsqu on parle d'un sujet a polémique aussi répendu que celui de la religion ,on essaye d'innover et de ne pas tomber dans la répétition .D'ailleur pour une troupe d'artistes comtemporains ,la créativité devrait etre leur priorité.habitude d interroger des thèmes reflettant la société de consommation ( commerce, religion, société du divertissement, ordres militaires ou médiatiques)utilise dans leur oeuvre ,des produits qui leur viennent directement de la consommation de masse (MIckey ,clou et croix).En bref, pour produire cette "oeuvre" , il se sont appropriés les moyens que notre chere sociéité leur a mis à disposition.(alors avant de provoquer ,qu'ils s'interrogent sur leur degres de dépendance envers cette société qu'ils n'hesitent pas a critiquer.Au finale,s'attaquer à un sujet tant usité et convoité en terme de critique n'a plus de sens si l'on ne degage pas (dans son oeuvre) une solution,une attraction,une curiosité qui amène le spectateur a s'intérroger sur le sens de cette condamnation.Personnellement ,cette oeuvre est une critique vulgarisée.Provoquer pour provoquer n'a jamais ete une libération en soi , critiquer pour critiquer n'a jamais générer un épanouissement personnel aussi.Car, en général lorsque l'on fait une critique,si le support artistique est déja pauvre ,on attent une argumentation derriere un peu plus developper que: « Désacraliser ce qui nous rabat sans cesse sur lidentique de notre identité, telle est lune des premières vocations de lart. Son travail de sape, en quelque sorte, à lencontre des représentations dominantes et de lidolâtrie »

Ce que je veux dire en bref ,c'est que ce theme a

Merci pour cette oeuvre qui ne sert a rien.

 

 

 

 

été utilisé des milions de fois , et que repris sans y mettre un quelconque plus ,ne sert a rien.

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