Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Baselitz érotique, mais pas seulement...

Posté par Lucie le 13.03.08 à 15:19 | tags : expos à paris, galerie à paris, peinture

Remix c’est le nom de l’exposition qu'a choisi Georg Baselitz pour ses 70 ans, celui-ci s’est en effet inspiré de ses précédentes toiles pour composer les nouvelles, « réactualiser le motif en lui donnant un nouveau rythme ». Anciennes toiles qui pour certaines avaient fait scandale en leur temps. Il est vrai que tout ceci a quelque chose de sulfureux, mais pas seulement…


La plupart des tableaux exposés représentent, plus ou moins précisément, des scènes d’amour. Ces instants sont tantôt suggérés, tantôt plus érotiques, certaines toiles sont même dignes d’un illustrateur sans scrupule de Charli Hebdo. Des couples la tête en bas, dans la droite ligne du travail du peintre, enlacés, emmêlés et confondus.

Dans l’espace de la verrière on peut voir des peintures à l’huile, au premier, des aquarelles et encres de chine. Les couleurs sont gaies, pastelles, avec des accès plus prononcés parfois. Les traits, légers eux aussi, composent un tout fluide, dansant, emporté dans le tourbillon. Sur certaines toiles des motifs un peu pop, des ronds roses, envahissent l’espace blanc et dynamisent encore les ébats des amants. Sur d’autres des formes abstraites plus géométriques semblent elles au contraire tenter de cadrer un peu, mais sans s’affirmer de trop.
Les hommes sont souvent envahis d’un rouge troublant, au cou, aux chevilles, aux poignets. Cette couleur répandue avec désinvolture est signe d’une certaine violence, doublée d’une certaine fragilité, pour ces articulations chargées d’impulser douloureusement le mouvement vers l’autre. Les femmes sont parfois happées, sans contour clair, un aplat de couleur en mouvement en heurt aux formes définies des hommes, plus décidées.


Et ce qu’il reste est étrange. Parmi tous ces couples, et en contraste on le remarque facilement, il y a quelques individus seuls. Dans la verrière, un homme peint en noir tient dans ses mains sa longue verge noire elle aussi qui se lève vers le ciel. Il ne semble pas être maître de son expression, piteusement perdu, volontairement désespéré, un peu ébahi, un peu absent. Au second, un homme de face est comme écrasé sur la toile et tient à bout de bras deux valises noires. Deux sacs sans contour réellement fixe, dont le contenu apparait du coup plus grand que le contenant et comme envahissant. L’homme tente de s’en défaire, d’éloigner ses bras, il est apeuré mais semble habitué à la peur.

Qu’est-ce donc que ces hommes seuls ? Les valises des déceptions, la verge qui trahit, ce qui alourdit, ce qui commande ? Il semble que ce soit le signe d’une solitude éprouvante en tout cas. On les inviterait bien à changer de toiles, mais ça...ce n’est pas possible.

 

Illustr Georg Baselitz© courtesy galerie Thaddaeus Ropac

Remix de Georg Baselitz, jusqu'au 29 mars, à la galerie Thaddaeus Ropac (www)





Commentaires

Pas encore de commentaire

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto
Recopie crypto :


  Discussions en cours sur le forum arts :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Clin d'oeil : liens à voir
. La boite à images (FR)
. Drawn (EN)
. Paris.photobloggers (FR)
. pourinfos (FR)
. Regarde (FR)
. EyeBeam Reblog (EN)
. Le Typographe (FR)
. We make money not art (EN)
. Veer (EN)
. Del.icio.us:art (EN)
. Flickr Paris (EN)