
Les espaces publicitaires du métro se sont couverts ces derniers jours, d’une affiche alléchante : « La Méditerranée des Phéniciens, de Tyr à Carthage » à l’Institut du Monde Arabe. Tout un programme ! A l’arrivée, l’on se dit qu’il est bien difficile de monter une exposition sur un peuple dont, l’avouent les spécialistes, l’on ne sait pratiquement rien.
Dans une première partie, consacrée à l’invention de l’alphabet (appelé « lettres phéniciennes » par les Grecs), les connaissances scientifiques sur l’évolution de l’écriture cunéiforme sauvent la mise, même si les objets présentés ne semblent pas d’une relation très convaincante au propos. A l’étage, cette sensation s’accentue : hors audioguide, point de salut. Le visiteur, laissé aux seuls cartels, reçoit des bribes d’une civilisation quasi inconnue, fortement influencée par l’esthétique égyptienne et les autres contacts que les rapports commerciaux lui permettaient d’établir avec le bassin méditerranéen. Les sceaux minuscules, présentés sans loupe, perdent beaucoup de leur valeur ; l’audio-visuel, sans commentaire, dresse un portrait, plus que laconique, de l’étendue géographique de l’influence phénicienne. Il faut attendre la dernière série d’interviews, pour que les invités avouent franchement leur ignorance et rappellent qu’au XIXè siècle, les images les plus fantaisistes ont circulé. Là, l’on imagine qu’une présentation moins conventionnelle aurait pu rendre plus vivant un corpus fragile, mais qui reste (ou peut-être pour cette raison-même) fascinant.
On pourra toujours se rattraper, en lisant Les Phéniciens, paru chez Gallimard dans la collection L’Univers des formes.
Plaque de revêtement de porte, Balawat, vers 900 av. J.-C. Paris, Musée du Louvre © Photo RMN La Méditerranée des Phéniciens, de Tyr à Carthage :
Jusqu'au 20 avril 2008, à l'Institut du Monde Arabe