Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Comment regarder l’autre ?

Posté par Floriane le 13.11.07 à 10:34 | tags : bnf, expos à paris, photographie, quai branly

Photoquai, la biennale lancée par le musée du Quai Branly, propose outre des grands et moyens formats sur le quai de Seine, une série d’expositions dans diverses institutions parisiennes. Plusieurs d’entre elles méritent l’attention, mais s’il est impossible de tout voir, on peut au moins envisager les propositions selon l’angle affiché par la manifestation : le monde vu par ceux qui y habitent (de préférence à ceux qui s’y déplacent). En contraste avec cette idée et pour la mettre en perspective historique, sans doute, l’exposition consacrée aux Trésors photographiques de la Société de géographie présente, à la BNF, l’un des versants patrimoniaux de la manifestation.
Au XIXè siècle, après les premiers daguerréotypes (présentés au Quai Branly sous le titre Camera Obscura), les scientifiques confient à la photographie le soin de garder trace du monde, dans son étendue et son évolution. L’exposition de la Bibliothèque Nationale souligne, de manière très claire, la curiosité non seulement pour les paysages (vus d’un point de vue géologique), les peuples (très vite de façon ethnologique) et les industries (premiers chemins de fer, métro aérien, usines d’extraction, etc). Dépassés les récits et les croquis, l’image tend à s’imposer comme le reflet du monde, dont certains aspects s’avèrent condamnés à disparaître inexorablement. Le sens artistique gagne rarement ces regards scientifiques, à la différence des autres créateurs choisis par Photoquai.
Et pourtant, en quoi le témoignage des chercheurs français, allemands, anglais, lancés sur les pistes alors, ou celui des artistes d’aujourd’hui partis à la découverte d’autres horizons, aurait-il moins de valeur, d’authenticité que celui des autochtones ? La question n’est pas simple. Pour preuve, le regard croisé proposé par l’Institut polonais : comment un Chinois et un Polonais rendent-ils compte d’un même pays (la Chine) ? Peut-être l’Européen semble-t-il plus anecdotique, l’Oriental plus sensible au souffle qui parcourt ce qu’il voit ? Mais à quelques encâblures, les photos de trois autochtones, présentées au Centre culturel chinois, viennent démentir cette remarque fragile.
Chaque artiste a sa signature, même si la culture qui l’a nourri ne peut rester anodine. Chaque spectateur a son regard, et sa culture à lui le guide. Le grand mérite de Photoquai est de soulever toutes ces questions, et de faire avancer, en ces temps de protectionnisme à outrance, le rapport à l’autre. Illus © Édouard Joseph Bidault de Glatigné

Photoquai :
Du 30 octobre au 25 novembre à Paris
Catalogue « Le monde regarde le monde » : 35 €, en vente au musée du Quai Branly

Trésors photographiques de la société géographique:

Exposition virtuelle, sur le site de la BNF (www)





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