C'est un fait incontestable : depuis quelques années, et plus précisément depuis l'arrivée d'Henri Loyrette à la tête du musée du Louvre, l'art contemporain s'est infiltré au palais. Evénement significatif à l'appui, l'artiste allemand Anselm Kiefer vient d'entrer définitivement au Louvre. Ce ne s'était pas vu depuis 1953, date à laquelle Georges Braque investissait un plafond du musée. Le directeur a tout compris. Il met tout le monde d'accord en esquivant la sempiternelle querelle des anciens et des modernes, en précisant qu'il veut " renouer avec la tradition [ça, c'est pour les anciens] : le décor du Louvre a toujours reflété les arts de son temps [ça, c'est pour les modernes]» Aussi, le Louvre a commandé une oeuvre à Kiefer, artiste déjà cher au français. Athanor, sublime peinture de 11 mètres de haut occupe désormais une niche près de l'escalier nord de la Cour Carré. Sur cette toile, on peut voir le corps d'un homme nu gisant sur le sol, duquel s'élève une tige, idée d'une métamorphose. L'autoportrait, le rite funéraire et la constellation sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de l'artiste. A cela, viennent s'ajouter deux sculptures, Danaë et Hortus conclusus, toutes deux évoquant également la résurrection. En guise de crémaillère, le musée organise une exposition, des lectures, des conférences, ainsi que des créations de musique et de danse, le tout autour de Kiefer. La pérennisation d’œuvres contemporaines au Louvre se poursuivra avec le plafond de la salle des Bronzes commandé à Cy Twombly et un vitrage pour l'escalier Lefuel traité par François Morellet. Illus © Martine Archambault
Anselm Kiefer au Louvre : "traverser les frontières"
Jusqu'au 7 décembre, au Musée du Louvre (www)
De Denise Morel, posté le 23.03.08 à 10:15
On parle trop peu des deux niches latérales à l'Athanor, celle de gauche surtout. Ces Danaë et Hortus conclusus méritent d'être admirées. Aucune photo ne rend l'éclat des petites feuilles d'or tombées du tournesol effeuillé. Vie et ruine, destruction et résurrection. C'est discret, sublime.
denise Morel