Présentée en 2004 à Paris, dans la chapelle Saint-Louis de la Pitié Salpêtrière, "Les Folles d'enfer" sont exposées jusqu'à demain au
centre d'art Passerelle à Brest, dans le cadre de la semaine de la Santé Mentale. Oeuvre de Mâkhi Xenakis, des centaines de sculptures ressuscitent ces femmes rejetées par la société, qui furent internées pendant deux siècles à la Pitié Salpêtrière, dans des conditions épouvantables. Parce qu'elles étaient folles ou criminelles, mais parfois simplement mendiantes, homosexuelles, épileptiques, juives ou aveugles, ces femmes étaient mises à l'écart, punies et abandonnées un peu trop facilement par une société qui n'acceptait pas la différence, et ce jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Fruit d'une recherche dans les archives de l'Assistance publique, l'artiste propose ainsi un hommage à ces femmes longtemps oubliées. Hommage d'autant plus poignant que ces pratiques, même si elles ne sont bien sûr plus systématiques depuis longtemps, n'ont pas totalement disparues, comme en témoigne notamment la quête photographique de
Nan Goldin dont la soeur s'est suicidée après avoir été internée pour cause de simple crise d'adolescence. De l'art comme thérapie. Jusqu'au 18 mars à Brest.