Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Archives > Novembre 2009

Pour un art sans œuvre

Posté par Magali le 27.11.09 à 14:54 | tags : insolite, art contemporain
« Nous croulons sous les œuvres ». C'est le constat de Jean-Baptiste Farkas, co-fondateur de la Biennale de Paris, structure invisible sans expositions ni œuvres ni spectateurs dont les trois principes stratégiques sont : être liquide ; convertir le vide en espace à ne pas remplir ; quand le sol est occupé, occuper le sous-sol...

« Comment faire en sorte de ne pas contribuer à cette prolifération, sans renoncer à progresser ? Comment progresser sans croître ? », s'interroge Jean-Baptiste Farkas. Pour démontrer cette intense prolifération, le site de la Biennale a mis en place un outil de calcul du nombre d'œuvres d'art produites chaque seconde et chaque jour. Après divers calculs qui aboutissent à une estimation du nombre d'artistes dans le monde à 6 742 958, et présumant qu'un artiste produit 0,25 œuvres par jour, on estime donc que 1 685 740 œuvres sont produites par jour dans le monde, soit 19,51 par seconde, la plupart en Asie, étant donné que la population mondiale est aujourd'hui aux deux tiers asiatique.   

Un compteur, qui a débuté son décompte le 25 octobre 2009 à 00h00, permet de voir le nombre d'œuvres créées chaque seconde et de se rendre compte, magré le caractère absurde de l'entreprise, que l'on croule bien sous les œuvres, la plupart étant, selon les membres de la Biennale de Paris, des « marchandises »... L'art sans œuvre est-il l'avenir de l'art ?




Les fleurs, l'amour, la mort par Jim Hodges

Posté par Magali le 25.11.09 à 14:41 | tags : exposition, art contemporain, centre pompidou

S'il ne fallait retenir qu'une seule image, ça serait celle-ci, Still to come, œuvre de l'artiste américain Jim Hodges, auquel le Centre Pompidou consacre dans sa Galerie d'Art graphique une exposition, Love, etc., qui est, comme son œuvre entier, aussi discrète que remarquable.

Peu connu en France, le travail de Jim Hodges, né en 1957 à Spokane, Etat de Washington, parle d'amour, de fragilité, de mort, thèmes éminemment romantiques et facilement reléguables au banal ou au déjà-vu. L'artiste, de plus, recherche délibérément la beauté, et ce avec des fleurs en tissu, des feuilles d'or ou des pastilles colorées... Ennuyeux, le travail de Jim Hodges ? Pas le moins du monde.  

Pour témoin cette œuvre, donc, Still to come, composée de feuille d'or 23 carats et de papier adhésif découpé. L'œuvre reprend un motif de branchage, le feuillage se détachant du support comme soulevé par le vent. Absence et présence forment dans les œuvres sur papier de Jim Hodges, comme dans ses installations-sculptures des mouvements de va-et-vient. À partir de 2005, l'artiste commence à recouvrir de feuille d'or des pages de journaux provenant des quatre coins du monde. Il les intitule The Good News, obstruant l'information elle-même par une matière qui symbolise la richesse comme l'éternité — on pense aux coupoles byzantines évoquant le Paradis ou aux enluminures médiévales à fond d'or déplaçant le contexte réel dans le divin abstrait. Still to come, « A venir », évoque un futur qui rassure, une éternité impalpable, au-delà de la matière. La mort acceptée, dans sa plus belle représentation.


Jim Hodges. Love, etc.
, au Centre Pompidou, Galerie d'art graphique, jusqu'au 18 janvier 2010. www

Ill. Jim Hodges, Still to Come, 2004, feuille d'or 23 carats et adhésif sur papier, 152,4 x 111,8 cm, collection particulière







Roven : le dessin contemporain a sa revue

Posté par Magali le 24.11.09 à 11:34 | tags : revue, art contemporain, édition

Dans le petit monde des revues d'art, trouver sa niche est une condition indispensable à la visibilité, c'est-à-dire à la survie. Depuis quelques années, le dessin prend une place de plus en plus importante dans les pratiques artistiques, mais il lui manquait encore, si ce n'est une bibliographie conséquente, du moins une revue digne de ce nom.

C'est chose fait avec Roven, « revue critique sur le dessin contemporain », semestriel qui paraît pour la seconde fois. Dirigé par Johanna Carrier et Marine Pagès, Roven est un bel objet, réalisé par Sylvie Astié du collectif franco-japonais Dokidoki, qui met en avant l'image sans lui concéder tout l'espace et donne au texte juste ce qu'il lui faut de place pour respirer.

On fait dans ce second numéro de précieuses découvertes, notamment les dessins grotesques et inquiétants, entre Henry Darger et James Ensor, de l'artiste canadien Marcel Dzama, ou les impressions post-Pop déréalisantes de l'Américain Matthew Brannon... 

On y trouve aussi, pêle-mêle, des focus sur des artistes pratiquant le dessin, comme le duo Hippolyte Hentgen, qui fait la couverture avec son dessin surréaliste Burden of life, une étude sur le dessin « à l'aveugle », un dossier thématique sur le dessin à quatre mains, avec notamment un portfolio du collectif suédois Teckningsklubben, un choix de livres d'artistes par la libraire Florence Loewy ou une étude sur le symboliste belge Félicien Rops, qui montre que les directrices de la revue ne se cantonnent pas au strict contemporain. Roven multiplie ainsi de manière réjouissante les ouvertures à la réflexion, et tranche avec nombre de revues consacrées à la création contemporaine, ultra-centrées sur leur domaine. On lui prédit un bel avenir. 


Roven, n°2, automne-hiver 2009-2010, 128 pages, 18 euros. www
Diffusion Les Presses du réel


A lire : notre dossier sur le dessin contemporain




En images : Deadline, ces oeuvres qui disent la mort

Posté par Céline le 23.11.09 à 11:13 | tags : expos à paris, art contemporain

Grâce à la qualité des œuvres présentées et à un propos resserré, l'exposition Deadline au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris évite le pathos inhérent au thème proposé : montrer des œuvres d'artistes conscients de leur mort prochaine.

 

L'apparition du Sida dans les années 80 a touché de plein fouet les milieux artistiques, emportant, notamment, Keith Haring, Robert Mapplethorpe, Absalon, Félix González Torres...
Pour d'autres, la maladie fut un compagnon de route, une présence familière à apprivoiser, qui marqua le travail d'artistes comme Chen Zhen, ou Hannah Villiger, atteints jeunes de maladies incurables.
L'exposition Deadline montre l'art comme un élan vital, une ressource créatrice face à la mort. Démonstration avec le diaporama Deadline. Les artistes face à la mort.

Deadline, au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, jusqu'au 10 janvier 2010. Mini-site consacré à l'exposition : www.parismusees.com/deadline




Pourquoi montrer le dernier Renoir ?

Posté par Magali le 21.11.09 à 11:58 | tags : grand palais, peinture, exposition

 

Renoir est un immense peintre, ça ne fait aucun doute. Avec Monet, il participe, sur les traces de Manet, à la révolution impressionniste. Ses études des reflets de l'eau, dans des toiles comme La Grenouillère, à la fin des années 1860, vont transformer la vision sur le monde en révélant l'impermanence des sensations. Son Bal du Moulin de la Galette de 1876 reste une œuvre d'une grande complexité visuelle, avec ses reflets de lumière fauves et l'impression de « grand air » qui s'en dégage. Le Clown de 1868 annonce Picasso et Le Chemin dans les hautes herbes de 1875 frôle l'abstraction.


Puis, à partir de la fin des années 1870, quelque chose va se briser dans l'inspiration de Renoir. Apprécié de la bourgeoise pour ses portraits, il va peu à peu se détacher du groupe impressionniste, craignant de compromettre sa réputation, et préfère exposer au Salon. Il entame alors une sorte de double carrière : peintre des guinguettes et des canotiers, mais aussi portraitiste de « femmes au chat » qui le payent fort cher.

Après un séjour en Afrique du Nord en 1881, Renoir connaît une vraie crise morale. Débute alors sa manière « ingresque », pour laquelle il retrouve, notamment pour ses Grandes Baigneuses, le goût de la ligne et des couleurs claires (aigres selon certains). Quelques années plus tard, il détruira de nombreuses toiles et optera pour une peinture nacrée, où le rose corail côtoit le rose bonbon ou le rose saumon, etc.

C'est à ce moment que débute l'exposition du Grand Palais, intitulée Renoir au XXe siècle, et consacrée donc aux dernières années du peintre, mort en 1919. Renoir peint alors inlassablement des femmes nues, baigneuses ou femmes à leur toilette, des portraits d'enfants (en particulier son fils Jean), mais aussi des paysages, qui témoignent que le peintre n'a pas, contrairement à ce qu'on pourrait croire au bout de la énième Baigneuse croisée dans l'exposition, perdu son talent ou son inspiration. Il s'en est juste détourné.

Sa paralysie progressive ne suffit pas à expliquer ce sabordage. Confrontées à des œuvres d'autres peintres contemporains, notamment Bonnard et Picasso, les toiles de la fin de carrière de Renoir ne font pas le poids : joliesse répétitive, visages lunaires stéréotypés, couleurs écœurantes, totale absence d'intuition psychologique et même d'érotisme — la nudité des modèles ne produit aucune ambiguïté, comme celle des statues antiques.

Pourquoi cette rupture ? Est-elle à mettre sur le compte de la crise d'identité qui submerge Renoir à la fin des années 1870 ? N'assumait-il pas son rôle, aux côtés de Monet, de chef de file d'un mouvement « anti-bourgeois », lui qui très vite aima fréquenter les élites et en tirer profit ? Pourquoi s'entêta-t-il dans le classicisme, quitte à se répéter, alors qu'il fut l'un des défricheurs de l'art moderne ?

L'exposition du Grand Palais, vue à ce jour par 240 000 visiteurs, ne répond pas à ces questions, préférant justifier le choix ingrat de montrer les dernières toiles de Renoir par le fait que Picasso et Matisse les admiraient. Un extraordinaire portrait dessiné de Renoir par Picasso montre le vieil homme, le regard tendu et acéré. Ses mains sont des poings informes, meurtris par l'arthrose : Picasso montre Renoir non pas comme n'importe quel peintre, mais comme l'Artiste, dans une représentation presque abstraite, hommage de l'artisan de la modernité au passeur de la tradition.


Renoir au XXe siècle, au Grand Palais, Paris, jusqu'au 4 janvier 2010 (www), puis au Los Angeles County Museum, du 14 février au 9 mai 2010, et au Philadelphia Museum of Art, du 17 juin au 6 septembre 2010.
Catalogue Renoir au XXe siècle, sous la direction de Guy Cogeval, co-édition RMN/Musée d'Orsay, 464 pages, 49 euros.

Ill. Pierre-Auguste Renoir, Les Baigneuses, 1918, Musée d'Orsay, Paris © Rmn / Hervé Lewandowski




Paris Photo, ça commence aujourd'hui

Posté par Magali le 19.11.09 à 10:53 | tags : salon, foire, photographie

Et c'est jusqu'à dimanche. Pour sa 13e édition, le « Salon de la photographie XIXe, moderne et contemporaine » met cette année la scène arabe (et iranienne) à l'honneur, avec une centaine d'exposants, galeries et éditeurs confondus (dont 75% sont étrangers). Parmi les nouvelles galeries françaises participant, on compte la présence de La B.A.N.K., RX et Patricia Dorfmann, et le retour de Dominique Fiat.

Les exposants arabes ne sont que six, plus deux iraniennes, mais le choix de Catherine David, conservatrice et spécialiste de la scène arabe, comme commissaire de cette édition, devrait garantir la mise en avant de la photographie des Proche et Moyent-Orient, avec notamment la présentation de la collection de la Fondation Arabe pour l'Image, créée en 1997 à Beyrouth, un « Statement » regroupant les galeries tunisiennes, marocaines, libanaises et émiratis, ainsi qu'une « Project Room » présentant des vidéos d'artistes (dont Taysir Batniji, représenté en France par La B.A.N.K., ou les Libanais Khalil Joreige et Joana Hadjithomas).

Des expositions thématiques sont également attendues : « Photographie/Corps/Action » chez Patricia Dorfmann, « Monuments/Anti-monuments » chez Dominique Fiat, « Art et science, matière et lumière » chez Françoise Paviot, « Dystopia » à la Robert Koch Gallery de San Francisco, ou « La photographie hongroise moderne 1919-1939 » à la Vintage Gallery de Budapest. Rencontres, signatures, débats sont aussi au programme.

 

Paris Photo, au Carrousel du Louvre, du 19 au 22 novembre 2009. www

 

Ill. Van Leo, Sherihan actrice égyptienne, Le Caire, Egypte, 1976. Collection Fondation Arabe pour l’Image © Fondation Arabe pour l’Image




Damien Hirst : « N'importe qui peut peindre comme Rembrandt »

Posté par Magali le 18.11.09 à 13:16 | tags : polémique, exposition, art contemporain, peinture

C'est ce que prétend l'artiste-entrepreneur, qui présente actuellement une série de peintures réalisées par lui-même, dans un non-événement intitulé No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, qui a lieu à la Wallace Collection de Londres, musée prestigieux auquel Hirst a dû payer la somme de 250 000 livres (281 000 euros) contre le droit d'exposer — là, une question d'éthique muséale se pose évidemment, mais passons.

Cette « période bleue » de l'artiste se caractérise donc par un retour à la main : peindre, pour Damien Hirst, est « plus choquant que réaliser des œuvres dans du formol ». Le sujet : la mort encore une fois, cette fois à travers des représentations de crânes bleus sur fond noir, toiles assez médiocres.

Dans un récent entretien au Guardian qui a fait scandale en Grande-Bretagne, Damien Hirst affirme avoir arrêté de peindre à l'âge de seize ans. « Je savais que je pouvais devenir Rembrandt », dit-il, poursuivant : « Je ne crois pas au génie. Je crois à la liberté. Je pense que n'importe qui peut le faire. N'importe qui peut être comme Rembrandt ». En apparence sérieux, l'artiste affirme : « Picasso, Michel-Ange, peut-être, tendent vers le génie, mais je ne pense pas qu'un peintre comme Rembrandt soit un génie. Il s'agit de liberté et de courage. Il s'agit d'une manière de voir. Ça peut s'apprendre. (...) Avec de la pratique, on peut faire de grands tableaux ».

Les critiques ne se sont pas faites attendre, notamment celle de l'artiste Jeremy Deller, lauréat du Turner Prize en 2004 : « N'importe qui ne peut pas peindre comme Rembrandt. (...) Il ne s'agit pas de travailler dur, c'est autre chose, le génie, c'est une qualité pure. Damien Hirst a travaillé très dur, mais à seulement une chose, se vendre. Mais cela fait des années qu'il n'a pas travaillé à être un artiste décent. Depuis dix ans il n'a pas fait grand chose, il s'est juste répété parce qu'il sait que ça lui rapporte de l'argent ».


A voir : No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, à la Wallace Collection, Londres, jusqu'au 24 janvier 2010. www

Photo : vue de l'exposition No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, Wallace Collection, Londres




En images : l'exposition Brussels/Beijing à BOZAR

Posté par Magali le 16.11.09 à 17:15 | tags : art contemporain, exposition
The State of things. Brussels/Beijing au BOZAR, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, n'est pas une exposition sur l'art contemporain chinois vu de Belgique, ni une exposition sur l'art contemporain belge vu de Chine. C'est avant tout la réunion des points de vue de deux artistes, Luc Tuymans et Ai Weiwei, tous les deux également commissaires d'exposition, sur les arts actuels de Chine et de Belgique.

On ne trouvera donc pas là de parallèles tirés par les cheveux entre les artistes de ces deux pays antinomiques — une ex-puissance impérialiste qui a germé dans un petit pays aujourd'hui confronté à l'éventualité de sa propre disparition, et une super-puissance en passe de devenir le leader économique mondial, déployée sur un territoire immense.

Pas de définition non plus d'un « art belge », ou d'un « art chinois », car de l'épure de l'œuvre d'Ann Veronica Janssens au trash des cochons tatoués de Wim Delvoye, il y a une marge aussi vaste que celle qui existe entre la critique du régime chinois par Ai Weiwei et l'intemporalité des toiles de Li Dafang. Le but, selon Luc Tuymans, est plutôt ici de « planter un jalon, créer un momentum ».

Découvrez l'exposition en images avec notre diaporama Brussels/Beijing : un état des lieux.

The State of things. Brussels/Beijing, BOZAR, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, jusqu'au 10 janvier 2010. www



Dommage(s) : retour sur l'affaire du baiser à la Collection Lambert

Posté par Magali le 16.11.09 à 13:50 | tags : édition, art contemporain, peinture

Juillet 2007 : « l'affaire » du baiser posé par une visiteuse de la Collection Lambert en Avignon sur une toile immaculée du peintre américain Cy Twombly fait grand bruit et finit par porter préjudice non seulement au musée, accusé d'acharnement judiciaire sur une artiste, Rindy Sam, qui avoua avoir voulu accomplir là un « geste d'amour », mais aussi sur le peintre, et plus largement sur tout l'art contemporain, soupçonné, en gros, de se foutre du monde (une toile blanche assurée pour 2 millions d'euros, quel scandale !).

Trois mois plus tard, la Collection Lambert organisait une exposition, J'embrasse pas, qui se voulait une réponse des artistes (Bertrand Lavier, Douglas Gordon, Orlan, Bruce Nauman, Lawrence Weiner...) à cet acte de vandalisme aussi stupide qu'inconscient.

Mars 2008 : les consciences se sont apaisées, le temps de la réflexion est venu, mise en forme grâce à un colloque, intitulé Votre rouge à lèvres a laissé des traces, organisé par Corinne Rondeau, critique et historienne de l'art. Viennent de paraître, sous le titre Dommage(s). A propos de l'histoire d'un baiser, les actes du colloque, complétés par un entretien entre Corinne Rondeau et Eric Mézil, directeur de la Collection, des lettres d'artistes ayant réagi à l'événement, un texte de Denys Riout, spécialiste, notamment, du monochrome, et un autre d'Agnès Tricoire, avocate spécialisée dans la propriété intellectuelle.

Le mépris certain vis-à-vis de Rindy Sam, dont le nom même n'est prononcé que tardivement dans le livre, va de pair avec la méfiance de Cy Twombly lui-même vis-à-vis de la presse, avec laquelle celui-ci n'a pas voulu communiqué, ni lors du vernissage de son exposition, ni après l'incident, et les indéniables erreurs de communication de la Collection Lambert.

On ne peux s'empêcher de penser, tout au long des diverses réflexions menées, à l'ouvrage Le Spectateur émancipé de Jacques Rancière, paru fin 2008, qui dénonce le clivage entre ceux qui savent et les autres, et refuse la position d'un savoir dominant. Car, s'il ne fait pas de doute que l'acte de Rindy Sam est d'une bêtise affligeante et que l'œuvre agressée (une toile blanche incluse dans un triptyque consacré à un dialogue issu du Phèdre de Platon) est d'une immense valeur, on ne peut s'empêcher de se ranger du côté de l'avis de Denys Riout, qui invite à dédramatiser le geste, rapproché du happening et associé à la tentation du toucher à laquelle tout visiteur de musée est confronté.


Dommage(s). A propos de l'histoire d'un baiser, sous la direction de Corinne Rondeau et Eric Mézil, co-édition Actes Sud / Collection Lambert en Avignon, 200 pages, 22 euros.

 

A lire : la critique de l'exposition de Cy Twombly à la Collection Lambert en Avignon




Le 104 cherche une nouvelle direction

Posté par Magali le 13.11.09 à 11:50 | tags : politique, 104

C'est hier, lors du conseil d'administration du 104, centre de création artistique situé dans le XIXe arrondissement et fer de lance depuis un an de la politique culturelle de la Mairie de Paris, que ses deux directeurs, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, ont annoncé leur décision de ne pas renouveler leur mandat, qui arrive à échéance en mars 2010.

Ceci suite à la décision de la mairie de ne pas augmenter sa subvention de 8 millions d'euros — sur un budget de fonctionnement de 12 millions —, voire même de la baisser, si la crise venait à durer. Cantarella et Fisbach réclamaient quant à eux une augmentation de 2 millions d'euros de cette subvention, notamment pour alimenter les résidences d'artistes. Une demande légitime mais assez irréaliste, quand on sait que le 104 affiche aujourd'hui un déficit de 700 000 euros.

Raison principale de ce bilan en demi-teinte : la fréquentation n'est pas aussi bonne que souhaitée (la direction annonce le chiffre de 500 000 visiteurs depuis l'ouverture, contre 300 000 selon la Mairie, chiffres impossibles à vérifier tant le lieu est ouvert à tout passage), malgré une bonne programmation (ainsi récemment le festival Polyphonix, ou prochainement une installation vidéo de Tacita Dean sur Merce Cunningham), peut-être parfois trop timide ou trop exigeante. Et le souhait de faire des anciennes Pompes funèbres de la Ville de Paris (restaurés pour 100 millions d'euros) un foyer de mixité sociale reste un vœu pieux : car malgré la bonne volonté et les programmes mis en place, on sait que ce sont toujours les mêmes, approximativement, qui vont voir un spectacle au Théâtre de la Ville, une expo au Centre Pompidou, un concert au Point Ephémère ou une performance au 104...

L'établissement devra, selon Christophe Girard, adjoint au Maire chargé de la Culture, trouver un « gestionnaire », plutôt qu'un artiste, ajoutant, dans une déclaration à l'AFP, « il faudra chercher des partenariats mais nous ne nous faisons pas trop d'illusions, en ce moment, il n'y a pas d'argent providentiel. Il n'y a qu'une bonne gestion rigoureuse et inventive à avoir ». Et une bonne programmation ?

 

www

 

Voir l'article sur l'ouverture du 104 en octobre 2008

 

Photo © Frédéric Nauczyciel/see-you-tomorrow




Revue Optical Sound, "petit objet basse technologie pour persister"

Posté par Magali le 12.11.09 à 13:55 | tags : édition, livres d'art, art contemporain, musique
« Ceci est un journal d'artistes » est la phrase placée en exergue de la présentation de ce numéro 00 de la nouvelle revue créée en effet par des artistes, Pierre Beloüin et P. Nicolas Ledoux.

Optical Sound, c'est d'abord un label et une société d'édition d'œuvres d'artistes menés par Pierre Beloüin depuis une douzaine d'années. C'est aussi, maintenant, une revue éponyme, conçue comme « un petit objet basse technologie pour persister », « en résistance et braconnage sur les terres mêmes du spectacle qui nous fait danser », « juxtaposant des pratiques, des positions, des propos ». Donnant une large place aux projets d'amis artistes (notamment les membres du collectif Ultralab), musiciens ou critiques d'art, elle revendique le droit à l'auto-promo, clamant : « Ne laissons pas aux autres le soin de nous manipuler : manipulons-nous nous mêmes ! ».

Si Optical Sound 00 — dont le design graphique (du noir et blanc avec des superpositions d'images et des jeux de contrastes soignés) est signé Pascal Béjean —, porte comme sous-titre « Art & Musique », il ne se limite pas à ce sous-thème assez banal. L'opus offre notamment un long article du critique d'art Stephen Wright sur la Biennale de Paris, projet « décréatif » d'exposition sans œuvres, une analyse du travail sur l'image en phase d'effacement de Christian Vialard par Jean-Marc Avrilla, la playlist d'une quarantaine d'invités, une interview du groupe Clair Obscur, des images d'archives du concert destructeur des Stranglers à Nice en 1980, ou encore une monographie d'artiste en « open source ».

Le fanzine doit paraître trois fois par an. Pour le commander, c'est ici.


Optical Sound 00, 64 pages, quadrimestriel, 4 euros.




Le Louvre sur iPhone

Posté par Magali le 11.11.09 à 14:52 | tags : iphone, musées, flu
Il y a quelques mois, on vous annonçait le lancement de la nouvelle application pour iPhone de la National Gallery de Londres. Aujourd'hui c'est au tour du Louvre de lancer la sienne, gratuite, après le musée de Cluny (musée du Moyen age), pionnier en la matière en France, et la maison de ventes Christie's, qui vous propose de faire des repérages pour vos prochaines enchères et de consulter les récents résultats de ventes.

L'appli du Louvre, plus élégante que celle de la National Gallery, permet une visite virtuelle du musée avec des petites vidéos, et donne une courte analyse d'une trentaine d'œuvres phares sélectionnées dans chaque département. On y apprendra donc pas grand chose de plus que lors d'une visite réelle, et l'interactivité reste très limitée, contrairement à l'appli du musée anglais, qui donne, par exemple pour Les Ambassadeurs de Holbein, cinq éléments autour de l'œuvre : une bio de l'artiste, un film d'animation, un examen scientifique du tableau, une analyse des objets dissimulés et un parallèle avec d'autres œuvres. Le Louvre n'est ici vraiment pas à la hauteur...

Flu aussi est désormais également sur l'iPhone ! Avec au menu : les news des blogs, les critiques de disques, films et livres, les zapping télé, les radios et les diaporamas. Téléchargez l'appli iPhone de Fluctuat en suivant ce lien



Le Rideau de Fer de vos soirées pyjamas

Posté par Magali le 09.11.09 à 16:02 | tags : design, insolite
Une équipe de designers berlinoises, Mijuly & Ca, a créé une série de matelas, les Mauermatratzen, à partir de pans du mur de Berlin, slogans et graffitis compris, comme « Les ouvriers et les agriculteurs n'ont pas besoin de mur » ou « Personne ne veut construire un mur ».

Selon Julianne Zöller, l'une des trois designers, il faut « interpréter ça avec le sourire, mais j'imagine que certaines personnes ne se voient pas dormir sur ces matelas ».

Chaque matelas coûte 900 euros — avec un prix de gros de 5000 euros pour les six édités. Les designers ont également créé des guest beds gonfables et transportables, à 150 euros pièce. Ils sont cousus main, avant d'être bientôt produits en série et vendus dans les boutiques de souvenirs berlinois.

Infos

Flu spécial Berlin :

En images : l'expo "Berlin : l'effacement des traces" aux Invalides
En images : Berlin-Est, la rebelle
Fluctuat twitte de Berlin

Entretien : Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey






Un musée pour le Pont des Espions

Posté par Magali le 09.11.09 à 11:49 | tags : exposition, histoire, insolite

La journée du 9 novembre 2009, qui célèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, est festive, avec ses concerts à la Porte de Brandebourg et son jeu de dominos géant symbolisant l'effondrement physique du mur, mais aussi les réactions en chaîne qui suivirent et le démantèlement du bloc soviétique.

C'est aussi un jour de mémoire. Selon l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl, les Allemands « n'ont pas beaucoup de raisons dans leur histoire d'être fiers ». « Il n'y a rien dont je sois plus fier que la réunification allemande », ajoute-t-il. L'actuelle chancelière Angela Merkel a hier inauguré un nouveau musée d'un type un peu particulier, installé dans la Villa Schöningen, à Potsdam, dans la banlieue de Berlin.

Le musée se trouve à proximité du célèbre pont de Glienecke, surnommé le « Pont des Espions », qui servit pendant la guerre froide aux échanges d'espions capturés. C'était, selon l'ancien directeur de la CIA William Colby, « l'un des seuls endroits au monde où Américains et Soviétiques se faisaient face directement. La moitié du pont était à eux, l'autre à nous. Quand nos deux Etats voulaient régler discrètement quelque chose, c'était le meilleur endroit pour le faire ».

 

Le musée de Potsdam montre des objets et des documents d'époque ainsi que des témoignages sur des bornes interactives vidéo qui racontent ces échanges spectaculaires — il n'y en eut en réalité que trois (en 1962, 1985 et 1986), et ils n'ont concerné que 38 personnes en tout et pour tout. Le plus célèbre de ces prisonniers politiques fut sans doute Nathan Chtcharansky, dissident soviétique condamné en 1977 pour trahison et espionnage, puis libéré en 1986, après neuf ans de goulag. Après son passage à l'Ouest, Chtcharansky devint ministre en Israël.

Le musée possède aussi un petit morceau du mur de Berlin, dédicacé par Mikhaïl Gorbatchev, George Bush père et Helmut Kohl.

Infos

 

Flu spécial Berlin :

En images : l'expo "Berlin : l'effacement des traces" aux Invalides
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Entretien : Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey

 

Photo: Angela Merkel inaugure le musée du Pont de Glienecke, à la Villa Schöningen de Potsdam, le 8 novembre 2009. © Reuters




En images : Ce qu'il reste du passé communiste de Berlin

Posté par Céline le 09.11.09 à 10:39 | tags : international, expos à paris

A l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le Musée d'Histoire contemporaine, aux Invalides, revient sur « l'effacement des traces » de l'ancienne ville de Berlin, ex-capitale de la RDA.

 

Sur un mode nostalgique qui rappelle l'ambiance du film Good bye Lenin !, l'exposition montre, à travers la survivance de traces aujourd'hui muséifiées, comment s'efface le passé communiste de cette ville-palimpseste. Photographies, films documentaires, objets-souvenirs nourrissent cette exposition consacrée à l'impossible oubli. Découvrez-en les images dans le diaporama Berlin, l'effacement des traces.
 

Berlin 1989-2009 - L'Effacement des traces, au Musée d'Histoire contemporaine - BDIC, Hôtel des Invalides, Paris, jusqu'au 31 décembre 2009. Infos

 

Flu spécial Berlin :

En images : Berlin-Est, la rebelle
Fluctuat twitte de Berlin

Entretien : Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey




Ce week-end, le Salon Light au Point Ephémère

Posté par Magali le 05.11.09 à 16:56 | tags : art contemporain, foire, édition, salon
Plus discret que la Foire du Livre, mais indispensable mine pour les amateurs, le Salon Light consacré aux éditions et publications d'artistes investit cette année encore pour trois jours le Point Ephémère, orientant sa sélection à l'international. Organisé par le Cneai — entendez le Centre national de l'Edition et de l'Art imprimé (à Chatou) —, le 6e Salon Light présente livres et revues, mais aussi stickers, flyers, disques et supports sonores ou numériques (DVD, sites Internet, smartphones), pour « repenser l'objet imprimé et sa production dans sa globalité », tout en « valorisant des pratiques qui parviennent à se détacher des traditions éditoriales ».

Cette année, en dehors des traditionnelles signatures, on pourra assister à des lectures, performances, concerts, diffusions sonores ou projections vidéo lors de deux soirées : Paroles paroles paroles le vendredi 6 à 20h avec Sylvie Boulanger, Benjamin Thorel, Alexis Zavialoff et Leonor Antunes, et le samedi 7, Les Sons de silence par Emanuele Carcano et Samon Takahashi à 22h, puis une soirée B.A.L. (Books and Liquids), de 22h30 à 2h.

Retour sur l'événement dans quelques jours avec notamment une sélection de jeunes revues.


Salon Light #6, au Point Ephémère, Paris, le vendredi 6 novembre de 18h à 20h, le samedi 7 de 14h à 22h et le dimanche 8 de 14h à 18h. www



Jan Bucquoy inaugure son Musée du Slip à Paris

Posté par Magali le 04.11.09 à 15:23 | tags : art contemporain, performance, insolite, exposition
Les Belges sont les maîtres du canular, les rois de la blague, les champions de la gaudriole — on se souvient de "l'affaire" récente de l'exposition Sexes d'artistes de Jacques Charlier à Venise. Dans la lignée des figures tutélaires du très sérieux René Magritte, du plus contemporain Marcel Broodthaers (auteur, en 1965, d'un Triomphe des moules) ou du performeur-artiste-chorégraphe-metteur en scène Jan Fabre, le Bruxellois Jan Bucquoy n'est pas en reste.

Conservateur en chef du Musée du Slip à Bruxelles, Bucquoy a également été le directeur d'un Musée de la Femme (avec de réelles femmes exposées), mais est aussi auteur de bandes dessinées (notamment de versions pornographiques de Tintin) et de films sur La Vie sexuelle des Belges, et ex-membre du parti politique BANANE (Bien Allumés, Nous Allons Nous Eclater). Il a également baissé son pantalon chez Dechavanne, en réponse à une féministe qui lui reprochait d'exposer une femme nue dans son musée, brûlé une toile de Magritte, entarté des célébrités aux côtés de son acolyte Noël Godin, et réalisé pas moins de quatre tentatives de coups d'Etat.

Pour trois semaines, Bucquoy installe à Paris son Musée du Slip, auquel il ajoute un Musée de la Frite, et présente quelques unes de ses parodies de Tintin, avant de débarquer à Toulon et Lille en 2010. Le Musée du Slip a reçu l'appui exceptionnel de diverses personnalités, qui ont bien voulu donner leur slip, parmi lesquelles Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, Jean-Michel Ribes, Jean-Marc Barr, Willem, Guillaume Durand ou Plastic Bertrand. « De César à Eddy Merckx, nous sommes tous égaux devant le slip ». CQFD


A lire ici, un long entretien avec Jan Bucquoy dans le dernier numéro (26) de la revue Particules

Jan Bucquoy, la subversion comme un des Beaux-Arts, à l'Espace Immanence, 21 avenue du Maine, Paris, du 6 au 21 novembre 2009. Vernissage le jeudi 5 novembre à partir de 18h. www

Ill. Jan Bucquoy, Napoléon avec slip, 2009



Le Louvre invite Umberto Eco

Posté par Magali le 03.11.09 à 11:09 | tags : art contemporain, littérature, exposition
Ecrivain populaire et sémiologue reconnu, spécialiste de Joyce et connaisseur d'art contemporain, librettiste et traducteur, l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault est un maître de l'éclectisme. Le musée du Louvre, dont les collections couvrent plusieurs millénaires et quelques continents, est donc un écrin idéal pour cet « intellectuel » aussi érudit que truculent. Après avoir invité Toni Morrison, Pierre Boulez ou Robert Badinter, le Louvre confie cette année, pour six semaines, sa programmation culturelle à Umberto Eco, qui a choisi comme thème le « vertige de la liste » — tourbillon du catalogue, enfer des réserves, savoirs astronomiques, toutes choses qui relient Eco à Borges.

Conférences, lectures et concerts jalonnent cette « saison Eco », avec en point d'orgue un colloque sur « Umberto Eco et la scène italienne des années 1960 », et une exposition, Mille e tre, qui explore le thème à travers des œuvres anciennes et contemporaines : listes dynastiques dans l'Egypte ancienne, tables de lois mésopotamiennes, liste de couleurs par Delacroix, abécédaires d'Annette Messager, ou liste des Habitants du Louvre par Christian Boltanski, mêlant les noms des artistes présents dans le musée à ceux de ses employés actuels. Par ailleurs, une soirée « Closky, Eco & Co » aura lieu le 13 novembre à l'Auditorium du Louvre, avec un dialogue entre l'artiste Claude Closky et l'écrivain, suivi de projections, ainsi qu'une projection-concert de Laurent Garnier, les 12 et 13 décembre.


Vertige de la liste. Le Louvre invite Umberto Eco, du 2 novembre au 13 décembre 2009, au musée du Louvre, Paris. Infos



Prix Ricard : de «L'image cabrée» aux «Archipels réinventés»

Posté par Magali le 02.11.09 à 11:20 | tags : centre pompidou, art contemporain, exposition, peinture
Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition «L'image cabrée» à la Fondation d'entreprise Ricard, qui présente neuf artistes ayant pour point commun, selon le commissaire Judicaël Lavrador, de créer un «type d'images qui braquent le regard, le hérissent, en même temps qu'elles transpercent leur support», et témoignent de la reprise en main des images par les artistes.

L'exposition rassemble les nommés au 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, décerné cette année à un couple de peintres, composé de la Serbe Ida Tursic et du Français Wilfried Mille, dont l'œuvre présentée dans l'exposition, 90 Interview May 1998 Miroir III (2008), jure par son esthétique de fanzine néo-Pop avec la sobriété de la plupart des autres œuvres, mais affirme avec force le retour de la peinture dans le goût contemporain.

Le Prix, décerné par un jury de critiques d'art et de collectionneurs, consiste en l'achat d'une œuvre aux lauréats, offerte au Centre Pompidou. Pour célébrer les dix ans du Prix, une exposition au Musée national d'art moderne, «Les Archipels réinventés», présente une œuvre de chacun des précédents lauréats, qui, outre le Mobile Information Stand for Money back Products (1999) de Matthieu Laurette — guide pratique du retour d'article — dénote une sérieuse inclination pour la sculpture ou l'installation minimalistes, avec notamment les œuvres de Tatiana Trouvé, Raphaël Zarka, Boris Achour, Berdaguer & Péjus ou Didier Marcel. Démontrant ainsi des choix homogènes et cohérents, à quelques exceptions près, et le parti pris d'une esthétique séduisante par son intransigeance formelle. Cette année, pour la première fois, une toile viendra compléter cette micro-collection d'artistes émergents.


L'image cabrée, 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris, jusqu'au 7 novembre 2009. www
Les Archipels réinventés, au Centre Pompidou, Paris, jusqu'au 11 janvier 2010. www


Ill. Ida Tursic & Wilfried Mille, 90 Interview May 1998 Miroir III, 2008. Courtesy Almine Rech Gallery, Bruxelles-Paris





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