Archives > Novembre 2009Pour un art sans œuvre![]() « Comment faire en sorte de ne pas contribuer à cette prolifération, sans renoncer à progresser ? Comment progresser sans croître ? », s'interroge Jean-Baptiste Farkas. Pour démontrer cette intense prolifération, le site de la Biennale a mis en place un outil de calcul du nombre d'œuvres d'art produites chaque seconde et chaque jour. Après divers calculs qui aboutissent à une estimation du nombre d'artistes dans le monde à 6 742 958, et présumant qu'un artiste produit 0,25 œuvres par jour, on estime donc que 1 685 740 œuvres sont produites par jour dans le monde, soit 19,51 par seconde, la plupart en Asie, étant donné que la population mondiale est aujourd'hui aux deux tiers asiatique. Un compteur, qui a débuté son décompte le 25 octobre 2009 à 00h00, permet de voir le nombre d'œuvres créées chaque seconde et de se rendre compte, magré le caractère absurde de l'entreprise, que l'on croule bien sous les œuvres, la plupart étant, selon les membres de la Biennale de Paris, des « marchandises »... L'art sans œuvre est-il l'avenir de l'art ? Les fleurs, l'amour, la mort par Jim Hodges![]() S'il ne fallait retenir qu'une seule image, ça serait celle-ci, Still to come, œuvre de l'artiste américain Jim Hodges, auquel le Centre Pompidou consacre dans sa Galerie d'Art graphique une exposition, Love, etc., qui est, comme son œuvre entier, aussi discrète que remarquable. Roven : le dessin contemporain a sa revue
On y trouve aussi, pêle-mêle, des focus sur des artistes pratiquant le dessin, comme le duo Hippolyte Hentgen, qui fait la couverture avec son dessin surréaliste Burden of life, une étude sur le dessin « à l'aveugle », un dossier thématique sur le dessin à quatre mains, avec notamment un portfolio du collectif suédois Teckningsklubben, un choix de livres d'artistes par la libraire Florence Loewy ou une étude sur le symboliste belge Félicien Rops, qui montre que les directrices de la revue ne se cantonnent pas au strict contemporain. Roven multiplie ainsi de manière réjouissante les ouvertures à la réflexion, et tranche avec nombre de revues consacrées à la création contemporaine, ultra-centrées sur leur domaine. On lui prédit un bel avenir.
En images : Deadline, ces oeuvres qui disent la mortGrâce à la qualité des œuvres présentées et à un propos resserré, l'exposition Deadline au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris évite le pathos inhérent au thème proposé : montrer des œuvres d'artistes conscients de leur mort prochaine.
L'apparition du Sida dans les années 80 a touché de plein fouet les milieux artistiques, emportant, notamment, Keith Haring, Robert Mapplethorpe, Absalon, Félix González Torres... Deadline, au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, jusqu'au 10 janvier 2010. Mini-site consacré à l'exposition : www.parismusees.com/deadline Pourquoi montrer le dernier Renoir ?
![]() Renoir est un immense peintre, ça ne fait aucun doute. Avec Monet, il participe, sur les traces de Manet, à la révolution impressionniste. Ses études des reflets de l'eau, dans des toiles comme La Grenouillère, à la fin des années 1860, vont transformer la vision sur le monde en révélant l'impermanence des sensations. Son Bal du Moulin de la Galette de 1876 reste une œuvre d'une grande complexité visuelle, avec ses reflets de lumière fauves et l'impression de « grand air » qui s'en dégage. Le Clown de 1868 annonce Picasso et Le Chemin dans les hautes herbes de 1875 frôle l'abstraction. Puis, à partir de la fin des années 1870, quelque chose va se briser dans l'inspiration de Renoir. Apprécié de la bourgeoise pour ses portraits, il va peu à peu se détacher du groupe impressionniste, craignant de compromettre sa réputation, et préfère exposer au Salon. Il entame alors une sorte de double carrière : peintre des guinguettes et des canotiers, mais aussi portraitiste de « femmes au chat » qui le payent fort cher. Après un séjour en Afrique du Nord en 1881, Renoir connaît une vraie crise morale. Débute alors sa manière « ingresque », pour laquelle il retrouve, notamment pour ses Grandes Baigneuses, le goût de la ligne et des couleurs claires (aigres selon certains). Quelques années plus tard, il détruira de nombreuses toiles et optera pour une peinture nacrée, où le rose corail côtoit le rose bonbon ou le rose saumon, etc. C'est à ce moment que débute l'exposition du Grand Palais, intitulée Renoir au XXe siècle, et consacrée donc aux dernières années du peintre, mort en 1919. Renoir peint alors inlassablement des femmes nues, baigneuses ou femmes à leur toilette, des portraits d'enfants (en particulier son fils Jean), mais aussi des paysages, qui témoignent que le peintre n'a pas, contrairement à ce qu'on pourrait croire au bout de la énième Baigneuse croisée dans l'exposition, perdu son talent ou son inspiration. Il s'en est juste détourné. Sa paralysie progressive ne suffit pas à expliquer ce sabordage. Confrontées à des œuvres d'autres peintres contemporains, notamment Bonnard et Picasso, les toiles de la fin de carrière de Renoir ne font pas le poids : joliesse répétitive, visages lunaires stéréotypés, couleurs écœurantes, totale absence d'intuition psychologique et même d'érotisme — la nudité des modèles ne produit aucune ambiguïté, comme celle des statues antiques. Pourquoi cette rupture ? Est-elle à mettre sur le compte de la crise d'identité qui submerge Renoir à la fin des années 1870 ? N'assumait-il pas son rôle, aux côtés de Monet, de chef de file d'un mouvement « anti-bourgeois », lui qui très vite aima fréquenter les élites et en tirer profit ? Pourquoi s'entêta-t-il dans le classicisme, quitte à se répéter, alors qu'il fut l'un des défricheurs de l'art moderne ? L'exposition du Grand Palais, vue à ce jour par 240 000 visiteurs, ne répond pas à ces questions, préférant justifier le choix ingrat de montrer les dernières toiles de Renoir par le fait que Picasso et Matisse les admiraient. Un extraordinaire portrait dessiné de Renoir par Picasso montre le vieil homme, le regard tendu et acéré. Ses mains sont des poings informes, meurtris par l'arthrose : Picasso montre Renoir non pas comme n'importe quel peintre, mais comme l'Artiste, dans une représentation presque abstraite, hommage de l'artisan de la modernité au passeur de la tradition. Ill. Pierre-Auguste Renoir, Les Baigneuses, 1918, Musée d'Orsay, Paris © Rmn / Hervé Lewandowski Paris Photo, ça commence aujourd'hui
Paris Photo, au Carrousel du Louvre, du 19 au 22 novembre 2009. www
Ill. Van Leo, Sherihan actrice égyptienne, Le Caire, Egypte, 1976. Collection Fondation Arabe pour l’Image © Fondation Arabe pour l’Image Damien Hirst : « N'importe qui peut peindre comme Rembrandt »![]() C'est ce que prétend l'artiste-entrepreneur, qui présente actuellement une série de peintures réalisées par lui-même, dans un non-événement intitulé No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, qui a lieu à la Wallace Collection de Londres, musée prestigieux auquel Hirst a dû payer la somme de 250 000 livres (281 000 euros) contre le droit d'exposer — là, une question d'éthique muséale se pose évidemment, mais passons. Photo : vue de l'exposition No Love Lost, Blue Paintings by Damien Hirst, Wallace Collection, Londres En images : l'exposition Brussels/Beijing à BOZARThe State of things. Brussels/Beijing au BOZAR, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, n'est pas une exposition sur l'art contemporain chinois vu de Belgique, ni une exposition sur l'art contemporain belge vu de Chine. C'est avant tout la réunion des points de vue de deux artistes, Luc Tuymans et Ai Weiwei, tous les deux également commissaires d'exposition, sur les arts actuels de Chine et de Belgique.
On ne trouvera donc pas là de parallèles tirés par les cheveux entre les artistes de ces deux pays antinomiques — une ex-puissance impérialiste qui a germé dans un petit pays aujourd'hui confronté à l'éventualité de sa propre disparition, et une super-puissance en passe de devenir le leader économique mondial, déployée sur un territoire immense. Pas de définition non plus d'un « art belge », ou d'un « art chinois », car de l'épure de l'œuvre d'Ann Veronica Janssens au trash des cochons tatoués de Wim Delvoye, il y a une marge aussi vaste que celle qui existe entre la critique du régime chinois par Ai Weiwei et l'intemporalité des toiles de Li Dafang. Le but, selon Luc Tuymans, est plutôt ici de « planter un jalon, créer un momentum ». Découvrez l'exposition en images avec notre diaporama Brussels/Beijing : un état des lieux. The State of things. Brussels/Beijing, BOZAR, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, jusqu'au 10 janvier 2010. www Dommage(s) : retour sur l'affaire du baiser à la Collection Lambert
A lire : la critique de l'exposition de Cy Twombly à la Collection Lambert en Avignon Le 104 cherche une nouvelle direction![]() C'est hier, lors du conseil d'administration du 104, centre de création artistique situé dans le XIXe arrondissement et fer de lance depuis un an de la politique culturelle de la Mairie de Paris, que ses deux directeurs, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, ont annoncé leur décision de ne pas renouveler leur mandat, qui arrive à échéance en mars 2010.
Voir l'article sur l'ouverture du 104 en octobre 2008
Photo © Frédéric Nauczyciel/see-you-tomorrow Revue Optical Sound, "petit objet basse technologie pour persister" « Ceci est un journal d'artistes » est la phrase placée en exergue de la présentation de ce numéro 00 de la nouvelle revue créée en effet par des artistes, Pierre Beloüin et P. Nicolas Ledoux. Optical Sound, c'est d'abord un label et une société d'édition d'œuvres d'artistes menés par Pierre Beloüin depuis une douzaine d'années. C'est aussi, maintenant, une revue éponyme, conçue comme « un petit objet basse technologie pour persister », « en résistance et braconnage sur les terres mêmes du spectacle qui nous fait danser », « juxtaposant des pratiques, des positions, des propos ». Donnant une large place aux projets d'amis artistes (notamment les membres du collectif Ultralab), musiciens ou critiques d'art, elle revendique le droit à l'auto-promo, clamant : « Ne laissons pas aux autres le soin de nous manipuler : manipulons-nous nous mêmes ! ». Si Optical Sound 00 — dont le design graphique (du noir et blanc avec des superpositions d'images et des jeux de contrastes soignés) est signé Pascal Béjean —, porte comme sous-titre « Art & Musique », il ne se limite pas à ce sous-thème assez banal. L'opus offre notamment un long article du critique d'art Stephen Wright sur la Biennale de Paris, projet « décréatif » d'exposition sans œuvres, une analyse du travail sur l'image en phase d'effacement de Christian Vialard par Jean-Marc Avrilla, la playlist d'une quarantaine d'invités, une interview du groupe Clair Obscur, des images d'archives du concert destructeur des Stranglers à Nice en 1980, ou encore une monographie d'artiste en « open source ». Le fanzine doit paraître trois fois par an. Pour le commander, c'est ici. Optical Sound 00, 64 pages, quadrimestriel, 4 euros. Le Louvre sur iPhone![]() L'appli du Louvre, plus élégante que celle de la National Gallery, permet une visite virtuelle du musée avec des petites vidéos, et donne une courte analyse d'une trentaine d'œuvres phares sélectionnées dans chaque département. On y apprendra donc pas grand chose de plus que lors d'une visite réelle, et l'interactivité reste très limitée, contrairement à l'appli du musée anglais, qui donne, par exemple pour Les Ambassadeurs de Holbein, cinq éléments autour de l'œuvre : une bio de l'artiste, un film d'animation, un examen scientifique du tableau, une analyse des objets dissimulés et un parallèle avec d'autres œuvres. Le Louvre n'est ici vraiment pas à la hauteur... Flu aussi est désormais également sur l'iPhone ! Avec au menu : les news des blogs, les critiques de disques, films et livres, les zapping télé, les radios et les diaporamas. Téléchargez l'appli iPhone de Fluctuat en suivant ce lien Le Rideau de Fer de vos soirées pyjamas![]() Selon Julianne Zöller, l'une des trois designers, il faut « interpréter ça avec le sourire, mais j'imagine que certaines personnes ne se voient pas dormir sur ces matelas ». Chaque matelas coûte 900 euros — avec un prix de gros de 5000 euros pour les six édités. Les designers ont également créé des guest beds gonfables et transportables, à 150 euros pièce. Ils sont cousus main, avant d'être bientôt produits en série et vendus dans les boutiques de souvenirs berlinois. Infos Flu spécial Berlin : En images : l'expo "Berlin : l'effacement des traces" aux Invalides Un musée pour le Pont des Espions![]() La journée du 9 novembre 2009, qui célèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, est festive, avec ses concerts à la Porte de Brandebourg et son jeu de dominos géant symbolisant l'effondrement physique du mur, mais aussi les réactions en chaîne qui suivirent et le démantèlement du bloc soviétique.
Le musée de Potsdam montre des objets et des documents d'époque ainsi que des témoignages sur des bornes interactives vidéo qui racontent ces échanges spectaculaires — il n'y en eut en réalité que trois (en 1962, 1985 et 1986), et ils n'ont concerné que 38 personnes en tout et pour tout. Le plus célèbre de ces prisonniers politiques fut sans doute Nathan Chtcharansky, dissident soviétique condamné en 1977 pour trahison et espionnage, puis libéré en 1986, après neuf ans de goulag. Après son passage à l'Ouest, Chtcharansky devint ministre en Israël.
Flu spécial Berlin : En images : l'expo "Berlin : l'effacement des traces" aux Invalides
Photo: Angela Merkel inaugure le musée du Pont de Glienecke, à la Villa Schöningen de Potsdam, le 8 novembre 2009. © Reuters En images : Ce qu'il reste du passé communiste de BerlinA l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le Musée d'Histoire contemporaine, aux Invalides, revient sur « l'effacement des traces » de l'ancienne ville de Berlin, ex-capitale de la RDA.
Sur un mode nostalgique qui rappelle l'ambiance du film Good bye Lenin !, l'exposition montre, à travers la survivance de traces aujourd'hui muséifiées, comment s'efface le passé communiste de cette ville-palimpseste. Photographies, films documentaires, objets-souvenirs nourrissent cette exposition consacrée à l'impossible oubli. Découvrez-en les images dans le diaporama Berlin, l'effacement des traces. Berlin 1989-2009 - L'Effacement des traces, au Musée d'Histoire contemporaine - BDIC, Hôtel des Invalides, Paris, jusqu'au 31 décembre 2009. Infos
Flu spécial Berlin : Ce week-end, le Salon Light au Point Ephémère Plus discret que la Foire du Livre, mais indispensable mine pour les amateurs, le Salon Light consacré aux éditions et publications d'artistes investit cette année encore pour trois jours le Point Ephémère, orientant sa sélection à l'international. Organisé par le Cneai — entendez le Centre national de l'Edition et de l'Art imprimé (à Chatou) —, le 6e Salon Light présente livres et revues, mais aussi stickers, flyers, disques et supports sonores ou numériques (DVD, sites Internet, smartphones), pour « repenser l'objet imprimé et sa production dans sa globalité », tout en « valorisant des pratiques qui parviennent à se détacher des traditions éditoriales ». Cette année, en dehors des traditionnelles signatures, on pourra assister à des lectures, performances, concerts, diffusions sonores ou projections vidéo lors de deux soirées : Paroles paroles paroles le vendredi 6 à 20h avec Sylvie Boulanger, Benjamin Thorel, Alexis Zavialoff et Leonor Antunes, et le samedi 7, Les Sons de silence par Emanuele Carcano et Samon Takahashi à 22h, puis une soirée B.A.L. (Books and Liquids), de 22h30 à 2h. Retour sur l'événement dans quelques jours avec notamment une sélection de jeunes revues. Salon Light #6, au Point Ephémère, Paris, le vendredi 6 novembre de 18h à 20h, le samedi 7 de 14h à 22h et le dimanche 8 de 14h à 18h. www Jan Bucquoy inaugure son Musée du Slip à Paris Les Belges sont les maîtres du canular, les rois de la blague, les champions de la gaudriole — on se souvient de "l'affaire" récente de l'exposition Sexes d'artistes de Jacques Charlier à Venise. Dans la lignée des figures tutélaires du très sérieux René Magritte, du plus contemporain Marcel Broodthaers (auteur, en 1965, d'un Triomphe des moules) ou du performeur-artiste-chorégraphe-metteur en scène Jan Fabre, le Bruxellois Jan Bucquoy n'est pas en reste.Conservateur en chef du Musée du Slip à Bruxelles, Bucquoy a également été le directeur d'un Musée de la Femme (avec de réelles femmes exposées), mais est aussi auteur de bandes dessinées (notamment de versions pornographiques de Tintin) et de films sur La Vie sexuelle des Belges, et ex-membre du parti politique BANANE (Bien Allumés, Nous Allons Nous Eclater). Il a également baissé son pantalon chez Dechavanne, en réponse à une féministe qui lui reprochait d'exposer une femme nue dans son musée, brûlé une toile de Magritte, entarté des célébrités aux côtés de son acolyte Noël Godin, et réalisé pas moins de quatre tentatives de coups d'Etat. Pour trois semaines, Bucquoy installe à Paris son Musée du Slip, auquel il ajoute un Musée de la Frite, et présente quelques unes de ses parodies de Tintin, avant de débarquer à Toulon et Lille en 2010. Le Musée du Slip a reçu l'appui exceptionnel de diverses personnalités, qui ont bien voulu donner leur slip, parmi lesquelles Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, Jean-Michel Ribes, Jean-Marc Barr, Willem, Guillaume Durand ou Plastic Bertrand. « De César à Eddy Merckx, nous sommes tous égaux devant le slip ». CQFD A lire ici, un long entretien avec Jan Bucquoy dans le dernier numéro (26) de la revue Particules Jan Bucquoy, la subversion comme un des Beaux-Arts, à l'Espace Immanence, 21 avenue du Maine, Paris, du 6 au 21 novembre 2009. Vernissage le jeudi 5 novembre à partir de 18h. www Ill. Jan Bucquoy, Napoléon avec slip, 2009 Le Louvre invite Umberto Eco Ecrivain populaire et sémiologue reconnu, spécialiste de Joyce et connaisseur d'art contemporain, librettiste et traducteur, l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault est un maître de l'éclectisme. Le musée du Louvre, dont les collections couvrent plusieurs millénaires et quelques continents, est donc un écrin idéal pour cet « intellectuel » aussi érudit que truculent. Après avoir invité Toni Morrison, Pierre Boulez ou Robert Badinter, le Louvre confie cette année, pour six semaines, sa programmation culturelle à Umberto Eco, qui a choisi comme thème le « vertige de la liste » — tourbillon du catalogue, enfer des réserves, savoirs astronomiques, toutes choses qui relient Eco à Borges.Conférences, lectures et concerts jalonnent cette « saison Eco », avec en point d'orgue un colloque sur « Umberto Eco et la scène italienne des années 1960 », et une exposition, Mille e tre, qui explore le thème à travers des œuvres anciennes et contemporaines : listes dynastiques dans l'Egypte ancienne, tables de lois mésopotamiennes, liste de couleurs par Delacroix, abécédaires d'Annette Messager, ou liste des Habitants du Louvre par Christian Boltanski, mêlant les noms des artistes présents dans le musée à ceux de ses employés actuels. Par ailleurs, une soirée « Closky, Eco & Co » aura lieu le 13 novembre à l'Auditorium du Louvre, avec un dialogue entre l'artiste Claude Closky et l'écrivain, suivi de projections, ainsi qu'une projection-concert de Laurent Garnier, les 12 et 13 décembre. Vertige de la liste. Le Louvre invite Umberto Eco, du 2 novembre au 13 décembre 2009, au musée du Louvre, Paris. Infos Prix Ricard : de «L'image cabrée» aux «Archipels réinventés»Posté par Magali le 02.11.09 à 11:20 | tags : centre pompidou, art contemporain, exposition, peinture
Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition «L'image cabrée» à la Fondation d'entreprise Ricard, qui présente neuf artistes ayant pour point commun, selon le commissaire Judicaël Lavrador, de créer un «type d'images qui braquent le regard, le hérissent, en même temps qu'elles transpercent leur support», et témoignent de la reprise en main des images par les artistes. L'exposition rassemble les nommés au 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, décerné cette année à un couple de peintres, composé de la Serbe Ida Tursic et du Français Wilfried Mille, dont l'œuvre présentée dans l'exposition, 90 Interview May 1998 Miroir III (2008), jure par son esthétique de fanzine néo-Pop avec la sobriété de la plupart des autres œuvres, mais affirme avec force le retour de la peinture dans le goût contemporain. Le Prix, décerné par un jury de critiques d'art et de collectionneurs, consiste en l'achat d'une œuvre aux lauréats, offerte au Centre Pompidou. Pour célébrer les dix ans du Prix, une exposition au Musée national d'art moderne, «Les Archipels réinventés», présente une œuvre de chacun des précédents lauréats, qui, outre le Mobile Information Stand for Money back Products (1999) de Matthieu Laurette — guide pratique du retour d'article — dénote une sérieuse inclination pour la sculpture ou l'installation minimalistes, avec notamment les œuvres de Tatiana Trouvé, Raphaël Zarka, Boris Achour, Berdaguer & Péjus ou Didier Marcel. Démontrant ainsi des choix homogènes et cohérents, à quelques exceptions près, et le parti pris d'une esthétique séduisante par son intransigeance formelle. Cette année, pour la première fois, une toile viendra compléter cette micro-collection d'artistes émergents. L'image cabrée, 11e Prix de la Fondation d'entreprise Ricard, à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris, jusqu'au 7 novembre 2009. www Les Archipels réinventés, au Centre Pompidou, Paris, jusqu'au 11 janvier 2010. www Ill. Ida Tursic & Wilfried Mille, 90 Interview May 1998 Miroir III, 2008. Courtesy Almine Rech Gallery, Bruxelles-Paris |
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