Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Archives > Octobre 2009

Le diaporama de La Subversion des images au Centre Pompidou

Posté par Magali le 30.10.09 à 12:01 | tags : surréalisme, beaubourg, centre pompidou, exposition, photographie

Le surréalisme à l'ère de sa reproductibilité technique : le paradoxe de l'« explosante-fixe » (expression inventée par André Breton pour expliciter le concept de "beauté convulsive" chère aux surréalistes) trouve son accomplissement dans l'image sur pellicule, qu'elle soit photographique ou filmique. Dans l'entre-deux-guerres, la clique surréaliste ne chercha rien d'autre qu'à mettre au jour le mensonge du réel et son insoumission à toute représentation objective.

L'exposition "La Subversion des images" au Centre Pompidou montre à travers près de 400 œuvres comment les artistes surréalistes ont fait exploser le mythe de l'objectivité du médium photographique, explorant la subjectivité de la vision. Démonstration de cette révolution visuelle en dix images emblématiques dans le diaporama de l'exposition "La Subversion des images".

La Subversion des images. Surréalisme, photographie, film au Centre Pompidou, jusqu'au 11 janvier 2010.
www.centrepompidou.fr
 




Van Gogh en toutes lettres

Posté par Magali le 29.10.09 à 16:23 | tags : web

 

 

 S'il fut un grand peintre, Vincent Van Gogh fut également un théoricien de l'art et un épistolier remarquable, ce dont témoignent les quelques centaines de lettres écrites par l'artiste. Le Van Gogh Museum d'Amsterdam a eu l'excellente idée de mettre en ligne ces lettres sur le site vangoghletters.org, dans leurs langues originales — néerlandais ou français — et dans leur traduction anglaise, ainsi que leur fac-similé.


Le peintre y exprime l'angoisse de sa condition d'artiste, mais fait aussi preuve d'un regard extrêmement juste sur l'art de son temps. Voici ce qu'il écrit à son frère Theo Van Gogh de l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, le 2 septembre 1889, quelques jours après l'une de ses crises de démence : « J'ai hier recommencé à travailler un peu — une chose que je vois de ma fenêtre — un champ de chaume jaune qu'on laboure, l'opposition de la terre labourée violacée avec les bandes de chaume jaune, fond de collines. Le travail me distrait infiniment mieux qu'autre chose et si je pouvais une fois bien me lancer là-dedans de toute mon énergie, ce serait possiblement le meilleur remède ». Le tableau mentionné renvoie à un lien vers l'image de l'œuvre, ce qui rend extrêmement intéressante et féconde la lecture des lettres.

On trouve également sur le site une biographie détaillée de l'artiste, ainsi que des éléments biographiques sur ses correspondants, dont les plus importants furent son frère Theo, avec lequel il échangea chaque semaine pendant vingt ans, ainsi que Paul Gauguin et Emile Bernard, les compagnons de sa quête en peinture. 

 

vangoghletters.org

Ill. Fac-similé de la lettre de Vincent van Gogh à Paul Gauguin, datée du 17 juin 1890, à Auvers-sur-Oise.







FIAC : l'Etat achète 24 œuvres pour 400 000 euros

Posté par Magali le 28.10.09 à 13:40 | tags : art contemporain, fiac

Chaque année, c'est rituel, le Centre national des Arts plastiques (CNAP) fait ses emplettes à la FIAC, avec un budget relativement restreint (400 000 euros en 2009), si on le compare au prix de vente de certaines œuvres. Ainsi a été acquise une version de 20 centimètres d'un « collier » en verre de Jean-Michel Othoniel, dont on peut voir actuellement un équivalent de 2,5 mètres de long à la galerie Emmanuel Perrotin : on imagine ici que la différence de prix est plus que proportionnelle à la taille...

Cette année 24 œuvres — soit une moyenne de 16 666 euros par œuvre, prix relativement moyen pour une œuvre d'art contemporain — ont été acquises, sur les conseils avisés d'une quinzaine de personnalités « qualifiées », parmi lesquelles l'artiste Marc Desgrandchamps, le collectionneur Didier Grumbach, le critique d'art Philippe Dagen, le directeur du FRAC Auvergne Jean-Charles Vergne, et des institutionnels comme Olivier Kaeppelin, délégué aux Arts plastiques, ou Catherine David, conservatrice et curatrice. Des œuvres plutôt modestes, donc, à l'image de cette sculpture murale en plexiglas incisé d'Anne Blanchet (LXIX) achetée à la galerie Denise René, ou de cette installation de baguettes de bois (She Falls Down) de Susan Collis (galerie Frank Elbaz).

Parmi les œuvres auxquelles le contribuable pourra être heureux d'avoir contribué à l'achat, on citera la souche d'arbre de Verdun vitrifiée de Pascal Convert, acquise chez Eric Dupont, le diptyque Pacific Palissades Study d'Aurélien Froment (Motive Gallery, Amsterdam), la maquette Le Lotissement de Julien Prévieux chez Jousse Entreprise, Les Belles Images de Taroop et Glabel (Semiose), ou encore la vidéo Open Score de Su-Mei Tse, à la galerie Serge Le Borgne.

Voir aussi : le diaporama des oeuvres incontournables de la Fiac 2009


www.cnap.fr



Ill. Aurélien Froment, Pacific Palissades Study, 2009, inkjet print on archive paper. Courtesy Motive Gallery, Amsterdam




En images : les oeuvres qui ont marqué la FIAC 2009

Posté par Céline le 27.10.09 à 11:38 | tags : fiac, art contemporain
 
Parce que la FIAC ne dure pas longtemps et que le prix de l'entrée est dissuasif, nous vous proposons d'en faire rapidement le tour avec notre diaporama des oeuvres incontournables de la Fiac 2009
 
Voir aussi :
 



Top 100 de l'art contemporain : où sont les artistes ?

Posté par Magali le 26.10.09 à 18:28 | tags : art contemporain
La FIAC s'est achevée dimanche, et le petit milieu de l'art contemporain a quitté Paris... Milieu microscopique, certes, mais dans lequel certains individus pèsent d'un poids énorme. Le magazine Art Review vient de publier son top 100 des personnalités les plus influentes du monde de l'art, le Power 100. En tête, non pas un artiste, un galeriste ou un collectionneur, mais un curateur (aka commissaire d'exposition), le Suisse Hans Ulrich Obrist, 41 ans, qui débuta sa carrière au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris au début des années 90 et dirige aujourd'hui la Serpentine Gallery de Londres.

Pour subjective qu'elle soit, cette première place indique le rôle éminent que tiennent depuis quelques années les curateurs dans les sphères d'influence de l'art, remplaçant les critiques (fonction souvent également remplie par les curateurs) — particulièrement absents de ce classement (Roberta Smith, éminente critique du New York Times depuis plus de 20 ans, n'est qu'à la 61e place...). Sur le podium, on trouve le directeur du MoMA, Glenn Lowry, et celui de la Tate, Nicholas Serrota, suivis de près par le galeriste Larry Gagosian et les collectionneurs François Pinault et Eli Broad. Les premiers artistes, le trio Anton Vidokle, Julieta Aranda et Brian Kuan Wood, animateurs du réseau e-flux, sont à la 8e place, devant Bruce Nauman, 10e, et Jeff Koons, 14e.

Si l'on excepte Louise Bourgeois, née française mais naturalisée américaine depuis près de 60 ans, point d'artiste français dans la liste. Les cinq autres personnalités françaises sont un directeur de musée (Alfred Pacquement, du Musée national d'Art moderne), un galeriste (Emmanuel Perrotin), deux collectionneurs (François Pinault et Bernard Arnault) et un curateur-critique (Nicolas Bourriaud). Il semblerait que l'art, aujourd'hui, soit devenu une chose trop sérieuse pour le confier aux artistes.


Ill. Art Review, couverture du numéro de novembre 2009.





Saâdane Afif remporte le Prix Marcel Duchamp

Posté par Magali le 24.10.09 à 18:26 | tags : art contemporain, galerie à paris, prix
C'est officiel depuis ce matin 11h, l'artiste Saâdane Afif, 39 ans, a remporté le Prix Marcel Duchamp, face à trois artistes de qualité non moindre, mais opérant dans des champs très différents, à savoir Damien Deroubaix, peintre marqué par l'esthétique hard rock, Philippe Perrot, peintre également, mais dans une veine plus intimiste, et Nicolas Moulin, auteur d'un travail de sculptures et de vidéos marqué par l'architecture (notre favori...).

Saâdane Afif, artiste néo-conceptuel qui place la notion d'exposition, la musique et les collaborations d'artistes au cœur de son travail, présente à la Cour Carrée du Louvre une simple affiche, laquelle renvoie à une performance, Vice de forme : in search of melodies, qui s'est tenue à la galerie Michel Rein le 22 octobre. Celle-ci consista en l'interprétation au piano de chansons mises en musique par l'artiste et Louis-Philippe Scoufaras, dont les paroles ont été écrites par 12 écrivains, artistes et critiques d'art, et dédiées à la sculpture Vice de forme, elle-même inspirée d'une sculpture phallique de Man Ray et d'une caricature de centrale nucléaire de Reiser... Dans l'espace de la galerie, l'affiche, la sculpture de l'artiste et le piano, qui a enregistré et joue les mélodies, reconstituent ce puzzle un brin compliqué.

L'artiste bénéficiera, aux côtés des trois autres nommés, d'une exposition à Shanghai dans le cadre de l'Exposition Universelle en juin 2010, et d'une exposition personnelle au Centre Pompidou en septembre.


Exposition Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, à la galerie Michel Rein, Paris, jusqu'au 28 novembre 2009. www.michelrein.com

Ill. Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, 2009, courtesy galerie Michel Rein




En images : Teotihuacan, les restes d'une civilisation perdue

Posté par Céline le 23.10.09 à 17:13 | tags : art du monde, quai branly, expos à paris
 
Quatre cent cinquante pièces, issues à 95 % des collections mexicaines, une grande part inédite en Europe. L'exposition du Quai Branly fait revivre la cité légendaire et antique de Teotihuacan, qui connut son apogée entre 250 et 550 ap. J.-C.
 
On ne connaît pas le nom réel de la cité : Teotihuacan, « lieu où naissent les dieux », est le nom que lui donnèrent les Aztèques, qui six siècles plus tard investirent le lieu, pensant que seuls des dieux avaient pu construire de tels édifices. Sculptures colossales, peintures murales, masques rituels, statuettes-offrandes, poignards en forme d'éclairs, bijoux et céramiques témoignent de la puissance de l'expression artistique de Teotihuacan. Découvrez en images les restes de cette civilisation perdue, où les hommes rivalisaient avec le soleil et la mort par le jeu de balle et le sacrifice, avec notre diaporama Teotihuacan, cité des dieux.
 

Teotihuacan, cité des Dieux, au musée du Quai Branly, jusqu'au 24 janvier 2010.
www.quaibranly.fr
 




Le Nouveau Festival du Centre Pompidou : un mois d'interdisciplinarité

Posté par Magali le 22.10.09 à 13:56 | tags : beaubourg, centre pompidou, insolite
Hier soir avait lieu dans la joie et la bonne humeur brouillonnes l'inauguration en fanfare (d'accordéons) du Nouveau Festival du Centre Pompidou. Le Nouveau Festival, kezaco ? Mis sur pied par Bernard Blistène, directeur du développement culturel du Centre, ça n'est ni une exposition, ni une manifestation, mais selon BB lui-même, un « rendez-vous » dans un lieu possible de rencontres, à savoir principalement la Galerie Sud et l'Espace 315 (donc côté place Stravinsky), ouvert gratuitement à tous (à l'exception des spectacles de la Grande Salle).

Assumant son interdisciplinarité fondatrice, le Centre Pompidou propose ainsi au visiteur, pendant un mois, des expériences inédites. Pêle-mêle : se faire sussurer à l'oreille un air d'opéra dans la Light House de Jorge Pardo, écouter un concert au casque dans le Kiosque électronique des Cocktail Designers ou assister chaque jour à des représentations (théâtre, danse, musique) dans le « Beaubourg-la-Reine » de la compagnie du Zerep (avec notamment Forced Entertainment, Arnaud Labelle-Rojoux, Philippe Katerine, Doris Uhlich, Sophie Lenoir...).

Festivals dans le festival, « Bruits de bouche » expose la parole d'artistes, entre performance, lecture et musique, tandis que « Rosebud » interroge la matrice de l'œuvre de 10 écrivains (dont Enrique Vila-Matas, Michka Assayas ou Olivier Cadiot). On pourra également assister à des conférences-performances d'Andrea Fraser, Eric Duyckaerts ou Jean-Yves Jouannais, à des projections vidéo, visibles de la rue, la nuit, ou à la présentation, chaque jour à 14h, d'une peinture par 30 critiques, historiens et amateurs. Sans oublier de fouler le Sol.07 de Vincent Lamouroux, immense surface ondulante au niveau -1 du Foyer qui sera le support de plusieurs pièces dansées, et de visiter la Conciergerie, où Christian Rizzo a conçu l'exposition « Le sort probable de l'homme qui avait avalé le fantôme »... De quoi être tous les jours surpris !



Nouveau Festival
, au Centre Pompidou, Paris, du 21 octobre au 23 novembre, et à la Conciergerie, du 21 octobre au 13 décembre.
www.centrepompidou.fr
Catalogue Le Nouveau Festival du Centre Pompidou, aux éditions du Centre Pompidou, 96 pages, 10 euros. Avec notamment des entretiens de Bernard Blistène avec Heimo Zobernig, Sophie Perez et Xavier Boussiron, Vincent Lamouroux.

Ill. Aurélien Froment, La Pièce du souffleur, 2009, courtesy de l'artiste et de Motive Gallery © Photo : Aurélien Froment

 




Nouveau canular des Yes Men à la Chambre de Commerce américaine

Posté par Magali le 21.10.09 à 13:11 | tags : insolite, économie
S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer... Les Yes Men, ce sont Jacques Servin et Igor Vamos, duo d'activistes issu du collectif d'artistes RTMark qui a commis dans les années 90, entre autres, l'échange de boîtes vocales de 300 poupées Barbie et G.I. Joe, ou l'intégration au jeu de simulation SimCopter d'hommes s'embrassant. Les Yes Men pratiquent ce qu'ils nomment l'« identity correction » : l'un ou l'autre se fait passer pour un représentant d'une importante organisation pour délivrer lors de conférences ou d'émissions télé un message caricatural, mettant souvent en porte-à-faux ladite organisation.

En tant que représentants de l'OMC, ils ont ainsi fait l'apologie de l'esclavage à domicile, vanté la mise aux enchères des votes ou le recyclage d'excréments pour le tiers-monde, souvent sans que l'assistance ne paraisse choquée. En 2004 ils se font passer pour un groupe appelé « Yes, Bush can! » et sillonnent les Etats-Unis à bord d'une camionnette en faisant signer un « gage de patriotisme » par lequel les signataires se portent volontaires pour accueillir près de chez eux un site de stockage des déchets nucléaires, envoyer leurs enfants à la guerre, abandonner une partie de leurs droits constitutionnels, etc.

Un de leurs canulars les plus marquants eut lieu la même année. Jacques Servin, alias Andy Bichlbaum, apparaît en direct sur BBC World en tant que porte-parole de Dow Chemical, géant américain de l'industrie chimique qui a absorbé Union Carbide, compagnie qui détenait pour moitié l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal qui a fait des dizaines de milliers de morts et d'invalides. Il annonce la vente prochaine de Union Carbide, et l'intention de Dow Chemical d'utiliser les 12 milliards de dollars de la vente pour fournir des soins médicaux aux victimes et nettoyer le site : en une vingtaine de minutes, les cours de l'action chutent de 2 milliards de dollars. Deux heures plus tard, un démenti est publié.

Cette fois-ci, c'est à la Chambre de Commerce américaine que les Yes Men annoncent le soutien de ce puissant lobby de 3000 entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique... jusqu'à l'intervention d'un vrai membre de la Chambre et l'éjection du fauteur de troubles.

A voir en vidéo :



L'œuvre d'Oiticica part en fumée

Posté par Magali le 19.10.09 à 18:24 | tags : art contemporain, insolite
L'œuvre d'une vie... Tout, ou presque, l'œuvre de l'artiste brésilien Hélio Oiticica est parti en fumée, samedi 17 octobre, dans l'incendie qui a eu lieu chez son frère César Oiticica, à Rio de Janeiro.

Les toiles, sculptures, installations, livres et œuvres audiovisuelles entreposées là représentaient une valeur estimée à 14 millions d'euros. Environ 90 % des 2000 œuvres ont été détruites.

Oiticica, mort en 1980 à l'âge de 43 ans, fut l'un des artistes brésiliens les plus importants du XXe siècle. Fondateur du mouvement "néoconcrétiste" à la fin des années 1950, aux côtés de Lygia Clark, Amilcar de Castro et Franz Weissmann, il fut un représentant de la peinture abstraite, portant surtout un intérêt à la couleur, que ce soit en peinture ou en sculpture.

Dans les années 1960, il crée les Bolides, petites boîtes-sculptures que le spectateur peut faire bouger et explorer, et les Parangolés, assemblages de tissus de récupération en sculptures mobiles. Oiticica réalise ensuite des installations intitulées Penetravels (Pénétrables), avec lesquels le spectateur peut interagir. Le plus connu d'entre eux est Tropicalia (1967), acquis par la Tate Modern de Londres, qui donna son nom au mouvement tropicaliste, que l'on identifie surtout aujourd'hui à la musique de Gilberto Gil et Caetano Veloso.


Ill. Hélio Oiticica, Grand Nucleus, 1960–66, César and Claudio Oiticica Collection, Rio de Janeiro.




La FIAC dans les starting blocks

Posté par Magali le 19.10.09 à 15:29 | tags : art contemporain, foire, économie

La Frieze Art Fair de Londres a fermé ses portes hier. Selon le critique d'art Adrian Searle, beaucoup d'œuvres de la célèbre foire y reflètaient la crise, avec cette ironie noire dont les Anglais sont particulièrement friands. Mais les galeristes semblaient dans l'ensemble avoir plutôt le sourire...

Au tour de la FIAC, cette semaine à Paris, de prendre le relais et de tâter le pouls du marché. Les galeristes sont dans les starting blocks, même si les pré-previews organisées pour les collectionneurs assidus ont déjà eu lieu. Comme chaque année, le Grand Palais, réservé aux pointures, et la Cour Carrée du Louvre, plus trendy et plus audacieuse, accueilleront près de 200 galeries, dont 75 françaises, une vingtaine allemandes, 18 américaines, 14 belges, etc. Un peu moins d'un tiers sont nouvelles.

Avec cette année, deux initiatives intéressantes. Au Grand Palais, un espace de 300 m2 accueillera des œuvres modernes majeures, présentées par 10 galeries internationales (parmi lesquelles Louis Carré, et Malingue de Paris, Pace Wildenstein de New York, Beyeler de Bâle et Gagosian de... partout). A la Cour Carrée, un nouveau secteur rassemblant 14 galeries internationales reconnues pour « la qualité de leur programmation prospective », désignées par trois jurés — Christine Macel, conservatrice au Centre Pompidou, Hans-Ulrich Obrist, directeur de la Serpentine Gallery de Londres, et Marc-Olivier Wahler, directeur du Palais de Tokyo. L'une d'entre elles verra un de ses artistes recevoir un prix (le prix Lafayette), qui lui garantira l'achat d'une œuvre par le groupe Galeries Lafayette, ainsi qu'une exposition dans une institution parisienne. Parmi les galeries sélectionnées, trois petites parisiennes dont on aime beaucoup la programmation : Balice Hertling, Lucile Corty, et Schleicher&Lange. 

Au Grand Palais, on attend particulièrement les expositions personnelles de Tony Cragg chez Buchmann, Rachel Whiteread chez Luhring Augustine, Gérard Deschamps chez Martine et Thibault de la Châtre, John Armleder chez Catherine Issert, Pierre Soulages chez Applicat-Prazan et Karsten Greve, ou Sarkis chez Jean Brolly.

A la Cour Carrée, on est ravi de trouver parmi les nouveaux arrivants la galerie Semiose, qui a délaissé la foire off Slick, ou Triple V de Dijon, ainsi que les artistes Aurélien Froment et Raphaël Zarka à la Motive Gallery d'Amsterdam, ou Pascal Convert chez Eric Dupont.

Les projets annexes incluent une exposition de sculptures dans les jardins des Tuileries, un feu d'artifice, des performances d'artistes à l'Auditorium du Louvre (programme Ouvertures/Openings), des conférences, un colloque, ainsi que la remise du Prix Marcel Duchamp le 24 octobre... Tout ça sans compter les foires annexes : Show Off, Slick et la petite nouvelle, Cutlog. On en reparle très vite.


36e Foire internationale d'Art contemporain, au Grand Palais et à la Cour Carrée du Louvre, du 22 au 25 octobre. www.fiac.com
Show Off, au Port des Champs-Elysées, du 22 au 25 octobre. www.showoffparis.fr
Slick, au Centquatre, du 23 au 26 octobre. www.slick-paris.com
Cutlog, à la Bourse du Commerce, du 22 au 25 octobre. www.cutlog.org




Les Obama redécorent la Maison Blanche version Modern Art

Posté par Magali le 19.10.09 à 10:33 | tags : international, insolite

Michelle et Barack Obama sont plutôt branchés art moderne que peinture classique, on s'en doutait un peu. Leurs appartements privés de la Maison Blanche, ainsi que les ailes est et ouest, vont être bientôt décorées de 45 œuvres — peintures et sculptures — empruntées aux réserves de trois musées de Washington (le Smithsonian American Art Museum, la National Gallery of Art et le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden), et choisies par Michelle Obama, sur les conseils de leur décorateur, Michael Smith.

Dans le listing présidentiel apparaissent bien sûr en tête les grands noms de l'art moderne américain (Mark Rothko, Jasper Johns, Ed Ruscha), mais aussi européen, avec des sculptures de Degas, des toiles abstraites de Josef Albers et Nicolas de Staël, et des natures mortes de Giorgio Morandi. Des artistes moins connus orneront également les cimaises, notamment la peintre afro-américaine abstraite Alma Thomas, première femme afro-américaine à avoir obtenu une maîtrise en art à Columbia en 1934, et à avoir bénéficié d'une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art de New York, en 1972, ou encore George Catlin, peintre du XIXe siècle spécialisé dans les portraits de natifs américains.

Un choix souvent très politiquement correct, mais intéressant par certains clins d'œil. Comme cette toile de Glenn Ligon, Black Like Me No. 2, qui fait référence à un ouvrage de l'auteur (blanc) John Howard Griffith, narrant son voyage dans le Sud des Etats-Unis grimé en Noir : la toile répète la phrase « All traces of the Griffin I had been were wiped from existence », jusqu'à ce qu'elle se confonde avec le fond noir. Ou encore cette toile d'Ed Ruscha, I Think I'll..., sur laquelle sont peintes des mots tels que « Maybe... Yes », « Maybe... No » : une œuvre qui fait méditer sur l'importance du temps donné à la réflexion.

Ill. Ed Ruscha, I Think I'll..., 1983, National Gallery of Art, Washington

 




En images : Veilhan occupe le château de Versailles

Posté par Céline le 16.10.09 à 16:26 | tags : art contemporain, architecture

 

 

Un an après Jeff Koons, qui avait presque réussi à faire le poids face aux ors royaux, et un an avant Takashi Murakami, c'est l'artiste français Xavier Veilhan qui occupe en tant qu'artiste contemporain invité les jardins et salons du château de Versailles, monument sacré de l'architecture baroque et chef-d'œuvre absolu(tiste).

 

Xavier Veilhan, artiste sculpteur, affectionne la modélisation et les jeux illusionnistes. À Versailles, il rend hommage au Grand Siècle avec un carrosse pourpre qui surgit à toute allure d'un passé futuriste sur les pavés de la Place d'Armes, mais aussi aux grands architectes, auxquels il dresse de véritables monuments sculptés, jouant sur les contrastes d'échelles pour mieux faire ressortir la grandiosité des lieux.

 

Petit parcours en images dans l'univers rétro-futuriste de l'artiste, avec le diaporama Xavier Veilhan à Versailles.

 

Veilhan Versailles, au château de Versailles, jusqu'au 13 décembre 2009.
www.veilhan-versailles.com




Cinq questions à Osta et Bruce, graffeurs et accusés

Posté par Nedjma le 15.10.09 à 18:17 | tags : galerie à paris, art contemporain, expos à paris

 

Peut-on être porté aux nues dans le cadre d’expositions-événements et être jugés pour la pratique de son art, qualifié dans l’enceinte d’un tribunal, de vandalisme ? Oui, manifestement. Alors que le Grand Palais, la Fondation Cartier, et plusieurs galeries parisiennes exposent leurs œuvres, nombre de figures de proue de l’art urbain sont encore poursuivies. Parmi elles, Osta et Bruce, à l’affiche de « UFO, Urban forbidden objects » à la Galerie Nathalie Fiks. Leurs « objets urbains interdits », des frigos, des toiles, des bouts de palissades peints et –clin d’œil facétieux- traités à l’anti-tag avant d’être repeints ! Entretien.

 

Fluctuat : La révolte, l’urgence, l’éphémère. Ce sont les motivations évoquées par un des graffeurs brésiliens de l’exposition « Graffiti » à la Fondation Cartier. Avez-vous les mêmes ?

Bruce : Il y a effectivement une certaine poussée d’adrénaline à peindre dans l’urgence. C’est notamment le cas des trainistes qui oeuvrent dans des dépôts où les trains et les métros dorment. On connaît le fonctionnement de chaque dépôt pour pouvoir opérer. Et ensuite il faut aller vite, peindre sans recul, et quand le train commence son service et qu’on sait que nos œuvres vont être vues par 40 000 personnes, en période de pointe, la satisfaction est intense !

L’idée même du graffiti, art urbain n’est-elle pas dénaturée dès qu’il franchit les portes d’un musée ou d’une galerie ?

Bruce : J’ai longtemps dit « moi, exposer dans une galerie, jamais ! ». Le graff, c’était l’angoisse, cette forme d’urgence, la rapidité, l’efficacité, la création un pied contre un mur, un autre contre un wagon. Mais en fait, ce qui nous importe, c’est que notre travail d’artiste soit vu. Les galeries nous ouvrent à un autre public, différent, nous sortent de l’anonymat, nous inscrivent dans la durée, et nous permettent d’avoir des avis sur ce qu’on fait. Pourtant, la façon de peindre n’est pas différente, je ne vais pas peindre dans un salon feutré en me grattant le menton, mais sur des terrains vagues, ou sous des porches parfois. L’énergie, le style ne changent en rien. Et je ne vais pas non plus m’y reprendre à quatre fois, sous prétexte que l’œuvre est destinée à une galerie !

Que pensez-vous de l’engouement général autour du graffiti ?

Osta : Cela fait largement évoluer le regard sur les graffeurs, qui avant, étaient uniquement qualifiés de « vandales ». C’est très positif.

Bruce : Et puis ça pousse une autre population à aller dans les musées. Moi, je n’avais jamais mis les pieds au Grand Palais avant l’exposition T.A.G.

Venons-en à l’aspect judiciaire : vous avez été près de 60 prévenus dans le procès qui s’est tenu au TGI de Versailles…

Bruce : Oui, on était 56 au total, de différentes régions de France. Ils ont voulu faire un grand coup, et quand il s’agit de trains, les peines sont souvent sévères, car les parties civiles sont puissantes. On a été jugés pour dégradations aggravées des espaces publics. Après appel, il y a quelques jours, le délit a été requalifié en délit mineur, dégradations légères. Les faits étant antérieurs à mai 2002, date de l’élection de Jacques Chirac, nous avons bénéficié de l’amnistie . Osta : Le jugement est tombé au moment même où Thalys avait invité quatre graffeurs européens renommés à peindre ses rames…

Et au moment où vous exposez dans une galerie. Cette concomitance semble assez absurde, non ?

Bruce : Il est un peu délicat pour nous de nous prononcer là-dessus : un autre procès, civil celui-là, suivra le pénal, en janvier 2010. Nous attendons donc de voir… »

Illus galerie Nathalie Fiks 

Osta, Bruce, Aleksandar Petrovic, exposition UFO Galerie Nathalie Fiks, Paris 9e jusqu’au 24 octobre.


Lire aussi notre dossier sur le graffiti, de la rue au musée.




Pop Life à la Tate Modern : quand l'art bling-bling fait flop

Posté par Magali le 15.10.09 à 17:54 | tags : exposition, art contemporain
« Provocation », le terme est lancé d'entrée de jeu dans l'exposition Pop Life — Art in a Material World de la Tate Modern, et c'est sans nul doute la notion qui lie le mieux la démarche des artistes présents. Le propos, assez flou, pourrait se résumer à « Qu'est-ce qu'un artiste contemporain est prêt à faire pour être connu ? ». Mais beaucoup d'œuvres, souvent trop clinquantes, tombent à plat.

Tracey Emin, Damien Hirst, Keith Haring, Martin Kippenberger, Jeff Koons, Takashi Murakami seraient tous les enfants d'Andy Warhol, dont la phrase célèbre « Good business is the best art » est mise en exergue de l'exposition. Mais par business, il faut entendre ici non seulement le rapport à l'argent, mais aussi et surtout l'art du « coup de com », l'appropriation par les artistes des stratégies publicitaires comme démarche esthétique, dans le but assumé d'atteindre le degré de célébrité le plus élevé.

Lire la chronique sur l'expo Pop Life à la Tate Modern.


Ill. Jeff Koons, Made in Heaven, 1989 © Jeff Koons



Quand l'art fait boum !

Posté par Magali le 15.10.09 à 10:42 | tags : art contemporain, insolite

La FIAC, c'est un peu un instantané de l'art contemporain international (du moins celui qui a accès aux sphères du marché), un concentré des tendances qui donne le pouls de l'art à un moment T. Un moment à célébrer, donc...

Parmi les événements connexes qui accompagnent cette fête de l'art (à laquelle cependant certains galeristes rient jaune depuis quelques mois), un feu d'artifice unique en son genre aura lieu dans les jardins des Tuileries. Les artistes Fabien Giraud et Raphaël Siboni, qui se sont fait remarquer récemment avec leur installation Last Manoeuvres in the Dark au Palais de Tokyo ou The Outland à La Force de l'Art 02, proposent « un feu d'artifice complet, tiré en une fois, de telle sorte qu'il n'y ait qu'une seule détonation. Une seule déflagration assourdissante. Un quart d'heure de spectacle se contracte ici en un seul tir, se condense en une seule seconde, et les motifs multicolores fusionnent jusqu'à ne plus former qu'un seul flash aveuglant ».

Autrement dit, 800 bombes placées sur 10 cibles exploseront en même temps pour un spectacle d'une poignée de secondes... Rendez-vous mardi 20 octobre à 22h pétantes, au niveau du premier bassin des Tuileries.

www.fiac.com

 


Ill. Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Sans titre (feu d’artifice instantané), courtesy galerie Loevenbruck, Paris



Soulages : 60 ans de peinture au Centre Pompidou

Posté par Magali le 14.10.09 à 15:52 | tags : peinture, exposition, centre pompidou

A la veille de son 90e anniversaire, qu'il fêtera le 24 décembre prochain, le peintre Pierre Soulages se voit gratifié d'une exposition rétrospective au Centre Pompidou, extrêmement tardive dans sa carrière — la dernière exposition personnelle de l'artiste au Musée national d'Art moderne remonte à 1979, une autre a eu lieu au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris en 1996. L'Etat français salue enfin un de ses grands artistes, adulé dans le reste du monde, notamment aux Etats-Unis où il rejoint la légende de la peinture moderne avec Jackson Pollock ou Mark Rothko.

C'est l'occasion de faire le point sur une œuvre entièrement dévolue, en apparence, à la non-couleur, le noir, mais dont on découvre ici l'intention réelle : le travail sur la lumière. Avec une scénographie d'un classicisme zen ultra-efficace (hormis l'une des premières salles, où l'on a ressorti la muséographie « moquette sur les murs », que l'on croyait disparue depuis les années 50), l'exposition du Centre Pompidou montre l'évolution de la peinture de Soulages, des petits formats géométriques des années 40, où l'artiste expérimente le brou de noix et le goudron, aux œuvres peu à peu envahies par le noir, de format anthropométrique — les toiles de taille humaine permettent, selon Rothko auquel on pense beaucoup ici, une absorption totale du spectateur dans l'œuvre. L'accent est mis sur les œuvres des 25 dernières années, dont la plupart, rarement visibles, sont conservées dans des collections particulières.

La quête de Soulages semble infinie : noirs soyeux ou mats, onctuosité de la matière riche qui évoque du pétrole figé ou rugosité de surfaces rappelant le bois d'ébène, rai de lumière qui surgit entre les couches de noir, monolithes rayés, peintures-bas-reliefs... Effet hypnotique garanti.

Découvrez le portrait de Pierre Soulages, ainsi que la galerie de photos.


Soulages, au Centre Pompidou, Musée national d'Art moderne, jusqu'au 8 mars 2010.
Un colloque international consacré à Pierre Soulages aura lieu les 21 et 22 janvier 2010 au Centre Pompidou.
www.centrepompidou.fr

Ill. Pierre Soulages, Peinture 260 x 202 cm, 19 juin 1963, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne




Le Pot de Reynaud s'est envolé

Posté par Magali le 12.10.09 à 08:14 | tags : insolite
Le Pot doré de Jean-Pierre Raynaud, qui trônait depuis dix ans sur la Piazza du Centre Pompidou, s'est envolé lors de la Nuit Blanche, le 3 octobre dernier, pour rejoindre les hauteurs du Musée, sur la terrasse du 6e étage, où se trouve le restaurant Georges.

 

Installé en 1998 devant Beaubourg, après avoir orné le parc de la Fondation Cartier, la Postdamer Platz à Berlin et la Cité interdite en Chine, le Pot ne sera plus aujourd'hui visible que des visiteurs du Centre et des happy few du Georges.

 

Comment se retrouver dorénavant devant Beaubourg autrement que grâce à la fameuse expression « sous le Pot » ? Et surtout, quel objet emblématique pourra le remplacer ?




Vol d'œuvres d'art : un nouveau record

Posté par Magali le 09.10.09 à 10:11
Dans la série des vols fameux d'œuvres d'art, celui-ci restera certainement dans les annales d'Interpol. Une trentaine d'œuvres d'art, la plupart des dessins - dont quatre Miró, deux Rembrandt, un Renoir, un Van Gogh, un Matisse, un Degas, un Pollock... -, ont été dérobées le 25 septembre dernier dans une maison de Peeble Beach, dans la baie de Monterey, en Californie. La demeure était louée par Angelo B. Amadio, homme d'affaires et collectionneur américain, et Ralph Kennaugh, cancérologue à Boston, qui ont depuis reçu une demande de rançon et des menaces de mort.

L'ensemble du butin est estimé à environ 80 millions de dollars (54,6 millions d'euros) - le Pollock seul étant estimé autour de 40 millions -, ce qui en fait l'un des vols d'œuvres d'art les plus importants dans l'histoire des Etats-Unis - incomparable cependant avec le record historique du vol, en 1990, de 12 toiles de maîtres au Isabella Stewart Gardner Museum de Boston, estimées à un total de 500 millions de dollars (340 millions d'euros), et jamais retrouvées.

A cette perte conséquente s'ajoute un élément de taille : les œuvres n'étaient pas assurées. Le collectionneur Angelo B. Amadio, qui possède environ 300 œuvres, aurait eu à débourser 20 à 30 millions de dollars pour les assurer. « Un risque calculé », a-t-il affirmé.

Une récompense d'un million de dollars est promise pour toute information concernant le vol. La somme pourrait atteindre 4 millions si l'info menait à la découverte des œuvres. Un risque calculé.


Voir notre diaporama des plus célèbres vols d'œuvres d'art.



Ill. dessin de Van Gogh faisant partie de la collection d'Angelo B. Amadio, dérobé le 25 septembre 2009 à Peeble Beach.




Le photographe Irving Penn est mort

Posté par Magali le 08.10.09 à 11:43 | tags : mode, photographie
Grand photographe de mode, célèbre aussi pour ses natures mortes qui ont fait les unes de Vogue, Irving Penn est décédé hier, le mercredi 7 octobre, dans son appartement de New York, à l'âge de 92 ans.

Publiant dans Vogue ou Harper's Bazaar ses images hors du temps, Penn également été le portraitiste des grands de son époque (Martha Graham, Marcel Duchamp, Georgia O'Keeffe, Igor Stravinsky, Marlene Dietrich...).

Une rétrospective majeure de son œuvre est en cours au J. Paul Getty Museum de Los Angeles, jusqu'au 10 janvier 2010.

Ill. Irving Penn, Self-portrait.



Budget 2010 : Mitterrand mise sur le Patrimoine

Posté par Magali le 06.10.09 à 16:53 | tags : culture, économie
Première petite victoire pour le nouveau ministre de la Culture : le budget du ministère de la Culture et de la Communication connaîtra en 2010 une hausse de 5,3 %, dont 3,9 % pour la Culture uniquement, soit une enveloppe de 2,92 milliards d'euros mise à la disposition de Frédéric Mitterrand. Mais cette hausse ne profite pas à tout le monde (notamment pas au spectacle vivant).

Lors de la conférence de presse du 1er octobre, le ministre a qualifié son budget d'« excellent », et établi un proto-programme : action en faveur du livre (notamment numérique) et de la lecture (avec la prolongation des horaires d'ouverture des bibliothèques...!), promotion de l'enseignement de l'art à l'école, dynamisation du marché de l'art, aide au photojournalisme (à noter que les aides à la presse augmentent de 51 %, grâce notamment aux promesses faites aux Etats généraux de la presse).

En terme de moyens, le plus gros effort est celui engagé en direction du Patrimoine, avec un total de 1,25 milliards d'euros. Ainsi le financement de l'entretien des monuments historiques augmente-t-il de 80 %. Les grands chantiers, en particulier, vont profiter de cet accent mis sur le patrimoine : 53,5 millions d'euros pour le Centre des Archives nationales, délocalisé à Pierrefitte-sur-Seine, 25 millions pour Versailles, ou 11,7 pour le Mucem (Musée des Civilisations d'Europe et de Méditerranée) à Marseille.

Le budget des Arts Plastiques (sous-entendu l'art contemporain), qui ne représente que 2,41 % du budget total de la Culture, augmente de 2,2 millions d'euros, somme assez dérisoire comparée au bonus engagé pour le Patrimoine, soit 119 millions. C'est aussi un domaine, il est vrai, beaucoup moins lucratif.

Voir la conférence de presse de Frédéric Mitterrand en vidéo :





Traquandi, la peinture encore et toujours

Posté par Magali le 05.10.09 à 17:06 | tags : peinture, art contemporain
Est-ce de la photographie ou de la peinture, une image positive ou négative, une percée vers le ciel ou une plongée dans les abysses ? L'art de Gérard Traquandi ne se livre pas d'emblée. L'exposition personnelle de l'artiste marseillais à la galerie Laurent Godin fait mentir ceux qui pensent que la peinture a vécu et qu'elle ne peut plus être vecteur d'émotions, gros mot dans le langage contemporain.

Flirtant autant avec la peinture au pinceau ou les laques noires à reflets d'or de la tradition chinoise, qu'avec les Nénuphars de Monet ou les all-over de la peinture expressionniste abstraite américaine (on pense notamment à Clyfford Still ou Joan Mitchell), cette récente série de toiles, exécutées grâce à un complexe processus d'empreinte proche de la technique du monotype, surprend par sa légèreté et sa subtilité. Et forme une parenté adéquate avec l'œuvre de Pierre Soulages, auquel le Centre Pompidou, à quelques pas, rend hommage à partir de la semaine prochaine.


Gérard Traquandi
, exposition personnelle à la galerie Laurent Godin, 5 rue du Grenier Saint-Lazare, Paris 3e, jusqu'au 17 octobre. www.laurentgodin.com

Ill. vue de l'exposition Gérard Traquandi à la galerie Laurent Godin, 2009.




Hospitalités : promenade en Île de France

Posté par JdF le 02.10.09 à 17:11 | tags : art contemporain, installation, insolite
Chaque samedi, jusqu’au 12 décembre, le réseau art contemporain Paris / Île de France organise des parcours qui permettent aux franciliens de se rendre dans des lieux où ils n’auraient peut-être jamais mis les pieds sans ce dispositif. Car, il faut bien le dire, à qui viendrait l’idée de se transporter de Montreuil à Juvisy, de Rueil à Malakoff, ou de Nanterre à Brétigny, en une même journée pour voir des œuvres ou assister à des performances d’artistes dont il n’aura, pour certains jamais entendu parler ? Et bien, pour des néophytes comme moi, TRAM l’a fait !
Car d’abord, je ne sais pas vous, mais moi, j’adore me promener en bus. Alors, quand j’ai compris qu’il s’agissait de sillonner la région parisienne dans un bus affrété à cet effet, ça m’a tout de suite parlé : découvrir des communes proches de Paris, certes, mais centralité oblige, dont certaines m’étaient quasiment inconnues, était une occasion de me livrer à cette activité délicieuse de regarder le paysage urbain depuis cette hauteur parfaite qu’est la cabine d’un bus.
Ensuite, les propositions artistiques sont suffisamment riches et variées pour que chacun ait le loisir de retrouver des marques, en l’occurrence ce samedi 26 septembre, c’était Martin Parr au Jeu de Paume (exposition qui s’est achevée depuis), de découvrir des artistes plus jeunes et sans doute moins consensuels (Véronique Hubert à le galerie municipale de Vitry-sur-Seine) et même de se livrer à des activités artistiques : ce jour-là, il nous a été proposé, à l’école supérieure d’art de Rueil-Malmaison, de participer au grand atelier et de dessiner des nus dont les modèles, danseurs, posaient en musique, effectuant ainsi une très belle et envoûtante performance.
La participation au parcours coûte 5 euros (visite et transport compris), mais il ne faut pas oublier de s’inscrire en envoyant un mail à :
taxitram@tram-idf.fr
Pour tout savoir sur le programme et l’organisation des journées, c’est ici



La censure frappe encore

Posté par Magali le 02.10.09 à 14:11 | tags : exposition, censure
Dans quelques jours nous vous parlerons de l'exposition Pop Life: Art In the Material World, qui a ouvert ce 1er octobre à la Tate Modern de Londres. Nous n'aurons pas eu, hélas, l'occasion de la voir dans son intégralité... Les policiers de Scotland Yard y ont fait une descente, la veille de son ouverture au public, afin de supprimer des cimaises le célèbre portrait de Brooke Shields par Gary Gross, repris par Richard Prince sous le titre Spiritual America. Image qui illustrait justement un précédent billet de De Visu consacré au procès fait aux commissaires de l'exposition « Présumé innocent », où l'œuvre était exposée.

La censure a décidément bon dos ces jours-ci... La photo de la starlette, alors âgée de dix ans, est d'une ambiguïté indéniable. Négociée à l'époque par la mère de Brooke Shields pour 450 dollars, et publiée dans un livre édité par Playboy, Sugar'n'Spice, cette image refait régulièrement surface, malgré les tentatives de l'actrice pour la faire interdire. Image hyper-connue, elle a été diffusée dans de nombreux livres d'art et montrée dans d'innombrables expositions depuis plus de 30 ans.

Pourquoi aujourd'hui censurer cette image ? On ne peut s'empêcher de faire le lien avec l'arrestation récente de Roman Polanski, plus de 30 ans après le viol d'une jeune fille de 13 ans. Mais si, dans ce cas, la justice a effectivement un rôle à jouer (que d'aucuns nient, à commencer par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand), dans celui de la photo de Brooke Shields, le délit présumé serait l'obscénité qui pourrait choquer les visiteurs de la Tate... Retirons, alors, du Louvre l'Hermaphrodite endormi, sculpture d'époque romaine, ou les photos du baron Wilhelm von Gloeden du musée d'Orsay ! L'art n'a pas à se soucier de ceux qui le reçoivent, qu'ils soient trop sensibles ou trop pervers pour s'y confronter avec mesure, car, contrairement à l'idée reçue, l'art n'est pas "mieux" que la vie.

Ill. Gary Gross, Brooke Shields : The woman in the child, 1980



En images : 10 moments radicaux dans l'art du XXe siècle

Posté par Magali le 01.10.09 à 16:58
De la « cage aux Fauves » du Salon d'Automne de 1905 au requin flottant dans le formol de Damien Hirst en passant par les ready-made de Marcel Duchamp et les happenings Fluxus, l'art du XXe siècle aura été une formidable aventure, sans précédent dans l'histoire de l'art, aux confins des expériences sensibles et intellectuelles.

Découvrez les dix moments-clés de l'art du XXe siècle qui, comme autant de points de rupture, auront rythmé ce siècle des avant-gardes.

 


 




Gagosian débarque à Paris

Posté par Magali le 01.10.09 à 12:12 | tags : galerie à paris

 

La nouvelle n'est pas encore officielle, mais elle pourrait bien bouleverser le marché de l'art parisien. Larry Gagosian, galeriste mastodonte qui possède pas moins de 8 succursales dans le monde (3 à New York, 2 à Londres, 1 à Los Angeles, Rome et Athènes), pourrait s'installer à Paris, plus exactement dans le 8e arrondissement, du côté de la rue du Faubourg Saint-Honoré où se situent les galeries les plus chics de la capitale.

Gagosian, âgé aujourd'hui de 64 ans, est considéré comme le plus important galeriste du monde - c'est-à-dire le plus influent. L'homme a débuté sa carrière en vendant des posters sur le campus de UCLA, puis s'est spécialisé dans la revente rapide d'œuvres d'artistes contemporains - ce qui lui vaudra le surnom de « Go-Go ». Organisant des expositions de grande qualité dans sa galerie, Gagosian a pour clients des collectionneurs de renom, tels Charles Saatchi ou Eli Broad, et les artistes les plus cotés font partie de son tableau de chasse : Chris Burden, Cindy Sherman, Douglas Gordon, Damien Hirst, Mike Kelley, Anselm Kiefer, Ed Ruscha, Richard Serra, Takashi Murakami, Cy Twombly, Jeff Koons...

La raison officielle de cet emménagement est la réalisation du catalogue complet des sculptures de Picasso. Mais quel effet Gagosian aura-t-il sur le marché de l'art parisien ? Un sérieux coup de fouet, assurément, et un retour de Paris comme capitale de l'art. Mais ce coup de boost sera certainement limité à la tranche supérieure du marché, celle qui a pour clients des collectionneurs comme François Pinault, et assurera une sérieuse mais vitale concurrence à une poignée de galeristes comme Emmanuel Perrotin, Yvon Lambert ou Thaddaeus Ropac.


www.gagosian.com






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