Archives > Octobre 2009Le diaporama de La Subversion des images au Centre PompidouPosté par Magali le 30.10.09 à 12:01 | tags : surréalisme, beaubourg, centre pompidou, exposition, photographie
Le surréalisme à l'ère de sa reproductibilité technique : le paradoxe de l'« explosante-fixe » (expression inventée par André Breton pour expliciter le concept de "beauté convulsive" chère aux surréalistes) trouve son accomplissement dans l'image sur pellicule, qu'elle soit photographique ou filmique. Dans l'entre-deux-guerres, la clique surréaliste ne chercha rien d'autre qu'à mettre au jour le mensonge du réel et son insoumission à toute représentation objective. Van Gogh en toutes lettres
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S'il fut un grand peintre, Vincent Van Gogh fut également un théoricien de l'art et un épistolier remarquable, ce dont témoignent les quelques centaines de lettres écrites par l'artiste. Le Van Gogh Museum d'Amsterdam a eu l'excellente idée de mettre en ligne ces lettres sur le site vangoghletters.org, dans leurs langues originales — néerlandais ou français — et dans leur traduction anglaise, ainsi que leur fac-similé. Le peintre y exprime l'angoisse de sa condition d'artiste, mais fait aussi preuve d'un regard extrêmement juste sur l'art de son temps. Voici ce qu'il écrit à son frère Theo Van Gogh de l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, le 2 septembre 1889, quelques jours après l'une de ses crises de démence : « J'ai hier recommencé à travailler un peu — une chose que je vois de ma fenêtre — un champ de chaume jaune qu'on laboure, l'opposition de la terre labourée violacée avec les bandes de chaume jaune, fond de collines. Le travail me distrait infiniment mieux qu'autre chose et si je pouvais une fois bien me lancer là-dedans de toute mon énergie, ce serait possiblement le meilleur remède ». Le tableau mentionné renvoie à un lien vers l'image de l'œuvre, ce qui rend extrêmement intéressante et féconde la lecture des lettres. On trouve également sur le site une biographie détaillée de l'artiste, ainsi que des éléments biographiques sur ses correspondants, dont les plus importants furent son frère Theo, avec lequel il échangea chaque semaine pendant vingt ans, ainsi que Paul Gauguin et Emile Bernard, les compagnons de sa quête en peinture.
vangoghletters.org FIAC : l'Etat achète 24 œuvres pour 400 000 euros
Voir aussi : le diaporama des oeuvres incontournables de la Fiac 2009
En images : les oeuvres qui ont marqué la FIAC 2009Parce que la FIAC ne dure pas longtemps et que le prix de l'entrée est dissuasif, nous vous proposons d'en faire rapidement le tour avec notre diaporama des oeuvres incontournables de la Fiac 2009. Voir aussi : Top 100 de l'art contemporain : où sont les artistes ?Posté par Magali le 26.10.09 à 18:28 | tags : art contemporain
La FIAC s'est achevée dimanche, et le petit milieu de l'art contemporain a quitté Paris... Milieu microscopique, certes, mais dans lequel certains individus pèsent d'un poids énorme. Le magazine Art Review vient de publier son top 100 des personnalités les plus influentes du monde de l'art, le Power 100. En tête, non pas un artiste, un galeriste ou un collectionneur, mais un curateur (aka commissaire d'exposition), le Suisse Hans Ulrich Obrist, 41 ans, qui débuta sa carrière au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris au début des années 90 et dirige aujourd'hui la Serpentine Gallery de Londres. Pour subjective qu'elle soit, cette première place indique le rôle éminent que tiennent depuis quelques années les curateurs dans les sphères d'influence de l'art, remplaçant les critiques (fonction souvent également remplie par les curateurs) — particulièrement absents de ce classement (Roberta Smith, éminente critique du New York Times depuis plus de 20 ans, n'est qu'à la 61e place...). Sur le podium, on trouve le directeur du MoMA, Glenn Lowry, et celui de la Tate, Nicholas Serrota, suivis de près par le galeriste Larry Gagosian et les collectionneurs François Pinault et Eli Broad. Les premiers artistes, le trio Anton Vidokle, Julieta Aranda et Brian Kuan Wood, animateurs du réseau e-flux, sont à la 8e place, devant Bruce Nauman, 10e, et Jeff Koons, 14e. Si l'on excepte Louise Bourgeois, née française mais naturalisée américaine depuis près de 60 ans, point d'artiste français dans la liste. Les cinq autres personnalités françaises sont un directeur de musée (Alfred Pacquement, du Musée national d'Art moderne), un galeriste (Emmanuel Perrotin), deux collectionneurs (François Pinault et Bernard Arnault) et un curateur-critique (Nicolas Bourriaud). Il semblerait que l'art, aujourd'hui, soit devenu une chose trop sérieuse pour le confier aux artistes. Ill. Art Review, couverture du numéro de novembre 2009. Saâdane Afif remporte le Prix Marcel Duchamp C'est officiel depuis ce matin 11h, l'artiste Saâdane Afif, 39 ans, a remporté le Prix Marcel Duchamp, face à trois artistes de qualité non moindre, mais opérant dans des champs très différents, à savoir Damien Deroubaix, peintre marqué par l'esthétique hard rock, Philippe Perrot, peintre également, mais dans une veine plus intimiste, et Nicolas Moulin, auteur d'un travail de sculptures et de vidéos marqué par l'architecture (notre favori...).Saâdane Afif, artiste néo-conceptuel qui place la notion d'exposition, la musique et les collaborations d'artistes au cœur de son travail, présente à la Cour Carrée du Louvre une simple affiche, laquelle renvoie à une performance, Vice de forme : in search of melodies, qui s'est tenue à la galerie Michel Rein le 22 octobre. Celle-ci consista en l'interprétation au piano de chansons mises en musique par l'artiste et Louis-Philippe Scoufaras, dont les paroles ont été écrites par 12 écrivains, artistes et critiques d'art, et dédiées à la sculpture Vice de forme, elle-même inspirée d'une sculpture phallique de Man Ray et d'une caricature de centrale nucléaire de Reiser... Dans l'espace de la galerie, l'affiche, la sculpture de l'artiste et le piano, qui a enregistré et joue les mélodies, reconstituent ce puzzle un brin compliqué. L'artiste bénéficiera, aux côtés des trois autres nommés, d'une exposition à Shanghai dans le cadre de l'Exposition Universelle en juin 2010, et d'une exposition personnelle au Centre Pompidou en septembre. Exposition Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, à la galerie Michel Rein, Paris, jusqu'au 28 novembre 2009. www.michelrein.com Ill. Saâdane Afif, Vice de forme : in search of melodies, 2009, courtesy galerie Michel Rein En images : Teotihuacan, les restes d'une civilisation perdueQuatre cent cinquante pièces, issues à 95 % des collections mexicaines, une grande part inédite en Europe. L'exposition du Quai Branly fait revivre la cité légendaire et antique de Teotihuacan, qui connut son apogée entre 250 et 550 ap. J.-C. On ne connaît pas le nom réel de la cité : Teotihuacan, « lieu où naissent les dieux », est le nom que lui donnèrent les Aztèques, qui six siècles plus tard investirent le lieu, pensant que seuls des dieux avaient pu construire de tels édifices. Sculptures colossales, peintures murales, masques rituels, statuettes-offrandes, poignards en forme d'éclairs, bijoux et céramiques témoignent de la puissance de l'expression artistique de Teotihuacan. Découvrez en images les restes de cette civilisation perdue, où les hommes rivalisaient avec le soleil et la mort par le jeu de balle et le sacrifice, avec notre diaporama Teotihuacan, cité des dieux. Teotihuacan, cité des Dieux, au musée du Quai Branly, jusqu'au 24 janvier 2010. Le Nouveau Festival du Centre Pompidou : un mois d'interdisciplinarité Hier soir avait lieu dans la joie et la bonne humeur brouillonnes l'inauguration en fanfare (d'accordéons) du Nouveau Festival du Centre Pompidou. Le Nouveau Festival, kezaco ? Mis sur pied par Bernard Blistène, directeur du développement culturel du Centre, ça n'est ni une exposition, ni une manifestation, mais selon BB lui-même, un « rendez-vous » dans un lieu possible de rencontres, à savoir principalement la Galerie Sud et l'Espace 315 (donc côté place Stravinsky), ouvert gratuitement à tous (à l'exception des spectacles de la Grande Salle).Assumant son interdisciplinarité fondatrice, le Centre Pompidou propose ainsi au visiteur, pendant un mois, des expériences inédites. Pêle-mêle : se faire sussurer à l'oreille un air d'opéra dans la Light House de Jorge Pardo, écouter un concert au casque dans le Kiosque électronique des Cocktail Designers ou assister chaque jour à des représentations (théâtre, danse, musique) dans le « Beaubourg-la-Reine » de la compagnie du Zerep (avec notamment Forced Entertainment, Arnaud Labelle-Rojoux, Philippe Katerine, Doris Uhlich, Sophie Lenoir...). Festivals dans le festival, « Bruits de bouche » expose la parole d'artistes, entre performance, lecture et musique, tandis que « Rosebud » interroge la matrice de l'œuvre de 10 écrivains (dont Enrique Vila-Matas, Michka Assayas ou Olivier Cadiot). On pourra également assister à des conférences-performances d'Andrea Fraser, Eric Duyckaerts ou Jean-Yves Jouannais, à des projections vidéo, visibles de la rue, la nuit, ou à la présentation, chaque jour à 14h, d'une peinture par 30 critiques, historiens et amateurs. Sans oublier de fouler le Sol.07 de Vincent Lamouroux, immense surface ondulante au niveau -1 du Foyer qui sera le support de plusieurs pièces dansées, et de visiter la Conciergerie, où Christian Rizzo a conçu l'exposition « Le sort probable de l'homme qui avait avalé le fantôme »... De quoi être tous les jours surpris !
Nouveau canular des Yes Men à la Chambre de Commerce américaine S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer... Les Yes Men, ce sont Jacques Servin et Igor Vamos, duo d'activistes issu du collectif d'artistes RTMark qui a commis dans les années 90, entre autres, l'échange de boîtes vocales de 300 poupées Barbie et G.I. Joe, ou l'intégration au jeu de simulation SimCopter d'hommes s'embrassant. Les Yes Men pratiquent ce qu'ils nomment l'« identity correction » : l'un ou l'autre se fait passer pour un représentant d'une importante organisation pour délivrer lors de conférences ou d'émissions télé un message caricatural, mettant souvent en porte-à-faux ladite organisation. En tant que représentants de l'OMC, ils ont ainsi fait l'apologie de l'esclavage à domicile, vanté la mise aux enchères des votes ou le recyclage d'excréments pour le tiers-monde, souvent sans que l'assistance ne paraisse choquée. En 2004 ils se font passer pour un groupe appelé « Yes, Bush can! » et sillonnent les Etats-Unis à bord d'une camionnette en faisant signer un « gage de patriotisme » par lequel les signataires se portent volontaires pour accueillir près de chez eux un site de stockage des déchets nucléaires, envoyer leurs enfants à la guerre, abandonner une partie de leurs droits constitutionnels, etc. Un de leurs canulars les plus marquants eut lieu la même année. Jacques Servin, alias Andy Bichlbaum, apparaît en direct sur BBC World en tant que porte-parole de Dow Chemical, géant américain de l'industrie chimique qui a absorbé Union Carbide, compagnie qui détenait pour moitié l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal qui a fait des dizaines de milliers de morts et d'invalides. Il annonce la vente prochaine de Union Carbide, et l'intention de Dow Chemical d'utiliser les 12 milliards de dollars de la vente pour fournir des soins médicaux aux victimes et nettoyer le site : en une vingtaine de minutes, les cours de l'action chutent de 2 milliards de dollars. Deux heures plus tard, un démenti est publié. Cette fois-ci, c'est à la Chambre de Commerce américaine que les Yes Men annoncent le soutien de ce puissant lobby de 3000 entreprises à la lutte contre le réchauffement climatique... jusqu'à l'intervention d'un vrai membre de la Chambre et l'éjection du fauteur de troubles. A voir en vidéo : L'œuvre d'Oiticica part en fumée L'œuvre d'une vie... Tout, ou presque, l'œuvre de l'artiste brésilien Hélio Oiticica est parti en fumée, samedi 17 octobre, dans l'incendie qui a eu lieu chez son frère César Oiticica, à Rio de Janeiro.Les toiles, sculptures, installations, livres et œuvres audiovisuelles entreposées là représentaient une valeur estimée à 14 millions d'euros. Environ 90 % des 2000 œuvres ont été détruites. Oiticica, mort en 1980 à l'âge de 43 ans, fut l'un des artistes brésiliens les plus importants du XXe siècle. Fondateur du mouvement "néoconcrétiste" à la fin des années 1950, aux côtés de Lygia Clark, Amilcar de Castro et Franz Weissmann, il fut un représentant de la peinture abstraite, portant surtout un intérêt à la couleur, que ce soit en peinture ou en sculpture. Dans les années 1960, il crée les Bolides, petites boîtes-sculptures que le spectateur peut faire bouger et explorer, et les Parangolés, assemblages de tissus de récupération en sculptures mobiles. Oiticica réalise ensuite des installations intitulées Penetravels (Pénétrables), avec lesquels le spectateur peut interagir. Le plus connu d'entre eux est Tropicalia (1967), acquis par la Tate Modern de Londres, qui donna son nom au mouvement tropicaliste, que l'on identifie surtout aujourd'hui à la musique de Gilberto Gil et Caetano Veloso.
La FIAC dans les starting blocks
Les Obama redécorent la Maison Blanche version Modern ArtMichelle et Barack Obama sont plutôt branchés art moderne que peinture classique, on s'en doutait un peu. Leurs appartements privés de la Maison Blanche, ainsi que les ailes est et ouest, vont être bientôt décorées de 45 œuvres — peintures et sculptures — empruntées aux réserves de trois musées de Washington (le Smithsonian American Art Museum, la National Gallery of Art et le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden), et choisies par Michelle Obama, sur les conseils de leur décorateur, Michael Smith. ![]() Ill. Ed Ruscha, I Think I'll..., 1983, National Gallery of Art, Washington
En images : Veilhan occupe le château de Versailles
Un an après Jeff Koons, qui avait presque réussi à faire le poids face aux ors royaux, et un an avant Takashi Murakami, c'est l'artiste français Xavier Veilhan qui occupe en tant qu'artiste contemporain invité les jardins et salons du château de Versailles, monument sacré de l'architecture baroque et chef-d'œuvre absolu(tiste).
Xavier Veilhan, artiste sculpteur, affectionne la modélisation et les jeux illusionnistes. À Versailles, il rend hommage au Grand Siècle avec un carrosse pourpre qui surgit à toute allure d'un passé futuriste sur les pavés de la Place d'Armes, mais aussi aux grands architectes, auxquels il dresse de véritables monuments sculptés, jouant sur les contrastes d'échelles pour mieux faire ressortir la grandiosité des lieux.
Petit parcours en images dans l'univers rétro-futuriste de l'artiste, avec le diaporama Xavier Veilhan à Versailles.
Veilhan Versailles, au château de Versailles, jusqu'au 13 décembre 2009. Cinq questions à Osta et Bruce, graffeurs et accusés
![]() Fluctuat : La révolte, l’urgence, l’éphémère. Ce sont les motivations évoquées par un des graffeurs brésiliens de l’exposition « Graffiti » à la Fondation Cartier. Avez-vous les mêmes ? Bruce : Il y a effectivement une certaine poussée d’adrénaline à peindre dans l’urgence. C’est notamment le cas des trainistes qui oeuvrent dans des dépôts où les trains et les métros dorment. On connaît le fonctionnement de chaque dépôt pour pouvoir opérer. Et ensuite il faut aller vite, peindre sans recul, et quand le train commence son service et qu’on sait que nos œuvres vont être vues par 40 000 personnes, en période de pointe, la satisfaction est intense ! L’idée même du graffiti, art urbain n’est-elle pas dénaturée dès qu’il franchit les portes d’un musée ou d’une galerie ?Bruce : J’ai longtemps dit « moi, exposer dans une galerie, jamais ! ». Le graff, c’était l’angoisse, cette forme d’urgence, la rapidité, l’efficacité, la création un pied contre un mur, un autre contre un wagon. Mais en fait, ce qui nous importe, c’est que notre travail d’artiste soit vu. Les galeries nous ouvrent à un autre public, différent, nous sortent de l’anonymat, nous inscrivent dans la durée, et nous permettent d’avoir des avis sur ce qu’on fait. Pourtant, la façon de peindre n’est pas différente, je ne vais pas peindre dans un salon feutré en me grattant le menton, mais sur des terrains vagues, ou sous des porches parfois. L’énergie, le style ne changent en rien. Et je ne vais pas non plus m’y reprendre à quatre fois, sous prétexte que l’œuvre est destinée à une galerie !
Que pensez-vous de l’engouement général autour du graffiti ? Osta : Cela fait largement évoluer le regard sur les graffeurs, qui avant, étaient uniquement qualifiés de « vandales ». C’est très positif. Bruce : Et puis ça pousse une autre population à aller dans les musées. Moi, je n’avais jamais mis les pieds au Grand Palais avant l’exposition T.A.G. Venons-en à l’aspect judiciaire : vous avez été près de 60 prévenus dans le procès qui s’est tenu au TGI de Versailles… Bruce : Oui, on était 56 au total, de différentes régions de France. Ils ont voulu faire un grand coup, et quand il s’agit de trains, les peines sont souvent sévères, car les parties civiles sont puissantes. On a été jugés pour dégradations aggravées des espaces publics. Après appel, il y a quelques jours, le délit a été requalifié en délit mineur, dégradations légères. Les faits étant antérieurs à mai 2002, date de l’élection de Jacques Chirac, nous avons bénéficié de l’amnistie . Osta : Le jugement est tombé au moment même où Thalys avait invité quatre graffeurs européens renommés à peindre ses rames… Et au moment où vous exposez dans une galerie. Cette concomitance semble assez absurde, non ? Bruce : Il est un peu délicat pour nous de nous prononcer là-dessus : un autre procès, civil celui-là, suivra le pénal, en janvier 2010. Nous attendons donc de voir… » Illus galerie Nathalie Fiks Osta, Bruce, Aleksandar Petrovic, exposition UFO Galerie Nathalie Fiks, Paris 9e jusqu’au 24 octobre.
Pop Life à la Tate Modern : quand l'art bling-bling fait flop![]() « Provocation », le terme est lancé d'entrée de jeu dans l'exposition Pop Life — Art in a Material World de la Tate Modern, et c'est sans nul doute la notion qui lie le mieux la démarche des artistes présents. Le propos, assez flou, pourrait se résumer à « Qu'est-ce qu'un artiste contemporain est prêt à faire pour être connu ? ». Mais beaucoup d'œuvres, souvent trop clinquantes, tombent à plat. Tracey Emin, Damien Hirst, Keith Haring, Martin Kippenberger, Jeff Koons, Takashi Murakami seraient tous les enfants d'Andy Warhol, dont la phrase célèbre « Good business is the best art » est mise en exergue de l'exposition. Mais par business, il faut entendre ici non seulement le rapport à l'argent, mais aussi et surtout l'art du « coup de com », l'appropriation par les artistes des stratégies publicitaires comme démarche esthétique, dans le but assumé d'atteindre le degré de célébrité le plus élevé. Lire la chronique sur l'expo Pop Life à la Tate Modern. Ill. Jeff Koons, Made in Heaven, 1989 © Jeff Koons Quand l'art fait boum !
Ill. Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Sans titre (feu d’artifice instantané), courtesy galerie Loevenbruck, Paris Soulages : 60 ans de peinture au Centre Pompidou
Le Pot de Reynaud s'est envolé Le Pot doré de Jean-Pierre Raynaud, qui trônait depuis dix ans sur la Piazza du Centre Pompidou, s'est envolé lors de la Nuit Blanche, le 3 octobre dernier, pour rejoindre les hauteurs du Musée, sur la terrasse du 6e étage, où se trouve le restaurant Georges.
Installé en 1998 devant Beaubourg, après avoir orné le parc de la Fondation Cartier, la Postdamer Platz à Berlin et la Cité interdite en Chine, le Pot ne sera plus aujourd'hui visible que des visiteurs du Centre et des happy few du Georges.
Comment se retrouver dorénavant devant Beaubourg autrement que grâce à la fameuse expression « sous le Pot » ? Et surtout, quel objet emblématique pourra le remplacer ? Vol d'œuvres d'art : un nouveau recordPosté par Magali le 09.10.09 à 10:11
Dans la série des vols fameux d'œuvres d'art, celui-ci restera certainement dans les annales d'Interpol. Une trentaine d'œuvres d'art, la plupart des dessins - dont quatre Miró, deux Rembrandt, un Renoir, un Van Gogh, un Matisse, un Degas, un Pollock... -, ont été dérobées le 25 septembre dernier dans une maison de Peeble Beach, dans la baie de Monterey, en Californie. La demeure était louée par Angelo B. Amadio, homme d'affaires et collectionneur américain, et Ralph Kennaugh, cancérologue à Boston, qui ont depuis reçu une demande de rançon et des menaces de mort.L'ensemble du butin est estimé à environ 80 millions de dollars (54,6 millions d'euros) - le Pollock seul étant estimé autour de 40 millions -, ce qui en fait l'un des vols d'œuvres d'art les plus importants dans l'histoire des Etats-Unis - incomparable cependant avec le record historique du vol, en 1990, de 12 toiles de maîtres au Isabella Stewart Gardner Museum de Boston, estimées à un total de 500 millions de dollars (340 millions d'euros), et jamais retrouvées. A cette perte conséquente s'ajoute un élément de taille : les œuvres n'étaient pas assurées. Le collectionneur Angelo B. Amadio, qui possède environ 300 œuvres, aurait eu à débourser 20 à 30 millions de dollars pour les assurer. « Un risque calculé », a-t-il affirmé. Une récompense d'un million de dollars est promise pour toute information concernant le vol. La somme pourrait atteindre 4 millions si l'info menait à la découverte des œuvres. Un risque calculé. Le photographe Irving Penn est mort![]() Publiant dans Vogue ou Harper's Bazaar ses images hors du temps, Penn également été le portraitiste des grands de son époque (Martha Graham, Marcel Duchamp, Georgia O'Keeffe, Igor Stravinsky, Marlene Dietrich...). Une rétrospective majeure de son œuvre est en cours au J. Paul Getty Museum de Los Angeles, jusqu'au 10 janvier 2010. Ill. Irving Penn, Self-portrait. Budget 2010 : Mitterrand mise sur le Patrimoine Première petite victoire pour le nouveau ministre de la Culture : le budget du ministère de la Culture et de la Communication connaîtra en 2010 une hausse de 5,3 %, dont 3,9 % pour la Culture uniquement, soit une enveloppe de 2,92 milliards d'euros mise à la disposition de Frédéric Mitterrand. Mais cette hausse ne profite pas à tout le monde (notamment pas au spectacle vivant). Lors de la conférence de presse du 1er octobre, le ministre a qualifié son budget d'« excellent », et établi un proto-programme : action en faveur du livre (notamment numérique) et de la lecture (avec la prolongation des horaires d'ouverture des bibliothèques...!), promotion de l'enseignement de l'art à l'école, dynamisation du marché de l'art, aide au photojournalisme (à noter que les aides à la presse augmentent de 51 %, grâce notamment aux promesses faites aux Etats généraux de la presse). En terme de moyens, le plus gros effort est celui engagé en direction du Patrimoine, avec un total de 1,25 milliards d'euros. Ainsi le financement de l'entretien des monuments historiques augmente-t-il de 80 %. Les grands chantiers, en particulier, vont profiter de cet accent mis sur le patrimoine : 53,5 millions d'euros pour le Centre des Archives nationales, délocalisé à Pierrefitte-sur-Seine, 25 millions pour Versailles, ou 11,7 pour le Mucem (Musée des Civilisations d'Europe et de Méditerranée) à Marseille. Le budget des Arts Plastiques (sous-entendu l'art contemporain), qui ne représente que 2,41 % du budget total de la Culture, augmente de 2,2 millions d'euros, somme assez dérisoire comparée au bonus engagé pour le Patrimoine, soit 119 millions. C'est aussi un domaine, il est vrai, beaucoup moins lucratif. Voir la conférence de presse de Frédéric Mitterrand en vidéo : Traquandi, la peinture encore et toujours![]() Flirtant autant avec la peinture au pinceau ou les laques noires à reflets d'or de la tradition chinoise, qu'avec les Nénuphars de Monet ou les all-over de la peinture expressionniste abstraite américaine (on pense notamment à Clyfford Still ou Joan Mitchell), cette récente série de toiles, exécutées grâce à un complexe processus d'empreinte proche de la technique du monotype, surprend par sa légèreté et sa subtilité. Et forme une parenté adéquate avec l'œuvre de Pierre Soulages, auquel le Centre Pompidou, à quelques pas, rend hommage à partir de la semaine prochaine.
Ill. vue de l'exposition Gérard Traquandi à la galerie Laurent Godin, 2009. Hospitalités : promenade en Île de France Chaque samedi, jusqu’au 12 décembre, le réseau art contemporain Paris / Île de France organise des parcours qui permettent aux franciliens de se rendre dans des lieux où ils n’auraient peut-être jamais mis les pieds sans ce dispositif. Car, il faut bien le dire, à qui viendrait l’idée de se transporter de Montreuil à Juvisy, de Rueil à Malakoff, ou de Nanterre à Brétigny, en une même journée pour voir des œuvres ou assister à des performances d’artistes dont il n’aura, pour certains jamais entendu parler ? Et bien, pour des néophytes comme moi, TRAM l’a fait !Car d’abord, je ne sais pas vous, mais moi, j’adore me promener en bus. Alors, quand j’ai compris qu’il s’agissait de sillonner la région parisienne dans un bus affrété à cet effet, ça m’a tout de suite parlé : découvrir des communes proches de Paris, certes, mais centralité oblige, dont certaines m’étaient quasiment inconnues, était une occasion de me livrer à cette activité délicieuse de regarder le paysage urbain depuis cette hauteur parfaite qu’est la cabine d’un bus. Ensuite, les propositions artistiques sont suffisamment riches et variées pour que chacun ait le loisir de retrouver des marques, en l’occurrence ce samedi 26 septembre, c’était Martin Parr au Jeu de Paume (exposition qui s’est achevée depuis), de découvrir des artistes plus jeunes et sans doute moins consensuels (Véronique Hubert à le galerie municipale de Vitry-sur-Seine) et même de se livrer à des activités artistiques : ce jour-là, il nous a été proposé, à l’école supérieure d’art de Rueil-Malmaison, de participer au grand atelier et de dessiner des nus dont les modèles, danseurs, posaient en musique, effectuant ainsi une très belle et envoûtante performance. La participation au parcours coûte 5 euros (visite et transport compris), mais il ne faut pas oublier de s’inscrire en envoyant un mail à : taxitram@tram-idf.fr Pour tout savoir sur le programme et l’organisation des journées, c’est ici La censure frappe encore Dans quelques jours nous vous parlerons de l'exposition Pop Life: Art In the Material World, qui a ouvert ce 1er octobre à la Tate Modern de Londres. Nous n'aurons pas eu, hélas, l'occasion de la voir dans son intégralité... Les policiers de Scotland Yard y ont fait une descente, la veille de son ouverture au public, afin de supprimer des cimaises le célèbre portrait de Brooke Shields par Gary Gross, repris par Richard Prince sous le titre Spiritual America. Image qui illustrait justement un précédent billet de De Visu consacré au procès fait aux commissaires de l'exposition « Présumé innocent », où l'œuvre était exposée.La censure a décidément bon dos ces jours-ci... La photo de la starlette, alors âgée de dix ans, est d'une ambiguïté indéniable. Négociée à l'époque par la mère de Brooke Shields pour 450 dollars, et publiée dans un livre édité par Playboy, Sugar'n'Spice, cette image refait régulièrement surface, malgré les tentatives de l'actrice pour la faire interdire. Image hyper-connue, elle a été diffusée dans de nombreux livres d'art et montrée dans d'innombrables expositions depuis plus de 30 ans. Pourquoi aujourd'hui censurer cette image ? On ne peut s'empêcher de faire le lien avec l'arrestation récente de Roman Polanski, plus de 30 ans après le viol d'une jeune fille de 13 ans. Mais si, dans ce cas, la justice a effectivement un rôle à jouer (que d'aucuns nient, à commencer par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand), dans celui de la photo de Brooke Shields, le délit présumé serait l'obscénité qui pourrait choquer les visiteurs de la Tate... Retirons, alors, du Louvre l'Hermaphrodite endormi, sculpture d'époque romaine, ou les photos du baron Wilhelm von Gloeden du musée d'Orsay ! L'art n'a pas à se soucier de ceux qui le reçoivent, qu'ils soient trop sensibles ou trop pervers pour s'y confronter avec mesure, car, contrairement à l'idée reçue, l'art n'est pas "mieux" que la vie. Ill. Gary Gross, Brooke Shields : The woman in the child, 1980 En images : 10 moments radicaux dans l'art du XXe sièclePosté par Magali le 01.10.09 à 16:58
De la « cage aux Fauves » du Salon d'Automne de 1905 au requin flottant dans le formol de Damien Hirst en passant par les ready-made de Marcel Duchamp et les happenings Fluxus, l'art du XXe siècle aura été une formidable aventure, sans précédent dans l'histoire de l'art, aux confins des expériences sensibles et intellectuelles.
Découvrez les dix moments-clés de l'art du XXe siècle qui, comme autant de points de rupture, auront rythmé ce siècle des avant-gardes.
Gagosian débarque à ParisPosté par Magali le 01.10.09 à 12:12 | tags : galerie à paris
![]() La nouvelle n'est pas encore officielle, mais elle pourrait bien bouleverser le marché de l'art parisien. Larry Gagosian, galeriste mastodonte qui possède pas moins de 8 succursales dans le monde (3 à New York, 2 à Londres, 1 à Los Angeles, Rome et Athènes), pourrait s'installer à Paris, plus exactement dans le 8e arrondissement, du côté de la rue du Faubourg Saint-Honoré où se situent les galeries les plus chics de la capitale. Gagosian, âgé aujourd'hui de 64 ans, est considéré comme le plus important galeriste du monde - c'est-à-dire le plus influent. L'homme a débuté sa carrière en vendant des posters sur le campus de UCLA, puis s'est spécialisé dans la revente rapide d'œuvres d'artistes contemporains - ce qui lui vaudra le surnom de « Go-Go ». Organisant des expositions de grande qualité dans sa galerie, Gagosian a pour clients des collectionneurs de renom, tels Charles Saatchi ou Eli Broad, et les artistes les plus cotés font partie de son tableau de chasse : Chris Burden, Cindy Sherman, Douglas Gordon, Damien Hirst, Mike Kelley, Anselm Kiefer, Ed Ruscha, Richard Serra, Takashi Murakami, Cy Twombly, Jeff Koons... La raison officielle de cet emménagement est la réalisation du catalogue complet des sculptures de Picasso. Mais quel effet Gagosian aura-t-il sur le marché de l'art parisien ? Un sérieux coup de fouet, assurément, et un retour de Paris comme capitale de l'art. Mais ce coup de boost sera certainement limité à la tranche supérieure du marché, celle qui a pour clients des collectionneurs comme François Pinault, et assurera une sérieuse mais vitale concurrence à une poignée de galeristes comme Emmanuel Perrotin, Yvon Lambert ou Thaddaeus Ropac.
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