Expos : blog actu arts et expos. De Visu.

Archives > Juillet 2009

En images : la 53e biennale de l'art à Venise

Posté par Céline le 31.07.09 à 17:26 | tags : art contemporain, biennale de venise, international
Venise, sa lagune, ses canaux, ses touristes, sa Biennale. Cette année, c'est sous le thème « Construire des mondes », (trop ?) vaste sujet, que le commissaire général de la Biennale, Daniel Birnbaum, a placé l'événement-monstre.

Plus de 90 artistes, des centaines d'œuvres, quelques 100 000 m2 d'expo dans les deux principaux lieux de la Biennale, l'Arsenale et les Giardini, sans compter les multiples églises et palais investis par les artistes. Un résultat forcément inégal, mais d'où émergent quelques œuvres incontournables, comme celles que nous présentons dans notre diaporama de la Biennale de Venise 2009.
 

53e Biennale de Venise. Fare Mundi // Making Worlds, Giardini, Arsenale et autres lieux de Venise, du 7 juin au 22 novembre 2009.



Les centres d'art en plein soleil

Posté par Magali le 31.07.09 à 11:52 | tags : exposition, art contemporain

Tout l'été, 43 centres d’art contemporain présents dans 18 régions et 37 départements français s’associent autour de l’opération nationale « Plein Soleil 09 / L'Eté des centres d'art ». En tout, près de 100 expositions et 200 artistes pour découvrir la création contemporaine, grâce à l'initiative de d.c.a, association française de développement des centres d’art.

Des suggestions de parcours sont proposées sur le site flowersway.com/pleinsoleil2009 : à Rennes (La Criée, puis œuvres dans l'espace public), dans l'Est parisien (Plateau/FRAC Ile-de-France, œuvre de Xavier Veilhan à la piscine Pailleron, espace ouvert Café au lit...), en Franche Comté (le 19 à Montbéliard, Michel Verjux à la Saline Royale d’Arc et Senans...).

Petite sélection d'événements de « Plein Soleil » :
. « Kasbah », Kader Attia, au CCC de Tours jusqu'au 31 octobre
. « Au Pied de la lettre », au Domaine départemental de Chamarande, jusqu'au 20 septembre
. Jochen Lempert et Vidya Gastaldon au Domaine de Kerguéhennec, Bignan, jusqu'au 27 septembre
. « Pour ne pas mourir deux fois », Camille Henrot, jusqu'au 6 septembre, et « Strange fruit in the street », Malachi Farrell, au LAIT, Albi et Castres, jusqu'au 31 octobre
. « Mesure du désordre, Œuvres du centre national des arts plastiques », au Parvis, Pau, jusqu'au 3 octobre
. « DreamTime. Grottes, Art Contemporain & Transhistoire », aux Abattoirs, Toulouse, jusqu'au 31 août
. « Spy Numbers » au Palais de Tokyo, Paris, jusqu'au 31 août
. Gianni Motti, à la Synagogue de Delme, jusqu'au 13 septembre
. « La Patinoire », Gilles Barbier, « The die is cast », Ryan Gander, et « Expanded Crash », Florian Pugnaire et David Raffini, à la Villa Arson, Nice, jusqu'au 18 octobre
. « Mes Dalton », expo collective à la Chapelle du Genêteil, Château-Gontier, jusqu'au 30 août


La carte des événements






« Spy Numbers » au Palais de Tokyo, expo SF

Posté par Magali le 29.07.09 à 09:26 | tags : science-fiction, exposition, palais de tokyo, art contemporain

« Spy Numbers », tel est le titre énigmatique de l'exposition estivale du Palais de Tokyo, que son directeur, Marc-Olivier Wahler, a transformé depuis son arrivée en 2006 en véritable laboratoire de l'art contemporain science-fictionnel, avec notamment les expositions Superdome ou Loris Gréaud. Suite ininterrompue de nombres diffusés par des voix anonymes sur les ondes courtes des radios, nous dit-on, les spy numbers sont émis depuis des décennies sans que l'on sache exactement ce qu'ils signifient...

Un bien gros mystère pour une exposition collective pas très épaisse, mais dont les quelques œuvres dispatchées dans l'espace réduit (pour cause de travaux) du Palais de Tokyo restent longtemps en mémoire. Certaines se mesurent à une échelle planétaire. On retient en particulier le dispositif mis en place par Dove Allouche et Evariste Richer, La Terrella (2002), reconstitution de la chambre sous vide de Birkeland reproduisant le phénomène des champs magnétiques et produisant des aurores boréales selon le calendrier céleste. Pour To lower the mountains (Abaisser les montagnes, 2005), Luca Francesconi est quant à lui aller prélever au terme d'escalades dans les Alpes les sommets de trois montagnes, matérialisées par trois pierres triangulaires, geste à la fois romantique et utopique.

Si Matt O'Dell illustre le titre de l'exposition avec sa Numbers Station Beacon/Community Broadcast Tower (2008-2009), il est bien le seul, et on ne voit pas ce que certaines œuvres, par ailleurs très impressionnantes, viennent faire là, comme Heap (2005), sculpture en jouets McDonald agglutinés de Jim Shaw ou le monumental Omission (2009) de l'Allemand Felix Schramm, déchirure spatiale dans l'architecture du bâtiment. Ainsi le noir « rhomboèdre à six losanges » de Tony Smith, For V.T., œuvre historique de 1969, se pose là comme un monolithe sorti de 2001 l'odyssée de l'espace. Dans toute la beauté de son mystère.


Spy Numbers, au Palais de Tokyo, Paris, jusqu'au 30 août 2009. Avec Dove Allouche & Évariste Richer, Pascal Broccolichi, Luca Francesconi, Ken Gonzales-Day, Norma Jeane, Arthur Mole & John Thomas, Matt O’Dell, Felix Schramm, Jim Shaw, Tony Smith, Stéphane Vigny
www.palaisdetokyo.com

Lire l'entretien avec Marc-Olivier Wahler réalisé en 2006

Ill. Felix Schramm, Omission, 2009. Vue de l’exposition « Spy Numbers », Palais de Tokyo, 2009. Photographie : André Morin



Beaubourg au top

Posté par Magali le 28.07.09 à 09:24 | tags : beaubourg, exposition


Avec plus de 473 800 visiteurs, l'exposition Alexander Calder, Les années parisiennes (1926–1933), qui a fermé ses portes le 20 juillet, compte parmi les plus grands succès de l'histoire du Centre Pompidou.

L'exposition prend la première place du palmarès de la Galerie 2, espace ouvert en 2003 au sixième étage de l'institution, coincé entre la Galerie 1, là où on lieu les méga-expos du Centre (actuellement Kandinsky, qui elle aussi semble-t-il va battre des records) et le restaurant Georges. Calder figure parmi les six expositions les plus fréquentées depuis la création du Centre, en 1977.

Il faut dire que Beaubourg fait très fort cet été, non seulement avec ces deux expositions d'art moderne remarquables, consacrées aux grandes figures de Kandinsky et Calder, mais aussi avec elles@centrepompidou, passionnant redéploiement des collections permanentes autour des artistes femmes au quatrième étage, ainsi que deux expositions monographiques centrées sur des artistes contemporains français reconnus sur la scène internationale, Laurent Grasso et Philippe Parreno.

A la rentrée, nous attendent une expo thématique qui promet, La Subversion des images. Surréalisme, photographie, film, et une rétrospective Soulages. Une programmation originale, ambitieuse et d'un sérieux irréprochable. Chapeau.


www.centrepompidou.fr

Ill. Alexander Calder, Joséphine Baker IV, vers 1928. Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, don de l’artiste, 1966 © 2008 Calder Foundation, New York / ADAGP




Le road trip de Tania Mouraud, du blog au livre

Posté par Magali le 27.07.09 à 09:50 | tags : art contemporain, livres d'art

On the roads est la retranscription verbatim du blog de l'artiste Tania Mouraud, partie pour un road trip américain, du 13 janvier au 4 février 2009. Ça débute avec un post intitulé « Landing », qui commence par « Ça y est. J'ai bien atterri ». Les photos et commentaires des messages sont reproduits tels quels : « Hello Tania, eu ton message tout à l'heure à Tourcoing. Je repasse par Paris avant de repartir pour Marseille une semaine. Te rappelle à mon retour. Welcome back », écrit Xacha le 2 février à 10:42 PM.

Pourquoi passer du format numérique à la bonne feuille de papier ? Aujourd'hui, pour de nombreux artistes, l'atelier c'est l'ordinateur. Mais la matérialisation du travail demeure indispensable. On the roads se lit comme un journal intime, un carnet de voyage illustré. Jusqu'au dernier post, « Jet Lag » : « Arrivée. At last. Plein de superbes expériences. Le vol dans un coucou BEECH. Génial. C'est le son qui soutient l'appareil. Puis arrivée à Manhattan. Ciels magnifiques, froid polaire, vent infernal. Réveillée à 5 heures du mat. Fini Appelfeld. Assez triste. Problèmes avec la connection internet. Travaille sur un PC. Pas facile. Eu P au phone. M est hospitalisée ». On dirait du Duras

 

Tania Mouraud, On the roads, éditions Jannink, 48 pages, 12 euros, diffusion Les Presses du réel




La BD a son musée

Posté par Magali le 24.07.09 à 10:28 | tags : patrimoine
Le Musée de la Bande dessinée a ouvert ses portes à Angoulême. Capitale de la BD avec son célèbre festival organisé chaque année fin janvier depuis trente-cinq ans, la ville charentaise se dote d'un EPCC (établissement public de coopération culturelle). Le musée vient compléter la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, déjà pourvue d'une bibliothèque patrimoniale (pôle documentaire associé à la Bibliothèque nationale de France et destinataire du dépôt légal des bandes dessinées), une bibliothèque publique spécialisée, une résidence internationale d’artistes (la Maison des auteurs), une librairie de référence, un centre de soutien technique multimédia, un cinéma de deux salles d’art et essai et de recherche, et un espace de consultation Internet.

Installée dans d'anciens chais, l'institution, financée par la ville d'Angoulême, la région Poitou-Charentes, l'Etat et l'Europe, est labellisée « musée de France ». Elle présentera ses collections de planches originales avec une rotation régulière de trois mois, indispensable à la bonne conservation des œuvres sur papier. Un parcours historique, des albums cartonnés aux mangas, avec des focus sur les auteurs et les œuvres majeurs, une exploration des techniques de réalisation de la bande dessinée et un regard sur l'évolution esthétique du 9e art sont les trois axes choisis par le directeur, Ambroise Lassalle.

Pour débuter, une exposition Musées en cases. Images des musées dans la bande dessinée est programmée jusqu'au 4 janvier 2010, en attendant la grande expo prévue pour 2010 qui confrontera des œuvres historiques des collections à l'interprétation d'auteurs contemporains.


Infos

Ill. © Frank Margerin.



Fabrice Gygi : le manuel

Posté par Magali le 23.07.09 à 13:22 | tags : art contemporain, livres d'art
Les performances, installations, sculptures ou vidéos de l'artiste suisse Fabrice Gygi, né en 1965 à Genève, où il vit toujours, ne sont jamais totalement dénuées d'un sens social ou politique. Ses structures architecturales renvoient régulièrement aux systèmes de contrôle de la société contemporaine, comme sa fameuse Scène (2000) grillagée ou son Adaptation Bag (2005), sorte de balançoire SM.

Pour sa participation à la 53e Biennale de Venise aux côtés de sa compatriote Silvia Bächli, Gygi a installé dans la nef de l'église San Stae des armoires et des grilles de fer, qui, selon le critique d'art Christophe Kihm, « recentrent et décentrent (l'édifice) provisoirement, en marquant physiquement et en rejouant symboliquement ses termes ». L'artiste impose ainsi au visiteur une expérience en forme de prise au piège dans l'espace.

A l'occasion de la Biennale, les éditions JRP-Ringier publient un petit ouvrage, simplement intitulé A Manual. Conçu comme un projet d'artiste, il rassemble les dessins et les travaux préparatoires de Fabrice Gygi pour ses divers projets : bateau, distributeur de bougies, airbag de seconde génération, dérouleur de tapis rouge, girophare, pilori, capsule de crémation, multipotence, guirlande hérissée de pointes métalliques, snack mobile, tente polyvalente, vidéothèque mobile, porte-drapeau, parcours Vita... Des dessins techniques tirés au cordeau ou des modélisations 3D de projets frôlant souvent l'absurde.


Fabrice Gygi, A Manual, édité par Andreas Münch, éditions JRP-Ringier, 240 pages, 25 euros, diffusion Les Presses du réel.



La Saison de la Turquie, c'est parti !

Posté par Magali le 22.07.09 à 15:29 | tags : exposition
 
 
Alors que l'adhésion de la Turquie à l'Europe demeure une question irrésolue, démarre ce mois-ci la Saison de la Turquie en France, avec plus de 400 événements culturels proposés jusqu'au 31 mars 2010.

Placée sous l'égide du Ministère des Affaires étrangères, via Culturesfrance, et des Ministères de la Culture français et turc (grâce notamment à la Fondation d'Istanbul pour la Culture et les Arts), cette Saison, inaugurée par l'exposition Istanbul, traversée au Palais des Beaux-Arts de Lille (jusqu'au 27 juillet) est ponctuée d'expositions, spectacles, concerts, rencontres ou manifestations liées au cinéma ou à la littérature, mais aussi de projets de coopération éducative et de débats sur le développement économique et social ou la géopolitique turcs.


Petite sélection d'événements :
. Un voyage dans l'histoire. Izmir – Phocée – Marseille, en juillet : la reconstitution d'un bateau antique, qui voyagera de Marseille à Paris, puis Istanbul via le réseau fluvial, fait revivre le périple des Phocéens qui fondèrent Marseille il y a 2600 ans. www
. Le Pont. Photos de Galata, à l'Orangerie du Sénat jusqu'au 2 août. www
. Café turc au jardin des Tuileries, jusqu'au 8 août
. Veillées du ramadan, avec notamment le chorégraphe Ziya Azazi et le cinéaste Fatih Akin, à l'Institut des Cultures d'Islam, à Paris, du 9 au 19 septembre. www
. Illumination de la Tour Eiffel aux couleurs de la Turquie en octobre
. Trois expositions sur l'art et la culture turcs au Louvre (www) et une grande expo De Byzance à Istanbul au Grand Palais (www) à partir d'octobre
. La Turquie, aujourd'hui, demain à l'Université de tous les savoirs, Paris, du 9 au 18 octobre www
. Festival Dansem, sur la danse contemporaine en Méditerranée, dans la région marseillaise, du 27 octobre au 11 novembre www
. Le mois de la Turquie à la Maison des Métallos en novembre, avec du cirque, une exposition de photographes turcs, du théâtre... www
. Panorama du cinéma turc à la Cinémathèque de Toulouse en novembre www
. Exposition personnelle de l'artiste contemporain Sarkis au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg de novembre à avril (www) et intervention au Centre Pompidou en mars 2010
. Une semaine de théâtre turc à l'Odéon du 13 au 19 février 2010 www
. Carnaval de Deux Rives, à Bordeaux, fin février et début mars 2010 www


Le programme complet sur www.saisondelaturquie.fr

Photo © Guillaume Lebrun




En images : l'expo Richard Fauguet au Plateau

Posté par Magali le 20.07.09 à 16:51 | tags : art contemporain, exposition, expos à paris
Ses balles de ping-pong singeant la chronophotographie de Muybridge, sa table dressée toute en verre ou son fauteuil Vassili en tuyaux de poêle ont fait de Richard Fauguet une figure incontournable de l'art contemporain français des quinze dernières années.

Pour sa première exposition personnelle dans une institution parisienne, l'artiste castelroussin de 46 ans, mêle esthétique kitsch, détournements de l'art populaire et déviations fumistes. Comme son nom l'indique, « Pas vu, pas pris » au Plateau/FRAC Ile-de-France, ne se prend pas au sérieux. Aperçu avec le diaporama Richard Fauguet : Pas vu, pas pris.
 

Richard Fauguet. Pas vu, pas pris, au Plateau/FRAC Ile-de-France, Paris, jusqu'au 9 août 2009.



L'art contemporain fait son reality show

Posté par Magali le 20.07.09 à 11:00 | tags : art contemporain, télé réalité
Depuis une dizaine d'années, la télé-réalité absorbe tout, contamine tous les domaines de la vie. On a pu en observer le degré zéro d'abord, avec Loft Story, où il ne se passait à peu près rien, puis il a fallu pimenter le tout en déterminant des domaines de compétences : simple survie (type Koh Lanta), musique (Star Academy), art culinaire (Oui chef !), séduction (L'Île de la Tentation), design (Design for life, par Philippe Starck) ou même mariage (The Marriage Ref, produit par Jerry Seinfeld).

Il ne manquait plus à ce concept carnivore qu'un nouveau domaine de création à polluer, les arts plastiques. C'est Pretty Matches, la société de production de Sarah Jessica Parker, la Carrie Bradshaw de Sex and the City, dont la carrière ne veut décidément pas décoller depuis l'arrêt de la série, qui va produire le programme, en collaboration avec The Magic Elves (Top Chef).

Treize compétiteurs s'affronteront pour gagner une exposition dans une galerie, une exposition itinérante dans les musées américains et une somme d'argent encore inconnue. Pour gagner, les artistes (obligatoirement de nationalité américaine) pourront utiliser divers médiums (sculpture, peinture, photographie, installation, video, design...), et seront jugés par un panel de professionnels de l'art (galeristes, curateurs, collectionneurs, critiques d'art et artistes).

La chaîne câblée Bravo, propriété de NBC Universal, diffusera le show. Le casting, qui s'adresse à des artistes « émergents ou en milieu de carrière », est en cours à Los Angeles, Miami, Chicago et New York. "L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art", disait Robert Filliou...



En images : Né dans la rue. Graffiti à la Fondation Cartier

Posté par Céline le 17.07.09 à 15:39 | tags : fondation cartier, expos à paris, art contemporain

Au départ, le graffiti c'est le mot, plus précisément la signature, plus ou moins cryptée, de jeunes adolescents désœuvrés des quartiers populaires de New York. Puis viennent la 3D, l'outline (le contour des lettres), les motifs de flèches ou d'étoiles (wild style), et enfin les images, largement inspirées des comics américains, que les writers perfectionnent dans leurs black books (carnets de croquis), pour réaliser leurs masterpieces.

 

De sa naissance dans la rue aux accrochages sur les cimaises des musées, faîtes le tour en images d'un mouvement urbain avec le diaporama "Le Street Art fait le mur".

 


Toutes les images sont issues de l'exposition Né dans la rue. Graffiti, à la Fondation Cartier pour l’art Contemporain, Paris, jusqu'au 29 novembre 2009.

Voir également le dossier consacré au Graff sur Fluctuat.




Le Carrosse de l'écurie Veilhan à Versailles

Posté par Magali le 17.07.09 à 10:43 | tags : art contemporain, exposition

On ne sais pas encore grand chose du projet de l'artiste français Xavier Veilhan, dont les œuvres, un an après l'exposition retentissante de Jeff Koons, investiront le château de Versailles pendant trois mois à l'automne prochain.

Voici ce qu'il nous en dit aujourd'hui :

"Il y a un an, lorsque Laurent Le Bon et Jean-Jacques Aillagon m’ont invité à succéder à Jeff Koons, je ne savais pas à quel point Versailles allait envahir ma vie : cette exposition est une occasion formidable de présenter mon travail à grande échelle, de par sa taille et le public concerné. Il faut se confronter aux désirs mis en forme par nos ancêtres, montrer comment nos propres désirs peuvent les prolonger et les compléter, sans innocence, mais avec la fraîcheur des ambitieux.
Déployée principalement à l’extérieur du château sur un axe est-ouest, ma proposition est composée d’un ensemble d’œuvres produites pour l’occasion formant un pointillé contemporain qui partage en deux le domaine magistralement dessiné par Le Nôtre. L’art est un outil de vision au travers duquel il faut regarder pour comprendre notre passé, notre présent et notre futur"
.

L'expo, qui s'intitulera tout simplement "Veilhan Versailles", incluera une commande publique passée par le Ministère de la Culture, via le CNAP (Centre national des Arts plastiques), auprès de l'artiste. Le Carrosse, pièce de quinze mètres de long et de trois tonnes en tôle pliée et soudée, sera installé dans la cour d'honneur du château. Directement inspiré du véhicule du Roi Soleil, l'œuvre sera réalisée à l'échelle 1, dans une technique de modélisation. Celle-ci, véritable marque de fabrique de l'artiste et de son atelier-« écurie », permet de transférer en sculpture une image créée par ordinateur. Cette simulation en donne un aperçu. A découvrir dès le 13 septembre.

 

 




L' art vivant d'Antony Gormley à Trafalgar Square

Posté par Magali le 14.07.09 à 13:13 | tags : performance, art contemporain, sculpture


Les Britanniques ont le sens de la patrie et de l'honneur, c'est un fait. Trafalgar Square, à Londres, en est un témoignage urbain majeur, et reste l'un des cœurs battants de la cité. Sur ses piédestaux se dressent les statues de héros nationaux, comme l'amiral Nelson ou George IV. Cependant l'un d'entre eux, communément appelé « The Fourth Plinth », reste vide depuis 1841 : à l'époque ce fut faute de moyens, puis la vacance perdura en raison d'un désaccord persistant quant au choix du grand homme à y placer.

En 1999, la Royal Society of Arts décida de confier chaque année le piédestal à un artiste contemporain vivant en Grande-Bretagne, parmi lesquels Mark Wallinger, Rachel Whiteread, Thomas Schütte ou Marc Quinn. Depuis le 6 juillet, c'est le sculpteur anglais Antony Gormley qui investit le piédestal avec son projet One and other. Pendant trois mois, 2400 personnes sont invitées à grimper sur la plate-forme, pour une heure, et devenir ainsi de véritables sculptures vivantes.

Echo à la performance Living Sculptures des artistes londoniens Gilbert & George, One and other redéfinit les limites de la sculpture et de l'art de la performance. Il s'agit, selon l'artiste, de « célébrer le vivant ». Pour le maire de Londres, Boris Johnson, c'est une « méditation triomphante sur la célébrité et la gloire ».

Les participants sont autorisés à faire ce qu'ils veulent (à condition qu'il n'y ait pas outrage, le sexe est donc exclu) : certains ont annoncé qu'ils allaient y fêter leur anniversaire, honorer un parent mort, informer sur des maladies rares ou clamer des revendications politiques.

Le site Internet de l'opération permet de regarder en direct, en streaming, chaque candidat  perché au-dessus du flot londonien. Si vous avez plus de 16 ans et habitez en Grande-Bretagne, vous avez jusqu'au 14 octobre pour participer. « Someday your plinth will come », affirme Boris Johnson.

www.oneandother.co.uk



Miroir, mon beau miroir...

Posté par Magali le 13.07.09 à 10:37 | tags : exposition
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la cosmétique, de l'Antiquité à la Renaissance... sans avoir jamais vraiment pensé à le demander.

Le musée de Cluny, musée national du Moyen Age, à Paris, et le musée de la Renaissance à Ecouen (Val d'Oise) organisent conjointement cet été une exposition, « Le Bain et le Miroir », consacrée aux soins du corps et cosmétiques, des thermes romaines aux peignes en ivoire gothiques (Cluny) et aux traités de cosmétologie du XVIe siècle (Ecouen).

Afin d'approfondir le sujet, un sompteux catalogue en forme de traité d'apothicaire, doré sur tranche, est publié par les éditions Gallimard. Chaque objet exposé y est détaillé, du strigile avec lequel l'athlète raclait l'huile et la sueur de sa peau après l'effort, au « bijou de senteur », flacon de parfum que l'on portait en pendentif à la Renaissance.

Saviez-vous que dès le IIIe siècle les Romaines voulaient toutes se teindre en blondes, « regrettant qu'on ne les ait pas fait naître en Germanie ou en Gaule », que les thermes faisaient aussi bibliothèque et bordel, ou encore que le bikini se portait déjà au IVe siècle ?

Le catalogue permet de découvrir notamment la composition chimique des précieux fards et onguents utilisés par nos ancêtres, mis à l'étude avec la collaboration de L'Oréal Recherche et du Centre de recherche et de restauration des musées de France. Comme dans un magazine chez le coiffeur, on peut consulter les différents types de coiffures adoptés par les dames dans l'Antiquité. On y apprend également l'histoire des bains, « des étuves populaires antiques au bain aristocratique », ou l'importance d'un genre pictural, à la croisée du nu et du portrait, celui de la toilette.

Mais on en retient surtout que plusieurs millénaires n'ont pas fondamentalement changé les gestes, codes et dispositifs qui régissent la « toilette », contrairement à la conception de la beauté, qui elle peut varier d'une décennie à l'autre. Miroir, mon beau miroir...


Le Bain et le Miroir. Soins du corps et cosmétiques de l'Antiquité au Moyen Age, au musée de Cluny, Paris (www), et Le Bain et le Miroir. Soins du corps et cosmétiques à la Renaissance, au musée de la Renaissance, château d'Ecouen (www), jusqu'au 21 septembre 2009.

Catalogue, sous la direction de Michèle Bimbenet-Privat, Isabelle Bardiès-Fronty et Philippe Walter, éditions Gallimard, Paris, 352 pages, 49 euros.




En images : Ingres, à toutes les sauces

Posté par Magali le 10.07.09 à 16:02 | tags : exposition, peinture, art contemporain
Ingres, peintre classique placé par la critique du côté du dessin, quand Delacroix représentait la couleur, donc la modernité, fut dès son vivant un peintre dénigré pour sa froideur et son académisme.
Pourtant, son influence sur l'art moderne et contemporain se fait toujours sentir, en raison non seulement de l'extraordinaire répertoire de formes qu'il a pu constituer, mais aussi grâce à l'audace insoupçonnée de sa peinture, truffée de déformations expressives et de détails bizarres.

Le musée Ingres de Montauban consacre cet été une exposition à ce sujet. Tour d'horizon de la question avec le diaporama "Ingres et les modernes".




Ingres et les modernes, au musée Ingres de Montauban, jusqu'au 4 octobre 2009. Plus d'infos



Art / espace / cerveau

Posté par Magali le 10.07.09 à 13:45 | tags : art contemporain, exposition

Ça n'est pas une exposition, c'est un laboratoire. C'est ainsi que Nathalie Ergino, directrice de l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne, et Ann Veronica Janssens, artiste, ont imaginé le projet « Laboratoire espace cerveau », dont la première étape est visible cet été à l'IAC.

Car si cette « Station 1 » est bien constituée d'œuvres déployées dans un espace, le visiteur est amené à expérimenter les œuvres, « en consultation » et en entrée libre, et non pas à simplement les contempler. Le thème même du laboratoire, les expérimentations artistiques liant espace et cerveau, implique le spectateur, et donc son cerveau, dans la recherche d'un résultat : l'œuvre seule est incomplète.

Ann Veronica Janssens, qui a co-signé récemment le décor de The Song, nouvelle création d'Anne Teresa De Keersmaeker au Théâtre de la Ville, travaille depuis une vingtaine d'années sur la perception de l'espace, grâce notamment à des projections lumineuses. À l'IAC, l'artiste présente une cabine de verre enfumée, dans laquelle le visiteur perd tout repère et semble flotter dans l'espace, ainsi qu'un container rassemblant les protoypes de Janssens, comme une sorte d'atelier expérimental.

Pour cette première étape du laboratoire, des œuvres historiques sont montrées : des vidéos des années 1960 de Nam June Paik et de Wolf Vostell, une impressionnante installation de James Turrell, The Wait (1989) qui plonge le visiteur dans l'obscurité et dans l'attente de la perception d'une faible lueur, une Boîte à flash (1964) de François Morellet ou encore un Conical Solid (1974) d'Anthony McCall, cône de lumière dont on expérimente la non-matérialité.

Ce « chantier d'investigations » se prolongera jusqu'en 2011 et prendra la forme de conférences, d'interventions, de blog, de publications, etc., qui occuperont divers champs : les neurosciences, la physique, la parapsychologie, le chamanisme... Une véritable plongée au « centre mystérieux de la pensée ».


Laboratoire espace cerveau / station 1, Institut d’art contemporain de Villeurbanne, jusqu'au 16 août 2009. www.i-art-c.org

Ill. Carlos Cruz-Diez, Chromosaturation du rouge et du bleu, 1965, collection Musée d’art contemporain de Lyon, vue du Laboratoire espace cerveau / station 1, Institut d’art contemporain, Villeurbanne. Crédit photographique : Blaise Adilon



Anselm Kiefer à l'Opéra Bastille : plus dure sera la chute

Posté par Magali le 08.07.09 à 17:01
Un accueil glacial a été réservé mardi 7 juillet par le public de l'Opéra Bastille à la création mondiale de Am Anfang (Au commencement), pièce commandée à l'artiste Anselm Kiefer par Gérard Mortier, directeur de l'Opéra de Paris. Fêtant à la fois les vingt ans de Bastille et le départ de Gérard Mortier après cinq riches saisons, Am Anfang vient à point nommé pour mener une réflexion sur la fin, synonyme dans ce spectacle de crise et de destruction, nécessaire à tout (re)commencement.

Une toile représentant la région du Croissant fertile fait écran devant la scène. La voix de Denis Podalydès récite une litanie de catastrophes bibliques, les « strates de l'Histoire ». La toile se lève et laisse apparaître le décor de ruines imaginé par Anselm Kiefer. L'artiste allemand a installé sur la scène de Bastille, d'une profondeur prodigieuse, une série de ses tours que l'on avait pu voir dans l'exposition Monumenta en 2007 au Grand Palais. Constituées de cubes de béton montés les uns sur les autres, ces tours de guingois, qui semblent menacer de s'effondrer, figurent le thème de la chute qui prédomine dans le texte lu par la récitante, Geneviève Boivin, qui incarne Chekhina, ou le peuple juif élu et banni.

Des individus casseurs de pierres se distinguent peu à peu du sol de cendres, ombres anonymes. Au centre trône un immense livre aux pages comme calcinées, autre écho à une œuvre de Kiefer, Sternenfall (Chute d’étoiles), bibliothèque de livres en verre et en plomb. Le Livre est au cœur de la pièce : il précède l'image et dicte le sens, laissant peu d'espace à l'interprétation personnelle du spectateur.

Anselm Kiefer est né en 1945 en Allemagne, et a grandi dans les ruines qui ont précédé la reconstruction. Son œuvre en est imprégné jusqu'à la saturation. Am Anfang, trop littéral, n'est ni un opéra, ni une pièce de théâtre ou chorégraphique, ni une installation d'art contemporain. Sur scène, rien ne se passe ou si peu, le texte récité est simplement illustré, les personnages qui hantent la scène sont muets : un mur de briques se construit petit à petit, ici et là un éboulement, une cruche est brisée, puis les cendres sont balayées.

La musique du compositeur allemand Jörg Widmann, riche d'accords vibrants associant clarinette, accordéon et harmonica de verre, imprègne de tension cette pesante vision de fin du monde. Hélas, Anselm Kiefer, grand peintre, est un piètre metteur en scène : assembler un magnifique décor, un texte et une musique riches ne suffisent pas, le spectacle vivant est aussi synonyme de chair, ici cruellement absente.


Am Anfang (Au commencement), conception et mise en scène d'Anselm Kiefer, musique de Jörg Widmann, avec Geneviève Boivin en récitante et l'orchestre de l'Opéra national de Paris. Jusqu'au 14 juillet à l'Opéra Bastille (gratuit le 14 juillet, à 16h).
www.operadeparis.fr



En images : Arles fête 40 ans de photographie

Posté par Céline le 07.07.09 à 14:43 | tags : photographie

De l'eau a coulé sous les ponts depuis les premières Rencontres de la photographie d'Arles. 40 ans de rencontres, 40 ans de ruptures. C'est le thème de l'édition 2009, qui se déroule du 7 juillet au 13 septembre.

 

Du fondateur Lucien Clergue à l'invitée d'honneur Nan Goldin, des découvertes aux expositions thématiques, la ville met durant trois mois l'image dans tous ses états. Pas moins de soixante accrochages sont au programme. Visite express avec le diaporama des Rencontres d'Arles 2009.

 


Voir aussi :

Notre petite histoire de la photographie

Les dix temps forts d'Avignon en images




Le diaporama des squats d'artistes

Posté par Magali le 07.07.09 à 12:23

C'est quoi, être artiste, aujourd'hui ? Parfois c'est vivre grassement de son art, avec force assistants et atelier adéquat. Le plus souvent, c'est en multipliant les résidences, en installant son atelier là où il n'y a pas (ou peu) de loyer à payer (pour les Parisiens, cela signife en banlieue, notamment dans la "ceinture rouge" : Pantin, Les Lilas, Montreuil, Malakoff, Montrouge...). Autant dire que de nombreux artistes contemporains sont de véritables nomades.

Le phénomène du squat, apparu il y a quelques décennies, est symptomatique de cet état de fait qui montre que l'artiste n'a plus la place qu'il occupait dans nos sociétés, à la fois symboliquement et physiquement.

Régulièrement, les squats font l'objet de procédures d'expulsion. Découvrez un inventaire en images des squats d'artistes parisiens, patrimoine vivant menacé de disparition prochaine.


 




Alan Vega et Jean-Luc Mylayne au MAC Lyon : du trash et du poétique

Posté par Magali le 06.07.09 à 08:46 | tags : musique, exposition, art contemporain, photographie, rock
 
 
Alan Vega, co-leader du groupe Suicide, fait partie de ces musiciens hyper-connus, qui compte parmi les pionniers du rock électro, mais qui reste un artiste plastique ignoré du grand public. Membre depuis quarante ans de la scène artistique new-yorkaise où il anima un lieu alternatif, le Project of Living Artists, Alan Vega expose pourtant souvent dans les musées. Avant cette première rétrospective, actuellement au MAC Lyon, ce fut le cas en 2008 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles avec l'expo It's not only rock'n'roll baby !, où les néons cruciformes du chanteur cotoyaient les dessins sanguins (littéralement) de Peter Doherty, les beaux entrelacs de Devendra Banhart ou encore une installation inspirée de Yoko Ono, artiste contemporaine majeure du dernier demi-siècle, que l'on connaît mieux pour d'autres raisons.


Les Lights Sculptures d'Alan Vega, généralement en forme de croix, mêlent des néons et des objets divers recyclés, emblèmes de l'univers punk-rock (bouteilles de vodka, images sexuées, esthétique trash), symboles politico-religieux (drapeau américain, Jésus, photos d'officiers US) ou icôniques (Marylin Monroe, photos de boxeurs). Cette esthétique du backstage associe un réseau gordien de câbles et ce qui ressemble aux restes d'un after-show. Si chaque œuvre porte en soi la force de frappe d'un riff de guitare velu, l'accumulation et le trop-plein de sens finit par lasser, comme à la fin d'un concert de rock, quand les oreilles sifflent.

 



La seconde exposition monographique que le musée d'art contemporain de Lyon propose cet été en est à peu près l'antithèse. Tandis que les salles occupées par Alan Vega sont plongées dans une obscurité propice à la lumière jaune ou rose de ses néons, les photographies grand format du Français Jean-Luc Mylayne se déploient dans des espaces d'une grande clarté. À la rugosité rock de Vega s'oppose la ténuité à la Satie des œuvres de Mylayne.

L'artiste n'a produit en tout et pour tout dans sa carrière qu'environ 400 photographies, chacune à tirage unique. Elles ont en commun non seulement une technique extraordinaire de champs et de contre-champs alternant flou et netteté, mais surtout leur thème, à savoir la capture en instantané photographique du vol d'un oiseau. Cet oiseau, véritable complice de Mylayne, le photographe le repère, lui parle, fixe un cadre dans le paysage, puis attend son passage à l'intérieur de ce cadre pour déclencher l'appareil. Une intense poésie se dégage de ces images, comme dans la série où le pourrissement de pommes est étudié pas à pas. L'artiste livre ici un discours sur le temps, hors du temps, loin des pratiques actuelles mais éminemment contemporain.


Alan Vega, Infinite Mercy et Jean-Luc Mylayne, Tête d'Or, au MAC Lyon, jusqu'au 2 août 2009. Plus d'infos
Découvrez en vidéo les expos actuelles ici

Ill. :
Alan Vega, Infinite Mercy (Lyon Altarpiece), 2009, détail. Collection de l’artiste, New York, en dépôt au MAC Lyon.
Jean-Luc Mylayne, PO – 30, janvier-février 2006, 123 x 153 cm. Courtesy de l'artiste.

 




Lascaux, le site web

Posté par Magali le 03.07.09 à 16:15 | tags : patrimoine, web

Lascaux, comme vous ne l'avez jamais vu (en vrai). Le ministère de la Culture a mis au placard son ancien site Internet ringard consacré à la grotte de Lascaux, et inaugure cette semaine un tout nouveau site web en Flash, www.lascaux.culture.fr. Celui-ci permet une visite virtuelle de la grotte paléolithique type caméra embarquée, salle par salle. Des photographies haute définition des peintures rupestre, avec une description détaillée de chaque figure (chevaux, taureaux...), rendent vie à ces proto-œuvres d'art de l'histoire de l'humanité, vieilles de plus de 15 millénaires.

Fermée au public par Malraux en 1963, la grotte de Lascaux est un des rares monuments insignes classés par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité, qui ne soit pas accessible au public. Grâce à son site Internet, consultable également par les aveugles et les sourds (grâce à des vidéos en langue des signes française), le public peut redécouvrir en détails témoignages inestimables de la Préhistoire. Bientôt, une version pour mobiles sera même disponible : Lascaux à portée de main.


www.lascaux.culture.fr




Les Maori retrouvent leurs têtes

Posté par Magali le 02.07.09 à 16:16 | tags : patrimoine, musées
 
Le Sénat a voté à l'unanimité, lundi 29 juin, la proposition de loi de la sénatrice Catherine Morin-Desailly visant à restituer à la Nouvelle-Zélande les têtes maori momifiées, collectées par les Français au XIXe siècle, présentes aujourd'hui dans les collections de nos musées.

On se souvient qu'en 2007 le Muséum d'Histoire naturelle de Rouen avait décidé de restituer à la Nouvelle-Zélande un objet de ses collections, une tête maori. Le ministère de la Culture avait réagi en portant à l'attention du musée la clause d'inaliénabilité des collections françaises. (Le maire de Rouen, Pierre Albertini, avait finalement remis la tête à l’ambassadeur de Nouvelle-Zélande en France, arguant non seulement que la tête était en dépôt au Muséum et n'était donc pas classée, mais aussi que le Muséum ne dépend pas du ministère de la Culture mais de celui de l’Enseignement supérieur).

Selon Philippe Richert, sénateur et rapporteur devant la commission des affaires culturelles du Sénat, « aucun argument valable ne pouvait s’opposer à la sortie de ces têtes momifiées et tatouées des collections des musées de France et à leur restitution à la Nouvelle-Zélande, qui souhaite le retour de ces restes humains sur la terre de leurs ancêtres, pour qu’ils y reçoivent une sépulture conforme aux rites ancestraux ».

Cinq conditions (amendements) seront cependant indispensables au retour des têtes sur la terre maori : en premier lieu, le déclassement devra être fait explicitement en vue de leur remise aux autorités néo-zélandaises. Aujourd'hui la tendance dans les musées est à une restitution massive des restes humains, que l'on montre de moins en moins (le Quai Branly possède huit têtes, qu'il ne montre pas) : en vingt ans, 322 têtes sur les 500 répertoriées dans le monde auraient été rendues.

Fortement approuvée par le nouveau ministre de la Culture, la loi est aujourd'hui entre les mains des députés.

Ill. Major General Horatio Gordon Robley with his collection of Maori heads, an illustration from Medicine Man: The Forgotten Museum of Henry Wellcome, British Museum Press, 2003.



Félicien Marboeuf : œuvres sans artiste

Posté par Magali le 01.07.09 à 13:31 | tags : art contemporain, exposition

Faire de la vie une œuvre d'art, ou plus exactement partir de la vie d'un personnage imaginaire, mais relié par de multiples connexions à des êtres et à des faits bien réels, et en faire des œuvres d'art. Tel est le propos de la passionnante, mais non moins serrée, exposition organisée à la Fondation d'entreprise Ricard par le critique d'art, ex-rédacteur en chef d'art press et commissaire d'exposition Jean-Yves Jouannais, en prolongement de son ouvrage Artistes sans œuvres. I would prefer not to, publié en 1997 (réédité aujourd'hui aux éditions Verticales).

L'auteur y fait le salutaire recensement (et l'apologie) d'un « art qui n'existe qu'en creux », plaçant en exergue cette phrase de Montaigne« Notre grand et glorieux chef-d'œuvre, c'est vivre à propos » (Les Essais, III, 13). Détaillant les démarches de ceux chez qui « l'œuvre est présente partout, et visible nulle part », Jean-Yves Jouannais convoque dans ce panthéon des indifférents « déségotisés » et des fumistes notoires les figures de Marcel Duchamp, Jacques Vaché, Félix Fénéon, Jorge Luis Borges ou Yves Klein, ou cite le cas de la « Société perpendiculaire » administrant un « Bureau des Projets non réalisés »...

Un chapitre entier est consacré à Félicien Marboeuf (1852-1924), connu de son vivant comme « le plus grand écrivain n'ayant jamais écrit », célébrité amie de Marcel Proust (auquel il aurait même inspiré une grande partie de la Recherche), mais qui en réalité n'a jamais existé. L'exposition de la Fondation Ricard propose d'évoquer la vie du grand homme à travers une série d'œuvres d'artistes contemporains complétant le propos de Jean-Yves Jouannais.

Certains ont imaginé un Félicien Marboeuf tangible, notamment par des portraits peints dans le style de l'époque (Antoine Roegiers), des enregistrements de sa voix lisant des textes célèbres (Nicolas Darrot), une reconstitution de son intérieur (par le styliste Christian Lacroix), ou des photos d'une station de métro parisienne « Marboeuf » (Guy Girard).

D'autres œuvres traitent du thème de la disparition de l'auteur (Marboeuf se serait enfui à Glooscap, au Canada, après avoir été accusé d'attentat à la pudeur sur une enfant de onze ans), comme le magnifique mur de photographies d'hommes célèbres aux yeux clos d'Alain Rivière, les autoportraits à la limite de l'invisible de Luc Andrié ou encore l'évocation par des plans et photos de la ville de Glooscap, cité imaginaire dont l'artiste Alain Bublex alimente la véracité depuis une douzaine d'années.

Rassemblant des œuvres sans fioritures, ayant en commun la simplicité et la force d'intention, comme ces socles sans œuvres d'Isabelle Cornaro, l'exposition de la Fondation Ricard fait un pied-de-nez aux égotismes artistes. Une véritable bouffée d'air frais et d'intelligence.


Félicien Marboeuf (1852-1924), une proposition de Jean-Yves Jouannais, jusqu'au 11 juillet 2009 à la Fondation d'entreprise Ricard, Paris. Plus d'infos.
Avec Luc Andrié, Gilles Barbier, Alain Bublex, Isabelle Cornaro, Nicolas Darrot, Olivier Dollinger, Christophe Duchatelet, Jean-Baptiste Ganne, Dora Garcia, Franck Gérard, Guy Girard, Jakob+MacFarlane, Christian Lacroix, Perrine Lievens, Pascal Martinez, Nora Martirosyan, Antoine Poncet, Pascal Quignard, Alain Rivière, Antoine Roegiers, Denis Savary.

A lire : Jean-Yves Jouannais, Artistes sans œuvres. I would prefer not to, réédition revue et augmentée d'une préface d'Enrique Vila-Matas, 2009, Éditions Verticales, 120 pages, 17,90 euros.

Ill. Guy Girard, Station Marboeuf, 2009, vidéo, courtesy de l'artiste.





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